Bibliographie texte

  • Texte de présentation

    • - René Debanterlé, Lettre à Marc Renwart, 16/1/91

      C'est avec grand plaisir que je prends ma plume pour défendre la tienne. Tu connais combien je suis impliqué dans le domaine qui nous occupe, en tant qu'historien de l'art, critique (membre des Associations Belge et Internationale des Critiques d'Art) et - peut-être surtout - en tant que peintre.
      Je sais donc un peu de quoi je parle lorsque j'estime ta méthode de travail parmi les plus scientifiques et les plus intègres qui soient. Ce qui est si rare - pour ne pas dire exceptionnel - aujourd'hui.
      Sur le plan de la science, la manière dont tu assembles les matériaux et les cites de façon objective, en toute rigueur, s'avère éminemment justifiables. Il s'agit de collecter la «materia prima», condition impérative pour toute approche qui se veut sérieuse.
      J'y trouve, par ailleurs, cet avantage essentiel que chaque lecteur y est confronté aux faits dans leur brutalité (qui est souvent leur vérité) et se doit donc d'effectuer lui-même une synthèse critique. Ce dynamisme intellectuel gêne sans doute les esprits passifs, habitués à gober toute cuite la bouillie médiatique. Mais faut-il travailler pour ceux-là ? D'autre part, ta technique - c'en est une, au beau sens du terme d'un artisanat de l'esprit - revêt une dimension salvatrice: il convient d'abord de procéder au recollement des documents, à leur institution avant l'oubli. Les délires interprétatifs ont, quant à eux, tout le temps pour advenir... Sur le plan éthique aussi tu me parais un modèle, en évitant de faire (ton) œuvre avec celle d'autrui. Chez toi, l'ego s'efface au profit de ce qui est (ou a été). Enfin plus de littérature épanchée où l'auteur parle surtout de soi !
      Enfin une attitude respectueuse avant tout de l'art et de son histoire, sans «effets secondaires» (le style, l'élitisme, le verbiage, etc...) !
      J'ai un peu l'impression de dire ici des banalités, tant ces qualités - tu en as bien d'autres - me semblent devoir paraître évidentes. Certains, me dis-tu, ne jugent pas de la sorte. Je voudrais leur donner simplement ce conseil: qu'ils prennent, au hasard, dix catalogues récents et en parcourent la prose. Puis qu'ils comparent à ce qu'ils ont lu de ton travail. S'ils sont sincères et intelligents, s'ils aiment vraiment l'art et son destin, ils ne pourront que goûter combien ta manière est claire, respectueuse, sérieuse et - c'est pour moi le plus important - résolument humaine."