Biographie

Passe sa jeunesse à Saint‑Léger (Gaume) et suit des études secondaires à Arlon.

Formation :

‑ 1941‑43. S'initie à la peinture à l'Académie des Beaux‑Arts d'Arlon auprès de Paul Breyer. Cours du soir.
* Y rencontre les peintres Roger Greisch et Paul Schrobiltgen, le sculpteur Jean Godart et le poète Arthur Praillet
‑ 1946. S'établit à Bruxelles.
‑ 1948‑49. Académie de Molenbeek‑Saint‑Jean. Professeur : Frans Depooter.
- 1950-55. Académie d'Etterbeek. Professeur : Albert Philippot qui l’initie aux différents matériaux et techniques de peinture.
‑ 1952‑55. Poursuit des études de peinture à l'Académie des Beaux‑Arts de Bruxelles. Professeur : Léon Devos..
‑ 1957‑61. Académie des Beaux‑Arts de Bruxelles. Sculpture. Cours du soir. Professeur : Jacques Moeschal.
* Y rencontre Charles Drybergh, jeune peintre abstrait avec qui il se lie d’amitié. Ce dernier lui « donne le goût d’une belle pâte légère et surtout la liberté du geste de peindre. »

1954.
S'oriente vers l'abstraction.

1957.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Apollo. Antoine Paul.
* PREMIÈRE EXPOSITION PERSONNELLE.
(  /  -  /  ) Prüm / DE,                                  . Groupement des artistes Ardennes-Eifel.

1960.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Le Zodiaque. Antoine Paul
​(  /  -  /  ) Prüm,                                  . Groupement des artistes Ardennes-Eifel.

1961.
(10/01-04/02) Paris, Galerie Suzanne De Coninck.[Sans titre]
(  /  -  /  ) Bruxelles,                   .Exposition du prix Olivetti.
* Distinctions : e. a. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Prix Jeune Peinture Belge [Pierre Crowet prend la succession de la présidence (jusqu'en 1984)]
* Jury: M. Bilcke, L. Bogaerts, Ph. Dotremont, R. Giron, Ch. Jacquet, P. Janlet, E. Langui, M. Mabille, A. Taevernier, J.B. Urvater, J. Wittmann.
* Lauréat: Charles Drybergh
* Mentions: Karel Dierickx, Jules Grooters
* Distinctions : e. a. Antoine Paul.
​(  /  -  /  ) Hasselt, Galerie Helikon. Antoine Paul.

1962.
(  /  -  /  ) Exposition Prix suisse de la peinture abstraite.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Le Zodiaque. Antoine Paul.

1963.
(  /  -  /  ) Paris, Galerie de Beaune (dirigée par Suzanne de Coninck). Antoine Paul.
* Il participe ensuite à plusieurs expositions avec le groupe d'artistes de la galerie à Paris, dans d’autres villes françaises, à Rome, Madrid et Istanbul notamment (de 1963 à 1970).
(  /  -  /  ) Nantes, Musée. Trente peintres de l’école de Paris.
(  /  -  /  ) Luxembourg,                                    . Exposition internationale d’Art contemporain.
(  /  -  /  ) Verviers, Musée. L’Art à la portée de tous.
(  /  -  /  ) Prüm,                                  . Groupement des artistes Ardennes-Eifel.

A partir de 1963, il se forme, en autodidacte, à la gravure et à la lithographie. Il      abandonne rapidement la lithographie et développe surtout la gravure (eau‑forte, pointe sèche et gravure sur bois). Il utilise cette technique parallèlement au dessin et à la peinture jusqu’en 2000 et laisse une œuvre gravée importante.

1964.
(15/02-27/02) Liège, Association pour le progrès intellectuel et artistique de la Wallonie. Antoine Paul.
 (03/10-12/10) Verviers, Musée. Arts d'Extrême - Occident.
(  /  -  /  ) Bruxelles,                                  . La gravure en Brabant.
 (05/09-18/10) Anvers, Hessenhuis : Art d'aujourd'hui en Belgique.
* Org.: Crédit communal de Belgique / Pro Civitate.

1965.
(  /  -  /  ) Bruxelles, dans son atelier. Antoine Paul.
​(  /  -  /  ) Bruxelles,                            . Le Dessin en Brabant.
(  /  -  /  ) Martilly,                         . Peintres non figuratifs de la Province de Luxembourg.
(  /  -  /  ) Paris / FR, Galerie S. de Coninck/ L’art abstrait.
(  /  -  /  ) Paris / FR, Musée d’art moderne. Salon d’art sacré.
(  /  -  /  ) Paris,/ FR Musée d’art moderne. Schèmes 1965.
(  /  -  /  ) Rome / IT, Galleria Bianco e Nero. Dessinateurs.
(  /  -  /  ) Kansas City / US, Rockhurst College. Antoine Paul.
(26/11-02/01) Liège, Musée des Beaux‑Arts. 20 ans d'Apiaw.

