Historique

I. PHASES, MOUVEMENT INTERNATIONAL

«L’année 1951 vit cesser, de manière à peu près simultanée, la parution des deux revues européennes consacrées à l’exaltation des nouvelles formes d’expression issues de la rencontre du surréalisme et de l’abstraction lyrique: Cobra (fondée en 48) et Rixes (fondée en 50) n’existant plus, un regroupement s’imposait. L’urgence d’un tel regroupement incite, dès 1952, Edouard Jaguer et quelques-uns de ses amis à entreprendre la mise en œuvre d’un programme d’édition et d’expositions susceptibles de renouer et renforcer les contacts perdus ou relâchés entre les différents individus, groupes ou mouvements disséminés dans plusieurs pays, et ce sur une base idéologique excluant toute participation formaliste et accordant la plus grande place à l’imaginaire considéré comme source majeure de toute création valable.
De ces préoccupations naîtra un peu plus tard la revue Phases (...)» (in Cat. Phases. Musée d’lxelles, 1964).

«Après Rixes, Jaguer publie, en janvier 1954, le premier numéro d’une revue qu’il continue d’éditer aujourd’hui. Son but est de créer autour d’elle un véritable mouvement international lit­téraire et plastique, distinct du surréalisme qui reste néanmoins une référence importante mê­me si elle est très critiquée, très ouvert sur le plan des modes d’expression mais où la nouvelle forme d’art abstrait occupe une place importante. La direction technique de ce premier numéro est confiée à Alechinsky. Il comprend des textes de Dotremont, Havrenne, Henein, Pansaers, Roche, Scutenaire, Tapié et des illustrations de Alechinsky, Arnal, Baumeister, Bryen, Capogrossi, Corneille, Duchamp, C. Georges, Gillet, Götz, Hartung, Hayter, Hérold, Jorn, Lam, Mathieu, Matta, Monta, Mortensen, Pedersen, Pollock, Roel d’Haese, Schultze, Soulages, Tajiri, Tomlin.» (S. Lecombre in Cat. Paris-Paris 1937-57. Paris, Beaubourg, 1981 pg. 228).

Phases sera, alors, la seule revue à développer des antennes internationales :
- Salamander (Suède, Malmoè. 1955-57,3 n°) Rédaction: I. Laaban.
- Il Gesto (Italie, Milan. 1956-59, 4 n°)
* Réd.: Baj et Dangelo.
- Edda (Belgique, Bruxelles. 1958-64, 5 n°)
* Réd.:J. Lacomblez.

- Boa (Argentine, Buenos Aires. 1958-60, 3 n°) Réd.: A. LImas.
- Documento Sud (Italie, Naples. 1958-62,6 n°) Réd.: Castellano et Biasi.
- La revue Erta qui aurait dû naître des éditions du même nom (Canada, Montréal. Réd.: R. Giguère) n’a jamais vu le jour.

Phases entretiendra, en outre, des relations avec l’Egypte, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Tchécoslovaquie, la Pologne.

Et c’est aussi Phases qui après la disparition de Cobra, organisera à Paris (mars 1955, galerie Creuze) la première confrontation internationale d’art expérimental (Dada, Surréalisme, Abstraction lyrique, Fontana).

II. PHASES ET LA BELGIQUE

I. 1953-1957.

1953.
Première publication de Phases: «L’arbre et l’arme» de Ch. Dotremont à propos de l’exposition Tajiri-Alechinsky à la galerie Martinet d’Amsterdam.

1954.
(janv.) Phases n° 1.
Correspondant pour la Belgique : Théodore Koenig.
Participants belges :
- Textes de L. Scutenaine, Ch. Dotremont, Cl. Pansaers, P. Neuhuys, M. Havrenne, I. Hamoir.
- Reproductions de P. Alechinsky et Roel d’Haese.

(22-28/1) Paris, Studio Facchetti. Première exposition Phases.
* Alechinsky, R. d’Haese.

1955.
(21/01-06/02) Malmoë, galerie Colibri. Phases.
* Alechinsky.

(18/02-28/02) Paris, galerie La Roue. «Paroles visibles».
* Dotremont, Alechmnsky.

(mars) Phases n° 2.
Correspondant : Th. Koenig.
Texte: Alechinsky
Reprod.: Alechinsky, R. d’Haese.

(31/03-26/04) Paris, galerie Creuze. «Phases de l’art contemporain».
Alechinsky, R. d’Haese, S. Vandercam, qui participeront à la même exposition qui, sous une forme plus réduite, aura lieu à la galerie Proteo de Mexico (23/6-16/7).

1956.
(10/02-29/02) Malmoë, Galerie Colibri. Phases.
* Vandercam.

J. Lacomblez adhère à Phases.

(nov.) Phases n° 3.
Correspondant : Th. Koenig.
Texte : Th. Koenig.
Reprod. :Alechinsky, Vandercam.

(15/11-05/12) Paris, galerie Kléber. Phases. Alechmnsky, R. d’Haese, Reinhoud, Vandercam.

1957.

(15/01-28/01) Bruxelles, galerie St-Laurent. J. Lacomblez.
Dépliant ill. Textes de Marcel Lecomte et Edouard Jaguer

(10/5-10/6) Amsterdam, Stedelijk Museum. PHASES.
(Le catalogue sera considéré comme étant le numéro 4 de Phases).
*Textes : Alechinsky, Dotremont.
*Exposants : Alechinsky, R. d’Haese, Vandercam.

- Ed. Jaguer in Cat. Phases. Amsterdam, Stedelijk Museum, 1957.
Il faut bien constater que la peinture et la sculpture se trouvent maintenant placées devant une nouvelle crise de l’objet, née du trouble qui succède tout à coup à la dernière insurrection en date contre la transcription purement objective de la réalité. Ce mouvement, aux contours d’ailleurs élastiques, que l’on désigne abusivement sous les noms de tachisme ou d’art informel, il est maintenant évident qu’il ne peut aucunement prétendre au titre d’avoir constitué un dépassement du surréalisme ou de l’art abstrait des temps héroïques. En dépit de sa turbulence, il ne saurait rivaliser avec eux du point de vue de l’importance historique.
En fait, les peintres qui y participèrent visaient plus ou moins instinctivement à réagir contre certaines formes abâtardies de ces deux courants majeurs de l’aventure plastique contemporaine; à rompre catégoriquement aussi bien avec la simulation picturale exagérément minutieuse de certains états poético-oniriques (chère à Dali et ses épigones) du côté du surréalisme - que, de l’autre côté, avec les monotones coquetteries fonctionnalistes d’un art abstrait qualifié de froid et généralement exempt de tout souci métaphysique (à rebours des préoccupations constantes d’un Mondrian ou d’un Kandinsky).
Animés d’une fougue spectaculaire, d’une sorte de rage sacrée (Pollock), qui semblait devoir tout balayer sur son passage, les peintres informels provoquèrent un renouvellement considérable des formes picturales, introduisirent dans la peinture des techniques peu explorées, bien que procédant pour une grande part de découvertes antérieures, souvent dues au surréalisme, notamment pour ce qui concerne l’emploi de l’automatisme (Riopelle, Dova).
(...)
Mais aujourd’hui, ce n’est pas sans une lassitude - fort comparable à celle éprouvée naguère devant cette abstraction froide toujours identique à elle-même - que nous assistons à une ébauche réitérée de touches colorées de plus en plus aléatoires, et à l’assaut de paraphes eux aussi toujours identiques, qui ne sont plus que pures décharges mécaniques, dont même la valeur de choc finit par s’émousser dans la mesure où le geste, perdant toute qualité de témoignage émotionnel direct, tourne de plus en plus au simple réflexe. Complètement dépourvus des connexions psychiques qui dramatisaient l’œuvre de Wols ou de De Kooning, ces taches et ces graphismes ne sont plus dès lors que de simples tics formels, extériorisation béate d’un nouveau confort intellectuel.
(...)
Aujourd’hui, il semble que le signal d’une nouvelle insurrection soit déclenché, cette fois sans ambiguïté, partout à la fois. Les recherches cohérentes se multiplient, et grâce à de telles recherches, dont Phases vise avant tout à être l’écho fidèle, nous allons assister au déferlement de fantastiques images, représentations stupéfiantes mais non gratuites d’une nouvelle situation de la conscience; et par là même, au-delà d’un informel maintenant vidé de sa substance vitale du début, nous allons enfin retrou­ver l’imprévu, et l’art redeviendra ce qu’il doit être en premier lieu: non seulement images, choc et explosions d’images, mais surtout l’instrument inégalable grâce auquel l’être humain, peut assurer le défrichement d’un empire mental sans limites ni contraintes, et la communication périlleuse, l’échange fécond entre cet empire mental, et les leurres, les drames et les abîmes du monde quotidien, de l’univers social».

1958.

(fév.) Montevideo, Museo de Arte Moderno. Phases.
* J. Lacomblez.

(15/02-27/02) Bruxelles, galerie St-Laurent. M. Carlier.
* Dépliant, iII. Textes de M. Lecomte et Ed. Jaguer.

(fev.) Tokyo, galerie Chuo-Koron. Phases. M. Carlier, J. Lacomblez.

II. 1958-1966.

CREATION DE LA SECTION BELGE DU MOUVEMENT INTERNATIONAL PHASES par J. Lacomblez avec Marie Carlier et Jacques Zimmermann.
* Avec l’aide d’E. Jaguer, ils fondent la revue Edda (5 n°).

