Glossaire > Skiéron

NOTES TROUVÉES DANS LES CARNETS DE JEAN HICK (2).

Skiéron.

(-> Skiascopie : méthode permettant de déterminer d’une façon objective les caractéristiques optiques de l’œil et fondée sur l’étude de l’ombre que porte la pupille sur la rétine.)

 

Skiéron de la couleur.
« Goethe a si fortement insisté. On sait qu’il désigne par cette expression le fait que la nature est apparentée à celle de l’ombre ou du gris par où elle est constamment plus clair que le noir, et plus sombre que le blanc. » (in Schopenhauer. Texte sur la vue et sur les couleurs. Paragraphe 7.Affinité de la couleur avec l’ombre.)

 

 

Ces notes donnent à penser que le peintre Jean Hick considérait cette « expression » comme essentielle pour définir ses expérimentations picturales.

Intéressé par sa peinture, j’aimerais pouvoir la préciser. Si vous pouvez compléter ma recherche, je suis très demandeur. Merci à tout qui porterais attention à ma demande.

 

 

 

GOETHE

 

 

- Maurice Elie. Lumière, couleurs et nature : l'optique et la physique de Goethe et de la Naturphilosophie. Paris, éd. Vrin, 1993.

 

 

 

SCHOPENHAUER

 

Sur la vue et les couleurs (allemand : Über das Sehn und die Farben) est un traité en 2 chapitres et 14 paragraphes publié par Arthur Schopenhauer en mai 1816 à l'âge de 28 ans. Pendant l'hiver 1813 Schopenhauer avait longuement discuté avec Johann Wolfgang Goethe de son Traité des couleurs de 1810 et partageait pour l'essentiel les vues de celui-ci

 

SCHOPENHAUER. TEXTE SUR LA VUE ET SUR LES COULEURS. PARAGRAPHE 7.AFFINITÉ DE LA COULEUR AVEC L’OMBRE
Livre numérisé.

https://books.google.be/books?id=qwl3bKuFXAsC&pg=PA96&lpg=PA96&dq=Ski%C3%A9ron&source=bl&ots=j5nJgdYOW7&sig=8iZlgh9BdBSCOeVcFnlvoe2wzh0&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj_3YWT9YvYAhUJoKQKHRr1DkMQ6AEIJzAA#v=onepage&q=Ski%C3%A9ron&f=false

Par. 7.

Affinité de la couleur avec l’ombre.

Une considération très importante, qui a été tenue jusqu’à présent comme allant de soi dans cet exposé, appartient encore de manière essentielle à la théorie de la couleur édifiée ici, comme d’ailleurs au Traité des couleurs de Gœthe, et elle consiste en une déduction à priori du skiéron propre à la couleur, sur lequel Gœthe a si fortement insisté à plusieurs reprises. On sait qu'il désigne par cette expression le fait que sa nature est apparentée à celle de l’ombre ou du gris, par où elle est constamment plus claire que le noir, et plus sombre que le blanc (Dans l’addition de toutes les couleurs, celles-ci conservent leur caractère de skiéron et, du fait qu’elles ne sont plus vues côte à côte, on ne ressent pas d’impression de totalité, d’harmonie, et ainsi paraît le gris, lequel, comme les couleurs perceptibles, et toujours quelque peu plus sombre que le blanc, et plus clair que le noir).
Nous avons trouvé, dans l’activité qualitativement divisée de la rétine, que l’intervention d’une moitié était essentiellement conditionné par l’inactivité de l’autre, du moins au même endroit. Mais, comme il a été dit ci-dessus, l’inactivité de la rétine est l’obscurité.
Il en résulte que l’intervention d'une moitié qualitative de l’activité rétinienne, se manifestant comme couleur, doit être accompagnée dans sa totalité par un certain degré l’obscurité, c’est-à-dire par un élément sombre. Elle a d’ailleurs cela en commun avec l’activité intensivement divisée de la rétine, que nous avons reconnue plus haut dans le pis ou la pénombre : et cette propriété qui était là qualitatif et ici intensive, a été bien saisie par Gœthe et désignée par l’expression de skiéron. Il règne cependant ici l’importante différence que voici : le fait que l’activité de la rétine ne soit que partielle en intensité, ne la modifie pas de façon spécifique et essentielle et ne détermine pas d’effet propre ; ce n’est qu’une diminution graduelle et accidentelle de l’activité totale. Dans l’activité partielle qualitativement divisée de la rétine par contre, la mise en activité d’une moitié a pour condition essentielle et nécessaire l‘inactivité de l’autre :car elle ne consiste qu’en cette opposition. De cette division et de ses multiples rapports, résulte cependant la véritable excitation, la claire et réjouissant: sensation de la couleur, à l’opposé du triste gris. de clarté pourtant équivalente ; ainsi que de son- essence tout à fan spécifique, demeurant identique à soi, malgré toute la diversité des couleurs. Ceci provient en effet précisément du fait que, par une séparation polaire, la vivante activité de l’une des moitiés dépend du repos complet de l’autre.
Ceci explique pourquoi le blanc parait si évidemment pauvre lorsqu’il se trouve parmi les couleurs, cependant que le gris est triste et le noir sombre. On conçoit du même coup, pourquoi l’absence d`excitation colorée, c’est-à-dire le noir et le blanc, celui-là chez nous, celui-ci chez les Chinois. est le symbole du deuil. - En conséquence de la différence existant entre la division purement intensive et la division qualitative de l’activité rétinienne, nous pouvons tout à fait à bon droit nommer par analogie la pénombre et le gris un mélange purement mécanique, bien qu’infini, de la lumière et de l’obscurité ; et nous pouvons par contre considérer la couleur qui consiste dans l’activité qualitative partielle de la rétine, comme une combinaison chimique et une mutuelle et intime interpénétration de la lumière et de l’obscurité : car toutes deux se neutralisent également ici, et dans la mesure où chacune renonce à sa propre nature, apparaît un nouveau produit, qui n'a plus qu'une lointaine ressemblance avec chacune d'elles et présente par contre un caractère propre tout à fait frappant. Cette union de La lumière et de l’obscurité, qui résulte nécessairement de la division qualitative de la rétine, et dont le phénomène est la couleur, confirme et illustre donc ce que Gœthe a remarqué de façon parfaite et frappante, que la couleur est essentiellement quelque chose de sombre. un skiéron. Mais au-delà de ce principe goethéen, elle nous apprend encore que ce qui précisément se donne comme couleur dans l`œil de chacun, comme cause de sa nature obscure, et qui joue le rôle du skiéron, est aussi ce qui apparaît ensuite à l’œil, comme spectre consécutif : dans ce spectre lui-même, la couleur présente auparavant, assume maintenant le rôle du skiéron, dans la mesure où son contenu constitue le déficit actuel.