1966.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie de la Maison des Anciens de l’Université de Louvain. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Saint-Laurent. [Sans titre]
(  /  -  /  ) Stavelot, Abbaye. Les arts plastiques et la musique.
(  /  -  /  ) Gand, Galerij Kaleidoscop. Antoine Paul
​ (  /  -  /  ) La Haye / NL, Galerij Al Veka. Antoine Paul (avec le peintre Alantar Erdal)
(  /  -  /  ) Istanbul / TU,                                . Ecole de Paris.
(  /  -  /  ) Istanbul / TU. Peintres non-figuratifs.

1966‑87
Enseigne la peinture à l'Ecole des Arts d'Ixelles.

1967.
Fondation du groupe Ecobu dont l’objectif est de rassembler des peintres et des sculpteurs partageant une vision commune de l’art et de la société.
* Fondateurs : Antoine Paul, de Villers Thierry, Berenhaut Marianne, Simon Jacques, Villers Bernard.
** Ce groupe, relativement éphémère, expose à Bruxelles et à Charleroi en 1967 et à Paris en 1968.

(  /  -  /  ) Charleroi, Galerie Fabbri. Groupe Ecobu.
(  /  -  /  ) Bruxelles,                             . Le dessin en Brabant II.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Saint Laurent. La critique nationale.
 (  /  -  /  ) Mons, Musée des Beaux-Arts. Peintres et sculpteurs du Luxembourg.
(  /  -  /  ) Paris / FR, Galerie Suzanne de Coninck. [Sans titre]
 (  /  -  /  ) Grenchen / CH. Triennale internationale de gravure en couleurs (04e )
 (  /  -  /  ) Fredrikstadt / NO, Exposition de gravure.

1968.
(  /  -  /  ) Namur, Galerie du Crédit Communal. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Saint-Léger, Centre culturel gaumais. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Saint-Léger, Centre culturel gaumais. [Sans titre]
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Saint-Laurent. Les artistes de la mer.
 (13/12-1/1/69) Petits formats de décembre

1969.
Rencontre internationale de peintres à Prilep (Monastère de Treskavets) en Macédoine Yougoslave.

(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Régence. Graveurs belges.
(  /  -  /  ) Subotica / Youg.,                          . [Sans titre]
(  /  -  /  ) Los Angeles / US, Burbank Central Gallery, N. Glenoaks. Antoine Paul.

1969-70.
(  /  -  /  ) Mons, Musée des Beaux-Arts . Cinquante ans de peinture en Wallonie et à Bruxelles.
** Ensuite (  /  -  /  ) Musée d’Anvers.

1970.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie de la Maison des Anciens de l’Université de Louvain. Antoine Paul (avec Van Lange Gisèle).
(  /  -  /  ) Saint-Léger, Centre culturel [Sans titre]

1970-71.
(  /  -  /  ) La Louvière, Galerie Tendances contemporaines. Sept graveurs.

1971.
(  /  -  /  ) Louvain, Galerie L’œil Nu. Antoine Paul.
 (  /  -  /  ) Tournai, Cercle artistique. [Sans titre]
(  /  -  /  ) La Louvière, Galerie Tendances contemporaines. Cinq graveurs.

1972.
(  /  -  /  ) Ibiza / ES,                            .Biennale de gravure (1e)

1973.
Rencontre internationale de peintres à Prilep (Monastère de Treskavets) en Macédoine Yougoslave.

(  /  -  /  ) Soignies, Galerie Le Capricorne. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Segovie / ES,                             . Expo de gravures.

1974.
(  /  -  /  ) Saint-Hubert,                             . Biennale des Arts plastiques (01e )

1975.
(  /  -  /  ) Wépion, Galerie Paul Delvaux. Antoine Paul.

1976.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Atelier Sainte Anne. Les Musiciens, les Poètes, les Peintres et leurs partitions.
(13/03-11/04) La Gravure belge contemporaine -12 années d’acquisitions de gravures par le Ministère de la Culture française.
(  /  -  /  ) Coxyde, Musée du Westhoek. [Sans titre]

1977.
(  /  -  /  ) Ixelles, Musée. René Lyr. Hommage.

