Glossaire > Peinture

 

Peintres.

Pamphilos (peintre grec antique)

" Il fut le premier des peintres qui eût étudié toutes les sciences et surtout l’arithmétique et la géométrie sans lesquelles il affirmait qu’on ne pouvait atteindre la perfection de l’art. Il ne donnait pas ses leçons à moins d’un talent [...]. C’est le prix que lui payèrent Apelle et Mélanthios. C’est grâce à son influence qu’à Sicyone d’abord, puis dans la Grèce entière les enfants de naissance libre apprirent avant toute chose la graphique, c’est-à-dire la peinture sur du buis, et que cet art fut admis comme le premier des arts libéraux. " (Pline l’Ancien à propos de Pamphilos - Histoire naturelle)

Zong Bing (375-443)

" Je déroule lentement des peintures, et tandis que je les observe, je m’avance dans une étendue sans limites qui m’entoure de tous côtés et qui m’ouvre à ce sentiment de l’infini que le ciel inspire en moi. "

Giotto (1266- env. 1367)

"Il eut un si grand génie que la nature, mère de toutes choses et toujours active, dans le mouvement continuel des cieux, ne peut rien produire qu'avec son stylet, sa plume ou son pinceau, il ne peigne semblable à elle et même identique, si bien que souvent les hommes se trompent à voir les choses qu'il fait, prenant pour vrai ce qui est peint." (Boccace sur Giotto)

" Giotto se demandait sans cesse comment se tiendrait un homme, quel geste ferait un homme qui prendrait vraiment part à tel événement, et surtout comment notre œil verrait telle attitude ou tel geste. Renonçant à toute écriture conventionnelle, il était maintenant capable de créer l'illusion comme si l'épisode sacré se déroulait vraiment devant nos yeux. " (Ernst Hans Gombrich)

" Nous devons faire comme les peintres de notre époque, qui contemplent à loisir les tableaux célèbres des autres, mais ne suivent que l'exemple de Giotto. " (Paolo Vergerio – 1396)

 

Botticelli Sandro (1445-1510)

Il apprenait tout ce qu’il voulait mais refusait de s’appliquer à l’écriture, à la lecture et au calcul. (Giorgio Vasari)

Botticelli a montré la concentration, la subtilité aiguë qui est celle des intellectuels constamment absorbés par la réflexion sur les idées les plus hautes et les plus ardues. (Giorgio Vasari)

"Ce tableau a été peint par moi, Sandro, à la fin de l’année 1500, pendant les désordres d’Italie, dans la moitié du temps après le temps, selon le chapitre XI de saint Jean, dans la seconde douleur de l’Apocalypse, lorsque Satan fut déchaîné sur la terre, pour trois ans et demi. Puis selon le Cantique XII, il sera de nouveau enchaîné et nous le verrons foulé aux pieds comme sur ce tableau. " (Sandro Botticelli - Inscription sur le tableau la Nativité mystique)

Léonard De Vinci (1452-1519)

Ne lise pas mes principes qui n’est pas mathématicien.

Qui blâme la peinture blâme la nature. (Extrait des carnets)

La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir. (L. de Vinci, Traité de la peinture)

La peinture est poésie muette, la poésie peinture aveugle. (L. de Vinci, Traité de la peinture)

La peinture est une poésie qui se voit.

La science de la peinture est tellement divine qu'elle transforme l'esprit du peintre en une espèce d'esprit de Dieu. (Léonard de Vinci. Extraits de Lettres sur l’art) 

Faites toujours que votre tableau soit une ouverture au monde.

Le peintre qui traduit par pratique et jugement de l'œil, sans raisonnement, est comme le miroir ou s'imitent les choses les plus opposées, sans cognition de leur essence. (Leonard de Vinci, Traité de la peinture")

Piètre disciple, qui ne surpasse pas son maître !  (L. de Vinci, Traité de la peinture)

 

Bosch Jérôme (1450-1460 env.-1516)

" Les autres cherchent à peindre les hommes tels qu’ils apparaissent vus du dehors; celui-ci a l’audace de les peindre tels qu’ils sont, au-dedans. " (J. de Sigüenza à propos de Jérôme Bosch – 1605)

" Sa manière était franche, prompte, aisée, et il parvenait à peindre nombre de ses tableaux en une fois. Il avait aussi, comme beaucoup de vieux maîtres, l’habitude d’esquisser et de dessiner les objets sur le fond blanc du tableau, de poser par-dessus un glacis transparent, et de faire participer les dessous à l’effet. " (Carel Van Mander)

" Peintre des gris, sensible au charme des tons fins, aux valeurs ténues, habile à modeler le blanc par le blanc [...]. Il associe aux plus exquises nuances de rose, de lilas, de bleu tendre, de beige, de vert jade, posés en glacis, en touches horizontales de matière fluide reprises par de prestes accents, des tons locaux sonores et consistants comme l’émail, le vermillon, le carmin, le bleu sombre, le noir violacé. " (R. Genaille, 1963)

Michel-Ange Michelangelo Buonarroti dit (1475-1564)

" Je dis que la peinture me paraît devoir être tenue pour d'autant meilleure qu'elle est plus proche du relief. " (Michel-Ange, 1547)

" Saches des statues qu'elles existent dans le marbre, il suffit de les en faire sortir avec le ciseau. " (Michel-Ange)

" Il lui suffisait de voir une seule fois l'ouvrage d'un autre pour le retenir parfaitement et l'utiliser à l'occasion sans que personne ne s'en aperçoive. " (Giorgio Vasari)

" Dans la pensée de cet homme extraordinaire, il ne s'est agi que de montrer la perfection et l'harmonie du corps humain dans la diversité de ses attitudes et en outre les mouvements passionnels et ceux qui comblent l'âme; content de s'en tenir à ce registre - où il l'emporte sur tous les artistes - en montrant la route du grand style, du nu et la science du dessin. " (Giorgio Vasari)

" Le dessin, que d'un autre nom nous appelons trait, est ce en quoi consiste et ce qui constitue la source et le corps de la peinture, de l'architecture et de tous les autres genres d'art, et la racine de toutes les sciences. " (Michel-Ange rapporté par Francisco da Hollanda - Dialogues avec Michel-Ange, 1538)

" On juge de la science d'un grand homme à travers sa crainte de ne pas exécuter une chose exactement comme il la conçoit. " (Michel-Ange rapporté par Francisco da Hollanda - Dialogues avec Michel-Ange, 1538)

" Ce que David a fait avec sa fronde, moi Michel-Ange je le fais avec mon outil. " (Michel-Ange)

" Plus il y a à travailler et à étudier dans une œuvre de peinture, à grands frais de temps et de travail, plus la chose réalisée doit être telle qu'elle ne semble pas tant travaillée que faite à la hâte et sans peine et très légèrement même s'il n'en est rien. " (Michel-Ange)