- Arthur Schopenhauer. Sur la vue et sur les couleurs Extraits de la Correspondance Sur la théorie des couleurs. Traduction de Maurice Élie (Paris, Vrin / Bibliothèque des Textes Philosophiques ; 198 pages - 13,5 × 21,5 cm ; ISBN 978-2-7116-0932-1 - novembre 1986)

Présentation - Table des matières - Extrait

Les textes d’Arthur Schopenhauer ici traduits, comprennent l’essai Sur la vue et les couleurs (1816), des extraits de la correspondance, en particulier avec Goethe, ainsi qu’un chapitre des Parerga, Sur la théorie des couleurs. En Annexe, on trouvera des notes sur l’Achromatisme, un extrait des Mémoires de Helmholtz, ainsi que sur quelques représentations du Système des couleurs.
Ces écrits montrent comment Schopenhauer participe à la réaction de l’Idéalisme allemand à l’Optique newtonienne.

 

 

Corrélations Goethe Schopenhauer.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_la_vue_et_les_couleurs

Schopenhauer rencontra Goethe en 1813 dans le salon de sa mère à Weimar. En novembre Goethe félicita Schopenhauer pour sa thèse de doctorat sur la quadruple racine du principe de raison suffisante. Les deux hommes étaient d'opinion que les représentations visuelles donnent plus de connaissances que ne le font les concepts. Durant l'hiver 1813/1814 Goethe montra ses expériences à Schopenhauer et ils discutèrent de la théorie des couleurs. Goethe encourageât Schopenhauer à écrire sur la vision et les couleurs. Schopenhauer écrivit en quelques semaines à Dresde en 1815. Après sa publication en juillet 1815 Goethe rejeta plusieurs des conclusions de Schopenhauer, en particulier sur la question de savoir si le blanc est un mélange de couleurs. Il était aussi déçu que Schopenhauer ait considéré la question entière de la couleur comme un problème mineur. Goethe eut enfin le sentiment que Schopenhauer donnait l'impression d'avoir seul conçu la véritable théorie comme si lui, Goethe, n'avait fait que rassembler des données. Une différence majeure entre les deux hommes était que Goethe considérait la couleur comme une propriété objective de la lumière et les ténèbres3. L'idéalisme transcendantal kantien de Schopenhauer s'opposait au réalisme de Goethe4. Pour Schopenhauer la couleur est subjective en ce qu'elle existe totalement dans la rétine du spectateur. Comme tel l’œil peut être excité de diverses manières par des stimuli externes ou des conditions corporelles internes. La lumière est un type de stimulus de couleur parmi d'autres.

En 1830, Schopenhauer publia une édition révisée de sa théorie des couleurs. Le titre en était Theoria colorum Physiologica, eademque primaria (Théorie physiologique fondamentale de la couleur). Il parut dans les Scriptores ophthalmologici minores (Petits écrits ophtalmologiques) de Justus Radius. « Ce n'est pas la simple traduction de la première édition, » écrivait-il, « il en diffère sensiblement dans la forme et la présentation et le sujet en est grandement enrichi » 5. Parce qu'il était écrit en latin, Schopenhauer croyait que les lecteurs étrangers seraient en mesure d'en apprécier la valeur.

Une seconde édition améliorée de Sur la vue et les couleurs fut publiée en 1854. Une troisième édition, éditée par Julius Frauenstadt, fut publiée en 1870.

 

 

 

Commentaires sur Schopenhauer.

 

Maurice Elie.

Né le 29 Août 1934 à Biarritz (64)
Etudes d’optique, puis Agrégé et docteur en philosophie 
Professeur de philosophie des lycées, puis Maître de Conférences Philosophie-Esthétique Université de Nice.
 

Quelques publications et traductions :

- Thèse de doctorat soutenue en 1988 à Lyon 3 sous la direction de François Gagognet  Approches phénoménologiques et spéculatives de la lumière et des couleurs aux XIXe et XXe siècle : interprétations non-newtoniennes, de Goethe à Wittgenstein.

 

 A. Schopenhauer : Textes sur la vue et sur les couleurs, Paris, Vrin, 1993
Lumière, couleurs et nature, l’optique et la physique de Goethe et de la Naturphilosophie, Paris, Vrin, 1993. 
Traduction collective de Process and Reality d’A. N. Whitehead, Procès et réalité, Paris, Gallimard, 1995.
Traduction et présentation des Matériaux pour l’histoire de la théorie des couleurs de J.W. Goethe, (Farbenlehre III), Toulouse, P. U. du Mirail, 2003.
Traduction collective des Recherches philosophiques, de Ludwig Wittgenstein, Paris, Gallimard, 2004. 
Traduction et présentation de La théorie de Newton dévoilée, de J. W. Goethe (Farbenlehre II), Toulouse, P. U. du Mirail, 2006.
Couleurs et théories, anthologie commentée, Nice, Ed. Ovadia, 2009.
Aux origines de l’empathie, Nice, Ovadia, 2009.
La pensée de la forme, savoirs et interprétations, Nice, Ovadia, 2012. 
 

