Texte de présentation

- cf. Louis Richardeau, 1959-1971 in Arts plastiques dans la province de Namur, 1945-1990. Bruxelles, éd. du Crédit Communal, 1991, pp. 44-45

Pierre Lahaut et Félix Roulin avaient quitté la province dès 1961. Après le nouvel échec de l’association Roue, les rescapés d’Axe 59 partagent le sentiment vécu par beaucoup de plasticiens du Namurois, à savoir que la Maison de la Culture ne concrétisait pas les promesses de valorisation de leurs œuvres ni d'échanges avec l’extérieur. Le choix des expositions jugé trop « prestigieux », l’exclusion » des cadres de décision les amènent à relancer une action. Ce sera, à l’instigation de Victor Martin Schmets, l’origine d’un nouvel « Axe ».

Ce qui fonde Axe 66, est l'intention de ses membres de rayonner dans un même esprit de création mais cette fois au travers de voies diverses. L’abstraction, gagnée de haute lutte, reste une manière qu’il faut toutefois respecter pour son intériorité, son refus de l’effet. Axe 66 revendique l’intégration de matériaux contemporains et des techniques récentes, affirme sa volonté de prospecter, de se relancer sans cesse.
Il faut reconnaître que cela démarre assez fort. Après une première exposition à la Galerie « Contrastes » (Bruxelles), le groupe Axe 66 inaugure la toute pimpante Galerie du Crédit Communal, rue Godefroid à Namur. Parlant des exposants, Jean-Pierre Radu déclarait au vernissage : « S'ils appartiennent tous à l’esthétique abstraite, c’est que l’abstraction, à un moment, s’est trouvée sur leur chemin. Mais ce choix ne détermine à priori rien de définitif dans leur évolution. Libres par essence, ils se réservent la liberté d'innover hardiment ou d'être fidèles... ».
Après ce bel envol, la Direction générale des Arts au Ministère de l’Education et de la Culture française, en la personne de René Léonard et de Francis De Lulle, octroie au groupe un petit subside annuel.
Conforté dans sa cohésion et son audience, Axe 66 tente d’établir des contacts avec les musées de Hollande, d’Allemagne, d'Italie. Leurs efforts se heurtent le plus souvent à un refus poli. Echecs, atermoiements entraînent la démission de Jean-Pierre Radu et le départ d’Emile Souply. Le seul contact fructueux se matérialisa en 1968 grâce à André Lapière qui convoiera de ses propres moyens trois œuvres de chaque artiste-peintre, à Prague (Tchécoslovaquie).
Aux problèmes budgétaires, vont se superposer des polémiques internes. Londot s’oriente dès 1967 vers le pop’art. Cette mutation radicale indispose les autres membres, les critiques et les membres de la Commission d'Achat du Ministère qui coupent tout crédit. Après une seconde exposition au Crédit Communal en 1968, Van Espen et Warrand démissionnent à leur tour.
En dépit de maladresses, du manque de souplesse, d’impatience, il faut reconnaître à cette brève expérience d’Axe 66, le même souci d'intégrité, de fidélité à une option. Nouvelle preuve est faite qu'il n’entre pas dans la psychologie des artistes de vivre longtemps en groupe. Un nouvel échec ? Les anciens membres ne le perçoivent pas de cette manière. Leur création en a été stimulée et les rapports humains resteront très cordiaux.
Si l'abstraction d`Axe 59 fut surtout fixée sur la matière du tableau ou de la sculpture, l’abstraction d'Axe 66 sera franchement préoccupée de l’espace de l’œuvre en deux ou trois dimensions.

 

 

 

Historique

Initiative : Victor Martin Schmets.

Pas plus qu'Axe 59, le groupe Axe 66 ne s’est constitué en association de droit.

Des membres-fondateurs d’Axe 59 resurgissent : Louis-Marie Londot, Jean-Marie Van Espen et Marcel Warrand. Viennent s’y adjoindre André Lapière, professeur à Saint-Berthuin (Malonne), Michel Pirrard, jeune professeur d’arts plastiques à l’institut des Arts et des Techniques artisanales et le sculpteur Emile Souply.

Un conseil d’administration encadre le groupe : Jean-Pierre Radu, alors professeur de français à l”IATA et romancier sous le pseudonyme de Jean-Pierre Jaral. Un secrétaire, Victor Martin Schmets, professeur de français chez les Sœurs Notre-Dame (Namur), spécialiste d’Apollinaire et de Claudel. Un trésorier, Pierre-Paul Dupont, professeur d’histoire de l'art à l’IATA.

A la proche périphérie de ce groupe renaissant, le couple André et Cécile Miguel. Cette dernière, familière des milieux intellectuels et artistiques parisiens avait été encouragée dans sa démarche de peintre par des écrivains tels Jean Paulhan et Jacques Prévert. Son mari, poète, fut pressenti pour écrire le manifeste d'Axe 66. Mais jugé trop littéraire, il fut finalement rédigé par Albert Dupuis, attaché aux relations publiques de l’U.L.B. 

(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Contrastes. Axe 66.

(  /  -  /  ) Namur, Galerie du Crédit communal. Axe 66
* Inauguration de la galerie.

1968. (  /  -  /  ) Prague / CZ,                                . Axe 66