" Les figures, il leur donnait un canon de neuf, dix ou douze têtes, en se proposant exclusivement de faire naître de leur association une sorte d'harmonie dans une grâce supérieure à la nature. Car, disait-il, il faut avoir le compas dans l'œil, non dans la main ; les mains travaillent, l'œil juge. Et cette attitude fut aussi la sienne pour l'architecture. " (Giorgio Vasari)

Van Mander Carel (1548-1606)

" Laisse le paysage s’éloigner doucement dans la distance, ou laisse le progressivement se fondre dans le soleil. "

Poussin Nicolas (1594-1665)

" Les couleurs dans la peinture sont comme des leurres qui persuadent les yeux, comme la beauté des vers dans la poésie. " (Nicolas Poussin, Observations sur la peinture)

" La peinture n’est autre qu’une idée des choses incorporelles. " (Nicolas Poussin - Observations sur la peinture)

" Les belles filles que vous avez vues à Nîmes ne vous auront, je m’assure, pas moins délecté l’esprit par la vue que les belles colonnes de la Maison Carrée, vu que celles-ci ne sont que de vieilles copies de celles-là. " (Nicolas Poussin)

" Ce qui vaut la peine d’être fait vaut la peine d’être bien fait. " (Nicolas Poussin)

La nouveauté dans la peinture ne consiste pas dans un sujet encore non vu, mais dans la bonne et nouvelle disposition et expression, et ainsi de commun et de vieux, le sujet devient singulier et neuf.

Mon naturel me contraint à chercher et aimer les choses bien ordonnées, fuyant la confusion qui m’est contraire et ennemie comme est la lumière des obscures ténèbres.(Nicolas Poussin)

Rembrandt Harmenszoon van Rijn dit (1606-1669)

" Il y a peu de lumière dans ses œuvres, sauf à l’endroit où il voulait concentrer l’intérêt ; ailleurs, il regroupait avec grand art lumières et ombres avec des reflets bien mesurés et des passages de la lumière à l’ombre d’une grande habileté ; son coloris était ardent, et tout révélait un jugement profond. " (Joachim von Sandrart, 1675 )

" Et j’ai remarqué que, dans ses débuts, il a employé beaucoup plus de patience pour exécuter ses œuvres que plus tard. " (Arnold Houbraken, 1718 )

" Rembrandt n’aimait pas qu’on regardât sa peinture de près. Il repoussait les gens du coude et disait : Un tableau n’est pas fait pour être flairé. " (Victor Hugo - Choses vues )

" Ah ! et tout de même quelle jouissance de l’œil, et quel rire que le rire édenté du vieux lion Rembrandt, la tête coiffée d’un linge, la palette à la main ! " (Vincent Van Gogh au sujet d’un des derniers portraits de Rembrandt )

" Il peint parce que la peinture est le mensonge le plus beau. " (Kees Van Dongen à propos de Rembrandt - 1927 )

Chardin Jean-Baptiste Siméon (1699-1779)

On ne peint pas seulement avec des couleurs, on peint avec le sentiment.

Pour n’être occupé que de rendre vrai, il faut que j’oublie tout ce que j’ai vu et même jusqu’à la manière dont ces objets ont été traités par autrui.

 

Boucher François (1703-1770)

" Son élégance, sa mignardise, sa galanterie romanesque, sa coquetterie, son goût, sa facilité, sa variété, son éclat, ses carnations fardées, sa débauche, doivent captiver les petits maîtres, les petites femmes, les jeunes gens, les gens du monde, la foule de ceux qui sont étrangers au vrai goût, à la vérité, aux idées justes, à la sévérité de l’art ". (Diderot à propos de François Boucher – Les Salons – 1761)

" Le joli, c’est l’âme du temps, et c’est le génie de Boucher. " (Edmond et Jules de Goncourt)

" N’est pas Boucher qui veut. " (Jacques-Louis David)

Reynolds Joshua (1723-1792)

" Si un portraitiste désire élever et améliorer son sujet, il ne peut le faire qu’en tendant à une idée générale. Il omet toutes les petites irrégularités et particularités du visage, et adapte le vêtement, dédaignant une mode passagère pour une mode plus intemporelle. " (Joshua Reynolds)

" Un peintre d’histoire peint l’homme en général ; un portraitiste peint un individu et par conséquent un modèle imparfait. " (Joshua Reynolds)

" Si je n’avais jamais vu un seul des chefs-d’œuvre de Corrège, je n’aurais peut-être jamais remarqué dans la nature l’expression que je trouve dans l’un de ses tableaux; ou si je l’avais remarquée, je l’aurais peut-être jugée trop difficile ou impossible à exécuter. " (Joshua Reynolds)

Valenciennes Pierre-Henri de (1750-1819)

" La chaleur du climat de Rome imprime à toutes les productions végétales un ton de vigueur qu’on ne trouve pas dans les pays septentrionaux ; les terrains ont une couleur plus chaude, les rochers se détachent avec force, les verts y sont plus foncés et plus variés, les ciels plus azurés et les nuages plus colorés. " (Pierre-Henri de Valenciennes)

" Nicolas Poussin, Annibal Carrache, le Titien, le Dominiquin et quelques autres, ont fait ce qu’Homère, Virgile, Théocrite et tous les poètes fameux eussent fait s’ils avaient peint avec des couleurs. Ces Peintres se sont pénétrés de la lecture de ces Poètes sublimes ; ils les ont médités ; et en fermant les yeux, ils ont vu cette Nature idéale, cette Nature parée des richesses de l’imagination, et que seul le génie peut concevoir et représenter. " (Pierre-Henri de Valenciennes)

William Blake (1727-1827)

Tout ce que je peins, je le vois en ce monde, mais tous ne le voient pas de la même façon.

Goya Francisco de (1746-1828)

Toute la peinture est dans les sacrifices et les partis pris.

 

Jacques Louis David (1748-1825)

Il n'y a rien de si traître que l'art de la peinture. Dans l'ouvrage se peint l'homme qui l'a fait. On se saurait pas que celui-ci est le plus grand saligaud de la terre qu'on le reconnaîtrait pour tel en voyant son dessin.

 

Constable John (1776-1837)

L’art de voir la nature est, aussi bien que l’art de déchiffrer les hiéroglyphes, une chose qui doit s’apprendre.

La tâche du peintre, c’est de faire quelque chose avec rien ; ce faisant, il doit presque nécessairement devenir poète. (1824 )

Mon art limité et secret est à découvrir sous chaque haie, dans chaque chemin; aussi, personne ne juge bon de le recueillir.