1978.
Elu membre de l'Académie luxembourgeoise.

(  /  -  /  ) Rochefort, Centre culturel et historique. Jean Donnay et dix graveurs wallons.
(  /  -  /  ) Torun / PL,              . Plener.

1979.
Rencontre internationale de peintres à Golub-Dobrzyn en Pologne.

 (  /  -  /  ) Bruxelles, Atelier Saint-Anne. "Les peintres inspirés par Satie"
 (  /  -  /  ) Bruxelles, Métiers d’art du Brabant. La gravure contemporaine.
(  /  -  /  ) Villers-la-Ville,                            . Peintures et aquarelles au Goddiarch.

1980.
(  /  -  /  ) Bruxelles, chez Nadine Delrue. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Arlon et Saint-Hubert,                        . Cent-cinquante œuvres d’artistes luxembourgeois.
(  /  -  /  ) San Francisco / US,                           . Belgium Today.

1981.
(  /  -  /  ) Eghezée, Ancienne gare. Groupe Anim’Art.
(sept. - oct.) Bruxelles, Atelier Sainte Anne : "Les musiciens, les poètes, les peintres et leurs partitions : musique et arts plastiques, intersection" (deuxième formule)
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Françoise Féty. Tout commence par du papier.

1982.
(  /  -  /  ) Bruxelles, chez Nadine Delrue. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Ixelles, Chapelle de Boondael. Visie 1982.
(oct. - nov.) Bruxelles, Atelier Sainte Anne Le Labyrinthe.
(  /  -  /  ) Rebecq, Musée d’Aremberg. Histoire du papier.

1983.
(  /  -  /  ) Coxyde, Musée du Westhoek. [Sans titre]

1984.
(  /  -  /  ) Namur, Galerie Rez de Chaussée. Antoine Paul (avec Van Lange Gisèle)

1985.
(  /  -  /  ) Bastogne, Musée de la Parole. Antoine Paul (avec la céramiste Majérus Camille)
(  /  -  /  ) Tourinnes-la-Grosse,             : Hommage à Jean-Sébastien Bach.

1986.
(16/01-23/03) Bruxelles, CGER. La Thématique religieuse dans l’art belge, 1875-1985.
 (  /  -  /  ) Bruxelles, chez Nadine Delrue. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Arlon, Maison de la Culture. Arts contemporains dans la Province du Luxembourg.

1987.
Prix Clesse.

(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie 2016. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Albert Dumont. [Sans titre].
 (  /  -  /  ) Florenville, Centre d’art contemporain du Luxembourg belge. D’un paysage à l’autre.
** Ensuite (  /  -  /  ) Virton, Caves de l’Hôtel de Ville.

1988.
Prix Marie‑Louise Rousseau.

1989.
Rencontre internationale de peintres à Flühli Sörenberg en Suisse.

(  /  -  /  ) Lodz / PL,                        . Male Formy Grafiki.
 (  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Albert Dumont. Les Heures du Chemin.
 (  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie de Villers. Trois peintres : De Bolle Francis, Trajman Paul, Antoine Paul.
 ( /  -  /  ) Bruxelles, Galerie J. M. Derscheid. Décrochage

1990.
(  /  -  /  ) Saint-Gilles, Hôtel de Ville. Lauréats de l’ONBA.

1991.
(  /  -  /  ) Arlon, Maison de la Culture. Antoine Paul. Rétrospective.

1992.
(26/05) Bruxelles, Salle des ventes du palais des Beaux-Arts: Grande vente publique d'oeuvres d'artistes belges contemporains au profit d'un fonds pour la sauvegarde du site d'Auschwitz Birkenau
* Commissaire de la manifestation : Serge Goyens de Heusch.
​(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Albert Dumont. Antoine Paul.

1993.
Réunit ses réflexions sur la couleur dans l'ouvrage "L'apparence des choses et l'au‑delà de la couleur".

(  /  -  /  ) Orvelte / NL, Stichting Pro Graph. Gravures.

1994.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Albert Dumont. Antoine Paul.
(  /  -  /  ) Arlon, Maison de la Culture. 25e anniversaire.

1996.
(02/05-07/07) Bruxelles, Galerie Dexia (ex. Crédit communal) / Passage 44. La peinture abstraite en Belgique 1920-1970.
* Commissaire: Philippe Roberts-Jones; conception: CERAM (Centre d'Études et de Recherches en Art Moderne [Michel Draguet, ...]), Ph. Roberts-Jones (texte du catalogue) et Claude Goormans [épouse de M. Draguet] (citations et notices biographiques)
(  /  -  /  ) Huy, Galerie Juvénal – Fondation Bolly-Charlier. [Sans titre]
(  /  -  /  ) Saint-Hubert, Basilique/ Art contemporain 1960-1990 – Art en campagne ’96

1998.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Albert Dumont. [Sans titre]
(  /  -  /  ) Namur, Espace ABB. Peintures et peintres en Ardenne.