Articles divers, en particuliers dans la Revue Noesis du C.R.H.I. (Centre de recherches d’histoire des idées) de l’Université de Nice. Par exemple : « Notions d’Esthétique », Noesis, Cahier N°2, hiver 2000/2001, C.R.H.I./Vrin, etc.

 

SKIERON. - in Maurice Elie. Phénoménologie et sciences de la vision cf. http://journals.openedition.org/noesis/1417?file=1.

En philosophe, Schopenhauer ne se borne pas à constater que l'orange « appelle » (comme disait Goethe) le bleu, et le jaune, le violet, mais cherche à justifier rationnellement sa théorie, tout en reconnaissant le caractère hypothétique des « fractions de l'activité rétinienne » qu'il attribue à chaque couleur. En somme, Schopenhauer ajoute à la « phénoménologie » gœthéenne un transcendantalisme « arithmologique » de la couleur.
Sa théorie de la vision des objets exposée dans la Quadruple racine et dans le chapitre I de Essai sur la vue et les couleurs, est, elle aussi transcendantale. Mais elle est également causale, en ce qu'elle rapporte la sensation visuelle à sa cause extérieure. En matière de couleurs, elle peut aussi être dite « phénoménologique », car elle ne peut se prononcer quant à la nature des processus neuro-physiologiques entrant en jeu, mais seulement postuler une « activité rétinienne » correspondant à l'activité en général, qui constitue selon Schopenhauer l'essence générale de la matière. Elle ne peut dire comment nous voyons les couleurs, mais seulement recenser les conditions de leur production, tel le skiéron c'est-à-dire l'élément obscur, dont la présence était déjà jugée nécessaire par Goethe. C'est de cet élément que traite le paragraphe 7 de l'essai, intitulé «Affinité de la couleur avec l'ombre ». Et dans ce paragraphe, Schopenhauer se montre à nouveau «transcendantaliste», en appelant à une déduction a priori du skiéron propre à la couleur... mais aussi « physiologiste », en ramenant ce skiéron à l'inactivité de la rétine : l'inactivité de la rétine est l'obscurité. L'élément obscur, qui se dresse, selon Goethe, face à la lumière, est donc reporté dans la sphère physiologique.

 

 

 

Angèle Kremer-Marietti. Schopenhauer, Goethe et la théorie des couleurs

https://www.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2009-3-page-279.htm

(comme le lien ne s’ouvre pas – je ne sais pas pourquoi - , je mets le texte en copie).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://ailleurslatete.free.fr/?De-la-nature-d-un-extraordinaire

 

De la nature d’un extraordinaire assemblage.18388e jour, par JC Sekinger

« Il faut maintenant parler de la nature de cette extraordinaire assemblage qu’est la réunion des contraires. Comment coexistent-ils ? J’ai déjà parlé des mélanges : en juxtaposant les grains minuscules du rouge et du vert, on n’obtient pas le jaune des synthèses additives mais un brun assez foncé parce qu’il y a dans ce mélange, un troisième ingrédient : le sombre “skiéron”. Dans la matérialité du vert - ce qui le retient sur terre - et dans la matérialité du rouge - ce qui l’empêche de brûler - il y a l’ombre des choses sur elles-mêmes. Le “skiéron” est une obscure gravité, un peu comme ces objets si massifs que la lumière y disparaît. Revenons à la question posée de la coexistence de faits aussi contraires que le rouge et le vert ».

 

 

 

NOTES TROUVÉES DANS LES CARNETS DE JEAN HICK (2).

Skiéron.

(-> Skiascopie : méthode permettant de déterminer d’une façon objective les caractéristiques optiques de l’œil et fondée sur l’étude de l’ombre que porte la pupille sur la rétine.)

 

Skiéron de la couleur.
« Goethe a si fortement insisté. On sait qu’il désigne par cette expression le fait que la nature est apparentée à celle de l’ombre ou du gris par où elle est constamment plus clair que le noir, et plus sombre que le blanc. » (in Schopenhauer. Texte sur la vue et sur les couleurs. Paragraphe 7.Affinité de la couleur avec l’ombre.)

 

 

Ces notes donnent à penser que le peintre Jean Hick considérait cette « expression » comme essentielle pour définir ses expérimentations picturales.

Intéressé par sa peinture, j’aimerais pouvoir la préciser. Si vous pouvez compléter ma recherche, je suis très demandeur. Merci à tout qui porterais attention à ma demande.

 

 

 

GOETHE

 

 

- Maurice Elie. Lumière, couleurs et nature : l'optique et la physique de Goethe et de la Naturphilosophie. Paris, éd. Vrin, 1993.

 

 

 

SCHOPENHAUER

 

Sur la vue et les couleurs (allemand : Über das Sehn und die Farben) est un traité en 2 chapitres et 14 paragraphes publié par Arthur Schopenhauer en mai 1816 à l'âge de 28 ans. Pendant l'hiver 1813 Schopenhauer avait longuement discuté avec Johann Wolfgang Goethe de son Traité des couleurs de 1810 et partageait pour l'essentiel les vues de celui-ci

 

SCHOPENHAUER. TEXTE SUR LA VUE ET SUR LES COULEURS. PARAGRAPHE 7.AFFINITÉ DE LA COULEUR AVEC L’OMBRE
Livre numérisé.

https://books.google.be/books?id=qwl3bKuFXAsC&pg=PA96&lpg=PA96&dq=Ski%C3%A9ron&source=bl&ots=j5nJgdYOW7&sig=8iZlgh9BdBSCOeVcFnlvoe2wzh0&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj_3YWT9YvYAhUJoKQKHRr1DkMQ6AEIJzAA#v=onepage&q=Ski%C3%A9ron&f=false

Par. 7.