Il serait difficile de citer un type de paysage où le ciel ne serait pas la note dominante, la mesure de l’espace et le véhicule principal du sentiment.

 

L’art de voir la Nature est, aussi bien que les hiéroglyphes d’Égypte, une chose qui doit s’apprendre.

On ne voit vraiment quelque chose que si on le comprend.

Ce que je préfère peindre, ce sont les endroits que je connais ; peindre, c’est pour moi la même chose que sentir.

 

Jean Auguste Dominique Ingres (1780-1867)

" Le style, c’est la nature. " (J.A.D. Ingres)

 

" Cela ne ressemble point au velouté de la chair vivante. Le dessous des pieds est comme une vessie pleine ; l’oreille est trop haute, comme dans l’Œdipe ; les cheveux sont vert d’eau... " (Théophile Thoré à propos de la Grande Odalisque d’Ingres.)

" Aux gens du monde, M. Ingres s’imposait par un emphatique amour de l’Antiquité et de la tradition. Aux excentriques, aux blasés, à mille esprits délicats toujours en quête de nouveautés, même de nouveautés amères, il plaisait par la bizarrerie. " (Charles Baudelaire, 1855)

" Le grand mérite d’Ingres est d’avoir réagi par l’arabesque de la forme contre le dessin uniquement de proportions, en pratique alors dans l’école de David. " (Edgar Degas)

 

Delacroix Eugène (1798-1863)

L'exécution, dans la peinture, doit toujours tenir de l'improvisation. (Extrait du Journal).

Dans la peinture, il s'établit comme un pont mystérieux entre l'âme des personnages et celle du spectateur. (Extrait du Journal)

Ce qu'il y a de plus réel pour moi, ce sont les illusions que je crée avec ma peinture. Le reste est un sable mouvant. (Extrait du Journal)

La nouveauté est dans l'esprit qui crée, et non pas dans la nature qui est peinte.

La peinture me harcèle et me tourmente de mille manières, comme la maîtresse la plus exigeante.

La peinture est le métier le plus long et le plus difficile. Il lui faut l'érudition comme au compositeur, mais il lui faut aussi l'exécution comme au violon.

 

Charles Gleyre (1806-1874)

Rappelez-vous donc, jeune homme, que quand on exécute une figure, on doit toujours penser à l'antique. La nature, mon ami, c'est très bien comme élément d'étude, mais ça n'offre pas d'intérêt. (Charles Gleyre enseignant à Claude Monet.)

Un génie inventif, chaste, poétique ; au plus haut degré le sentiment du style, de la beauté suprême, de la forme pure, de l'art idéal, exquis, une sensibilité et un tact moral [...], le talent de prêter une existence précaire aux rêves les plus fugitifs, les plus déliés de la pensée. (Charles Clément à propos de Charles Gleyre)

 

Charles Blanc (1813-1882)

Le peintre de style voit le grand côté même des petites choses, l'imitateur réaliste voit le petit côté même des plus grandes.

 

Millet Jean-François (1814-1875)

C'est le côté humain, franchement humain, qui me touche.

 

Courbet Gustave. (1819-1877)

Pourquoi chercherais-je à voir dans le monde ce qui n'y est pas et à défigurer par des efforts d'imagination ce qui s'y trouve.

 

Puvis De Chavannes Pierre (1824-1898)

Pour toutes les idées claires, il existe une pensée plastique qui les traduit. " (Pierre Puvis de Chavannes)

 

Moreau Gustave (1826-1898)

L'évocation de la pensée par la ligne, l'arabesque et les moyens plastiques.

Sans doute, il ne faudrait pas que le peintre affirme à la manière de l’écrivain ; ce serait absurde. Aussi, est-il nécessaire que la pensée du peintre, quelque nette, quelque profonde, quelque forte qu’elle soit, ait toujours pour la protéger et pour lui conserver son vrai caractère une enveloppe mystérieuse qui déconcerte le spectateur et le tienne à distance respectueuse. (Ecrits sur l’art)

 

Breton Jules (1827-1906)

"Elle [la peinture] évoque l'invisible par le visible, il lui faut l'infini de la matière pour exprimer l'infini de la pensée et du sentiment.

 

Pissarro Camille. (1830-1903)

Inutile de serrer la forme; le dessin précis et sec nuit a l'impression d'ensemble et détruit toutes les sensations. Ne pas arrêter le contour des choses.

 

Degas Edgard (1834-1917)

La peinture, c'est très facile quand vous ne savez pas comment faire. Quand vous le savez, c'est très difficile.

 

Sisley Alfred (1839-1899)

La vie et le mouvement sont nécessaires, ils dépendent de l’émotion de l’artiste, qui doit modifier sa facture selon cette émotion...

Le ciel est formé de plans comme les terrains, et il contribue au mouvement et à l’effet du tableau.

 

Je suis d’avis que c’est un maître égal aux plus grands. J’ai revu des œuvres de lui d’une ampleur et d’une beauté rares, entre autres une Inondation  qui est un chef-d’œuvre. (Camille Pissarro à propos de Sisley)

 

Paul Cézanne (1839-1906)

Tout se résume en ceci : avoir des sensations et lire la nature.

Tout dans la nature se modèle sur la sphère, le cône et le cylindre, il faut apprendre à peindre sur ces figures simples, on pourra ensuite faire tout ce qu’on voudra. (Lettre à Émile Bernard - Février 1904)

Plus la couleur s’harmonise, plus le dessin se précise. Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude. Les contrastes et les rapports de tons, voilà le secret du dessin et du modèle. (Lettre à Émile Bernard - Février 1904)

On n’est ni trop scrupuleux, ni trop sincère, ni trop soumis à la nature ; mais on est plus ou moins maître de son modèle, et surtout de ses moyens d’expression (Lettre à Emile Bernard - Février 1904)

Enfin je te dirai que je deviens, comme peintre, plus lucide devant la nature, mais que, chez moi, la réalisation de mes sensations est toujours très pénible. Je ne puis arriver à l’intensité qui se développe à mes sens, je n’ai pas cette magnifique richesse de coloration qui anime la nature. (Lettre à son fils – 1906)

 

Redon Odilon (1840-1916)

La logique du visible au service de l’invisible.

 

Claude Monet (1840-1926)

Ce que je ferai ici aura au moins le mérite de ne ressembler à personne, parce que ce sera l'impression de ce que j'aurai ressenti, moi tout seul.(Claude Monet à Fécamp, lettre à Bazille, 1867)

Devant vous un arbre, une maison, un champ ou quoi que ce soit.

Pensez seulement à ceci : voici un petit carré de bleu, de rose, un ovale vert, une raie jaune et peignez exactement comme ils vous apparaissent.