(30 juin) EDDA n° 1. Cahiers internationaux de documentation sur la poésie et l’art d’avant-garde. (32 pp., 21/27 cm.)
*Textes: C. Bryen, B. Childs, Stoen Colding, R. Giguère, M. Havrenne, J. Lacomblez, J.J. Lebel, E. Jaguer, J. Llinas, P. Joostens, M. Lecomte, G. Luca, A. Poujet, C.F. Reuterswârd, B. Rybak, M. Seuphor.
* Illustrations : Buchheister, M. Carlier, Childs, J. Coulommier, J. Delahaut, Ch. d’Orgeix, KO. Gôtz, P. Joostens, Kalinowski, J. Lacomblez, J.C. Langlois, J. Molzahn, B. Schultze, André-Poujet, Peverelli, B. Requichot, Reuterswàrd, V. Servranckx, M. Verstockt, Cl. Viseux, Wols, J. Zimmermann.
* Dessin de W. Lam.
- in Cat. Phases, Nice, Galerie des Ponchettes, 1972, pg. 29.
La parution de ce premier numéro d’Edda coïncide précisément avec l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle. L’éditorial d’Edouard Jaguer, rédigé pendant les événements algérois de mai et significativement intitulé «Etat d’urgence», réaffirme avec vigueur les préoccupations politiques et les options idéologiques générales dont Phases se réclame et ce, sans ambiguïtés: «Les mots d’ordre de Marx et de Rimbaud, sur lesquels André Breton et ses amis développent leur action depuis 30 ans passés, restent les seuls à partir desquels TOUTES LES PERSPECTIVES peuvent réellement s’accomplir... Aujourd’hui, comme il y a 30 ans, il ne s’agit de rien d’autre que de jouer LE GRAND JEU, chaque fois qu’une toile, une toile blanche, une toile blafarde d’être blanche, est appelée à la terrible épreuve de sa révélation (...)

- Jacques Lacomblez. Entretien avec Marc Renwart in cat. Phases belgiques, éd. Dexia à l'occasion de l'exposition éponyme au Musée des Beaux-Arts de Mons, 1990.
L’idée de réaliser une publication s’imposa vite, comme une évidence, publication qui serait comme une sœur belge de Phases. Le titre Edda fut choisi, d’une part, parce qu’il évoquait un monde légendaire et fantastique et d’autre part, pour sa sonorité (je pense à une relation sonore avec le titre de mouvements et de publications comme Cobra, comme Boa qui fut, en Argentine et sous la direction de Julio Llinas, la revue correspondant à Phases et donc à Edda).
Les sommaires étaient discutés et préparés à Paris. Je dois dire, ici, que ces «cahiers de documentation» n’auraient pu exister sans l’aide d’Edouard Jaguer qui, pour autant, n’a jamais imposé quoi que ce soit ni qui que ce soit. En ce qui concerne le choix des textes et des illustrations, nous étions parfaitement d’accord, par exemple pour veiller toujours à la primauté de la révélation au détriment du consacré (ce fut toujours un principe de base de Phases), la révélation concernant autant les créateurs mal connus ou inconnus du passé récent que les nouveaux « découvreurs». D’accord, nous l’étions aussi pour fixer soit dans les publications, soit dans les expositions, tout ce qui pouvait naître d’un imaginaire profond et ce, sous toutes ses formes et au-delà des clivages ou des tendances déjà délimitées, à cette époque, avec un maximum d’erreurs par les herboristes sectaires. Enfin, il est inutile, je pense, de parler longuement de ce qui nous unissait dans le domaine politique et social, ni d’insister sur la condition que ce domaine exigeait dans l’activité (l’article d’E. Jaguer, Etat d’urgence, en éditorial dans le n°1 d’Edda, le prouve suffisamment).
A ce propos, il faut rappeler que l’époque de la préparation du premier numéro d’Edda est celle de l’aggravation de la situation militaire et politique en Algérie, avec la menace d’une intervention, en Métropole, d’une partie de l’armée (E. Jaguer est un des signataires du « Manifeste des 121 »). Devant la poussée de l’extrême droite (qui, hélas, reprend de plus belle, actuellement) et la cristallisation de son idéologie dans les manifestations clérico-anarchistes des Mathieu et autres « gentils organisateurs » du club de la Fleur de lys, une sorte de front commun des intellectuels antifascistes s’imposait. Cette situation ne fut pas étrangère au rapprochement qui se fit en 1958 entre le mouvement Phases et le mouvement surréaliste d’André Breton. Pour ma part, puisqu’il s’agit ici d’un témoignage sur Phases en Belgique, j’avais, dès mon adhésion, insisté sur les attaches profondes de Phases avec le surréalisme. Il se fit qu’André Breton désirât me rencontrer (Jean-Jacques Lebel avait montré quelques-unes de mes peintures sur papier à la réunion surréaliste) et je me souviens avoir plaidé, lors de cette entrevue, pour une activité commune des deux mouvements.
Pour la parution du n°1 d’Edda, en 1958, la première exposition Phases en Belgique fut organisée à la Galerie Saint-Laurent (en plus des artistes belges - dont V. Servranckx - : J.Ch. Langlois, André Poujet, Corneille, Freddie, Scanavino, Lam, Biasi, etc.). La deuxième exposition Phases dans notre pays, particulièrement importante, eut lieu en 1964, au Musée d’Ixelles. Pendant ces années de parution d’Edda, de nombreux artistes étrangers, situés dans la mouvance de Phases, exposèrent à la Galerie Saint-Laurent: J.Ch. Langlois, André-Poujet, H.M. Petersen, C.F. Reuterswàrd, J. Tchôrzewski, J.P. Ielfaure, E. Riegels, H. Ginet, etc.
De notre côté, nous participions à toutes les manifestations de Phases (y compris celles organisées en commun avec le mouvement surréaliste d’A. Breton), expositions, polémiques diverses - citons, parmi ces dernières, celles qui nous opposèrent à la vague informelle, au Nouveau Réalisme, à Mathieu, aux acteurs de l’Anti-procès (J.-J. Lebel et A. Jouffroy, celle aussi qui surgit, avec le groupe belge de Tom Gutt, de la différence d’appréciation d’une peinture de R. Van De Wouver.
D‘autre part, et sur un plus vaste horizon, l’irruption du pop’art ne pouvait nous laisser indifférents. Si nous fûmes, un instant, intrigués (positivement) par certaines images de Rosenquist et Jim Dine, par exemple, notre désenchantement fut total devant ce qu’il fallait bien considérer comme une aliénation culturelle, produit complice de la société capitaliste, équivalent libéral du réalisme stalinien.

(05/07-30/08) Bruxelles, Galerie St-Laurent. «Phases».
* Dépliant, 22/10 cm, texte: J. Lacomblez.
** Arnal, Boïlle, Bryen, Buchheister, M.Carlier, Childs, Clemente, Corneille, J. Delahaut, Ch. d’Orgeix, W. Freddie, K.O. Götz, Kalinowski, J. Herold, J. Lacomblez, W. Lam, J.C. Langlois, Meyen-Petersen, Peverelli, André Poujet, Reuterswärd, Réquichot, Scanavino, Tabuchi, Viseux, Zimmermann.

(04/08-16/08) Lima (Pérou), Instituto d’Arte Contemponaneo. «Phases».
* Participants belges: Alechinsky, Lacomblez.

(04/10-23/10) Bruxelles, Galerie St-Laurent. J. Lacomblez.
* Triptyque, 15/12 cm, 1 ill., texte : Ed. Jaguer,  « Haute surveillance»).

(25/10-13/11) Bruxelles, Galerie St-Laurent. AndréPoujet.
*Triptyque, 21/14,5cm, 1 ill., texte:J. Lacomblez et Ed. Jaguer.

(05/12- ) Wüppertal, Neue Galerie Parnass-Jâhrling. «Phases».
* Alechinsky, Lacomblez.

1959.
(mars) EDDA, 2e cahier (36 pp., 21/27 cm, couverture: M. Verstockt).
* Textes: M. Broodthaers, S. Colding, J.P.Duprey, R. Giguère, R. Hausmann, G. Henein, H.Kréa, E. Jaguer, A. Jouffroy, J. Lacomblez, J.J. Lebel, J. Llinas, G. Luca, F. Ponge, Cl. Viseux, André-Poujet, Reuterswârd, E. Sanguinetti, C. Tarnaud, J. Thiercelin.
* Dessins: Bryen, J. Hérold, André-Poujet, T. Arnal, Tajini.
* Illustrations : E. Baj, G. Bertini, Burssens, M. Carlier, J. Clemente, Corneille, J. Coulommier, J. Delahaut, V. de Leeuw, Ch. d’Orgeix, W. Freddie, Gôtz, Hajek, Hérold, Kalinowski, Lacornblez, Lam, Langlois, M. Peluffo, Meyer­Petersen, André-Poujet, Reuterswärd, E. Riegels, S. Rodillon, E. Scanavino, Y. Tabuchi, Tajini, Verga, Verheyen, Viseux, Zimmermann.

(25/04-21/05) Bruxelles, galerie St-Laurent. J. Zimmermann.
* 4 pp., 1 ill. et 1 dessin, texte: J. Lacomblez.

(juin-oct.) Cycle d’expositions Phases en Pologne.
* M. Carlier, J. Lacomblez.

(11/07-11/09) Bruxelles, Galerie St-Laurent. Présentation du deuxième numéro d’Edda. Neuf peintres collaborateurs des cahiers: M. Carlier, Burssens, Delahaut, Joostens, Lacomblez, Servranckx, Verheyen, Verstockt, Zimmermann.
* 4 pp., 22/13, 5 cm, texte de Lacomblez.

