Texte de présentation

But : populariser et montrer à l'extérieur l'art des pes peintres liégeois.

 

"L'Envol n'a ni tendance, ni programme: ce n'est donc pas une nouvelle secte d'artistes et pas plus une école picturale. Et si sous ce titre devait se trouver une dédicace commune à méditer, je serais tenté d'y lire celle-ci: «À chacun sa personnalité»" (Maurice Kunel in Le Journal de Liège, 1920)

Historique

Administration et archives : Edmond Delsa.

Secrétaire ; Marcel Caron .

Membres :
Camille Bottin, Marcel Caron, Robert Crommelynck, Joseph Delfosse, Edmond Delsa, Marcel de Lincé, Adrien Dupagne, Émile Fabry, Marcel Goossens, Richard Heintz, Marcel Jaspar, Joseph Koenig, Auguste Mambour, Emmanuel Meuris et Albert Raty.

 

(nov.) Liège: 1e Exposition de 8 d'entre eux dont Bottin, Caron, Crommelynck, Delsa, de Lincé, Mambour, Meuris.
- in Anthologie, fév. 1922: CERCLE L'ENVOL: BOTTIN, agréable. CARON, affirme une sérieuse évolution étudiée; il se dégagera de quelques influences; conception solide. CROMMELYNCK, parfois une interprétation plus libre du sujet. De LINCÉ, pointillisme mitigé. DELSA, intéressante présentation; rythme équilibré des plans, secondé par un art de la décoration. J. DELFOSSE, eaux-fortes à voir; Goossens, chèvre à la Picart le Doux; R. HEINTZ, comme toujours; MEURIS, nettement vers l'originalité; lumière puissante; panorama imposant; c'est un de nos bons peintres; RATY, peintre ardennais; bon métier; de l'enveloppe.

 

Bibliographie texte

  • Presse

    • in Anthologie, juin 1923: L'ENVOL (non signé)
      "Le plus caractéristique des groupements de peintres liégeois. Fondé en 1920.
      Expositions à Liège, Gand, Bruxelles, Anvers.
      Ce cercle a fait beaucoup pour le renom de l'art local.
      Membres actuels: Edmond Delsa, Marcel de Lincé, Crommelynck, Caron, Meuris, Delfosse, Goossens, Raty, Heintz. (M. Koenig, trésorier)
      Marcel de Lincé: a connu ces années un exceptionnel succès de vente tant en France qu'en Belgique. Parti du pointillisme exclusif, il évolua, tant en France qu'en Belgique jusqu'à l'impressionnisme et aujourd'hui plus stable possède un art sûr, chaud que soutient un souci de décoration.
      Crommelynck: métier d'une grande assurance classique, mais raisonnée. Portraits très remarqués. Ses comparaisons sont graves. A fait ses preuves comme illustrateur. Nous reparlerons de ce probre artiste lors de nos articles individuels.
      Marcel Caron (secrétaire du Cercle): il y a chez ce peintre une recherche intelligente. Son cubisme et sa synthèse lui ont valu un dédaigneux refus au Salon des Beaux-Arts. On peut prétendre un épanouissement intéressant.
      Emmanuel Meuris que l'on voudrait encore plus émancipé possède une vision personnelle. Son oeuvre est d'une parfaite unité. Un coup d’élan jeune chez Meuris et nous le verrons loin parmi les premiers. Nous connaissons de lui quelques planches gravées de grande allure.
      Edmond Delsa (administrateur et directeur actif du Cercle): il s'est mis - après quelques 20 ans de travail - à étudier les concepts actuels et à modifier logiquement son art. Le résultat est probant: les toiles du dernier salon sont parmi les meilleurs. Il équilibre ses paysages et les interprète.
      Albert Raty: il est curieux de remarquer les compréhensions du site qu'ont les peintres wallons. Raty, fort, lumineux parfois, se rattache comme Fabry - très apprécié - à Heintz (membre de L'Envol). L'Ardenne est vue par eux spécialement âpre.
      August Donnay, lui, fixe les mêmes sujets avec une délicatesse sentimentale.
      Deux façons diamétralement différentes et pourtant fructueuses.
      Goossens: nous avons eu l'occasion de dire ici notre sympathie.
      Delfosse: aquafortiste que nous connaissons insuffisamment.
      L'Envol a son rôle dans la vie de l'art wallon. Il serait utile que quelques talents encore dissident s'y rallient.
      Ils se doivent de s'associer, car L'Envol a dépassé le champ d'action habituel des cercles locaux pour devenir à l'étranger le représentant de l'Art contemporain liégeois."

