Texte de présentation

Marcel Defize fonde un groupe qui se veut être un lieu communautaire de travail autour d'un modèle commun (à «l'atelier», rue des Minimes) et une possibilité de confronter ses idées. Ils admirent les grandes époques, s'interrogent sur l'humanisme et débattaient à propos d'Alain ou de Valéry par exemple.
* "Marcel Defize fonda L'Atelier où il se donna pour tâche d'imposer les disciplines nécessaires et auxquelles les peintres sollicités d'une collaboration régulière et totale ne purent tous consentir à s'astreindre." (Léon Koenig, La peinture au Pays de Liège [1939-1942], 1951, p. 78)

"L'Atelier n'est pas seulement une association d'artistes qui occupent un même local et s'offrent de temps à autre un modèle en partageant les frais. Il s'agit d'un groupe de réflexion «longuement poursuivies» et d'expériences collectives «passionnées» (Aloys Moray in cat. Fanny Germeau, 50 ans de peinture, Liège, 1991) qui, outre les arts, aborde la littérature, la philosophie ainsi que les grands problèmes du moment, tels la guerre d'Espagne ou la montée de Rex, «pour en découvrir la valeur sociale et l'enracinement éthique» (Fanny Germeau). Plusieurs de leurs membres, Defize le premier militeront au Parti Communiste et - ou - feront partie du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Les membres de l'Atelier se retrouvent chaque soir pour débattre, parfois tard dans la nuit, des écrits de Valéry, de Malraux, d'Alain et d'autres. Ils participent activement au soutien des républicains espagnols, réalisant des affiches anti-fascistes. L'activité essentielle du groupe est évidemment artistique." (S. Alexandre, Ernest Stroobants in Art et Fact n° 14 / 1995)

"Il [Joseph Koenig] m'emmena certain jour à L'Atelier. L'énoncé d'un exercice infligé à une douzaine d'artistes adultes: Peindre... une pomme (ô Cézanne !) résonna longtemps à mes jeunes oreilles" (Théodore Koenig in Histoire de la peinture chez Phantomas, Bruxelles, éd. Lebeer-Hossmann, 1990, p. 367)

Historique

"En 1934, Scauflaire est membre fondateur de L'Atelier, groupe animé par Marcel Defize. Le centre de ce groupe, situé cour des Mineurs, est surtout un lieu de travail autour d'un modèle commun, où les artistes ont la possibilité de confronter leurs idées. Les membres (Emilie Delbrouck, Julien Hock, Fanny Germeau, Georges et Alix Pauly, Jean Dols, Joseph Koenig, Guillaume Detilleux, François Zolet, Xavier Allard, Gustave Paredis, Ernest Stroobants, Paul Cocagne, Marcel Defize et Edgar Scauflaire) admirent les grandes époques, s'interrogent sur l'humanisme et débattent à propos de Valéry par exemple. Pour Scauflaire, c'est la dernière expérience qu'il consacrera aux recherches en commun." (in E. Scauflaire, éd. Delphine Quirin - Louis Maraite, 1994, p. 51)
* pour Fanny Germeau, Scauflaire ne fit jamais partie du groupe (Entretien avec Serge Alexandre, Art et Fact n° 14, 1995, note 46).
** Ernest Stroobants y aurait été introduit par Gustave Paredis.
*** Hock, les Pauly, J. Dols, J. Koenig étaient liés à Anthologie
**** Il faut y ajouter Jean Rets, le graveur Marcel Dumont et Suzanne Fagard
"Certains artistes comme Xavier Allard, Jean Rets, François Zolet ou, dans une moindre mesure, Joseph Koenig n'y firent qu'un bref passage de parfois seulement quelques semaines." (S. Alexandre, 1995, op. cit., p. 85]

« Ils ne restèrent bientôt plus que 7 puis 4 qui concertent encore aujourd'hui leurs recherches. » (L. Koenig, 1951, op. cit., p. 78)

(29/04-12/05/1939) Liège, Galerie du Journal La Meuse: Les peintres Cocagne Paul, Defize Marcel, Delbrouck Emilie, Germeau Fanny.
DERNIERE EXPOSITION DE L'ATELIER.
"Au début de 1939, nous avons exposé quelques toiles à la galerie du journal La Meuse. C'était notre chant du cygne car la guerre était là. Les choix politiques allaient aussi diviser les gens de l'atelier et les disperser. En '40, il y eut l'évacuation et nous n'avons plus séjourné à l'Atelier, il est resté à l'abandon. La Gestapo l'a visité et nous y avons retrouvé très peu de choses de nos essais, de nos dessins, de nos toiles et de nos sculptures."