(26/09-15/10) Bruxelles, Galerie St-Laurent. J. Lacomblez.
* 8 pp., 2 iII., 18/1 2,5 cm, textes de G. Henein et J.J. Lebel.

(28/11-17/12) Bruxelles, galerie St-Laurent. Juan-Carlos Langlois.
* Triptyque, 21/9 cm, dessin, texte de Lacomblez.

1960.
(janv.) Phases n° 5-6 (le n° 4 était le catalogue de l’exposition du Stedelijk Museum d’Amsterdam, 1957).
* Correspondant :Lacomblez.
* Texte: Lacomblez.
* Reprod.: Alechinsky, Carlier, Lacomblez, Mesens, Servranckx.

(19/03-07/04) Bruxelles, galerie St-Laurent. Hans Meyer-Petersen.
* 4 pp., 15,5/16 cm, 1 ill. coul., texte de Lacomblez.

(28/05) Lacomblez et Zimmermann cosignent le tract des surréalistes français «Tir de barrage» (tract contre l’exposition-manifeste « Anti-procès » organisée par Alain Jouffroy et Jean-Jacques Lebel à la galerie des 4 Saisons du 29 avril au 4 mai. Tous deux s’expliqueront sur leur position dans le n°2 de Front Unique), manifeste de leur volonté de collaborer avec le surréalisme, comme Lacomblez cosignera, à la fin de l’année, le tract «Nous ne l’entendons pas de cette oreille»

Tir de barrage.
L'absence parmi nous de toute doctrine qui serait réductible à un catéchisme, aussi bien que la constance de nos attaques contre l'hypocrisie et la veulerie qui tiennent lieu de morale à la société où nous nous débattons, donnent périodiquement à des individus douteux licence de s'immiscer dans nos rangs ou de se prévaloir d'une extension toute superficielle de nos idées. Il faut reconnaître qu'un certain flottement se fait jour à cet endroit dans la pensée la mieux structurée et la plus exigeante, au fur et à mesure qu'une impatience due au mouvement même de l'histoire vient renforcer la contestation idéologique ; tout levier a pu sembler bon, pour soulever la pierre tombale que le christianisme avait scellée sur la vie passionnelle et, par suite, sur l'ensemble des conduites sociales réciproquement admissibles qui feraient s'épanouir l'existence au lieu de la recroqueviller. En sa meilleure période, Kropotkine faisait observer que condamner le principe éthique, à raison des abus qui en ont été commis par l'Eglise et l'Etat, équivaudrait à dire qu'on ne se lavera jamais parce que le Coran prescrit de se laver chaque jour. Faut-il rappeler que c'est le jugement moral qui nous permet, à l'heure présente, de condamner les tortionnaires de Carryl Chessmann, comme il nous permettait naguère de condamner les massacreurs de Budapest (La nature de ce texte réclamant la signature de tous les Surréalistes, y compris les ressortissants étrangers, il n'est pas fait état ici des affaires françaises.) ? Certains, comme nous le sommes, qu'une morale largement empirique mais sans défaillance est l'unique moyen qui nous mette en mesure de surmonter les difficultés, voire les contradictions qui naissent inévitablement de la différence entre la vie propre des idées et celle des individus (dont cette morale, de par son empirisme même, révèle en fin de compte l'authenticité), il y aurait péril à laisser supposer, par notre silence, qu'un quelconque lien puisse encore être allégué entre nous et ceux qui, récemment, ont fait allusion à un caractère « dogmatique » du Surréalisme et de la moralité révolutionnaire en général, caractère qui n'existe que dans la cervelle des pêcheurs en eau trouble et des porcs. En fait, de tous les mouvements intellectuels qui se sont succédé au cours de plus d'un demi-siècle, le Surréalisme est le premier qui, par-delà les critères habituels tels que le « talent », se soit assigné pour but permanent - toujours aussi proche, toujours aussi peu accessible, mais qu'importe ? - la constitution d'une éthique qui puisse à la fois garantir la profilération des différentes formes (philosophique, poétique, politique, picturale, etc.) dans lesquelles la revendication immédiate ou médiate de l'homme tend à s'exprimer, et interdire leur dégénérescence. La recherche originelle du « fonctionnement réel de la pensée », loin de contredire ce principe, l'illustre, de par le caractère objectif de ce fonctionnement, caractère qui déjà s'oppose aux excès capricieux des divers « impressionnismes » mentaux. Il serait donc assez burlesque de rappeler ce principe essentiel de l'action menée par le Surréalisme depuis son origine, si nous n'étions à même de vérifier dans les circonstances présentes le rôle qu'il a déjà joué maintes fois en permettant de dépister et de débusquer, au sein même du Mouvement, sous leur camouflage d'une heure, tel adroit faussaire, tel utilisateur virtuose des découvertes d'autrui, tel esthète opportuniste et, d'une manière plus générale, tous ceux que guettait la tentation du succès. Pour tous ceux-là, c'est aux Surréalistes que finalement toujours il convient de s'en prendre, tantôt en dressant à intervalles réguliers un invariable constat de décès, tantôt en les dénonçant comme des maniaques de l'exclusion (et éventuellement de la réhabilitation), selon un sophisme des plus spécieux qui, atteignant aujourd'hui sa perfection, vise à établir qu'il n'y a pas de jugement sans magistrature, pas de magistrature sans police, et qu'en conséquence le Surréalisme est devenu, quant à son aire d'action spécifique, l'homologue exact des pires systèmes politiques. Notons au passage que ceux qui se font le plus souvent les promoteurs diligents et bénévoles de ce genre d'appréciation sont des peintres - parfois des poètes - qui, n'ayant pas su prendre leur part des exigences fondamentales du Mouvement - auquel ils avaient appartenu ou qu'ils avaient côtoyé - se sont livrés pieds et poings liés aux pressions des marchands ou des éditeurs, le rempart où s'appuyer pour tenir leur faisant défaut. Il est vrai que ce type de processus est rigoureusement irréversible. Quiconque prétend penser ne saurait soutenir que « tout ce qui est moral relève de la pire manière d'envisager la vie : la manière policière » (Alain Jouffroy et J.-J. Lebel : L'Anti-Procès, d'après Marcelle Capron (« Combat » du 11 mai 1960)), sans risquer de recevoir bien vite à travers son œuvre même, le plus cinglant démenti : presque infailliblement, à la défaillance morale correspond ou succède l'apparition des premiers symptômes d'une chute intellectuelle se traduisant par une déperdition accélérée de qualité. Dégonflons d'une dernière épingle la baudruche qui a nom Jean-Jacques Lebel : il appert des récents événements que son dynamisme brouillon et hilare n'a servi que de prétexte aux entreprises autrement calculées d'Alain Jouffroy. Celui-ci, exclu du Groupe surréaliste en 1948, s'est bien gardé d'utiliser le rapprochement qui s'était établi par la suite entre lui et nous pour une simple et grossière usurpation de titres. Lorsqu'il lui est apparu que la manifestation Anti-Procès risquait de tourner à la confusion de ses auteurs, il a démontré, dans diverses lettres, à travers les protestations de sympathie les plus confusionnelles, sa solidarité avec Jean-Jacques Lebel. En même temps, il avouait le désir de séparer Breton de ses amis, désir aussi vain que révélateur d'une aptitude singulière à rajeunir de vieux mensonges. Le « contenu », si l'on peut dire, de l'Anti-Procès n'est était pas moins explicite. Le tract inaugural condamne les « règles du jeu intellectuel » comme idoles (sic) et le jugement moral comme « pratique anachronique et stérilisante ». L'utilisation, en épigraphe de ce tract, d'une déclaration de Noirs d'Afrique du Sud (Découpée à la hâte dans « France-Soir » et nullement commentée) constitue un abus de confiance destiné à le faire passer pour une proclamation antiraciste. Au moyen d'une lecture hâtive et sommaire, sa signature a été extorquée à Max-Pol Fouchet, entre autres. Les artistes invités à exposer à la Galerie des Quatre-Saisons, où avait lieu la manifestation, n'ont nullement été mis au courant des intentions réelles de Lebel et Jouffroy. Dans ces conditions, la perpétuelle fuite devant le regard qui caractérise Jouffroy et qu'illustrent ses missives à Breton, à Jaguer et à Lacomblez, est symptomatique : il a quelques raisons personnelles de vouloir confondre l'idée de justice avec les formes les plus haïssables de l'arbitraire. Les procédés d'intimidation et d'amalgame qui ont été à l'origine de l'Anti-Procès et que souligne le rapprochement d'une photo de guillotine et d'une phrase de Marcel Duchamp relèvent d'un contreterrorisme élémentaire : à force de proclamer sans cause son innocence, notre tandem finit par élever la faute à l'existence, par en donner la mesure, et par nous contraindre à la sanctionner. Quand il est devenu assez clair pour ces Messieurs que nous ne marchions pas, la mèche a été vendue : la petite festivité de la Galerie des Quatre-Saisons, nous dit-on, « s'élève très justement contre certaines déplorables traditions d'exclusions et de réhabilitations successives, aussi puériles qu'injustifiées » (Luce Hoctin, dans « Arts », 11 mai 1960). Il semblerait qu'ainsi tout débat soit tranché. Si Jouffroy persévère dans la critique d'art, on se demande au nom de quel principe il osera demain condamner, comme il tente de le faire, la « publicité utilisée à des fins d'auto-gratification permanente », et, ce qui nous importe davantage à nous autres moralistes, les entreprises monarcho-cléricales qui servent de toile de fond aux acrobaties de Mathieu et du Hantaï nouvelle manière. Il est douteux d'ailleurs que Jouffroy s'y emploie, puisqu'il en est déjà à citer, sans que de dégoût l'encre lui saute à la figure, le Testament de l'innommable compère de Dali et d'Aragon, Cocteau soi-même. Sera-t-il en mesure de continuer son métier ? Sa production la plus récente se limite objectivement à une vertigineuse ventriloquie. Dans cette page de « Combat – Arts » (2 mai 1960), où un « chapeau » anonyme indiquait « la place de premier plan » que tient Jouffroy parmi la confrérie, s'il intitule par une antiphrase involontaire son papier l'Art n'est pas un self-service, il nous laisse cependant l'embarras du choix entre la sottise pure : « Paris est indifférent. Les artistes qui savent résister à cette indifférence sont ceux que leur mère n'a pas trop choyés » ; la revendication niaise : « Cette impasse où ma génération se trouve coincée par ses devanciers » ; et l'ignorance venant au secours de la perfidie :  Whitman, Maïakowski, Artaud, Césaire (malgré leurs Essénine respectifs ). Il s'agit par cette dernière phrase d'insinuer qu'Artaud et Césaire ont été persécutés par quelque autre poète (?). Malheureusement, on sait partout qu'Essénine ne fut pour rien dans le suicide de Maïakowski ! Avant de parler de Révolution, comme il le fait à tout bout de cabaret, Alain Jouffroy devrait s'instruire. A la lucidité intellectuelle comme au sens moral, Jouffroy supplée par une brume épaisse où la musique déposée le long de la poésie fait bon ménage avec l'exploitation éhontée du décès de Jean-Pierre Duprey. La démagogie de l'irresponsabilité apparaît ainsi comme l'adversaire le plus inconciliable et le plus dangereux de la liberté lyrique, sous les traits de laquelle elle se dissimule. A cet égard, quelles que soient les découvertes envisagées ou préconisées, notre attitude reste la même : il n'est aucune d'entre elles qui permette de renoncer à l'indispensable confrontation du sensible et du mental, et toute entreprise de renouvellement formel qui brigue une prééminence absolue, telle qu'elle prétende pallier toute nécessité de contact entre les exigences propres à la poésie ou à la peinture et celles qui concernent l'ensemble des activités TIR DE BARRAGE humaines, toute entreprise réformiste de cet acabit est vouée à la faillite. Le fait nouveau, c'est que de toutes les faillites plus ou moins frauduleuses auxquelles nous avons pu assister ces dernières années, quelques-uns ne demanderaient pas mieux que d'être les syndics. Dans le désordre extrême et sans grandeur qui caractérise la plupart des recherches de l'art et de la pensée d'aujourd'hui, les manifestations annoncées comme devant succéder à l'Anti-Procès n'ont assurément pas d'autre fin que de permettre à Alain Jouffroy, grâce à un réseau de complicités et d'appuis parfois considérables, d'envahir à lui tout seul le plus large champ possible. Nous comptons avoir mis devant leurs responsabilités ceux qu'il entend séduire comme ceux dont il a déjà capté la confiance. Toutefois, un apport positif peut et doit se dégager de l'incident, qui, plus précisément que jamais, nous a mis en présence d'une disqualification idéologique concomitante à l'oubli de quelques valeurs morales dépourvues de l'ambiguïté si chère aux vainqueurs des Biennales. En effet, la position, plus ou moins exprimée, de quiconque passe ainsi envers nous à une attitude hostile, se résume par la dichotomie casuistique entre la lettre et l'esprit. Le « groupe actuel », comme dit Jouffroy, que visiblement blesse le bât, ne représente plus que la lettre du Surréalisme : l'esprit est ailleurs, et il n'est guère difficile de deviner où. Le fait qu'à chaque fois que cette pétition de principe reparaît, elle ne parvient à durer que le temps d'un feu de paille, explique peut-être qu'elle consomme une telle quantité d'individus, et qu'il s'en trouve toujours pour entrer dans cette curieuse carrière. Il se peut cependant aussi que le phénomène ait été favorisé, ces dernières années, par la nécessité où nous fûmes, dans une circonstance précise, d'opposer à la notion purement statique de Groupe celle de Mouvement. Il s'agissait, en réalité, d'unir sous un seul vocable une cause et l'association de ceux qui s'étaient donné à tâche de la servir. La contradiction formelle ainsi introduite ne saurait durer indéfiniment sans être surmontée. Entre la notion de Groupe (statique) et celle de Mouvement (dynamique), une réciprocité nécessaire, condition et preuve tout ensemble de la vitalité du Surréalisme, commence à s'affirmer. Les deux termes apparaissent analogues dans leurs rapports à ce que sont les moyens et la fin dans la morale kantienne, le fini et l'infini dans une approche de métaphysique athée, l'organe et la fonction en biologie moderne, la praxis et la weltanschauung dans le marxisme. Cette conception, d'ores et déjà, légitime qu'au présent texte vienne, en toute connaissance de cause, s'adjoindre une déclaration émanant des responsables du Mouvement « Phases » ; son développement ultérieur sera de nature à couper court à toute tentative de détournement ou d'annexion épisodique du Surréalisme. Les exigences de vérité, d'équité et d'efficacité qui président à notre action, loin d'admettre un quelconque relâchement du jugement moral, exigent (sic) au contraire son application la plus stricte dans toutes les circonstances où il est nécessaire, et nul ne saurait, sans démériter radicalement à nos yeux, en contester le principe. L'arrivisme exacerbé peut jouer quelques temps sur l'équivoque, en dernière analyse toute subjective, qui résulte de l'inévitable diffusion externe de nos idées : notre vigilance n'en sera pas détournée pour autant. Comme la porte de Marcel Duchamp, le Surréalisme doit être ouvert et fermé.
Robert Benayoun, Jean Benoit, G.J. Bodson, Arsene Bonafous-Murat, Vincent Bounoure, Andre Breton, Adrien Dax, Gilbert Duvernois, Yves Elleouët, Nicole Espagnol, Georges Goldfayn, Marianne Et Radovan Ivsic, Alain Joubert, Jean-Pierre Lassalle, Gerard Legrand, Jean-Bernard Lombard, Joyce Mansour, Jehan Mayoux, E.L.T. Mesens, Jean Palou, Mimi Parent, Bernard Pecheur, Jose Pierre, Jean-Claude Silbermann, Jean Schuster, Jean Thiercelin, Toyen, Roger Van Hecke, Marianne Van Hirtum.