2000.
(26/10-02/12) Bruxelles, Fondation pour l'art belge contemporain. Antoine Paul, aperçu rétrospectif.

2001.
(05/10-27/01/02) Mons, Musée des Beaux-Arts / Machine à eau / Salle Saint-Georges: Art/W20. Un 20e siècle d'art en Wallonie. (Peinture, sculpture, gravure, photographie). CATALOGUE / LIVRE.
* Commissaire : Serge Goyens de Heusch

2002.
(  /  -  /  ) Bastogne, L’Orangerie. Artistes de l’Académie luxembourgeoise.

2003.
(13/04-11/05) Jamoigne, Grange du Faing. Antoine Paul, L'Essence abstraite du Paysage, peinture.
(  /  -  /  ) Bastogne, L’Orangerie. Antoine Paul.

2004.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Albert Dumont. Antoine Paul.

2005.
(30/04-22/05) Bastogne, Centre culturel – L’Orangerie. Un paysage… ?
 (  /  -  /  ) Bastogne,                           . Autres regards, autres univers.

2006.
(  /  -  /  ) Arlon, Maison de la Culture. Peintres et sculpteurs de l’Académie luxembourgeoise et leurs invités.

2008.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Albert Dumont. Antoine Paul.

2009.
(28/06-20/09) Bastogne, L’Orangerie.  Pays’arbres.
(02/10-25/10 Bruxelles, Galerie Albert Dumont. Exposition d'ouverture.

2010.
(22/05) Décès.

 

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2013.
(18/01-17/02) Bruxelles, Galerie Albert Dumont. Antoine Paul.
(19/01-03/03) Namur, Maison de la Culture. Antoine Paul, Seulen Nancy, Vokaert Robin.

2014.
(  /  -  /  ) Arlon,                         . 80e anniversaire de l’Académie luxembourgeoise.
* Ensuite (  /  -  /  ) Saint-Hubert, (  /  -  /  ) Marloie.

 

 

Liste d'oeuvres

Grande végétation, huile sur toile (124 x 177 cm)
1965, Plus d'infos
Gravure n° 1 (94 x 65 cm)
1966, Plus d'infos
Cyprès dans les vignes vendangées, encre, lavis et crayons de couleur (64 x 46,8 cm)
1989, Plus d'infos
Dans les bois d'oliviers XIV, lavis sur papier (63 x 47 cm)
2003, Plus d'infos

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de l'artiste, Interviews

    • - Paul Antoine sur l’invitation de son exposition de « Dessins et graphismes » à la Galerie le Zodiaque, 17, rue des Sablons, Bruxelles du 12 au 24 nov. 1960