J'étais habitué à peindre la Manche et j'avais forcément ma routine, mais l'océan, c'est tout autre chose. (Claude Monet à Belle-Île, lettre à Caillebotte)

Il faut capter la lumière et la jeter directement sur la toile.

 

Monet, ce n'est qu'un œil, mais quel œil ! (Paul Cézanne )

Sans lui, j'aurais renoncé. (Auguste Renoir à propose de Monet.)

La peinture m'apparut tout à coup douée d'une puissance fabuleuse. (Wassily Kandinsky voyant pour la première fois une toile de Monet.)

 

L'an dernier, en ce même pays, j'ai souvent suivi Monet à la recherche d'impressions. Ce n'était plus un peintre mais un chasseur. Il allait suivi d'un enfant qui portait ses toiles, cinq ou six toiles représentant le même sujet à des heures diverses et avec des effets différents. Il les prenait et les quittait tour à tour, suivant les changements du ciel. (Guy de Maupassant )

 

Renoir Auguste (1841-1919)

Un sein, c’est rond, c’est chaud. Si Dieu n’avait créé la gorge de la femme, je ne sais si j’aurais été peintre.

Ce que j’aime, c’est la peau, une peau de jeune fille, rosée et laissant deviner une heureuse circulation. Ce que j’aime surtout, c’est la sérénité.

Dans la peinture comme dans les autres arts, il n'y a pas un seul procédé, si petit soit-il, qui s'accommode d'être mis en formule.

Il y a dans la peinture quelque chose de plus, qui ne s'explique pas, qui est essentiel.

La peinture s'apprend dans les musées.

 

Je comprends bien l’effort tenté ; c’est très bien de ne vouloir rester en place, mais il a voulu ne s’occuper que de la ligne, les figures se détachent les unes des autres sans tenir compte des accords, aussi c’est incompréhensible. Renoir n’ayant pas la faculté du dessin, et n’ayant plus les jolis tons instinctivement sentis d’autrefois, se trouve incohérent. (Camille Pissarro à propos du dessin de Renoir, 1887)

Il fait chanter la couleur au moyen de procédés renouvelés de Fragonard et de Delacroix : préparation des masses dans le ton, et des passages dans le gris (Maurice Denis à propos de Renoir)

 

Rousseau Henri dit le Douanier (1844-1910)

A propos du tableau Le Rêve : " De ce tableau se dégage de la beauté, c’est incontestable. Je crois que cette année personne n’osera rire [...]. Demandez aux peintres. Tous sont unanimes : ils admirent. " (Guillaume Apollinaire, L’Intransigeant, 1910)

Gauguin Paul. (1848-1903)

La peinture est comme l'homme, mortel mais vivant toujours en lutte avec la matière.

Il ne faut pas peindre vrai. Il faut peindre vraisemblable.

Il y a en somme en peinture plus à chercher la suggestion que la description.

Devant la nature elle-même, c'est notre imagination qui fait le tableau.

La peinture est comme l'homme, mortel mais vivant toujours en lutte avec la matière.

 

Seurat Georges (1859-1891)

L’art, c’est l’harmonie. L’harmonie c’est l’analogie des contraires, l’analogie des semblables, de ton, de teinte, de ligne, considérés par la dominante et sous l’influence d’un éclairage en combinaisons gaies, calmes ou tristes...

La pureté de l’élément spectral étant la clef de voûte de ma technique... (Georges Seurat, 1890)

 

Cette pelouse dans l’ombre : des touches, en majorité, donnent la valeur locale de l’herbe; d’autres, orangées, se clairsèment, exprimant la peu sensible action solaire; d’autres, de pourpre, font intervenir la complémentaire du vert; un bleu cyané, provoqué par la proximité d’une nappe d’herbe au soleil, accumule ses criblures vers la ligne de démarcation et les raréfie progressivement en deçà. À la formation de cette nappe elle-même ne concourent que deux éléments, du vert, de l’orangé solaire, toute réaction mourant sous un si furieux assaut de lumière. " (Félix Fénéon à propos de L’Île de la Grande Jatte, La Vogue, 1886)

 

Jacques-Emile Blanche (1861-1942)

C'est la qualité du «sentiment» qui a le plus de chance de «faire dater» le tableau. Rien ne se démode comme le «sentiment».

 

Signac Paul. (1863-1935)

L'art du coloriste tient par certains côtés aux mathématiques et à la musique.

 

Munch Edvard. (1863-1944)

On ne peut pas peindre éternellement des femmes qui tricotent et des hommes qui lisent.

 

Toulouse-Lautrec Henri de (1864-1901)

La peinture, c'est comme la merde ; ça se sent, ça ne s'explique pas.

 

Kandinsky Wassily (1866-1944)

La peinture est un art, et l’art dans son ensemble n'est pas une vaine création d'objets qui se perdent dans le vide, mais une puissance qui a un but et doit servir à l'évolution et à l'affinement de l'âme humaine, au mouvement du Triangle. Il est le langage qui parle à l'âme, dans la forme qui lui est propre, de choses qui sont le pain quotidien de l'âme et qu'elle ne peut recevoir que sous cette forme. (Du spirituel dans l’art, Vassily Kandinsky, éd. Denoël, coll. folio / essais, 1989)

 

Pierre Bonnard (1867-1947)

J’espère que ma peinture tiendra, sans craquelures. Je voudrais arriver devant les jeunes peintres de l’an 2000 avec des ailes de papillon.

Je me souviens très bien qu’à cette époque je ne connaissais pas du tout l’impressionnisme et l’œuvre de Gauguin nous a enthousiasmés pour elle-même, non contre quelque chose...

La couleur a une logique aussi sévère que la forme... Une retouche d’accent forme désaccord avec la tonalité voisine : force est de les réaccorder. Mais cette seconde tonalité semble crier auprès de sa voisine : force est de les réaccorder. Et de suite en suite, elles se poussent les unes les autres)

Quand mes amis et moi voulûmes poursuivre les recherches des impressionnistes et tenter de les développer, nous cherchâmes à les dépasser dans leurs impressions naturalistes de la couleur. L’art n’est pas la nature. Nous fûmes plus sévères pour la composition. Il y avait aussi beaucoup plus à tirer de la couleur comme moyen d’expression. Mais la marche des progrès s’est précipitée, la société était prête à accueillir le cubisme et le surréalisme, avant que nous ayons atteint ce que nous avions envisagé comme but. Nous nous sommes trouvés en quelque sorte suspendus dans l’air...

La peinture doit revenir à son but premier, l'examen de la vie intérieure des êtres humains.