Dans la perspective cavalière que nous imposent les récents remous provoqués par différentes initiatives du type « Anti-Procès » le rôle d'un mouvement comme «  Phases » demeure plus que jamais celui d'un convertisseur d'énergie, dont la tâche essentielle consiste à capter les échos de forces éparses et à les diffuser de telle façon que leur nécessaire anarchie native se fonde dans un courant d'idées. Or, ce courant d'idées, il importe plus que jamais de témoigner que les principes fondamentaux desquels il procède depuis la création de « Phases » en 1953 sont dans leur essence inséparables de ceux qui régissent l'action du Mouvement Surréaliste dès son origine - parce que nous devons, plus catégoriquement que jamais, nous insurger contre le climat de capitulation intellectuelle qui tend de toutes parts à s'instaurer, à faire tache d'huile. Il est non seulement souhaitable, mais rigoureusement nécessaire que, sans porter atteinte à une autonomie réciproque indispensable à la complémentarité des deux Mouvements, soit déterminée une plate-forme susceptible de permettre à leur unité d'action - maintes fois réalisée au cours de ces derniers mois - de devenir permanente, et par là même, au-delà des présentes activités de riposte, d'assurer un nouveau bond des idées et des découvertes dont le Surréalisme et « Phases » assument, seuls en tant que mouvements organisés, la défense. Il importe donc de rappeler qu'en dépit d'assez profondes différenciations dans l'organisation pratique des deux Mouvements, les méthodes de détection et de reconnaissance des valeurs morales qui conviennent pour l'un conviennent pour l'autre. Conscients de l'identité de vues qui est à cet égard la leur avec les auteurs de la déclaration surréaliste « Tir de barrage », les soussignés, au nom du Mouvement « Phases » s'y associent pleinement.
Guido Biasi, Steen Colding, Corneille, Oyvind Fahlström, Wilhelm Freddie, Roland Giguere, Uffe Harder, Edouard Jaguer, Jacques Lacomblez, Juan Langlois, Julio Llinas, Hans Meyer-Petersen, Paul Revel, Jean-Pierre Vielfaure, Jacques Zimmermann

(16/07-17/09) Bruxelles, Galerie St-Laurent. «La face inconnue de la terre».
* M. Carlier, G. Biasi, O. Borda, J.C. Langlois, J. Lacomblez, H.M. Petersen, C.F. Reutenswârd, P. Revel, J.P. Vielfaure, J. Zimmermann.

(24/09-17/11) Copenhague, Galerie Winckel et Magnussen. «Inter-Art».
* M. Carlier, J. Lacomblez, Zimmermann.

(29/10-17/11) Bruxelles, galerie St-Laurent. J.. Zimmermann.
* Dépliant, 12/16 cm, 2 ill., texte de Jaguer.