Affinité de la couleur avec l’ombre.

Une considération très importante, qui a été tenue jusqu’à présent comme allant de soi dans cet exposé, appartient encore de manière essentielle à la théorie de la couleur édifiée ici, comme d’ailleurs au Traité des couleurs de Gœthe, et elle consiste en une déduction à priori du skiéron propre à la couleur, sur lequel Gœthe a si fortement insisté à plusieurs reprises. On sait qu'il désigne par cette expression le fait que sa nature est apparentée à celle de l’ombre ou du gris, par où elle est constamment plus claire que le noir, et plus sombre que le blanc (Dans l’addition de toutes les couleurs, celles-ci conservent leur caractère de skiéron et, du fait qu’elles ne sont plus vues côte à côte, on ne ressent pas d’impression de totalité, d’harmonie, et ainsi paraît le gris, lequel, comme les couleurs perceptibles, et toujours quelque peu plus sombre que le blanc, et plus clair que le noir).
Nous avons trouvé, dans l’activité qualitativement divisée de la rétine, que l’intervention d’une moitié était essentiellement conditionné par l’inactivité de l’autre, du moins au même endroit. Mais, comme il a été dit ci-dessus, l’inactivité de la rétine est l’obscurité.
Il en résulte que l’intervention d'une moitié qualitative de l’activité rétinienne, se manifestant comme couleur, doit être accompagnée dans sa totalité par un certain degré l’obscurité, c’est-à-dire par un élément sombre. Elle a d’ailleurs cela en commun avec l’activité intensivement divisée de la rétine, que nous avons reconnue plus haut dans le pis ou la pénombre : et cette propriété qui était là qualitatif et ici intensive, a été bien saisie par Gœthe et désignée par l’expression de skiéron. Il règne cependant ici l’importante différence que voici : le fait que l’activité de la rétine ne soit que partielle en intensité, ne la modifie pas de façon spécifique et essentielle et ne détermine pas d’effet propre ; ce n’est qu’une diminution graduelle et accidentelle de l’activité totale. Dans l’activité partielle qualitativement divisée de la rétine par contre, la mise en activité d’une moitié a pour condition essentielle et nécessaire l‘inactivité de l’autre :car elle ne consiste qu’en cette opposition. De cette division et de ses multiples rapports, résulte cependant la véritable excitation, la claire et réjouissant: sensation de la couleur, à l’opposé du triste gris. de clarté pourtant équivalente ; ainsi que de son- essence tout à fan spécifique, demeurant identique à soi, malgré toute la diversité des couleurs. Ceci provient en effet précisément du fait que, par une séparation polaire, la vivante activité de l’une des moitiés dépend du repos complet de l’autre.
Ceci explique pourquoi le blanc parait si évidemment pauvre lorsqu’il se trouve parmi les couleurs, cependant que le gris est triste et le noir sombre. On conçoit du même coup, pourquoi l’absence d`excitation colorée, c’est-à-dire le noir et le blanc, celui-là chez nous, celui-ci chez les Chinois. est le symbole du deuil. - En conséquence de la différence existant entre la division purement intensive et la division qualitative de l’activité rétinienne, nous pouvons tout à fait à bon droit nommer par analogie la pénombre et le gris un mélange purement mécanique, bien qu’infini, de la lumière et de l’obscurité ; et nous pouvons par contre considérer la couleur qui consiste dans l’activité qualitative partielle de la rétine, comme une combinaison chimique et une mutuelle et intime interpénétration de la lumière et de l’obscurité : car toutes deux se neutralisent également ici, et dans la mesure où chacune renonce à sa propre nature, apparaît un nouveau produit, qui n'a plus qu'une lointaine ressemblance avec chacune d'elles et présente par contre un caractère propre tout à fait frappant. Cette union de La lumière et de l’obscurité, qui résulte nécessairement de la division qualitative de la rétine, et dont le phénomène est la couleur, confirme et illustre donc ce que Gœthe a remarqué de façon parfaite et frappante, que la couleur est essentiellement quelque chose de sombre. un skiéron. Mais au-delà de ce principe goethéen, elle nous apprend encore que ce qui précisément se donne comme couleur dans l`œil de chacun, comme cause de sa nature obscure, et qui joue le rôle du skiéron, est aussi ce qui apparaît ensuite à l’œil, comme spectre consécutif : dans ce spectre lui-même, la couleur présente auparavant, assume maintenant le rôle du skiéron, dans la mesure où son contenu constitue le déficit actuel.

- Arthur Schopenhauer. Sur la vue et sur les couleurs Extraits de la Correspondance Sur la théorie des couleurs. Traduction de Maurice Élie (Paris, Vrin / Bibliothèque des Textes Philosophiques ; 198 pages - 13,5 × 21,5 cm ; ISBN 978-2-7116-0932-1 - novembre 1986)

Présentation - Table des matières - Extrait

Les textes d’Arthur Schopenhauer ici traduits, comprennent l’essai Sur la vue et les couleurs (1816), des extraits de la correspondance, en particulier avec Goethe, ainsi qu’un chapitre des Parerga, Sur la théorie des couleurs. En Annexe, on trouvera des notes sur l’Achromatisme, un extrait des Mémoires de Helmholtz, ainsi que sur quelques représentations du Système des couleurs.
Ces écrits montrent comment Schopenhauer participe à la réaction de l’Idéalisme allemand à l’Optique newtonienne.

