Historique

Dirigé par Philippe-Edouard Toussaint, cette galerie a joué un rôle très importante dans la promotion et la diffusion des artistes novateurs dans les années '50 et '60.

 

* Jacques Lacomblez. Entretien avec Marc Renwart in cat. Phases belgiques. éd. Dexia à l'occasion de l'esposition éponyme au Musée des Beaux-Arts de Mons (13/12-12/11/1990)
Marc Renwart: Pour définir les conditions qui préludent à la création de la section belge de Phases, ne serait-il pas bon d’évoquer le rôle, qui personnellement me semble déterminant, joué par Ph.-E. Toussaint et sa galerie Saint-Laurent ?
Jacques Lacomblez: Effectivement, ce fut un rôle important et désintéressé (ce n’était pas courant, à présent, ce serait insolite sinon suspect) qu’a joué, depuis 1949, la Librairie-Galerie Saint-Laurent à Bruxelles, située d’abord rue Saint-Laurent puis rue Duquesnoy. Ce qui se créait d’original, de passionné (ou de marginal) était accueilli là par Ph.-E. Toussaint, aujourd’hui disparu et auquel on devrait rendre l’hommage qu’il mérite (si l’on pouvait réunir, dans une exposition marquant son souvenir, des œuvres des artistes, encore jeunes à l’époque où Toussaint leur offrit d’exposer, ce serait, je crois, une manifestation considérable). On y a vu (je cite de mémoire, rapidement et à titre d’exemple) Vandenbranden, Arnould, Plomteux, Burssens, Van Hoeydonck, Verheyen, Mara, Carette, Verstockt, Van Breedam, Zimmermann, Carlier, Martini... Staritsky, Dumitresco, H. Arthur-Bertrand, A. Nemours, Bury, Delahaut, Joostens, Lewy, Milo, Noèl, Wijckaert, Alcopley, Anthoons, Bucaille, une exposition des premiers abstraits belges... la liste serait très longue (et ce, au début des années 50!).
Avec de très petits moyens, Toussaint avait réussi à créer un lieu rare et essentiel, où se retrouvaient les artistes de toutes tendances, et autant de « traqueurs » d’images peintes que de chasseurs d’éditions rares. On y côtoyait Marcel Lecomte, Jean Dypreau, Paul Neuhuys, Ivo Michiels, Jacques Sternberg, Folon, Marcel Broodthaers, Julien Coulommier, Théodore Koenig, Jacques Calonne, Tristan Clais...
Tant d’amitiés s’y sont nouées. Il y a certes de la nostalgie dans ce que j’évoque, surtout lorsque l’on considère les sinistres «points de vente» d’œuvres-actions qui ont, actuellement, nom de « galeries » et qui ne sont souvent qu’annexes de la Bourse. Les échanges ou les chocs - d’opinion ont laissé la place aux supputations, aux «tuyaux» sur la valeur d’échange des œuvres, métastases «chic» du cancer capitaliste.

 

Pour l'avoir rencontré sur la fin de ses activités professionnelles (il tenait une librairie de seconde main), Ph.-E. Toussaint m'est apparu assez amer, se plaignant très clairement de l'ingratitude des artistes.

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