Il ne s'agit pas de peindre la vie. Il s'agit de rendre vivante la peinture. (Pierre Bonnard)

 

Matisse Henri (1869-1954)

La composition est l'art d'arranger de manière décorative les divers éléments dont le peintre dispose pour exprimer ses sentiments. (Henri Matisse)

Un artiste doit se rendre compte, quand il raisonne, que son tableau est factice : mais quand il peint, il doit avoir le sentiment qu'il a copié la nature. Et même quand il s'en est écarté, il doit lui rester cette conviction que ce n'a été que pour la rendre plus complètement. (Henri Matisse)

Quand les moyens sont tellement affinés, tellement amenuisés que leur pouvoir d'expression s'épuise, il faut revenir aux principes essentiels qui ont formé le langage humain... C'est le point de départ du fauvisme : le courage de retrouver la pureté des moyens. (Henri Matisse)

La peinture fauve, ce n'est pas tout, mais c'est le fondement de tout. (Henri Matisse)

Ce que je rêve, c'est un art d'équilibre, de pureté, de tranquillité, sans sujet inquiétant ou préoccupant, qui soit, pour tout travailleur cérébral, pour l'homme d'affaires aussi bien que pour l'artiste des lettres, par exemple, un lénifiant, un calmant cérébral, quelque chose d'analogue à un bon fauteuil qui délasse de ses fatigues physiques. (Henri Matisse)

Je sens par la couleur, c'est donc par elle que ma toile sera toujours organisée. (Henri Matisse)

C'est l'imagination qui donne au tableau espace et profondeur. (Henri Matisse)

Il faut que la peinture serve à autre chose qu'à la peinture.

 

" Enfin, je pouvais me rendre compte de ce que mes amis appelaient un portrait. Rien n'y était physiquement humain. On avait l'impression que l'artiste s'était beaucoup plus soucié de sa personnalité que de celle de son modèle. " (Francis Carco à propos du tableau Femme au chapeau de Matisse)

" Le réalisme impressionniste perdit pour moi son charme, à la contemplation du miracle de l'imagination traduite dans le dessin et la couleur. " (Raoul Dufy à propos du tableau Luxe, calme et volupté de Matisse )

 

Maurice Denis (1870-1943)

"Se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane, recouverte de couleurs en un certain ordre assemblés. (Maurice Denis . " Definition du Neo -traditionnalisme " - (Revue Art et Critique 30 Août 1890)

 

Rouault Georges (1871-1958)

La peinture n'est pour moi qu'un moyen d'oublier la vie. Un cri dans la nuit. Un sanglot raté. Un rire qui s'étrangle.

Se plier en silence à certaines exigences intérieures et passer sa vie à chercher des moyens d'expression sincères.

 

Dufy Raoul. (1877-1953)

Regardez la nature ... et tournez lui le dos.

 

Vlaminck Maurice de (1876-1958)

Le fauvisme n’est pas une invention, une attitude, mais une façon d’être, d’agir, de penser, de respirer.

 Moi, je n’ai jamais travaillé, j’ai peint. J’ai voulu qu’on me connaisse tout entier, avec mes qualités et mes défauts. Si l’une de mes toiles est mauvaise c’est un Vlaminck, même si j’ai sué dessus des semaines. Si elle est bonne c’est encore un Vlaminck, même si je l’ai peinte en deux heures. Maintenant, salut " Un point c’est tout. (Maurice de Vlaminck à Maurice Genevoix)

Tu vois, il faut peindre avec des cobalts purs, des vermillons purs, des véronèses purs. (Maurice de Vlaminck à André Derain, 1901)

 

Malevitch Kasimir (1878-1935)

Le suprématisme est le sémaphore de la couleur dans l'illimité. J'ai débouché dans le blanc, camarades aviateurs, voguez à ma suite dans l'espace sans fin.

Le plus précieux dans la création picturale, c'est la couleur et la texture. Elles constituent l'essence picturale que le sujet a toujours tue.

 

Picabia Francis. (1879-1953)

Dans mon travail, l'expression subjective, c'est le titre, la peinture et l'objet. Mais cet objet est quelque peu subjectif, parce qu'il est la pantomime, l'apparence du titre.

 

Léger Fernand (1881-1955)

Mes nouveaux camarades étaient des mineurs, des terrassiers, des artisans du bois et du fer. J’ai découvert là le peuple français ; dans le même temps, je fus ébloui par une culasse de canon de 75 ouverte en plein soleil, magie de la lumière sur le métal blanc. Il n’en fallut pas moins pour me faire oublier l’art abstrait de 1912-1913. (Fernand Léger à propos de son expérience de la guerre de 1914-1918)

Léger [...] n’est pas un mystique, il est peintre. (Guillaume Apollinaire)

 

Picasso Pablo (1881-1973)

Tout l’intérêt de l’art se trouve dans le commencement. Après le commencement, c’est déjà la fin. (Pablo Picasso dans Conversation avec Tériade, 1932)

Pour faire une colombe, il faut d’abord lui tordre le cou. (Pablo Picasso)

Non, la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. "(Pablo Picasso dans Conversations avec Christian Zervos, 1935)

Auparavant ... un tableau était une somme d’additions. Chez moi, un tableau est une somme de destructions. (Pablo Picasso dans Conversations avec Christian Zervos, 1935)

En réalité on travaille avec peu de couleurs. Ce qui donne l’illusion de leur nombre, c’est d’avoir été mises à leur juste place. (Pablo Picasso dans Conversations avec Christian Zervos, 1935)

Il y a quelquefois une tête tellement vraie que tu peux avoir des rapports avec cette tête comme avec une vraie. (Pablo Picasso dans Conversations avec Christian Zervos, 1935)

Je fais un tableau, ensuite je le détruis. Mais à la fin du compte rien n’est perdu. Le rouge que j’ai enlevé d’une part se trouve quelque part ailleurs. (Pablo Picasso dans Conversations avec Christian Zervos, 1935)

On devrait crever les yeux aux peintres comme l’on fait aux chardonnerets pour qu’ils chantent mieux. (Pablo Picasso dans Conversations avec Christian Zervos, 1935)

On doit prendre son bien où on le trouve, sauf dans ses propres œuvres. (Pablo Picasso dans Conversations avec Christian Zervos, 1935)

Si l’on sait exactement ce qu’on va faire, à quoi bon le faire ? (Pablo Picasso dans Conversations avec Christian Zervos, 1935)

C'est dangereux le succès. On commence à se copier soi-même et se copier soi-même est plus dangereux que de copier les autres... c'est stérile. (Pablo Picasso)

Quand je n’ai pas de bleu, je mets du rouge. (Pablo Picasso cité par Paul Eluard)

On donnerait cher pour savoir ce qui se passait dans la tête de Rimbaud quand il écrivait Le Bateau ivre... Pour un peintre, il suffit de suivre sa main. (Pablo Picasso)

Je peins comme d’autres écrivent leur autobiographie. Mes toiles, finies ou non, sont les pages de mon journal (Pablo Picasso)

C’est difficile de mettre un peu d’absolu dans la mare aux grenouilles. (Pablo Picasso)

En peinture on peut tout essayer. On a le droit, même. A condition de ne jamais recommencer. (Pablo Picasso)

S’il y avait une seule vérité, on ne pourrait pas faire cent toiles sur le même thème. (Pablo Picasso)

Un tableau ne vit que par celui qui le regarde. (Pablo Picasso)

J'ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant. (Pablo Picasso)

Qui voit la figure humaine correctement ? Le photographe, le miroir ou le peintre ? (Pablo Picasso)

Je ne peins pas ce que je vois, je peins ce que je pense. (Pablo Picasso)

Faut-il peindre ce qu'il y a sur un visage, ce qu'il y a dans un visage, ou ce qui se cache derrière un visage ?