 

 

Corrélations Goethe Schopenhauer.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_la_vue_et_les_couleurs

Schopenhauer rencontra Goethe en 1813 dans le salon de sa mère à Weimar. En novembre Goethe félicita Schopenhauer pour sa thèse de doctorat sur la quadruple racine du principe de raison suffisante. Les deux hommes étaient d'opinion que les représentations visuelles donnent plus de connaissances que ne le font les concepts. Durant l'hiver 1813/1814 Goethe montra ses expériences à Schopenhauer et ils discutèrent de la théorie des couleurs. Goethe encourageât Schopenhauer à écrire sur la vision et les couleurs. Schopenhauer écrivit en quelques semaines à Dresde en 1815. Après sa publication en juillet 1815 Goethe rejeta plusieurs des conclusions de Schopenhauer, en particulier sur la question de savoir si le blanc est un mélange de couleurs. Il était aussi déçu que Schopenhauer ait considéré la question entière de la couleur comme un problème mineur. Goethe eut enfin le sentiment que Schopenhauer donnait l'impression d'avoir seul conçu la véritable théorie comme si lui, Goethe, n'avait fait que rassembler des données. Une différence majeure entre les deux hommes était que Goethe considérait la couleur comme une propriété objective de la lumière et les ténèbres3. L'idéalisme transcendantal kantien de Schopenhauer s'opposait au réalisme de Goethe4. Pour Schopenhauer la couleur est subjective en ce qu'elle existe totalement dans la rétine du spectateur. Comme tel l’œil peut être excité de diverses manières par des stimuli externes ou des conditions corporelles internes. La lumière est un type de stimulus de couleur parmi d'autres.

En 1830, Schopenhauer publia une édition révisée de sa théorie des couleurs. Le titre en était Theoria colorum Physiologica, eademque primaria (Théorie physiologique fondamentale de la couleur). Il parut dans les Scriptores ophthalmologici minores (Petits écrits ophtalmologiques) de Justus Radius. « Ce n'est pas la simple traduction de la première édition, » écrivait-il, « il en diffère sensiblement dans la forme et la présentation et le sujet en est grandement enrichi » 5. Parce qu'il était écrit en latin, Schopenhauer croyait que les lecteurs étrangers seraient en mesure d'en apprécier la valeur.

Une seconde édition améliorée de Sur la vue et les couleurs fut publiée en 1854. Une troisième édition, éditée par Julius Frauenstadt, fut publiée en 1870.

 

 

 

Commentaires sur Schopenhauer.

 

Maurice Elie.

Né le 29 Août 1934 à Biarritz (64)
Etudes d’optique, puis Agrégé et docteur en philosophie 
Professeur de philosophie des lycées, puis Maître de Conférences Philosophie-Esthétique Université de Nice.
 

Quelques publications et traductions :

- Thèse de doctorat soutenue en 1988 à Lyon 3 sous la direction de François Gagognet  Approches phénoménologiques et spéculatives de la lumière et des couleurs aux XIXe et XXe siècle : interprétations non-newtoniennes, de Goethe à Wittgenstein.

 

 A. Schopenhauer : Textes sur la vue et sur les couleurs, Paris, Vrin, 1993
Lumière, couleurs et nature, l’optique et la physique de Goethe et de la Naturphilosophie, Paris, Vrin, 1993. 
Traduction collective de Process and Reality d’A. N. Whitehead, Procès et réalité, Paris, Gallimard, 1995.
Traduction et présentation des Matériaux pour l’histoire de la théorie des couleurs de J.W. Goethe, (Farbenlehre III), Toulouse, P. U. du Mirail, 2003.
Traduction collective des Recherches philosophiques, de Ludwig Wittgenstein, Paris, Gallimard, 2004. 
Traduction et présentation de La théorie de Newton dévoilée, de J. W. Goethe (Farbenlehre II), Toulouse, P. U. du Mirail, 2006.
Couleurs et théories, anthologie commentée, Nice, Ed. Ovadia, 2009.
Aux origines de l’empathie, Nice, Ovadia, 2009.
La pensée de la forme, savoirs et interprétations, Nice, Ovadia, 2012. 
 

Articles divers, en particuliers dans la Revue Noesis du C.R.H.I. (Centre de recherches d’histoire des idées) de l’Université de Nice. Par exemple : « Notions d’Esthétique », Noesis, Cahier N°2, hiver 2000/2001, C.R.H.I./Vrin, etc.

 

SKIERON. - in Maurice Elie. Phénoménologie et sciences de la vision cf. http://journals.openedition.org/noesis/1417?file=1.

En philosophe, Schopenhauer ne se borne pas à constater que l'orange « appelle » (comme disait Goethe) le bleu, et le jaune, le violet, mais cherche à justifier rationnellement sa théorie, tout en reconnaissant le caractère hypothétique des « fractions de l'activité rétinienne » qu'il attribue à chaque couleur. En somme, Schopenhauer ajoute à la « phénoménologie » gœthéenne un transcendantalisme « arithmologique » de la couleur.
Sa théorie de la vision des objets exposée dans la Quadruple racine et dans le chapitre I de Essai sur la vue et les couleurs, est, elle aussi transcendantale. Mais elle est également causale, en ce qu'elle rapporte la sensation visuelle à sa cause extérieure. En matière de couleurs, elle peut aussi être dite « phénoménologique », car elle ne peut se prononcer quant à la nature des processus neuro-physiologiques entrant en jeu, mais seulement postuler une « activité rétinienne » correspondant à l'activité en général, qui constitue selon Schopenhauer l'essence générale de la matière. Elle ne peut dire comment nous voyons les couleurs, mais seulement recenser les conditions de leur production, tel le skiéron c'est-à-dire l'élément obscur, dont la présence était déjà jugée nécessaire par Goethe. C'est de cet élément que traite le paragraphe 7 de l'essai, intitulé «Affinité de la couleur avec l'ombre ». Et dans ce paragraphe, Schopenhauer se montre à nouveau «transcendantaliste», en appelant à une déduction a priori du skiéron propre à la couleur... mais aussi « physiologiste », en ramenant ce skiéron à l'inactivité de la rétine : l'inactivité de la rétine est l'obscurité. L'élément obscur, qui se dresse, selon Goethe, face à la lumière, est donc reporté dans la sphère physiologique.

