Texte de présentation

 

- cf. Louis Richardeau, 1959-1971 in Arts plastiques dans la province de Namur, 1945-1990. Bruxelles, éd. du Crédit Communal, 1991, p. 37

Avant même l’inauguration de la Maison de la Culture de Namur, l’impossibilité de prolonger Axe 59, le vide toujours éprouvé par les artistes livrés à eux-mêmes font éclore une a.s.b.l. baptisée Roue. L’intention des fondateurs - généreuse encore qu'irréaliste à terme – était de réconcilier les deux tendances alors vécues comme antagonistes par les artistes et par le public : la tendance figurative et la tendance abstraite.
(…)
Buts de l’association ? Servir les artistes-membres en les soulageant des contraintes administratives et favoriser le contact si difficile entre le public et les créateurs.
Le programme s’établissait en quatre directions: - par un système de location, de placement d’œuvres dans des endroits de passages fréquents (entreprises, bâtiments publics, centres culturels) - favoriser l’acquisition des œuvres aux amateurs par un plan de financement, -susciter des échanges artistiques au niveau national et même international, - ouvrir à d’autres formes d’expression artistique les réalisations des artistes et leurs ateliers. Beau programme dont on pourrait encore se prévaloir aujourd’hui. Les débuts furent encourageants puisque, dès avril 1963, le groupe Roue, sollicité par le Centre culturel de la Province de Luxembourg, exposa à la Maison artisanale de Martilly et suscita des critiques élogieuses.
Pourquoi donc l’association décida-t-elle sa dissolution ? C’est le scénario type de la vie associative artistique à Namur. Premier acte : vouloir défendre ensemble un beau projet. Deuxième acte : se réunir, statuer, exposer. Troisième acte : une fois ensemble, fuir en ordre dispersé. Les groupes d'artistes porteraient-ils en eux-mêmes le germe de leur propre destruction ? Interrogés sur la question, les artistes-membres reconnaissent la difficulté de « composer » avec autrui. Au sein même du groupe, des disparités esthétiques franches. Une autre pierre d'achoppement : l’accueil de nouveaux membres présentés par certains, refusés par d’autres. Intransigeance ? Qu’importe ! Le tempérament très individualiste des artistes s’accommode mal de la discipline de groupe. Sic transit Roue...

 

Historique

L’initiative émanait de Georges Adnet, secrétaire d’administration à l’Office économique, social et culturel de la Province de Namur.

L’équipe se composait de Georges Adnet, président, Jean Decraux, administrateur-délégué, Alex Vandendaele, secrétaire-délégué. Dans l’ordre alphabétique, les artistes, membres de Roue se nommaient: Marie-Henriette Guise, Albert Houart, André Lapière, Louis-Marie Londot, Luc Perot, Jeanne Salentiny, Jean Verhoest, Marcel Warrand et Jean Willame.