Nous ne l’entendons pas de cette oreille.
(décembre) « Nous ne l’entendons pas de cette oreille » écrit par André Breton le 6 décembre 1960 ce tract, publié en anglais sous le titre : « We don't ear it that way » est rédigé contre M. Duchamp et J.J. Lebel pour protester contre l’accrochage d’un Dali religieux à l’exposition surréaliste des d’Arcy galleries de New-York.
Une exposition internationale du Surréalisme se tient actuellement à New York, galeries d'Arcy. Un événement aussi fâcheux qu'imprévisible en a marqué le vernissage. Nous apprenons en effet, de source indirecte, que Salvador Dali en personne y a été reçu avec les égards dus à un invité de marque. Ceci a été rendu possible par l'intrusion, parmi les toiles de l'exposition, d'une « Madone » (intitulée par lui : l'Oreille anti-matière) de sa façon sulpicienne, de dimensions considérables et d'exécution récente, qui ne pouvait y figurer à aucun titre. Seul des quatre organisateurs : Marcel Duchamp, André Breton, Edouard Jaguer et José Pierre, le premier se trouvait sur place, fondé à prendre toute décision de dernière heure. Les trois autres ignorent à ce jour sous quelles pressions ou en raison de quelles considérations stratégiques il a pu se déterminer à faire à Dali, dans une entreprise qui nous est commune, cette part exorbitante. Depuis longtemps nous honorons bien trop les ressources de son esprit pour lui faire l'outrage de penser qu'il ait pu, fût-ce un instant, être dupe de cette dialectique fallacieuse, selon laquelle c'est aujourd'hui le conformisme qui recèle le levain de la subversion. La conjoncture politique en France, dans ces premiers jours de décembre 1960, nous oblige à ne pas différer d'un instant la présente protestation. Moins que jamais à nos yeux l'aventure esthétique et ses « à-côtés » scandaleux à bon compte ne sauraient se suffire à eux-mêmes. Alors qu'ici les intellectuels qualifiés luttent en pleine conscience pour défendre ce qui reste de liberté d'opinion et d'expression, nous nous devons de rappeler que Dali a été exclu du Surréalisme il y a plus de vingt ans et que nous n'avons cessé de voir en lui l'ancien apologiste d'Hitler, au demeurant le peintre fasciste, clérical et raciste, ami du Franco qui ouvrit l'Espagne comme champ de manœuvres à la plus abominable barbarie qui fut jamais.
Robert Benayoun, Jean Benoit, Guido Biasi, Vincent Bounoure, Andre Breton, Corneille, Adrien Dax, Gianni Dova, Yves Elleouët, Roland Giguère, Radovan Ivsic, Edouard Jaguer, Alain Joubert, Jacques Lacomblez, Juan Langlois, Gerard Legrand, Julio Llinas, E.L.T. Mesens, Mimi Parent, Jose Pierre, Carl-Fredrik Reuterswärd, Jean Schuster, Claude Tarnaud, Jean Thiercelin, Toyen. [Décembre 1960.]

1961.

(25/02- 16/03) Bruxelles, Galerie St-Laurent. J. Lacomblez.
* 4 pp., 18/11 cm. Présentation composée de citations de Robespierre, Marat, St Just, Rosa Luxembourg, Marx-Engels, Trotsky, A. Breton.

(mars) EDDA, 3» cahier (36 pp., 27/21 cm, couv.:CF. Reuterswärd.)
* Textes : Alechinsky, R. Benayoun, G. Biasi, A. Chavée, Corneille, J.P. Duprey, R. Giguère, A. Hager, R. Haussmann, M. Hôlzer, R. Ivsic, E. Jaguer, P. Joostens, J. Lacomblez, J. Llinas, J. Pierre, C.F. Reuterswârd, B. Rybak, E. Sanguinetti, C. Tarnaud, J. Thiercelin, R. Wicher.
*Dessins : Roel d’Haese et Adrien Dax.
* Illustrations : M. Arnould, Baj, Biasi, Buchheister, Carlier, Clemente, Dova, Duprey, Freddie, Gtz, Klapheck, Langlois, Lacomblez, E. Mackowiack, Mesens, Meyer-Petersen, Revel, Reuterswârd, Riegels, Rodillon, Tabuchi, Tchorzewski, Toyen, Verstockt, Vielfaure, Zimmermann.
* Ill. coul. de H. Meyer-Petersen.

(29/4-18/5) Bruxelles, galerie St-Laurent. Marie Carlier.
* Dépliant, 19/13 cm, 1 ill., texte de Jaguer.

(mai) Phases n° 7.
* Correspondant: Lacomblez.
* Texte : Lacomblez.
* Reprod. : Lacomblez, Mesens, Zimmermann.

- Ed. Jaguer... Et brisants de l’art du XXI» siècle in Phases n° 7, mai 1961, pg. 2.
Non ! Restany, revenir sur terre ce n’est pas sacrifier à un réalisme ancien ou nouveau: piètre réalisme, d’ailleurs entre nous, mais bien digne de son objet qui consiste à vouer au bleu d’Yves Klein la célébration du vol cosmique.
Dans cette confusion entre réalisme et réalité, je ne sais trop quelle est la part de la candeur et celle de la rouerie. Mais pour nous, le seul chemin par lequel il est impossible d’accéder à la réalité est précisément le réalisme socialiste ou non.
Restany: Entre notre conception dynamique de la réalité, inséparable de la conception surréa­liste du monde, et votre conception d’un nouveau réalisme, tendant vers un effort d’expression minimum et l’acceptation du monde et des objets tels qu’ils se présentent à nous, il n’y a aucune mesure, même à travers le verre grossissant des mots.»

(02/05-14/05) Milan, Galerie Schwarz. «Phases». Lacomblez, Zimmermann.

(24/05-13/07) Paris, Galerie du Ranelagh. «Phases».
* Alechinsky, Carlier, Lacomblez, Mesens, Zimmermann.

(03/06-22/06) Bruxelles, Galerie St-Laurent. Jerzy Tchorzewski.
* 4 pp., 15/10,5 cm, 1 ill., texte de J. Lacomblez.

(fin de l’année) Aux éditions Edda, collection «Au domaine d’Arnheim», «L’Aquamanille du vent», poèmes de J. Lacomblez accompagnés d’un prélude d’E. Jaguer et illustrés de 8 dessins de G. Biasi, J.P. Vielfaure et J. Zimmermann.

1962.

(10/03-29/03) Bruxelles, Galerie St-Laurent. J. Lacomblez.
* 8 pp., 20/13 cm, 2 ill., texte de R. Benayoun.

(19/05-07/06) Bruxelles, Galerie St-Laurent. Henri Ginet.
* 12 pp., 21/15,5 cm, 3 ill., biographie, texte de J. Lacomblez.

(06/06-06/08) Paris, Galerie du Ranelagh. «La cinquième saison» (Phases)
* Alechinsky, Carlier, Lacomblez, Magritte, Mesens, Zimmermann.

(17/10-07/11) Paris, Galerie de l’Université. «Phases».
* Alechinsky, R. d’Haese, Lacomblez, Mesens, Zimmermann.

(25/11- ) Paris, Galerie du Ranelagh. «Le mouvement Phases présente : M. Carlier, J. Lacomblez et J. Zimmermann.»

1963.

(janv.) Phases n°8.
* Correspondant: Lacomblez.
* Couverture : Lacomblez.
* Texte : Alechinsky. Reprod.: Carlier, Mesens, Zimmermann.

(30/01 -15/03) Paris, Galerie du Ranelagh. «Vues imprenables» (Phases).
* Alechinsky, Carlier, Lacomblez, Mesens, Zimmermann.

(19/06-30/07) Paris, Galerie du Ranelagh. «Ed. Jaguer présente».
* Belges: Alechinsky, d’Haese, Lacomblez, Rémo Martini, Zimmermann.

(oct.-nov.) Buenos Aires, Museo Nacional de Bellas Artes. «Phases».
* Textes : Alechinsky, Ph. D’Arschot, Lacomblez, Martini, Havrenne, Joostens. Exposants belges: Alechinsky, Carlier, Lacomblez, Martini, Mesens, Reinhoud, Zimmermann.

(           -           ) Edda, 4, cahier (24 pp., 27/21 cm, couv.: J.P. Vielfaure).
* Textes : R. Benayoun, J.B. Brunius, Cabanel, P. Dhainaut, R. Giguère, G. Gronier, M. Heckman, lvsic, Jaguer, A. Klapheck, Lacomblez, J. Pierre, B. Rybak, J. Schuster, C. Tarnaud.

Dessins: R. Giguère, M. Carlier, Toyen, Biasi, J. Zimmermann.
* Reprod.: Breton, Brunius, Dax, Ginet, Gôtz, Gironella, Klapheck, Lacomblez, Langlois, Martini, J. Matton, Oelze, Meyer-Petersen, Rosenquist, C. Van Breedam, van Holten.

(  /  ) « Un pays pour la haine des mots». Poèmes de J. Lacomblez (32 pp., 23/16 cm,225 ex., couv. :J. C. Langlois).

1964.

(fév.) Déclaration collective du bureau d’activités Phases en Belgique.
« Pour nous, le pas n’est pas grand de la Sibérie barbelée de Staline à la bouteille de Coca-Cola érigée en building. Que le réalisme soit « socialiste » ou qu’il soit « pop », il n’en demeure pas moins l’élément le plus contre-révolutionnaire qui soit, niant l’extraordinaire combat qui, de Kandinsky à Tanguy, du cubisme au surréalisme a marqué définitivement pour nous l’histoire de l’image » ( Communiqué intérieur concernant la prise de position de José Pierre par rapport au pop art).

(07/03-25/03) Bruxelles, galerie Ravenstein. J. Matton.
* Triptyque, 19,5/13cm, 2 iII., texte de Lacomblez.

(15/03-25/03) Bruxelles, P.B.A. J. Lacomblez.
* 12 pp., 15/23 cm, 5 ill.,, texte de P. Dhainaut accompagné de diverses citations.

(avril) Phases n° 9.
* Correspondant: J. Lacomblez.
* Textes: A. Chavée, G. Gronier, J. Matton.
* Ill. : P. Bury, M. Carlier, J. Lacomblez, R. Martini, J. Matton, J. Zimmermann.