      Le trait de plume, la trace du fusain, la touche du pinceau ne façonnent pas l'univers physique, alors que la charrue, la truelle, le bulldozer, le laminoir, oui. Ils en créent un différent. Ou plus exactement, ils matérialisent, rendent tangible à la sensibilité des autres hommes, l'univers graphique ou plastique pressenti par l'artiste. Pressenti et non préconçu.
      Il est ainsi exclu que l'œuvre d'art telle que nous la concevons puisse jamais être assimilable à un objet. Le terme objet est pris au sens le plus large. Il va par exemple jusqu'à inclure la matière étonnante de certaines surfaces ou les graffiti nés au hasard des murs. Car les graffiti du hasard sont uniquement intégrés à l'univers physique, le façonnent, le construisent, à l'encontre des graphismes qui participent d'un ordre qui matérialise cet univers spécial dont nous parlions. Les premiers sont objets. Les seconds sont œuvres d'art, éléments constructifs nés d'un geste créateur. Ce qui importe donc, c'est la construction d'un univers dont les éléments expressifs et l'ordre propres puissent agir sur ce que, à défaut d'autre terme, on pourrait appeler la sensibilité esthétique de l'homme.
      Ceci n'est pas une tentative d'explication, car ici une telle entreprise ne se justifie pas de notre part. Plutôt l'indication d'un esprit, d'un climat, d'une espérance.
      Un temps viendra en effet, où les formes abstraites seront devenues aussi familières et indispensables que les objets usuels. On aura compris leur pouvoir.
      Age d'or où l'art aura enfin, et véritablement, conquis sa place auprès de chacun.
      Proliféreront ainsi, à côté des objets dénommés tantôt fonctionnels, tantôt décoratifs - intelligence appliquée ou bon goût, ou les deux réunis - des œuvres dont une des qualités essentielles sera la gratuité. Œuvres gratuites dans le sens où les galets du bord de la mer sont gratuits, où les schistes dorés affleurant à Cerbère sont gratuits. Mieux encore: dans le sens de non asservies à l'homme. N'ayant d'autre justification que de se vouloir le prolongement de l'homme, son expression à la fois la plus intime et la plus communicable.
      Tout est beau, qui est l'affirmation de la sensibilité et de l'esprit: besoin du rythme et de l'harmonie, interrogation, doute, recherche du neuf, besoin de la découverte et du dépassement. Cet appel, ce besoin qu'a l'être de sortir du ventre étroit: tâche pour laquelle il est seul. Ne témoignent pour lui que les signes qu'il écrit ou qu'il dessine.
      Ceux qui reçoivent et retiennent ces signes - les formes - à leur tour et de cette façon, se découvrent eux-mêmes par les affinités mises en jeu.
      Les œuvres futures, souvent anonymes, seront assez proches, par la liberté de leur structure, des galets et des schistes. Proches aussi, par leur genèse, par leur générosité,· par leur élan vital, des figures, et plus généralement, des formes, qui peuplaient les édifices sacrés du moyen âge, qui accompagnaient l'activité des anciens Egyptiens vivants ou défunts.
      A cette différence près que, tous systèmes étant bannis, et tous principes, et tous partis pris de quelque ordre qu'ils soient, aucun style collectif n'apparaîtra plus. Chacun cristallisera son expression par devers soi.
      Dans leur épanouissement extrême, les œuvres pourront être tout aussi bien des projections de couleurs sur les nuages - nous nous rappelons les ciels de Musson, au-dessus des hauts fourneaux ouverts -, des nuages fabriqués, des pans de forêts prémédités. (Pour les usagers des transports aériens.)

       

      APHORISMES

      - Le style, c'est la cristallisation de l'expression.

      - La conception que l'on a de l'art dépend de la façon dont on se nourrit (dans tous les sens possibles).

      A son tour, celle-ci est fonction, dans des circonstances normales, des affinités personnelles et collectives.

      - Tout ce que l'on peut dire n'est que mots. Mieux vaut convier à voir les dessins.

      - (…) Car la peinture (…) c’est pour autrement vivre. Atteindre les choses en leur texture et âme.

       

       

      - Paul Antoine. Texte sur l’invitation de son exposition “Peintres, - Lithos- Encre”  à la Galerie de Beaune à Paris du 19 avril  au 10 mai 1963.

      Si la surface peinte ouvre une porte à la sensibilité « toucher » - toucher de l'œil - en elle aussi se concentrent la substance et le poids de l'univers pictural. Mais elle est en plus la limite entre cet univers pictural et l'univers physique, la charnière entre l'espace structurant la toile en profondeur et l'espace physique, le lieu où se joignent la lumière née de la toile et la lumière extérieure. Tout en conservant leurs caractères propres, l'un ayant pour mission simplement d'exister, l'autre de signifier, tout en restant autonomes, les deux univers s'associent à la surface de la toile, s'assurent une continuité l'un par rapport à l'autre, peut-être « se retrouvent ».

       

      - Eloge de la peinture (1970) [Archives Paul Antoine]

      Refuser l'imagerie facile, stérile. Mais à chacun selon sa faim.

      Les doigts s'étonnent quand, tâtant le matériau, ils n'éprouvent qu'une sensation de froid, d'absence. Et l'œil intérieur n'est touché d'aucun rayonnement. Où sont les feux de l'image peinte ?

      Car la peinture, la vraie, c'est pour autrement vivre. Mieux qu'en lisant le livre ouvert : atteindre les choses en leur texture et âme. Ce n'est ni pain à gagner, ni joie de la pensée. Une allusion pas davantage, ni décor, oh ! surtout pas. Elle ne veut pas dire et non plus révéler. Rien que donner accès, permettre d'entrevoir.

      Le sable coulait entre les doigts d'autrefois. Peinture ! Sans elle comment serait-ce, vivre ?