 

 

 

Angèle Kremer-Marietti. Schopenhauer, Goethe et la théorie des couleurs

https://www.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2009-3-page-279.htm

(comme le lien ne s’ouvre pas – je ne sais pas pourquoi - , je mets le texte en copie).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://ailleurslatete.free.fr/?De-la-nature-d-un-extraordinaire

 

De la nature d’un extraordinaire assemblage.18388e jour, par JC Sekinger

« Il faut maintenant parler de la nature de cette extraordinaire assemblage qu’est la réunion des contraires. Comment coexistent-ils ? J’ai déjà parlé des mélanges : en juxtaposant les grains minuscules du rouge et du vert, on n’obtient pas le jaune des synthèses additives mais un brun assez foncé parce qu’il y a dans ce mélange, un troisième ingrédient : le sombre “skiéron”. Dans la matérialité du vert - ce qui le retient sur terre - et dans la matérialité du rouge - ce qui l’empêche de brûler - il y a l’ombre des choses sur elles-mêmes. Le “skiéron” est une obscure gravité, un peu comme ces objets si massifs que la lumière y disparaît. Revenons à la question posée de la coexistence de faits aussi contraires que le rouge et le vert ».

 

 

NOTES TROUVÉES DANS LES CARNETS DE JEAN HICK (2).

Skiéron.

(-> Skiascopie : méthode permettant de déterminer d’une façon objective les caractéristiques optiques de l’œil et fondée sur l’étude de l’ombre que porte la pupille sur la rétine.)

 

Skiéron de la couleur.
« Goethe a si fortement insisté. On sait qu’il désigne par cette expression le fait que la nature est apparentée à celle de l’ombre ou du gris par où elle est constamment plus clair que le noir, et plus sombre que le blanc. » (in Schopenhauer. Texte sur la vue et sur les couleurs. Paragraphe 7.Affinité de la couleur avec l’ombre.)

 

 

Ces notes donnent à penser que le peintre Jean Hick considérait cette « expression » comme essentielle pour définir ses expérimentations picturales.

Intéressé par sa peinture, j’aimerais pouvoir la préciser. Si vous pouvez compléter ma recherche, je suis très demandeur. Merci à tout qui porterais attention à ma demande.

 

 

 

GOETHE

 

 

- Maurice Elie. Lumière, couleurs et nature : l'optique et la physique de Goethe et de la Naturphilosophie. Paris, éd. Vrin, 1993.

 

 

 

SCHOPENHAUER

 

Sur la vue et les couleurs (allemand : Über das Sehn und die Farben) est un traité en 2 chapitres et 14 paragraphes publié par Arthur Schopenhauer en mai 1816 à l'âge de 28 ans. Pendant l'hiver 1813 Schopenhauer avait longuement discuté avec Johann Wolfgang Goethe de son Traité des couleurs de 1810 et partageait pour l'essentiel les vues de celui-ci

 

SCHOPENHAUER. TEXTE SUR LA VUE ET SUR LES COULEURS. PARAGRAPHE 7.AFFINITÉ DE LA COULEUR AVEC L’OMBRE
Livre numérisé.

https://books.google.be/books?id=qwl3bKuFXAsC&pg=PA96&lpg=PA96&dq=Ski%C3%A9ron&source=bl&ots=j5nJgdYOW7&sig=8iZlgh9BdBSCOeVcFnlvoe2wzh0&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj_3YWT9YvYAhUJoKQKHRr1DkMQ6AEIJzAA#v=onepage&q=Ski%C3%A9ron&f=false

Par. 7.

Affinité de la couleur avec l’ombre.