(14/04-02/05) Paris, Galerie de l’Université. «Phases».
* Bury, Carlier, Lacomblez, Martini, Matton, Zimmermann.

(sept.) «Six personnages sortilèges» Brux., éd. Edda. Six poèmes de Jacques Lacomblez accompagnés de six eaux-fortes de Jean-Pierre Vielfaure (30/23 cm, 50 ex.).

(oct.) EDDA, 5e cahier (36 pp., 27/21 cm, couv.: J. Zimmermann.)
* Textes : Cl. Bauwens, A. Chavée, R. de Neef, P. Dhamnaut, R. Giguère, G. Gronier, M. Heckmann, A. Henisz, E. Jaguer, J. Lacomblez, J. Llinas, J. Malrieu, J. Matton, B. Rybak, C. Tarnaud, J. Thiercelin.
* Illustrations : M. Arnould, Baj, Buchheister, Carlier, Corneille, R. Daussy, B. Devalle, G. Dova, Cyrus Dubray, W. Freddie, Gironella, Götz, E.F. Granell, Koblasa, Lacomblez, Langlois, L. Lublin, R. Martini, M. Medek, A. Meissner, J.M. Meloux, L. Novak, Meyer­Petersen, C. Van Breedam, J.P. Vielfaure, H. Westermann, Yoshitome, J. Zimmermann.

(10-29/10) Bruxelles, Galerie St-Laurent. J.P. Vielfaure.
* 4 pp., 43/27 cm, 2 iII., textes de Ph. d’Arschot et de Jaguer.

(  /  ) «Le sablier d’absence». Poèmes d’A. Chavée illustrés des dessins de J. Matton +  couv. (44 pp., 21,5/15 cm, 350 ex.)

- in cat. Phases belgiques, op. cit.
* " Les exigences financières ne permirent que la parution de cinq numéros d’Edda, de 1958 à 1965. Pendant ces années, le groupe s’enrichit de plusieurs présences : en 1961, le poète Roger de Neef, dont je fis la connaissance... dans le cadre peu propice au rêve actif ou même passif (quoi qu’on dise) du Service administratif où je justifiais mon salaire. A cette époque, Roger m’apparaissait chaque matin comme un oiseau de nuit feutré, tombé d’un chorus de Lester Young. Une amitié attentive qui n’a pas cessé. Thérapeute, sourcier et gardien de tombeau, Remo Martini nous a rejoints en 1962, captant les sourires et les larmes des farfadets et des ancêtres (et l’âme d’un célèbre petit virtuose du tambour brise-vitres, nommé Oscar) dans une poétique du greffage rarement égalée. La même année, Jacques Matton nous apporta sa rigueur Intellectuelle et un extraordinaire talent de spéléologue pictural, voyageur téméraire de l’inscape, happé brutalement, en 1969, dans une chausse-trape du paysage mécanisé dans lequel, visiblement, il ne pouvait plus vivre. Son arrivée, parmi nous, fut suivie de celle de son ami Urbain Herregodts, tournoyant avec d’inquiétants remous dans la marmite du Diable (pour ne pas parler de son étonnant pouvoir pictural) jusqu’à sa disparition en 1986 (la mort reste décidément, le scandale majeur). A la même époque, le groupe accueillit Camiel Van Breedam, grand metteur en scène du familier jeté, des hontes de l’Histoire et autres massacres. Avec lui, Annie Debie, prêtresse des poupées ambiguës et des mannequins rituels, sibylle dentellière."

- Jacques Lacomblez in Cat. Phases belgiques op cit.)
M.R : Mais outre ces artistes constituant le groupe proprement dit, il apparaît à l’étude des documents qu’un certain nombre d’artistes, apparemment éloignés des préoccupations de Phases, participèrent, peu ou prou, aux activités (Je pense, par exemple, à Servranckx, Delahaut ou Verstockt). Pourriez-vous commenter cette observation ?
J.L.: Attentifs à fixer ce que l’imaginaire mettait en mouvement autour de nous, sans sectarisme esthétique mais en exigeant la rigueur intellectuelle nécessaire, nous avons eu à cœur de publier des textes et des illustrations de créateurs qui se situaient à l’extérieur du groupe dont je viens d’évoquer les éléments. L’image de la pierre tombée dans l’eau, avec les cercles concentriques s’affaiblissant selon l’éloignement du point de chute, illustre assez bien la réflexion qui nous guidait dans l’élaboration des sommaires de la revue (et dans la réalisation des expositions). Ainsi furent reproduites, notamment, des œuvres de Burssens, Verheyen, B. De Leeuw, Mackowiak qui, pendant une période, parfois brève, suivirent des chemins voisins des nôtres.
Il en est de même pour Marc Verstockt, mais de manière plus profonde (la couverture du n°2 d’Edda lui fut d’ailleurs confiée) avant qu’il ne changeât de cap (je me souviens de ses tableaux, gris-noirs-rouges, de 1958, 1959, 1960, joyaux souterrains qui mariaient la rudesse au raffinement); Jo Delahaut, également, qui fit une incursion, inattendue, dans les rituels de la matière, sorte de contre-ascèse exorciste sans doute nécessaire à l’accomplissement d’une œuvre « géométrique » aux antipodes de nos occupations certes, mais dont l’intransigeance a toujours exigé notre respect (ici, la qualité de l’homme parle sans ambages). En ce qui concerne Victor Servranckx, je n’ai cessé d’insister sur l’importance de son œuvre non constructiviste, encore que bon nombre de ses tableaux «géométriques» me semblent appartenir plus à l’univers « métaphysique » - dans le sens de Chirico -qu’à l’abstraction « pure »

 

(18/10-15/11) Ixelles, Musée. «Phases». C’est l’exposition la plus importante de Phases qui ait lieu en Belgique et même en Europe depuis celle du Stedelijk Museum d’Amsterdam en 1957. Son coordinateur était J. Lacomblez qui venait de publier le n° 5 de sa revue Edda.
* M. Arnould, E. Baj, S. Besson, T. Brzozowski, C. Buchheister, M. Carlier, A. Cavaliere, H. Champrel, Corneille, R. Daussy, R. Demeester, B. Devalle, G. Dova, C. Dubray, W. Duke Lee, W. Freddie, R. Giguère, A. Gironella, Goetz, E.F. Granell, Wladyslaw Hasior, M. Heckmann, C. Janosek, J. Koblasa, B. Kondo, J. Lacomblez, W. Lam, J. Langlois, L. Lublin, R. Martini, J. Matton, E. Medkova, A. Meissner, E.L.T. Mesens, J.M. Melouse, R. Mollenhoff, H. Meyer-Petersen, F. Musika, L. Novak, C.F. Reuterswärd, C. Pozzatti, V. Servranckx, Skunder, CI. Tarnaud, V. Tikal, A. Vasely, Camiel Van Breedam, J.P. Vielfaure, Cl. Viseux, J. Zimmermann.
** Catalogue.
- Edouard Jaguer. Texte d’introduction au catalogue (extrait)
« Grâce à Chirico, à Max Ernst, à Magritte, nous savons désormais que notre entourage quotidien n’est qu’une couverture qui dissimule de façon précaire des perspectives illimitées et sans cesse changeantes. L’orage est dans l’horloge, un paysage tropical emplit la chambre.
Parallèlement à cette désacralisation du visible, notre conception de l’espace s’est modifiée du tout au tout depuis les timides tentatives de l’impressionnisme, sagement limitées à un perfectionnement de l’éclairage. L’on peut gager que de Kandinsky à Matta et de Miro à Hartung, la découverte par des peintres d’espaces irréductibles aux données euclidiennes a précipité cette évolution au moins autant, sinon plus, que l’exploration microscopique ou astronomique. En tournant le dos à l’horizon classique, la vision a cessé du même coup d’être la sœur déshéritée de la voyance (…)
L’expérience picturale et la construction de figures à trois dimensions ayant ainsi cessé d’être un passe-temps de nature essentiellement formel et de dépendre d’une ressemblance ou d’une comparaison pour se transformer en activité de l’esprit – avec tout l’arrière-plan critique que cela implique – et mobile, que l’on s’accorde à qualifier de surréalité, il s’agit de confronter les uns aux autres différents niveaux sensibles, différentes PHASES de cette réalité en mouvement vers l’imaginaire qui nous entoure de tous côtés ; (…) » Il y va, chaque fois que le peintre ou le sculpteur s’approche de son objectif, d’un pari sur l’inconnu.
La distinction entre le réel et l’imaginaire tendant à se résorber au profit d’un troisième terme ambigu.

- Jacques Lacomblez in Cat. Phases. Ixelles, Musée, 1964.
«Entre 1959 et 1963, l’existence de points de vue communs sur la plupart des questions tant politiques qu’artistiques ou morales détermine un rapprochement entre Phases et le Mouvement Surréaliste, d’où la participation de certains membres du groupe surréaliste aux activités de Phases et réciproquement (Exposition Internationale du Surréalisme, New-York, 1961).
Avant de se diluer, du fait de l’importance accordée dans le groupe surréaliste aux inimitiés personnelles et aussi par l’apparition de divergences sur l’attitude à adopter face aux tenants du pop-art, cette alliance conditionnelle, que la reconnaissance par le mouvement Phases des données fondamentales rendait d’ailleurs naturelle, a été marquée par différents jalons: déclaration commune, «Tir de Barrage»; expositions, «Solstice d’été» et «La cinquième saison».»

(nov.) Mexico, Salla del Arte O.P.I.C. «Phases» (dessins).
* M. Carlier, J. Lacomblez, J. Zimmermann.