       

      - Quelques considérations sur ma démarche (vers 1975) [Archives Paul Antoine]
      Aspect formel :
      Au début, ma peinture était essentiellement figurative, mais avec une forte tendance à la construction et à la simplification. J'ai fait quelques tentatives abstraites déjà du temps de l'Académie, dans la classe de Léon Devos, adversaire intraitable de la non-figuration. Vers 1957, série de fusains abstraits construits sur un jeu de lignes et de lumières, mais toujours tendance figurative en peinture : Ces dessins furent montrés à la Galerie Apollo en 1957. Vers 1959, passage à la non figuration en dessin et en peinture. Ces dessins et lavis furent montrés à la galerie Le Zodiaque en 1960 et les peintures, à la même galerie en 1962. Voir photo jointe.
      A partir, de cette époque, ma peinture devient assez lyrique, gestuelle, mais les formes non-figuratives dérivent toujours de dessins, notes, croquis faits d'après nature : lieux, végétations, surtout feuillages, paysages, terrains, rochers, etc. Vers 1964-1965, peintures de format moyen et grandes compositions où l'accent est mis sur le jeu des matières et l'espace créé par les transparences. Vers 1967, j'introduis des compositions-montages (toiles assemblées).
      Vers 1970, je réintroduis des personnages : crise de conscience aux causes multiples. Subsiste néanmoins le besoin de plier ces personnages à des compositions à aspect non-figuratif. Je veux dire par là que je trouvais (et je trouve encore actuellement) qu'il fallait soumettre les éléments figuratifs (personnages et autres) aux nécessités du langage abstrait et de la synthèse expressive. Il y a un contenu propre à la peinture qui est totalement étranger à une représentation fidèle de la nature. C'est cela qui justifie pour moi la fidélité à un refus de la représentation textuelle. Les formes de la nature, personnages et choses, doivent, en peinture, suggérer, émouvoir, et surtout exister à cause du langage plastique et à travers la couleur (je dis bien : à travers la couleur, car la couleur est l'espace premier de la peinture) Cette réintroduction de formes reconnaissables, est allée en s'accentuant jusqu'à ce jour, tout en respectant toujours les principes énoncés.
      Aspect technique :
      Vers 1963, j'ai abordé la gravure, un peu de lithographie, mais surtout eau-forte et aquatinte. J'ai été de ce fait très fortement sensibilisé au support papier. Ce qui m'a amené assez vite à utiliser très souvent les vieux papiers de musique comme supports, d'abord en gravure, ensuite pour des lavis à l'encre de chine, ensuite pour des dessins à la couleur à l'huile noire délayée, ensuite pour des peintures proprement dites (collages) ensuite pour des aquarelles avec dessous de papiers musique.
      En 1974, j'ai abandonné l'eau-forte au profit de la gravure sur bois en couleurs.

       

      Autres considérations sur mon travail (1989) [archives Paul Antoine]

      Depuis longtemps, je trouve dans la nature (c'est-à-dire l'environnement de tous les jours) des formes simples. Des rapports existent, d'une part entre ces formes elles-mêmes, d'autre part entre ces formes et ce qui les entoure. Un monde relationnel est ainsi créé, extrêmement riche de couleurs, de valeurs, de surfaces. Toutefois, les formes de la peinture ne sont pas celles de la nature. Elles naissent sur la surface, sur une surface, et se développent dans un monde imaginaire qui a ses propres lois, sa propre nécessité, sa propre signification. C'est le monde du langage pictural. Il n'empêche, et j'en suis persuadé depuis très longtemps, que c'est seulement la référence à la réalité physique qui permet de donner aux formes de la peinture des structures véritables, ainsi que leur cohérence et finalement leur crédibilité. Et cela quel que soit leur degré d'abstraction. Car référence ne veut pas dire représentation. En fait, le peintre se trouve à un niveau bien supérieur à la représentation. Je partage entièrement cette idée si souvent exprimée, que le peintre doit donner à voir en plus. Et surtout autre chose. C'est la seule justification de la peinture, qui sans cela ne pourrait être qu'un décor.
      D'une certaine manière, je crois atteindre presque nécessairement, et tout naturellement, à une véritable symbolique, mais pas à celle-là, davantage allégorique, qui a donné son nom à l'école symboliste.

