Biographie

Né dans une famille aisée où on parlait le français, tandis qu'au village et à l'école régnait le flamand.

Formation :
- Fréquente d'abord l'internat francophone Sainte-Barbe, tenu par des jésuites à Gand.
* L’éducation très sévère dans ce collège de Jésuites achèvera la francisation complète de ce fils de l’Escaut.
** Y rencontre Georges Rodenbach, le futur auteur de Bruges, la morte.
- Université de Louvain. Etudes de droit.
* Y rencontre le cercle des écrivains qui animaient La Jeune Belgique.
** Y publie en 1879 les premiers articles de son cru dans des revues d'étudiants.

Promu docteur en droit, Verhaeren fait un stage (1881-1884) chez Edmond Picard (1836-1924), célèbre avocat bruxellois que ses activités littéraires et politiques établissent comme la figure de proue de l’avant-garde des années 1880-1890. Toutes les semaines, il organise chez lui un Salon : c’est là que Verhaeren entre en contact avec des auteurs et des artistes de tous genres. Le désir de s’imposer comme poète est grand. Après avoir plaidé deux procès – les seules plaidoiries de sa vie ! – il abandonne le barreau et décide de vouer sa vie à l’art et à la littérature.

Verhaeren s’impose dès lors comme un critique d’art et de littérature passionné. Il collabore à plusieurs revues belges, devient rédacteur de la « Jeune Belgique » et de « L’Art Moderne » et fournit plusieurs contributions à des revues étrangères. Très vite, Verhaeren s’impose comme l’homme-phare et comme le porte-parole du réveil artistique et littéraire de la fin du siècle. Dans des articles fracassants, le visionnaire qu’il est, attire l’attention du public sur de jeunes artistes prometteurs, comme James Ensor.

1883.
Tandis que ses articles de critique d’art et de littérature se multiplient, Verhaeren publie en 1883 son premier recueil, Les Flamandes. Inspiré par les tableaux des grands maîtres flamands Jordaens, Teniers et Steen, le jeune poète évoque les mœurs anciennes de la Flandre et de ses habitants. L’avant-garde crie au chef-d’œuvre à cause de la facture naturaliste du recueil et des esquisses souvent provocatrices, sensuelles et crûment réalistes. Dans le milieu rural catholique, le recueil fait scandale. Ses parents essayèrent même avec l'aide du curé du village d'acheter la totalité du tirage et de le détruire. Le scandale avait été un but inavoué du poète, afin de devenir connu plus rapidement.

1886.
Le second recueil de Verhaeren, Les Moines ne reçoit pas non plus un accueil unanimement favorable. Ces déboires, joints à la mort de ses parents en1888 et à d’incessants problèmes de santé, provoquent une crise morale qui ne laissera pas de déteindre sur l’œuvre. De cette période datent en effet Les Soirs, (1888), Les Débâcles (1888) et Les Flambeaux noirs (1891).

1889.
(oct.) Lors d’une visite à sa sœur à Bornem, Verhaeren rencontre Marthe Massin, de cinq ans sa cadette. Cette jeune artiste pleine de talent, connue pour ses aquarelles, originaire de Liège, donne des leçons de dessin aux enfants du comte de Marnix de Sainte-Aldegonde. Elle fréquente la sœur de Verhaeren, dont le mari exerce la fonction de régisseur du comte. C’est le coup de foudre.

1891.
(24/08) Epouse Marthe Massin, et s'installe à Bruxelles.
* Son amour pour elle s'exprime dans trois recueils de poèmes d'amour : Les Heures claires (1896) Les Heures d'après-midi (1905) et Les Heures du soir (1911).

Dans les années ‘90, s'intéresse aux questions sociales et aux théories anarchistes. Il se lance dans le combat contre l’inégalité sociale et le déclin des régions rurales, ces fruits amers de la Révolution industrielle. Ce sont Les Campagnes Hallucinées (1893), Les Villes Tentaculaires(1895), Les Villages Illusoires (1895) et sa première pièce de théâtre, Les Aubes (1898).

Ces poèmes le rendirent célèbre, et son œuvre fut traduite et commentée dans le monde entier.
* Voyage pour faire des lectures et des conférences dans une grande partie de l'Europe.
** Beaucoup d'artistes, de poètes et d'écrivains comme Georges Seurat, Paul Signac, Auguste Rodin, Edgar Degas, Auguste Vermeylen, Henry Van de Velde, Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé, André Gide, Rainer Maria Rilke, Gostan Zarian et Stefan Zweig l'admiraient, correspondaient avec lui, cherchaient à le fréquenter et le traduisaient.
*** Émile Verhaeren était aussi un ami personnel du roi Albert Ie et de la reine Elisabeth.

1899.
Le roi Albert Ie de Belgique a donné le titre honorifique de Poète national à Émile Verhaeren

Parvenu au tournant de sa carrière, vers 1898, le poète se fixe définitivement à Saint-Cloud, près de Paris. Ce déménagement servira beaucoup tant sa productivité littéraire que son rayonnement en France et en Europe. Pourtant, le poète retournera tous les ans au Caillou-qui-bique, son séjour à la campagne dans les environs de Roisin, sur la frontière franco-belge, et cela jusqu’à ce qu’éclate la Guerre mondiale.

Au seuil du XXe siècle, le poète a atteint une renommée mondiale : son œuvre est traduite, citée, discutée. Son expressionnisme humanitaire témoigne d’une foi renouvelée dans l’homme et sa vitalité triomphante.

1904.

« Rembrandt »

1908.
« Ensor »

1910.
« Rubens »

1911.
Rate de peu le prix Nobel de Littérature, qui est attribué à son ami Maurice Maeterlinck.

Quand en  1914, la Première Guerre mondiale éclata et que, malgré sa neutralité, la Belgique fut occupée par les troupes allemandes, Verhaeren se réfugia en Angleterre.
* Ecrit des poèmes pacifistes et lutte contre la folie de la guerre dans les anthologies lyriques : La Belgique sanglante, Parmi les Cendres et Les Ailes rouges de la Guerre. Sa foi en un avenir meilleur se teinta pendant le conflit d'une résignation croissante. Il n'en publia pas moins dans des revues de propagande anti-allemandes et tenta dans ses conférences de renforcer l'amitié entre la France, la Belgique et le Royaume-Uni.

Le 27 novembre 1916, il alla visiter les ruines de l'abbaye de Jumièges. Le soir, après avoir donné une nouvelle conférence à Rouen, il mourut accidentellement, ayant été poussé par la foule, nombreuse, sous les roues d'un train qui partait.

Le gouvernement français voulut l'honorer en l'ensevelissant au Panthéon, mais la famille refusa et le fit enterrer au cimetière militaire d'Adinkerke. En raison du danger que représentait l'avancée des troupes, ses restes furent encore transférés pendant la guerre à Wulveringen avant d'être en 1927 définitivement enterrés dans son village natal de Saint-Amand où depuis 1955, un musée, le musée provincial Emile Verhaeren, rappelle son souvenir.

 

Ouvrage(s)