1965.

(20/03-15/04) Caën, Théâtre-Maison de la culture. «Mars autour du surréalisme».
* Belges : Carlier, A. Debie, Dubray, Lacomblez, Martini, Matton, Van Breedam, Zimmermann.

(03/04-22/04) Bruxelles, galerie St-Laurent. Urbain Herregodts.
* Dépliant, 12/14,5 cm, 2 ill., poème de Chavée, texte de J. Matton.

(sept.) Phases n° 10.
* Correspondant : Lacomblez. Textes: E. Jaguer, G. Gronier, Ph. d’Arschot,R. de Neef, Lacomblez.
* Xylographie: R. Martini.
* Reprod. : Carlier, Debie, Matton, Van Breedam, Zimmermann.
- Ed. Jaguer Couleur du temps, forme du désir in Phases n° 10, sept. 1965, pg. 26.
«(...)
L’art du XX» siècle qui fut, en la fleur de son âge l’expression d’une suspicion généralisée contre les apparences et d’une révolte contre la limitation de l’horizon humain, tend de plus en plus, suprême déchéance, à être l’instrument d’une acceptation généralisée.
Dès que le pop’art s’est ouvertement signalé comme l’une des voies de cette acceptation, il convenait de sonner l’alarme. C’est en tout cas ce que l’on aurait pu attendre de certains auteurs comme Calas, comme Jouffroy, comme José Pierre que l’on pouvait considérer comme responsables devant leur passé propre et aussi devant un passé commun auquel nous sommes particulièrement attachés.
(...)
Il serait sans doute fastidieux de s’étendre, outre mesure, sur cette complicité active, peut-être accidentelle mais néfaste entre cette tendance du surréalisme orthodoxe et des gens qui se veulent et se proclament au service de la société de consommation capitaliste, et ne craignent pas de célébrer l’asservissement de l’individu aux objets mêmes de cette consommation.
(...)
Au profit du seigneur technocrate des temps nouveaux, l’artiste nouveau-réaliste, pop ou apparenté, abdique allègrement toute faculté de jugement. En bref, les seules valeurs que les tenants de la nouvelle vague consentent à profaner sont précisément les nôtres : l’amour qu’ils souillent, la poésie dont ils se foutent, la Révolution qu’ils nient et l’imaginaire conçu comme limite mouvante de la réalité sur lequel ils s’efforcent de jeter le discrédit. Toutes valeurs sur lesquelles le surréalisme a fondé son action et à partir desquelles nous avons affirmé notre solidarité active avec lui. Sans doute, devrons-nous renoncer, désormais, à confondre le surréalisme et les surréalistes, au moins suspects, en cette occurrence, d’une indulgence d’autant plus coupable à l’égard du pop’art que cette indulgence contraste avec l’intransigeance dont ils ont fait preuve en maintes circonstances où rien d’important ne l’imposait. (...)»

(18/12-15/01/66) Bruxelles, Galerie St-Laurent. Remo Martini.
* 4 pp., 20,5/14,5 cm, 1 ill. ; texte de J. Lacomblez.

1966.
(05/02-24/02) Bruxelles, Galerie St-Laurent. Camiel Van Breedam.
* 6 pp., 17,5/11,5 cm, 1 ill., textes de R. Martini et de J. Parisse.

A propos de l’élargissement de Phases, J. Lacomblez prendra ses distances vis-à-vis du mouvement
- in Cat. Phases, Nice, Galerie des Ponchettes, 1972, pg. 67.
Dans le courant de 1966 de nouveaux contacts s’établissent ou se confirment. (...) A l’égard de ces nouvelles rencontres, qui tendent généralement à un élargissement considérable de notre action, un courant «intégriste» se manifeste soudainement au sein du mouvement.
A en croire les tenants de cette ligne intégriste il conviendrait que désormais, Phases joue «à bureaux fermés», sans que de nouveaux contacts, fussent-ils exploratoires et dussent-ils se limiter à des échanges de vue, soient acceptés de notre part.
La «vocation» surréaliste du Mouvement se voit par ailleurs remise en question ainsi que le bien-fondé d’une action politique révolutionnaire au plan politique. Contre cette conversion aux délices de «prostration muette» préconisée par Lacomblez, Tarnaud, Thiercelin, la grande majorité se prononce pour qu’au contraire la «voie ouverte» suivie depuis les débuts de notre entreprise soit maintenue. Devant l’impossibilité de faire prévaloir leurs vues et bien qu’aucune mise en demeure leur ait été adressée, ni la moindre exclusive prononcée contre eux, les «dissidents» se démettent purement et simplement de l’action collective et se replient sur des positions strictement individuelles,

- J. Lacomblez in «A tombeau ouvert» (Archives Lacomblez)
«(...) Pour ce qui regarde l’aspect, le moins essentiel à mes yeux, du problème de situation posé récemment - j’entends le fait même des relations avec Rupture -je ne puis ici que répéter mon absence d’intérêt (j’aurais jadis employé le mot opposition) à l’égard des démangeaisons, sportives en quelque sorte (de la révolte considérée comme un sport inavoué pour l’intellectuel...) qui agitent ces enfants thalidomidiens d’A. Breton. Encore auraient-ils pu se nourrir quelque peu à la lumière noire d’autres surréalistes comme Jacques Rigaut et moins au flambeau d’une association itinérante pour la propagation de la vie. Dès lors, en ce qui concerne le Surréalisme, les intentions des groupes constitués m’importent peu et je me refuse à jouer les juges de touche bénévoles lors des rencontres de ces messieurs. (...)»

- Jacques Lacomblez in Cat. Phases. Ixelles, Musée, 1964.
M.R.: Si, en 1966, apparaissent certaines divergences quant aux modalités de développement du mouvement, elles ne semblent guère porter sur l’essentiel puisque chacun, après un bref éloignement, reprendra part, bientôt, à l’activité commune. Qu’en est-il donc des aléas de cette Inéluctable famille ?
J.L.: En 1966, à la suite de divergences sur le fonctionnement du mouvement, plusieurs d’entre nous (Zimmermann, Gronier, et moi-même, pour la Belgique) décidèrent de s’éloigner de l’activité collective, sans que soit remis en question tout ce qui fut à la base de notre adhésion. Il faut tenir compte, dans ce genre de polémique « interne», de toutes les latences psychologiques et passionnelles - et des mouvements d’humeur - qui assurent inévitablement la dramatisation.
Le travail de l’historien (l’histoire sans os, sans viande et sans nerfs) ne pourrait rendre compte de la totalité 3es éléments en jeu, du «ressenti» réel de ce genre de phénomène. Pour illustrer la fragilité des contradictions - ou leur ambiguïté - et comme il s‘agit, dans cet entretien, d’aborder surtout un vécu, e me souviens avoir expulsé, hors de chez moi et sans ménagement, un jovial enfariné d’à-propos qui pensait pouvoir profiter de nos démêlés récents pour se livrer à une critique de l’activité d’Edouard Jaguer (Claude Tarnaud, qui avait également quitté le mouvement, eut, de son côté, des réactions semblables).

 

III. 1967-1974.

- Jacques Lacomblez in cat. Phases belgiques op. cit.
"C’est dire que rien d’irrémédiable ne s’était produit, notamment, dans le groupe belge, divisé certes dans le débat mais qui poursuivit, de facto, une activité commune. Il est significatif que l’exposition « Les Paysages intérieurs » (Galerie Arcanes, Bruxelles, 1968) réunit Martini, Zimmermann, Carlier, Lacomblez, Chemay, Heerbrant et Monteyne (ce qui indique une continuité certaine). Roland Monteyne : nos chemins n’avaient pu se croiser pendant longtemps; nous étions happés par des itinéraires de vie différents. Cette distance, extérieure, fut vite réduite 
Au début des années 70, j’organisai une exposition collective, en collaboration avec l’Administration communale de Woluwe-Saint-Lambert, où se retrouvèrent M. Carlier, J. Zimmermann, R. Martini, R. Monteyne et moi-même. Nous y avions réservé, en hommage, une salle à Victor Servranckx. L’arrivée parmi nous de Roland Monteyne plongeait notre météorologie dans l’affolement barométrique (l’aiguille, soudain douée d’ubiquité, se dirigeant simultanément dans les sens opposés pour indiquer le même point...), avec dérive des tropiques et secousses patasismiques... encore un qui réaliserait l’~ œuvre au noir» sur la banquise, et l’on n’y verrait que du feu. En 1974, le Musée d’lxelles accueillit la troisième exposition internationale Phases en Belglque, où l’on retrouva M. Carlier, J. Zimmermann, J. Matton, U. Herregodts, R. Martini, C. Van Breedam, A. Debie et J. Lacomblez. Il apparut, dès lors, que les querelles, les polémiques, les appréciations divergentes n’avaient pu entamer les liens essentiels dans ce que vous appelez, Marc Renwart, «l’inéluctable famille». Si le «groupe» belge n’existait plus, depuis 1966, il est certain que les relations entre ses membres restaient étroites (expositions, rencontres régulières, participation de plusieurs d’entre nous aux manifestations organisées par E. Jaguer, dont l’importante exposition au Musée des Beaux-Arts du Havre, en 1988, et auparavant, en 1981, à« Permanence du regard surréaliste», Lyon, Elac). De plus, de nouveaux affluents vinrent nourrir ce « courant continu».
Ainsi, avec Lucques Trigaut, la secrète mise à jour, qu’elle poursuit inlassablement depuis 1968, d’un véritable « Livre d’Heures » de l’inconscient, révélation patiente, au miroir du papier, du «modèle intérieur» où la convulsion se dénoue par l’obstination de la trace - ici, on peut évoquer, sans crainte de verser dans le mysticisme, une spiritualité de la lumière.
Anabase intime aux terres du couchant, sous le regard d’Osiris. Ainsi, Francis Brichet, « retrouvé » en 1986 (Jacques Matton, jadis, m’avait dit tout ce qu’il espérait de ses premières images), bâtisseur de ruines aux~morphoses charnelles, où le grand talent du graveur se devine encore dans l’œuvre peint. Une divulgation des arpents intérieurs, pour reprendre l’heureuse formule de Jo Dustin."