Une considération très importante, qui a été tenue jusqu’à présent comme allant de soi dans cet exposé, appartient encore de manière essentielle à la théorie de la couleur édifiée ici, comme d’ailleurs au Traité des couleurs de Gœthe, et elle consiste en une déduction à priori du skiéron propre à la couleur, sur lequel Gœthe a si fortement insisté à plusieurs reprises. On sait qu'il désigne par cette expression le fait que sa nature est apparentée à celle de l’ombre ou du gris, par où elle est constamment plus claire que le noir, et plus sombre que le blanc (Dans l’addition de toutes les couleurs, celles-ci conservent leur caractère de skiéron et, du fait qu’elles ne sont plus vues côte à côte, on ne ressent pas d’impression de totalité, d’harmonie, et ainsi paraît le gris, lequel, comme les couleurs perceptibles, et toujours quelque peu plus sombre que le blanc, et plus clair que le noir).
Nous avons trouvé, dans l’activité qualitativement divisée de la rétine, que l’intervention d’une moitié était essentiellement conditionné par l’inactivité de l’autre, du moins au même endroit. Mais, comme il a été dit ci-dessus, l’inactivité de la rétine est l’obscurité.
Il en résulte que l’intervention d'une moitié qualitative de l’activité rétinienne, se manifestant comme couleur, doit être accompagnée dans sa totalité par un certain degré l’obscurité, c’est-à-dire par un élément sombre. Elle a d’ailleurs cela en commun avec l’activité intensivement divisée de la rétine, que nous avons reconnue plus haut dans le pis ou la pénombre : et cette propriété qui était là qualitatif et ici intensive, a été bien saisie par Gœthe et désignée par l’expression de skiéron. Il règne cependant ici l’importante différence que voici : le fait que l’activité de la rétine ne soit que partielle en intensité, ne la modifie pas de façon spécifique et essentielle et ne détermine pas d’effet propre ; ce n’est qu’une diminution graduelle et accidentelle de l’activité totale. Dans l’activité partielle qualitativement divisée de la rétine par contre, la mise en activité d’une moitié a pour condition essentielle et nécessaire l‘inactivité de l’autre :car elle ne consiste qu’en cette opposition. De cette division et de ses multiples rapports, résulte cependant la véritable excitation, la claire et réjouissant: sensation de la couleur, à l’opposé du triste gris. de clarté pourtant équivalente ; ainsi que de son- essence tout à fan spécifique, demeurant identique à soi, malgré toute la diversité des couleurs. Ceci provient en effet précisément du fait que, par une séparation polaire, la vivante activité de l’une des moitiés dépend du repos complet de l’autre.
Ceci explique pourquoi le blanc parait si évidemment pauvre lorsqu’il se trouve parmi les couleurs, cependant que le gris est triste et le noir sombre. On conçoit du même coup, pourquoi l’absence d`excitation colorée, c’est-à-dire le noir et le blanc, celui-là chez nous, celui-ci chez les Chinois. est le symbole du deuil. - En conséquence de la différence existant entre la division purement intensive et la division qualitative de l’activité rétinienne, nous pouvons tout à fait à bon droit nommer par analogie la pénombre et le gris un mélange purement mécanique, bien qu’infini, de la lumière et de l’obscurité ; et nous pouvons par contre considérer la couleur qui consiste dans l’activité qualitative partielle de la rétine, comme une combinaison chimique et une mutuelle et intime interpénétration de la lumière et de l’obscurité : car toutes deux se neutralisent également ici, et dans la mesure où chacune renonce à sa propre nature, apparaît un nouveau produit, qui n'a plus qu'une lointaine ressemblance avec chacune d'elles et présente par contre un caractère propre tout à fait frappant. Cette union de La lumière et de l’obscurité, qui résulte nécessairement de la division qualitative de la rétine, et dont le phénomène est la couleur, confirme et illustre donc ce que Gœthe a remarqué de façon parfaite et frappante, que la couleur est essentiellement quelque chose de sombre. un skiéron. Mais au-delà de ce principe goethéen, elle nous apprend encore que ce qui précisément se donne comme couleur dans l`œil de chacun, comme cause de sa nature obscure, et qui joue le rôle du skiéron, est aussi ce qui apparaît ensuite à l’œil, comme spectre consécutif : dans ce spectre lui-même, la couleur présente auparavant, assume maintenant le rôle du skiéron, dans la mesure où son contenu constitue le déficit actuel.

- Arthur Schopenhauer. Sur la vue et sur les couleurs Extraits de la Correspondance Sur la théorie des couleurs. Traduction de Maurice Élie (Paris, Vrin / Bibliothèque des Textes Philosophiques ; 198 pages - 13,5 × 21,5 cm ; ISBN 978-2-7116-0932-1 - novembre 1986)

Présentation - Table des matières - Extrait

Les textes d’Arthur Schopenhauer ici traduits, comprennent l’essai Sur la vue et les couleurs (1816), des extraits de la correspondance, en particulier avec Goethe, ainsi qu’un chapitre des Parerga, Sur la théorie des couleurs. En Annexe, on trouvera des notes sur l’Achromatisme, un extrait des Mémoires de Helmholtz, ainsi que sur quelques représentations du Système des couleurs.
Ces écrits montrent comment Schopenhauer participe à la réaction de l’Idéalisme allemand à l’Optique newtonienne.

 

 

Corrélations Goethe Schopenhauer.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_la_vue_et_les_couleurs

Schopenhauer rencontra Goethe en 1813 dans le salon de sa mère à Weimar. En novembre Goethe félicita Schopenhauer pour sa thèse de doctorat sur la quadruple racine du principe de raison suffisante. Les deux hommes étaient d'opinion que les représentations visuelles donnent plus de connaissances que ne le font les concepts. Durant l'hiver 1813/1814 Goethe montra ses expériences à Schopenhauer et ils discutèrent de la théorie des couleurs. Goethe encourageât Schopenhauer à écrire sur la vision et les couleurs. Schopenhauer écrivit en quelques semaines à Dresde en 1815. Après sa publication en juillet 1815 Goethe rejeta plusieurs des conclusions de Schopenhauer, en particulier sur la question de savoir si le blanc est un mélange de couleurs. Il était aussi déçu que Schopenhauer ait considéré la question entière de la couleur comme un problème mineur. Goethe eut enfin le sentiment que Schopenhauer donnait l'impression d'avoir seul conçu la véritable théorie comme si lui, Goethe, n'avait fait que rassembler des données. Une différence majeure entre les deux hommes était que Goethe considérait la couleur comme une propriété objective de la lumière et les ténèbres3. L'idéalisme transcendantal kantien de Schopenhauer s'opposait au réalisme de Goethe4. Pour Schopenhauer la couleur est subjective en ce qu'elle existe totalement dans la rétine du spectateur. Comme tel l’œil peut être excité de diverses manières par des stimuli externes ou des conditions corporelles internes. La lumière est un type de stimulus de couleur parmi d'autres.