Certains peintres transforment le soleil en un point jaune ; d'autres transforment un point jaune en soleil. (Pablo Picasso)

La peinture, ce n'est pas copier la nature mais c'est apprendre à travailler comme elle.

Je peux à peine comprendre l’importance donnée au mot recherche dans la peinture moderne. A mon avis, chercher ne signifie rien en peinture. Ce qui compte, c’est trouver. (Pablo Picasso dans la revue The Arts – 1923)

 

Chabaud Auguste. (1882-1955)

"Peindre vrai et juste, sans m'interdire parfois le lyrisme qui n'est pas une trahison de la vérité, mais cette vérité hisse sur un plan général, le "vrai plus ressemblant " dirait Hugo, le vrai arrache au terre a terre temporel pour devenir un symbole d'ordre spirituel. Peindre vrai avec la minutie d'un Clouet, la bonhomie d'un Chardin, la gravite émouvante d'un Le Nain et, tout à coup, se laisser emporter, par de la vision, par le grand coup d'aile de la supervision qui ne trahit pas les choses mais les héroïse.

 

Herbin Auguste. (1882-1960)

Toute l'action de la peinture réside dans le rapport des couleurs entre elles, dans le rapport des formes entre elles, et dans le rapport entre les formes et les couleurs.

 

Braque Georges (1882-1963)

Il faut se contenter de découvrir, mais se garder d'expliquer.

La peinture est de plus en plus proche de la poésie, maintenant que la photographie l’a libérée du besoin de raconter une histoire.

Ecrire n'est pas décrire. Peindre n'est pas dépeindre. La vraisemblance n'est que trompe-l'œil.

 

Hopper Edward. (1882-1967)

Si vous pouviez le dire avec des mots, il n'y aurait aucune raison de le peindre.

 

Modigliani Amedeo (1884-1920)

Tu ne posséderas pas ce que tu as conquis.

Crois-moi, seule l'œuvre arrivée désormais à son stade complet de gestation, qui a pris corps et s'est libérée des entraves de tous les incidents particuliers qui ont contribué à la féconder et à la produire, seule cette œuvre vaut la peine d'être exprimée et produite par le style. " (Amedeo Modigliani - lettre à son ami Ghiglia, 1901)

 

Delaunay Robert. (1885-1941)

La lumière est la seule réalité.

 

Bissière Roger (1886-1964)

Le tableau qu'il soit à l'huile, a l'eau, qu'il soit fait d'étoffes, de ciment ou de la boue des chemins, n'a qu'une seule signification : la qualité de celui qui l'a créé et la poésie qu'il porte en lui. Tout est permis, tout est possible, pourvu que derrière le tableau un homme apparaisse, tel qu'il est, tout nu, comme la vie.

 

Chagall Marc. (1887-1985)

Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d'amour et d'espoir.

 

De Chirico Giorgio. (1888-1978)

Vivre le monde en tant qu'un immense musée d'étrangetés.

 

Marcel Gromaire (1892-1971)

Je crois qu'un tableau est, d'abord, un don du cœur, un transfert de forces vives.

Ma mission de peindre est de donner de l'art une image permanente et humaine.

 

Miro Juan (1893-1983)

Peinture et poésie se font comme on fait l'amour : un échange de sang, une étreinte totale, sans aucune prudence, sans nulle protection. Le grand saut, à chaque fois.

 

Van Velde Bram (1895-1981)

Le peintre est celui qui ne peut se servir des mots. Sa seule issue, c’est d’être un visionnaire (Charles Juliet. Rencontres avec Bram Van Velde. Paris, éd. P.O.L., 1998, p. 22)

Toutes les toiles que j’ai peintes m’ont été imposées. Il ne faut jamais s’efforcer (id.)

Oui, j’ai tout quitté. C’est la peinture qui l’a exigé. C’était tout ou rien (id.)

La peinture est une chose toute bête, toute simple. Je peins pour me sortir du trou. Je peins ma misère (id.)

Je chante ma misère. Mes toiles sont des chante-misère (id.)

La peinture, c’est un œil, un œil aveuglé, qui continue de voir, qui voit ce qui l’aveugle (id.)

Pour être vrai, il faut plonger, toucher le fond. Mais la plupart veulent dominer. Ils redoutent le pire. On ne peut rien maîtriser du tout. Ce qu’il faut, c’est se laisser dominer (id.)

Peindre, c’est vivre. En peignant, je repousse ce monde qui empêche la vie et où on risque constamment d’être écrasé (id.)

Beaucoup de peintres produisent à la chaîne, en dehors de toute nécessité (id.)

 

Masson André (1896-1987)

La peinture n'a pas, comme dans le passe, de destination véritable, elle ne trouve plus sa victoire et son repos en répondant aux besoins spirituels des peuples. Elle vit sur elle-même. Le plaisir bref qu'elle peut encore donner ne doit pas faire illusion : elle n'a plus de nécessite effective.

 

Magritte René. (1898-1967)

On me demande souvent ce que cache ma peinture. Rien ! Je peins des images visibles qui évoquent quelque chose d'incompréhensible.

 

Lapicque Charles (1898-1988)

Il ne suffit pas de donner un titre à une œuvre abstraite pour en faire une œuvre figurative. Il ne suffit pas non plus de brouiller une figuration épuisée pour créer une figuration inédite.  Mais il faut un commencement à tout.

 

Brassaï (1899-1984)

La photographie, c’est la conscience même de la peinture. Elle lui rappelle sans cesse ce qu’elle ne doit pas faire. (Extraits de Subjectiles II)

 

Giacometti Alberto (1901-1966)

L'idée de faire une peinture ou une sculpture de la chose telle que je la vois ne m'effleure plus. C'est comprendre pourquoi ça rate, que je veux.

