Historique

Première école.

À partir de 1895, un certain nombre d’artistes, dont le dessinateur et sculpteur George Minne ainsi que les peintres Emile Claus, Valerius De Saedeleer, Gustave van de Woestijne et Julius de Praetere, se rassemblent autour de la personnalité d’Albijn Van den Abeele, peintre tardif mais aussi bourgmestre puis secrétaire communal de Laethem-Saint-Martin. On y retrouve également le poète Karel van de Woestijne et le compositeur Karel van der Sloten, connu sous le nom de Paul Acosta (1848-1930).
Ils fuient la ville et ses troubles sociaux et sont attirés par un retour à la nature, ainsi que par les facilités de logement, fournies par Albijn Van den Abeele.
"[…] cette région qui s'étale près de la paisible Lys comme un enfant repose dans les bras maternels largement ouverts, quel est donc sa force latente ! D'où lui vient cette dignité suave, cette belle confiance qu'elle suscite pour calmer les peines les plus aiguës ?"(Karel van de Woestijne)
Paul Haesaerts, l'un des témoins privilégiés de cette époque, remarque cependant :
« Il n'y eut peut-être pas tant attraction vers Laethem — attraction par le charme propre et l'humeur accueillante d'un village — qu'expulsion des artistes hors d'un organisme social qui, foncièrement, leur était hostile. Laethem n'aura probablement été qu'un point de fixation, un "n'importe où", résultant à la fois d'une nécessité profonde et d'un hasard. Laethem aurait tout aussi bien pu être ailleurs »
Comme les préraphalites, ils cherchent leur inspiration dans le passé et plus particulièrement chez les Primitifs flamands, dont une grande rétrospective eut lieu à Bruges en 1902. Leurs œuvres teintées de mysticisme et de religiosité les rattachent au mouvement symboliste.
« Cependant, chacun arrive avec son style personnel, et le poursuit. Il n'y a pas de volonté de création d'un style commun, mais coexistence et émulation entre des individus hétérogènes. Laethem et ses environs leur fournira bien sûr un sujet d'inspiration fréquent, mais il n'y a pas unité stylistique pour autant. Tout au plus pourrait-on noter de légères convergences dans certaines œuvres, mais il s'agit d'un phénomène marginal. »

 

Deuxième école.

Au début du XXe siècle, Frits van den Berghe, Gustave De Smet, Léon De Smet, Constant Permeke, Albert Servaes, sont élèves à l'Académie de Gand. Ils se réunissent au Patershol, le quartier des nécessiteux et des artistes, nommé d'après un ancien couvent des norbertins.

Ils fréquentent Laethem-Saint-Martin, tout comme Maurice Sys et Théo van Rysselberghe, mais n'ont pratiquement pas de contact avec le premier groupe.

Avant la Première Guerre mondiale, ils vont créer des œuvres marquées par l’impressionnisme.

Ils passeront la guerre aux Pays-Bas ou en Angleterre. Après celle-ci, Permeke, van den Berghe et Gust de Smet collaboreront encore jusqu'en 1926.

Leurs contacts avec le fauvisme, le cubisme et l’expressionnisme hollandais marqueront leur évolution vers un expressionnisme profondément ancré dans la culture flamande, ce qui, en liaison avec les revendications culturelles flamandes de l'époque, contribuera à leur succès à partir de 1925, avant de subir la grande crise de 1929.

 

Troisième école.

À la suite de ces précurseurs de l'expressionnisme, un certain nombre d'artistes continueront à travailler en marge des courants dominants : Hubert Malfait, Albert Sevaes, Jozef De Coene, Albert Claeys, Victor Lorein, Jules Boulez, Louis Pevenagie. Ce n'est que depuis peu qu'ils se trouvent réhabilités.

 

Quatrième école.

Vers 1965, des artistes néo ou post-expressionistes s'installent de nouveau à Laethem-Saint-Martin pour perpétuer la légende :  Antoon Catrie, Vic Dooms, Fons Roggeman, Luc-Peter Crombé, Hans Kitslaar, Joe Van Rossem, Chris Pots, Maurice Schelck, Martin Wallaert, Jef Wauters, Lea Vanderstraeten.

Bibliographie liée