       

       

      - Paul Antoine. Les formes de la nature. Bruxelles, le 24 janvier 2003. [Archives Paul Antoine]

      Je dois souligner ceci : ce n'est pas tant le paysage qui m'intéresse, mais la nature, les formes de la nature, la réalité, les choses qui existent. Je vois là un réservoir de formes qui ont en elles, déjà, une vérité relationnelle, une variété, une richesse latente. A partir de cela, il s'agit de faire de la peinture, c'est à dire d'autres images qui ne sont pas nécessairement représentatives de quoi que ce soit, mais qui sont surtout justifiées par elles-mêmes, qui se présentent au lieu de représenter.
      Je crois que lorsque je regarde par ma fenêtre, ou lorsque je contemple un paysage, je perçois ce que j'ai sous les yeux exactement comme tout autre spectateur. Mais quand je fais des croquis, que je prends des notes, je ne vois plus le paysage en tant que paysage. Mon regard s'attache à autre chose. Il cherche des éléments qui pourront éventuellement être utilisés pour l'œuvre à peindre. Des sortes de thèmes picturaux. Mais qu'est-ce qui donne valeur à cette image qui, contrairement à la peinture figurative, ne représente rien ? Je viens de le dire, elle se présente. Mais elle se présente chargée d'une poétique particulière, d'un contenu qui ne se révèle que par le langage des formes, des couleurs, des matières, en un mot par le faire pictural. C'est le regard, l'esprit, la sensibilité, l'initiation, qui, seuls, permettent de lire cette image qui devient ainsi un plus pour la conscience humaine. Par la peinture, on accède à un autre monde, comme la musique fait accéder à un autre monde.
      Quand on se trouve devant une vraie peinture, on regarde, on ne dit rien, on se laisse envahir par un sentiment inexprimable, par une force qui n'a rien de physique, mais qui est liée à la contemplation.
      (…)
      Je reconnais que ces considérations sont très complexes, très difficiles. Et le peintre ne pourrait-il se tromper sur ses intentions et ses méthodes quand il tente d'expliquer ?

       

      Paul Antoine, septembre 2009 Mon travail, mon regard, ma conviction. Ou: Ce que je suis.

      Je suis peintre. Le peintre peint. Il fait voir. Il crée une image. Image. Icône.

      C'est dans cette image peinte que réside la spécificité de la peinture: elle peut dévoiler une réalité qui est au-delà de ce qu'elle montre. De la peinture, on peut essayer de dire ce qu'elle est, ou peut-être, ou doit être. Mais d'une peinture, on ne peut rien dire, elle ne se dit pas par des mots. On la contemple, on ressent ce qu'elle exprime.
      Ici, je veux faire une comparaison. La poésie, celle dont la lecture enrichit ma vie, est l'art de donner aux mots un rayonnement qu'ils n'ont pas dans l'usage commun. Ils n'en deviennent pas pour autant abstractions ou vues de l'esprit. Ils sont comme transmutés, ils deviennent de l'or. Les mots de l'image peinte, ce sont les matériaux qui, même s'ils subissent eux aussi une transmutation, restent intégrés dans la réalité des choses.
      Dans l'image peinte, le support, la couche picturale et sa texture, les traces de l'outil, pinceau ou autre moyen, les pigments utilisés, sont des signifiants aussi essentiels au contenu de l'œuvre que les formes et les couleurs.
      Je pense avoir travaillé dans cet esprit depuis mes débuts, depuis des balbutiements remplis d'éblouissements que j'avais peine à maîtriser. J'ai toujours été très intéressé, très attentif aux techniques et matériaux utilisés. Durant des années, je me suis servi de vieilles partitions musicales imprimées en lithographie sur du papier fait main. De grandes compositions naissaient, marouflées sur toile. J'ai beaucoup utilisé le lavis rehaussé de crayons de couleur. Depuis quelques années, j'ai repris l'aquarelle et l'huile. Aujourd'hui, à cause d'un deuil récent, les perspectives ont changé, j'éprouve le besoin d'exprimer un contenu autre, une perception de la vie autre.
      Mais restent toujours la même question et la même réponse: moi, pourquoi est‑ce que je peins ? Peut‑être parce que j'ai constamment besoin d'une certaine image dont initialement je ne sais rien encore, qui n'existe pas mais que je pressens, et qui finalement sera celle que j'attendais.

       

      - http://www.lorangerie-bastogne.be/expositions/expositions-a-venir/51-paul-antoine-1922-2010.html

      « Si je voulais peindre le caractère insolite et rassurant à la fois du vent que j'écoute dans le prestigieux silence de la nuit, ce ne serait plus le vent. Absurde et passagère velléité, je ne veux pas peindre le vent, mais je souhaite que ma toile en soit marquée. »

  • Texte de présentation

    • - Paul Antoine in Serge Goyens de Heusch, Art belge au XXe siècle. Bruxelles, éd. Racine, 2006.