En 1830, Schopenhauer publia une édition révisée de sa théorie des couleurs. Le titre en était Theoria colorum Physiologica, eademque primaria (Théorie physiologique fondamentale de la couleur). Il parut dans les Scriptores ophthalmologici minores (Petits écrits ophtalmologiques) de Justus Radius. « Ce n'est pas la simple traduction de la première édition, » écrivait-il, « il en diffère sensiblement dans la forme et la présentation et le sujet en est grandement enrichi » 5. Parce qu'il était écrit en latin, Schopenhauer croyait que les lecteurs étrangers seraient en mesure d'en apprécier la valeur.

Une seconde édition améliorée de Sur la vue et les couleurs fut publiée en 1854. Une troisième édition, éditée par Julius Frauenstadt, fut publiée en 1870.

 

 

 

Commentaires sur Schopenhauer.

 

Maurice Elie.

Né le 29 Août 1934 à Biarritz (64)
Etudes d’optique, puis Agrégé et docteur en philosophie 
Professeur de philosophie des lycées, puis Maître de Conférences Philosophie-Esthétique Université de Nice.
 

Quelques publications et traductions :

- Thèse de doctorat soutenue en 1988 à Lyon 3 sous la direction de François Gagognet  Approches phénoménologiques et spéculatives de la lumière et des couleurs aux XIXe et XXe siècle : interprétations non-newtoniennes, de Goethe à Wittgenstein.

 

 A. Schopenhauer : Textes sur la vue et sur les couleurs, Paris, Vrin, 1993
Lumière, couleurs et nature, l’optique et la physique de Goethe et de la Naturphilosophie, Paris, Vrin, 1993. 
Traduction collective de Process and Reality d’A. N. Whitehead, Procès et réalité, Paris, Gallimard, 1995.
Traduction et présentation des Matériaux pour l’histoire de la théorie des couleurs de J.W. Goethe, (Farbenlehre III), Toulouse, P. U. du Mirail, 2003.
Traduction collective des Recherches philosophiques, de Ludwig Wittgenstein, Paris, Gallimard, 2004. 
Traduction et présentation de La théorie de Newton dévoilée, de J. W. Goethe (Farbenlehre II), Toulouse, P. U. du Mirail, 2006.
Couleurs et théories, anthologie commentée, Nice, Ed. Ovadia, 2009.
Aux origines de l’empathie, Nice, Ovadia, 2009.
La pensée de la forme, savoirs et interprétations, Nice, Ovadia, 2012. 
 

Articles divers, en particuliers dans la Revue Noesis du C.R.H.I. (Centre de recherches d’histoire des idées) de l’Université de Nice. Par exemple : « Notions d’Esthétique », Noesis, Cahier N°2, hiver 2000/2001, C.R.H.I./Vrin, etc.

 

SKIERON. - in Maurice Elie. Phénoménologie et sciences de la vision cf. http://journals.openedition.org/noesis/1417?file=1.

En philosophe, Schopenhauer ne se borne pas à constater que l'orange « appelle » (comme disait Goethe) le bleu, et le jaune, le violet, mais cherche à justifier rationnellement sa théorie, tout en reconnaissant le caractère hypothétique des « fractions de l'activité rétinienne » qu'il attribue à chaque couleur. En somme, Schopenhauer ajoute à la « phénoménologie » gœthéenne un transcendantalisme « arithmologique » de la couleur.
Sa théorie de la vision des objets exposée dans la Quadruple racine et dans le chapitre I de Essai sur la vue et les couleurs, est, elle aussi transcendantale. Mais elle est également causale, en ce qu'elle rapporte la sensation visuelle à sa cause extérieure. En matière de couleurs, elle peut aussi être dite « phénoménologique », car elle ne peut se prononcer quant à la nature des processus neuro-physiologiques entrant en jeu, mais seulement postuler une « activité rétinienne » correspondant à l'activité en général, qui constitue selon Schopenhauer l'essence générale de la matière. Elle ne peut dire comment nous voyons les couleurs, mais seulement recenser les conditions de leur production, tel le skiéron c'est-à-dire l'élément obscur, dont la présence était déjà jugée nécessaire par Goethe. C'est de cet élément que traite le paragraphe 7 de l'essai, intitulé «Affinité de la couleur avec l'ombre ». Et dans ce paragraphe, Schopenhauer se montre à nouveau «transcendantaliste», en appelant à une déduction a priori du skiéron propre à la couleur... mais aussi « physiologiste », en ramenant ce skiéron à l'inactivité de la rétine : l'inactivité de la rétine est l'obscurité. L'élément obscur, qui se dresse, selon Goethe, face à la lumière, est donc reporté dans la sphère physiologique.

 

 

 

Angèle Kremer-Marietti. Schopenhauer, Goethe et la théorie des couleurs

https://www.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2009-3-page-279.htm

(comme le lien ne s’ouvre pas – je ne sais pas pourquoi - , je mets le texte en copie).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://ailleurslatete.free.fr/?De-la-nature-d-un-extraordinaire

 

De la nature d’un extraordinaire assemblage.18388e jour, par JC Sekinger

« Il faut maintenant parler de la nature de cette extraordinaire assemblage qu’est la réunion des contraires. Comment coexistent-ils ? J’ai déjà parlé des mélanges : en juxtaposant les grains minuscules du rouge et du vert, on n’obtient pas le jaune des synthèses additives mais un brun assez foncé parce qu’il y a dans ce mélange, un troisième ingrédient : le sombre “skiéron”. Dans la matérialité du vert - ce qui le retient sur terre - et dans la matérialité du rouge - ce qui l’empêche de brûler - il y a l’ombre des choses sur elles-mêmes. Le “skiéron” est une obscure gravité, un peu comme ces objets si massifs que la lumière y disparaît. Revenons à la question posée de la coexistence de faits aussi contraires que le rouge et le vert ».