      Hubert Dubois in Anthologie, janvier 1924:
      "Nous aimons voir se grouper des volontés pour une défense commune d'intérêts particuliers, mais nous regrettons qu'au point de vue strictement artistique ce cercle compte si peu d'éléments jeunes, c'est-à-dire audacieux.
      Marcel Caron est le seul que tente la recherche douloureuse d'un ordre plastique. La couleur chez lui modèle la ligne laquelle anime l'œuvre peinte. Il y a là un peu de cet enseignement d'Ingres qui domina de son «architecture» «le bazar de Delacroix» et notre époque. Caron progresse sans cesse vers un forme plus sobre, plus réfléchie.
      Que M. Robert Crommelynck sache: tout panneau décoratif dépasse la vertu du cadre et l'emplacement qui le motive en conditionne le motif. Où ce peintre compte-t-il donc placé ces personnages nus, injustement disproportionnés, ornés de fruits nus et de perles.
      Edmond Delsa nous a déçu. Ce peintre sacrifie décidément trop à l'élégance raffinée des gammes colorées auxquelles il finit par subordonner certaine ordonnance de rythmes.
      M. de Lincé, M. Fabry pataugent dans la mise en oeuvre d'un impressionnisme périmé que Richard Heintz plus âgé, illustra chez nous en temps opportun et continue assez vénérablement d'ailleurs.
      Meuris masque sous une pâte lourde, apparemment solide, le chahut d'un métier qui patine.
      Raty seul, et proche, nous force au respect, qui pour n'être point novateur trahit par l'étagement de plans tragiquement illuminés, un bel amour de la matière et du sol natal.

      - Bosmant, 1930, op. cit., p. 239 
      "Nos artistes, comme toujours manquent d'esprit corporatif et se résignent mal aux sacrifices individuels que requiert l'effective association. En juillet 1920 cependant un «sens grégaire» nouveau parut se manifester dans la constitution du Cercle L'Envol. Quelques artistes de tendances très diverses mais également conscients de la difficulté des luttes isolées se rassemblèrent non pour promulguer une nouvelle esthétique, mais dans le dessein d'unir les efforts épars et de former un front solide dans la défense et dans l'attaque. (...) Il récolta d'ailleurs au cours de sa brève existence, quelques succès capables de prouver la vertu du nombre et les avantages du coude à coude. (...)
      Hélas ! Quelques moments difficiles eurent raison de ce bel édifice mal cimenté.
      Par ailleurs, le Cercle ne trouva pas le mécène indispensable à l'existence matérielle d ces sortes d'organisation. Et les artistes wallons se retrouvèrent aussi démunis qu'auparavant, isolés, incapables de se faire une place dans les grandes équipes nationales ou dans les grands salons et ayant perdu d'autre part toute possibilité de se présenter aux publics étrangers."

      - R. Castin, Adrien Dupagne, Liège, éd. La Cité Moderne, 1941, p. 15-16.
      "Point de ralliement des forces nouvelles du mouvement wallon renaissant, L'Envol connut quelques succès qui doivent être portés au crédit de ces essais d'effectif travail en commun. Loin de tendre vers la recherche d'une esthétique nouvelle, ces artistes se tournèrent au contraire résolument vers les vieux maîtres hollandais et flamands vers Frans Hals et Rembrandt, vers Bruegel et Pierre-Paul Rubens (...)
      Le cercle, cependant, ne devait pas tarder à se désagréger et à se disperser complètement à la suite de certaines difficultés d'ordre matériel, cette association n'ayant pu trouver de soutien efficace chez aucun amateur."

      - Koenig, 1951, p. 76.
      "L'envol par la diversité de ses membres était condamné à une prompte dissolution. Bientôt d'ailleurs les contradictions s'accusèrent, les discussions s'élevèrent autour des revues qu'on recevait en grand nombre de l'étranger."