 

Rothko Marc (1903-1970)

En évoluant dans le temps d’un point un l’autre, l’œuvre d’un peintre progresse vers la clarté, vers l’élimination de tous les obstacles se dressant entre le peintre et l’idée, entre l’idée et le spectateur.

Élever la peinture au rang des émotions de la musique et de la poésie.

 

Dali Salvador (1904-1989)

La peinture est la face visible de l'iceberg de ma pensée.

 

Hans Hartung (1904-1989)

Lorsque j'avais entre huit et douze ans, j'étais passionné d'astronomie. Je cherchais à dessiner des éclairs.

Griffonner, gratter, agir sur la toile, peindre enfin, me semblent des activités humaines aussi immédiates, spontanées et simples que peuvent l'être le chant, la danse ou le jeu d'un animal, qui court, piaffe ou s'ébroue.

 

Bazaine Jean (1904-2001)

Nous n'invitons pas les peintres à un tour du propriétaire, ni à un inventaire de leur richesses, mais à une plus large possession de soi par cet "hors de soi" imprévisible, jamais défini, qui est le plus concret de notre existence. ("Le temps de la peinture", Aubier, p.122)

Il n'y a pas en peinture de solution parce qu'il n'y a pas de problèmes.

La peinture est une manière "d'être", la tentation de respirer dans un monde irrespirable.

 

Pignon Edouard (1905-1993)

Au début, on ne voit rien. On voit un ensemble de choses, mais on ne voit rien, ou plutôt, on voit comme tout le monde. Ce qu'il faut, c'est une longue observation méditative, crayon en main. Et au bout d'un certain temps on s'aperçoit que les choses commencent à avoir une autre vérité. La réalité apparait beaucoup plus vraie. Cela demande beaucoup de temps.

 

Balthus (Klossowski.Balthazar dit) (1908-2001)

La peinture, à partir du moment où ça devient artistique, ça devient mauvais.

 

Van Lint Louis (1909-1986)

Extraire de la nature, et de chaque chose, l'élément décoratif et le traduire en langage poétique.

 

Bacon Francis (1909-1992)

Je voudrais beaucoup ne pas faire des monstres, pourtant tout le monde semble penser que c’est à cela que mes tableaux aboutissent.  Si je rends les gens laids, ce n’est pas exprès. J’aimerais les montrer aussi beau qu’ils le sont.

La peinture ne saisira le mystère de la réalité que si le peintre ne sait pas comment s'y prendre.

 

Leroy Eugène. (1910-2000).

Il faut être peintre pour faire des images et ce sont les images qui font faire la peinture, mais c'est un secret.

 

Matta Roberto Antonio Sebastian (1911-2002)

Matta suivit les physiciens modernes dans la quête de son espace neuf qui, bien que décrit sur toile, ne devait pas se confondre avec une nouvelle illusion tri-dimensionnelle. Bien qu'encore jeune, Matta est le peintre le plus profond de sa génération. (Marcel Duchamp - Catalogue de la Société anonyme - 1946)

Une structure de faits est en trompe l'œil. Ce que je cherche, c'est plutôt un trompe l'être. (Roberto Matta lors de la rétrospective 15 Formes de doute, 1959)

Il faut voir les hommes comme des créateurs plutôt que comme des créatures. (Roberto Matta lors de l'élection de Salvador Allende, 4 septembre 1970)

 

De Staël Nicolas. (1914-1955)

Je n'oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d'un espace.

Lorsque ma peinture devient bonne, je sens toujours atrocement une grande part de hasard, comme une chance et un vertige.

Toujours, il y a toujours un sujet, toujours. On ne peint jamais ce qu'on voit ou ce qu'on croit voir : on peint mille vibrations le coup reçu.

 

Soulages Pierre. (1919- )

C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche. Ma peinture est un espace de questionnement ou les sens qu’on lui prête peuvent se faire et se défaire. Parce qu’au bout du compte, l’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est, ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Je ne demande rien au spectateur, je lui propose une peinture : il en est le libre et nécessaire interprète.

Les intentions d'un artiste, comme les explications du spectateur sont toujours de fausses clés. Elles n'abordent qu'un cote d'une œuvre, elles n'entament pas l'énigme qu'elle est. Sur une peinture comme sur toute œuvre viennent se faire et se défaire le sens qu'on lui prête.

Une peinture est un tout organisé, un ensemble de relations entre des formes (lignes, surfaces colorées) sur lequel viennent se faire et se défaire les sens qu'on lui prête. Cet ensemble n'est pas l'équivalent d'une sensation, d'une émotion, il vit de lui-même. Les relations entre les formes sont un transfert des relations de l'univers à d'autres significations. En ce sens la peinture est une humanisation du monde (in Französische abstrakte Malerei, Stuttgart, 1948)

 

Zao Wou-Ki (1921-2013)

" Les gens croient que la peinture et l’écriture consistent à reproduire les formes et la ressemblance. Non, le pinceau sert à faire sortir les choses du chaos.

Peindre, peindre. Toujours peindre. Encore peindre. Le mieux possible, le vide et le plein, le léger et le dense, le vivant et le souffle.

Les toiles sont les pages des journaux intimes des peintres.

Peindre, peindre. Toujours peindre. Encore peindre. Le mieux possible, le vide et le plein, le léger et le dense, le vivant et le souffle.

 

Corneille (1922-2010)

Le meilleur tableau est celui que la raison ne peut admettre.

 

Lichtenstein Roy (1923-1997)

" Presque tout le monde aujourd’hui a une touche de pop. Je vois même du pop art chez les gens très abstraits. "

 

Tapiès Antoni.(1923-2012)

" Lorsque vous regardez, ne pensez jamais ce que la peinture (ou n’importe quoi de ce monde) doit être, ou ce que beaucoup de gens voudraient qu’elle soit seulement. La peinture peut tout être. Elle peut être un clair de soleil en pleine bourrasque. Elle peut être un nuage d’orage. Elle peut être le pas d’un homme sur le chemin de la vie, ou, pourquoi pas  un pied qui frappe le sol pour dire assez. Elle peut être l’air doux et rempli d’ésperance du petit matin, ou l’aigre relent qui sort d’une prison. Les taches de sang d’une blessure, ou le chant de tout un peuple dans le ciel bleu ou jaune. Elle peut être ce que nous sommes, ce qui est aujourd’hui, maintenant, ce qui sera toujours. Je vous invite a jouer, a regarder attentivement… je vous invite a penser. (Antoni Tapies  " La pratique de l’art.")

 

 

Rauschenberg Robert (1925- )

" Après mure réflexion, je suis arrivé à la conclusion que dans ces tableaux, il n’y a rien qui ne puisse être modifié, qu’ils peuvent être regardés dans n’importe quelle condition d’éclairage et qu’ils ne peuvent être anéantis par la formation d’aucune ombre. " (John Cage à propos de l’œuvre de Robert Rauschenberg)

 

Warhol Andy (1928-1987)

Je voudrais être une machine.

