Biographie

Son père, un important homme d'affaires meurt alors qu’il n’avait que deux ans.

1914.
Décroche en revanche la candidature en Philosophie et Lettres à l’Institut Saint-Louis.

Peu après, il aurait été réformé pour cause de myopie.

Commence des études universitaires en histoire et histoire de l'art, mais doit les interrompre à cause de la Première Guerre mondiale.

D’après Georges Marlier, futur chroniqueur d’art dans Cassandre, aurait travaillé, durant la guerre, aux Musées des Beaux-Arts de Bruxelles sous la direction de l’historien d’art Fierens-Gevaert.

1917.
Avec Paul Fierens et Robert Mélot, devient un délégué artistique du groupe L'Art Indépendant.

En février 1918, se détache de ses mentors intellectuels d’avant-guerre (Georges Sorel et ses Réflexions sur la violence ou Charles Maurras bien entendu) pour se tourner vers le pacifisme internationaliste des Romain Rolland et André Suarès.
Cet événement marque le début de la période militante de Colin pour un idéal de pacifisme cosmopolite et d’internationalisme sous la bannière de Clarté» (à ne pas confondre avec la revue homonyme)
* La naissance de ce mouvement européen se situe dans le sillage du pacifisme de Romain Rolland pendant la guerre.

 

Après la guerre, il devient journaliste et critique d'art, puis le directeur de la galerie d'art Giroux (jusqu'en 1931), situé sur l'avenue des Arts à Bruxelles.

1919. (mars) Paul Colin a 24 ans. Il lance à Bruxelles une revue culturelle, L’Art libre, où il entend favoriser les artistes d’avant-garde. L’Art libre est aussi engagé politiquement. On peut y lire que la Première Guerre mondiale a été préparée par les dirigeants capitalistes de tous les pays européens. Colin les condamne sans appel.
* En juillet 1919, Romain Rolland publie ainsi dans L’Art libre une carte blanche où il dénonce le patriotisme meurtrier. Cette « déclaration de l’indépendance de l’esprit » est cosignée par Colin, mais aussi par Albert Einstein, Hermann Hesse, Heinrich Mann ou encore Benedetto Croce.

Dès 1919 en effet, fonde avec Robert Mélot du Dy une collection littéraire intitulée Cahiers indépendants * Y paraîtront, outre son unique roman, d’inspiration autobiographique Le Cadran solaire, des œuvres d’auteurs reconnus comme Franz Hellens Nocturnal et Iwan Gilkin Le Roi Cophétua

Dans les années 20, s’intéresser à l’Allemagne, c’est fatalement être pro-boche. Et Paul Colin fait partie de ces intellectuels qui condamnent le traité de Versailles dans lequel ils voient le ferment de la future revanche allemande.

1922.
Dernier de la revue L’Art libre

1923.
Publie "Allemagne 1919-1921", récit d’un long voyage dans la république de Weimar.

 

S’installe à Paris.

Fondation de la revue Europe afin de "créer et maintenir en vie la grande revue de culture internationale qui a toujours manqué à l’Extrême-Occident de langue française" (Annonce de la création de la revue Europe dans le dernier n° de L'Art libre).
* Direction : Paul Colin et le français René Arcos, pour le compte des éditions Rieder, spécialisées dans l’édition de textes pacifistes.

1924.
Quitte le comité de rédaction de la revue Europe, dont il n’approuve pas l’orientation marxiste.

 

Au début des années 30, on ne sait pourquoi, Paul Colin se rapproche des milieux nationalistes et notamment de Fernand Neuray, le directeur de la Nation belge.

Ecrit un certain nombre de livres sur la peinture, la peinture belge et européenne, le romantisme et Edouard Manet. Sa "Peinture belge depuis 1830" a longtemps gardé un certain crédit dans le milieu de l’art.

Dans les années 1930, Colin est devenu fasciné par les mouvements d'extrême-droite, à la fois le fascisme et le nazisme.

1932.
Fait partie du comité organisateur de l’exposition «100 ans d’art belge», qui doit avoir lieu en Allemagne, et déclenche une polémique dans la presse belge. * Suite à la nouvelle politique culturelle du régime national-socialiste après la prise de pouvoir par Hitler, cette exposition n’aura pas lieu.

1933.
Devient Directeur de la Nouvelle Société d’Édition, dont l’objectif reste de promouvoir les œuvres d’art belges, afin de mieux endiguer l’influence française en Belgique.