      D'abord attiré par le portrait, également par le paysage urbain et la nature végétale, Paul Antoine traduit ses perceptions optiques en signes picturaux, comprenant que l'expression du modèle doit être rendue par une simplification plastique toute cézanienne, de nature à la fois fauve et cubiste. Vers 1953, alors qu'il éprouve le besoin d'élargir son horizon et de se frotter davantage aux expériences nouvelles de l'art, vérifiant ainsi ses intuitions quant à la prééminence des codes plastiques sur la représentation de la nature, l'artiste explore, d'abord dans des fusains où il tente une recherche de l'espace à travers des effets de relief, un langage non figuratif dont on voit les premières expériences en 1957, lors de son exposition à la galerie Apollo de Robert-L. Delevoy. À partir des années 60, guidé en priorité par un intérêt pour les pouvoirs expressifs de la couleur, Paul Antoine en arrive à une abstraction gestuelle telle qu'on peut alors la rencontrer chez bien des artistes de l'époque, mais sans pourtant s'inféoder à quelque influence prépondérante (Grande végétation, 1965). Il n'empêche que sa peinture est et demeurera étroitement liée aux rythmes de la nature (arbres, collines, feuillages, eau, vent). Partant toujours d'une multitude de croquis pris sur le motif lors de ses nombreuses pérégrinations (Ardennes, Macédoine, Midi de la France, Pyrénées, Alpes, Crète, Corfou), Paul Antoine réalise à l'huile et à l'aide de diverses mixtes, ce que le critique d'art ]o Dustin a appelé «dérives paysagères qui demeurent toujours allusives ».
      Mélangeant volontiers les techniques, mariant tachisme et rythmes hachurés, recourant à des supports pré-imprimés (notamment des partitions musicales) qu'il encolle après les avoir recouverts d'encre et de lavis, il procède par juxtapositions de fragments et de collages. À cet égard, son invention technique et sa connaissance approfondie des moyens artisanaux de la peinture ont amplement profité à son enseignement. « Ainsi, Paul Antoine dresse méthodiquement des inventaires de formes dites naturelles. Il serre de près le vécu, écrit ]o Verbrugghen qui ajoute : ces images se prêtent à la confusion. Transposés, les arbres et les collines happés dans quelque tourbillon, ont perdu toute notion de pesanteur. Les traits hachurés biffent rageusement les traces ultimes d'identités perdues. Posant ses accents, le peintre se mesure aux forces inhérentes du hasard. ›› (Cyprès dans les vignes vendangées, 1989) Art de la métamorphose donc, où ne font que se rejoindre les deux rameaux disjoints du réel : l'univers physique de la nature et l’univers psychique de l’artiste.

       

  • Informations complémentaires

    • Bibliographie.

      Albert Van Wiemeersch, Contemporary Painters and Sculptors in Belgium, Gand, A.Van Wiemeersch ed., 1973.

      Anne de la Hamaide, L’Art en Belgique, Bruxelles, Éditions Nationales d'Art, 1978.

      Dictionnaire biographique illustré des Artistes en Belgique depuis 1830, Bruxelles, Arto, 1979.

      Peintres en Forêt, Villance, Omer Marchal ed., 1994.

      Dictionnaire des Peintres belges du XIVe siècle à nos jours, Tournai, La Renaissance du livre, 1995.

      Dictionnaire des Peintres du Luxembourg belge, Villance, Omer Marchal ed., 1995.

      Jo Verbrugghen, Paul Antoine, dans cat. Peintres et Paysages en Ardenne, Namur, espace ABB, 1998.

      René Léonard, Cahiers de l'Académie luxembourgeoise no 15-16, Arlon, 1999.

      Collectif, Serge Goyens de Heusch (dir.), XXe siècle. L’Art en Wallonie, Tournai, 2001 

      Paul Piron. Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique, Bruxelles, Art in Belgium, 2003, 

      Frédéric Kiesel. Cahiers de l'Académie luxembourgeoise no 20, Arlon, 2004.

      Serge Goyens de Heusch, Art belge au XXe siècle, Bruxelles, Racine, 2006,  p. 34-35.

      Christine Masschelein Paul Antoine : une œuvre pure, essentielle, Bruxelles, Institut Royal d'Histoire de l'Art et d'Archéologie (IRHAAB) (mémoire de fin d’études), 2007, 100 p..

      Marie-Claire Clausse, Cahiers de l'Académie luxembourgeoise no 25, Arlon, 2013. dépôt légal : D-2013-1536-1, p. 193-194.

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Acquisitions

Etat belge.
Cabinet des estampes, Bruxelles.
Province du Brabant wallon
Province du Luxembourg
Crédit communal de Belgique
Fondation pour l’art belge contemporain.