1967.
(mai) Phases n° 11.
* Correspondant: Interim.
* Textes : L. Scutenaire, A. Chavée.
* Dessin hors-texte: Magritte. Reprod.: Carlier, Debie, Martini, Matton, Van Breedam.

1968.
(04/06-23/6) LiIle, Salle de l’ancien St-Sauveur. «Phases».
* Participants belges : Carlier, Debie, Martini, Matton, Van Breedam.

(09/11-09/02/69) Montmour, Galerie Pops-Gaibrois. «La revue et le mouvement Phases».
* Participants belges : Carlier, Martini, Matton.

1969.
(mai) Phases n° 1, nouvelle série.
* Textes : Dotremont, Joostens.
* Reprod. : Carlier, Debie, Joostens, Matton, Van Breedam.

(juil.-sept.) Cycle d’expositions Phases en Tchécoslovaquie.
* Participants belges : Carlier, Debie, Martini, Matton.

1970.
(mai) Phases n° 2.
* Dessin h-t. : A. Debie.
* Linogravure: Van Breedam.
* Reprod. : Carlier, Matton.

1971.
(  /  -  /  ) Cycle d’expositions Phases en Pologne.
* Participants belges : Carlier, Debie, Martini, Matton.

(nov.) Phases n° 3.
* Texte: Dotremont.
 Dessin hors texte: M. Marién.
* Reprod.: Carlier, Debie, Van Breedam.

1972.
(08/09-11/11) Nice, Galerie des Ponchettes. «Rétroviseur. Le mouvement Phases depuis 1952.»
* Participants belges : Carlier, Debie, Martini, Matton, Van Breedam.

(17/11-30/11) Lille, Salle de l’ancien St-Sauveur.
«Phases en Flandres». Broisson, Carlier, Debie, Van Breedam.

 

1973

(déc.) Phases n° 4. Textes: Dotremont.
* Reprod.: Van Breedam, Mesens, Marién, Debie.

1974.
(09/10-17/11) Ixelles, Musée. «Phases».
* S. Avila, W. Appelbaum, J.L.Beaudonnet, S. Besson, J. Broisson, M. Carlier, A. Cavaliere, M. Cesariny, G. Chavez, J. Chemay, Ph. Collage, A. Cruzeiro-Seixas, A. Debie, I. Dedicova, F. de Sanctis, Ch. Dotremont, G. Ducornet, J. Sclechter-Duval, A. Earnshaw, A. Ethuin, Cl. Féraud, J. Ferrer, R. Frezin, G. Gallizioli, Jef Golyscheff, R. Guyon, M. Henry, U. Herregodts, A. Jessemin, B. Jund, L. Jurkovic, J. Lacomblez, W. Lam, J.C. Langlois, R. Lina, H. Maccheroni, R. Margonari, U. Mariani, M. Marièn, R. Martini, J. Matton, Mayo, H. Meyer-Petersen, Mesens, G.H. Morin, F. Musika, G. Pellon, J. Perahim, R.M. Perez, C. Pozzati, J. Remé, C. Revilla, Rikki, J. Roca Rey, G. Roussille, C. Sarthou, M. Schoendorff, J. Serpan, J. Cl. Silbermann, U. Svensson, I. Tovar, C. Van Breedam, G. Vulliamy, Ph. West, Y. Yoshitome, J. Zimmermann, A. Zydron.

- Ed. Jaguer dans l’introduction au catalogue.
(...) Nous n’admettons en fait de peinture et de sculpture (...) que les IMAGES DEFENDUES soit par la conjuration de quelques chefs, soit par la passivité et la résignation du plus grand nombre. Ceci, attention, ne signifie pas que nous ne sommes pas sensibles à la réalité environnante et quotidienne mais plutôt que nous la CAPTONS autrement, que nous n’acceptons de la capter qu’autrement. En fait, nous sommes à la fois en plein dans cette réalité, au-deçà et en-delà. Objectivement schizophrènes, puisqu’en même temps dedans et à côté, mais schizophrènes lucides, assistant sans trop de regrets à la transfor­mation d’instant en instant de nos propres radars et au détournement des boussoles que nous venions à peine d’inventer.
(...) Cette déraison ou ce délire qui meut et justifie notre vision, cette folie du regard qui permet de mieux voir n’a jamais été jusqu’ici le vecteur d’aucune faillite sensationnelle de l’humanité, d’aucune guerre, d’aucune pollution, d’aucun génocide, mais seulement et au contraire d’une révolution. Révolution dont nous persistons, 50 ans après le premier manifeste de Breton, à nous vouloir solidaires, parce qu’en elle toute autre révolution est impliquée, et parce qu’elle est la seule, de ce XX» siècle en son automne, qui, non contente de poursuivre ses objectifs primordiaux, soit encore capable d’en inventer, d’en secréter de nouveaux : révolution surréaliste, pour l’appeler par son nom.
(...)
Quand au sort privilégié qui est fait dans maintes publications actuelles et dans la plupart des musées ou galeries à certaines formes d’intervention extra-plastique: art conceptuel, body-art, art pauvre etc..., l’on ne s’étonnera pas de n’en trouver nulle trace ici : c’est qu’à notre sens elles ne sont que PALLIATIFS, ne répondant à aucun titre aux problèmes fondamentaux de relance de l’imagination ou de durée de la révélation que résolvent au moins partiellement l’im­age picturale ou la création sculpturale. (...)»

 

1990.
(13/10-12/11) Mons, Musée des Beaux-Arts. Phases belgiques. Courant continu.
* Lacomblez Jacques, Zimmermann Jacques, Carlier Marie, Matton Jacques, Martini Remo, Herregodts Urbain, Van Breedam Camiel, Debie Annie, d'Orgeix Christian, Zydron Antoni, Monteyne Roland, Trigaut Lucques, Brichet Francis.
** Catalogue édité par Dexia.:
- Philippe Roberts-Jones. L'image au vif, p. 7.
- Edouard Jaguer. Mons [sic] et merveilles. Extrait du cahier d'un retour au pays prénatal, p. 8.
- Trop peu dire pour un vécu. Conversation entre Jacques Lacomblez et Marc Renwart, p. 12.
- Description des cinq numéros de la revue Edda (photo. de la couverture, sommaires, un ou deux textes significatifs) p. 21.
- Artistes présents à l'exposition du Musée des Beaux-Arts (bref c. v. / éléments documentaires : expo. pers. et coll., oeuvres dans les musées, bibliographie, photo. de l'artiste et quelques photos d'oeuvres),  p. 39. 

 

- Jacques Lacomblez in cat. Phases belgiques, op cit.
Pour l’exposition « Phases belgiques», au Musée de Mons en octobre 1990, c’est la permanence de l’invention qui a guidé le choix des participations; il fallait également réunir, de chaque exposant, un ensemble d’œuvres assez important pour Illustrer cette continuité. Dès lors, le choix devait être limité à ceux qui constituèrent le « noyau » du groupe et à ceux qui offrirent au mouvement une contribution essentielle, sans méjuger certes des collaborations occasionnelles ou sporadiques (comme celles, entre autres, du photographe Julien Coulommier, Edda 1 et 2, de Monique Heckmann, de Cyrus Dubray qui participèrent à l’exposition Phases de 1964 au Musée d’ Ixelles - ou de Jany Matéze, dont une œuvre fut produite dans Phases 11). Par ailleurs, depuis la dernière parution d’Edda, la présence de R. Monteyne, Lucques Trigaut, et F. Brichet prouve l’existence de cette continuité, en créant un sillage qui vient se mêler au courant principal toujours en métamorphose.
De plus, il était naturel, pour respecter l’aspect international du mouvement, d’inviter deux artistes «étrangers», en l’occurrence Christian d’Orgeix et Antoni Zydron (... l’Ouest» et l’Est» seraient ainsi présents). Il faut remarquer que les liens qu’ils nouèrent avec la Belgique furent étroits (malgré certaines vicissitudes, pour ce qui est de l’un d’entre eux...). Dans le mouvement Phases, l’amitié que m’offrit Christian d’Orgeix est une des plus anciennes et des plus fidèles (il apparaît dans Edda dès le premier numéro).
Récemment, Il tenta même de résider en Belgique, ce que les autorités, dans un bel élan d’accueil et de clairvoyance culturelle, lui refusèrent (chez nous, la qualité de créateur ne vaut pas titre de séjour). Vieille tradition barbare, si l’on se souvient du sort honteux réservé jadis à Victor Hugo, par nos responsables bien pensants.
Quant à A. Zydron, relais actif de Phases en Pologne depuis 1968, il exposa fréquemment chez nous (il participa, notamment, avec Lucques Trigaut, R. Monteyne, J. Zimmermann et moi, aux expositions organisées dans le cadre de l’Année internationale K. Szymanowski - UNESCO 1982). De plus, il fut la cheville ouvrière des expositions personnelles de Lucques Trigaut, R. Monteyne, J. Zimmermann et moi-même qui furent organisées dans les principales villes de Pologne.