Publie l’ouvrage "Belgique, carrefour de l’Occident" (Paris, éd. Rieder, 1933), essentiel pour comprendre les multiples facettes de son personnage et qui lui vaut le Prix quinquennal de Littérature.

1934.
Crée Cassandre hebdomadaire belge de la vie politique, littéraire et artistique.
* Cette publication est d’un niveau exceptionnel pour l’époque. Des journalistes et des écrivains essentiellement conservateurs, mais également issus des milieux de gauche, y participent. On y parle d’expressionnisme artistique comme de littérature anglaise ou allemande. On y lit les premiers écrits de jeunes auteurs tels Dominique Rolin.
* " En décembre 1934, Colin concrétise son plan le plus ambitieux en fondant la revue Cassandre. Hebdomadaire belge de la vie politique, littéraire et artistique. Son objectif consiste à vouloir rassembler toutes les énergies pour devenir l’organe éditorial belge de référence, dans un esprit toujours inspiré de celui des Cahiers indépendants. Au départ, Cassandre se veut une revue foncièrement pluraliste. Pendant les deux premières années de son existence, pas moins de 280 personnalités belges de la culture et de la politique y signeront l’un ou l’autre article. 
Mentionnons dans cette liste Roger Avermaete, Raymond Brulez, Constant Burniaux, Max Deauville, Marie Gevers, Robert Goffin, Constant Malva, Georges Marlier, Charles Plisnier (qui y publie Faux Passeports), Georges Rency, Lucien Solvay, Stanislas André Steeman, Robert Vivier et le collaborateur le plus proche de Colin, Robert Poulet. Certains noms de prestige relèvent le premier numéro, en annonçant leur soutien et collaboration : Henri Pirenne, Camille Huysmans, Albert Mockel, Franz Hellens et Paul-Émile Janson. Une dédicace de Maurice Maeterlinck, comparant la voyante Cassandre de la Grèce antique avec la « Cassandre d’aujourd’hui », pèse également de tout son poids" (https://textyles.revues.org/912).
* cf. Le mémoire de licence de Hubin (C.), Les débuts de « Cassandre » (décembre 1934-décembre 1936). Essai d’analyse de contenu (Université catholique de Louvain, Histoire contemporaine, 1980) contient en annexe une série de notices biographiques des collaborateurs à la revue de ces années-là ; le mémoire de licence de Heerbrant (J.-P.), »Cassandre» 1940-1944. Université Libre de Bruxelles, 1980

 

1939. (sept.) Avec Robert Poulet, Pierre Daeye et dix autres journalistes (la plupart d'entre eux les fascistes, mais aussi certains pacifistes de gauche) ont signé un manifeste pro-allemande appelant à la neutralité belge dans la guerre. Ce manifeste a été souvent présenté comme le point de départ de la collaboration journalistique en Belgique en langue française.

1940.
(mai) La parution de Cassandre est suspendue. Colin, considéré comme suspect par les autorités, est contraint de séjourner pendant trois mois dans un camp d’internement en France.

Ce n’est qu’à l’heure de son retour qu’on peut parler de collaboration ouverte, franche et consciente. Le tournant idéologique est net. Toutes ses énergies serviront désormais l’occupant nazi : la reprise deCassandre en octobre 1940 (et jusqu’août 1944) et Le Nouveau Journal, dont le premier numéro, paru également en octobre, présente les fondements idéologiques. 

1940. Après l’occupation de la Belgique, fonde le «  Nouveau Journal »"
* La première édition est parue le 1er Octobre. Un de ses associés, Robert Poulet, aurait rencontré secrètement le comte Capelle, secrétaire du roi Léopold III, et aurait obtenu une approbation royale provisoire pour le projet. 1943. Un groupe de la Résistance belge, dirigée par Marcel Demonceau, a le plan de tuer la fois Colin et Léon Degrelle dans un court laps de temps. * Colin a été abattu par Arnaud Fraiteur, âgé de 19 ans. ** L'attentat à la vie de Degrelle a échoué parce que Demonceau a été arrêté à sa cachette à Ixelles avec de nombreux associés, aviateurs britanniques et des membres du service de renseignement basé à Londres belge. Le groupe avait été infiltré par un certain Prosper Dezitter. *** Fraiteur sera immédiatement arrêté et pendu à Breendonck Demonceau ainsi que de nombreux membres du réseau seront fusillés par les allemands tandis que Dezitter sera, après-guerre, arrêté en Allemagne, extradé, condamné à mort et exécuté à Ixelles le 17 septembre 1948.

Ouvrage(s)