Certaines personnes, même des personnes intelligentes, disent que la violence peut être belle. Je ne comprends pas cela parce qu’il n’y a que de beaux instants et de tels instants ne sont jamais beaux pour moi.

Le businnes-art est l’étape qui suit l’art. J’ai commencé comme artiste commercial et je voudrais finir comme businnes-artiste.

On n’imagine pas combien de gens accrochent un tableau de la chaise électrique dans leur salon - surtout si les couleurs du tableau vont bien avec celles des rideaux. (Andy Warhol à propos de son tableau La chaise électrique)

Mes peintures ne correspondent jamais à ce que j’avais prévu, mais je ne suis jamais surpris. (Andy Warhol)

 

Lorsque quelqu’un s’avise de mettre cinquante boîtes de soupe Campbell sur une toile, ce n’est pas le point de vue optique qui nous préoccupe. Ce qui nous intéresse, c’est le concept qui fait mettre cinquante boîtes de Campbell sur une toile.  (Marcel Duchamp)

Andy Warhol, qui s’intitulait " business artist ", trouvait que c’était l’argent qui donnait à l’art son véritable charme. (Eva Windmüller - Stern - 8 octobre 1981)

 

Hundertwasser Friedensreich. (1928-2000)

Quand je peins, je rêve. Quand mon rêve a pris fin, je ne me rappelle plus ce dont j'ai rêvé. Mais le tableau reste, le tableau est la moisson du rêve.

 

Aillaud Gilles. (1928-2005)

Je peins des choses. Je serais incapable de peindre des idées.

 

Saint-Phalle Niki de (1930-2002)

J'imaginais la peinture se mettant à saigner. Blessée de la manière dont les gens peuvent être blessés. Pour moi la peinture devenait une personne avec des sentiments et des sensations.

 

Johns Jasper (1930-)

" Il y a deux manières d’interpréter mes tableaux du drapeau américain. La première est : " Il a peint un drapeau de manière à ce qu’on ne le voie pas comme un drapeau, mais comme une peinture. " La seconde est " La façon dont il a peint le drapeau fait qu’on peut le voir comme un drapeau, et non pas comme une peinture. "

 

Erro (1932- )

On est cerne par les images, il est impossible de leur échapper Il me semble que je suis comme une sorte de chroniqueur, de reporter qui rassemblerait toutes les images du monde, et que je suis la pour en faire la synthèse.

 

Klasen Peter.(1935- )

Le réel n'est rien d'autre que ce que je vous montre.

Il y a un fil conducteur dans tout mon travail : la solitude l'angoisse. C'est ce que je ressens dans cette société qui finalement nous rend malades. C'est en tant que peintre, avec mes images, que j'essaie de me libérer

 

Raysse Martial (1936- )

Le rôle social du peintre ? Montrer la beauté du monde pour inciter les hommes à le protéger et éviter qu’il ne se défasse.

 

Fromanger Gérard. (1939- )

Qu'est-ce que la peinture ? Qu'est-ce que l'art alors ? C'est créer, mais quoi ? Créer, inventer quelque chose de neuf de façon a pouvoir parler aux autres a  partir de ses propres découvertes.

 

Boisrond François (1959- )

Tant qu'un peintre aura envie de voir le monde par ses yeux, il y aura la peinture.

 

 

 

 

Littérature (Ecrivains, poètes, philosophes)

 

Grèce

Simonide de Céos

La peinture est une poésie muette et la poésie une peinture qui parle. "

 

Platon - Critias

Comme nous ne savons rien de précis sur ces choses, nous n’en discutons pas et nous n’examinons pas de trop près ces représentations : nous nous contentons d’une peinture schématique et allusive.

 

Horace (-68 - -8)

Aux peintres et aux poètes toujours fut donné un égal pouvoir de tout oser.

 

XIVème siècle

T’ang Héou

Montre ton coeur, sans réserve, Et ton pinceau sera inspiré.
Ecrire et peindre servent un même but, la révélation de la bonté intérieure.

 

 

 

XVIIème siècle

Li-Li-Veng - poète du XVII° siècle

Regardez tout d’abord les collines dans le tableau. Regardez ensuite le tableau formé par les collines

 

Blaise Pascal - Pensées

" Quelle vanité que la peinture qui attire l’admiration par la ressemblance des choses dont on n’admire point les originaux. "

 

Père Ménestrier, 1650

La peinture est depuis longtemps l'école des sages et l'étude des souverains. C'est une parleuse muette qui s'explique sans dire mot et une éloquence de montre qui gagne le coeur par les yeux. Ses discours ne s'épuisent point, elle fait des leçons publiques sans interrompre son silence et, pour être muette, elle n'est pas moins agissante ni efficace à persuader.

 

André Félibien des Avaux

" Celui qui fait parfaitement des païsages est au dessus d’un autre qui ne fait que des fruits, des fleurs ou des coquilles. Celui qui peint des animaux vivans est plus estimable que ceux qui ne représentent que des choses mortes & sans mouvement; & comme la figure de l’homme est le plus parfait ouvrage de Dieu sur la terre, il est certain aussi que celui qui se rend l’imitateur de Dieu en peignant des figures humaines, est beaucoup plus excellent que tous les autres [...] un Peintre, qui ne fait que des portraits, n’a pas encore atteint cette haute perfection de l’Art, & ne peut prétendre à l’honneur que reçoivent les plus sçavans. Il faut pour cela passer d’une seule figure à la représentation de plusieurs ensemble; il faut traiter l’histoire & la fable; il faut représenter de grandes actions comme les Historiens, ou des sujets agréables comme les Poëtes; & montant encore plus haut, il faut par des compositions allégoriques, sçavoir couvrir sous le voile de la fable les vertus des grands hommes, & les mystères les plus relevez. (Conférences de l’Académie, 1667)

 

Filippo Baldinucci -

Existe-t-il une règle permettant d’affirmer avec certitude qu’une belle peinture est de la main de tel ou tel maître ? Et s’il n’y en a pas, quelle sera la façon la plus sûre de fonder assez bien son jugement ? (lettre de 1685 à Vincenzo Capponi)

 

XVIIIème siècle

Voltaire. (1694-1778)

Tant de livres faits sur la peinture par des connaisseurs n'instruiront pas tant un élève que la seule vue d'une tête de Raphaël. (Préface d’Œdipe)

 

Denis Diderot (1713-1784)

... la couleur d’un morceau de peinture passe. La réputation d’un grand peintre ne s’étend souvent parmi ses contemporains et ne se transmet à la postérité que par les qualités que la gravure peut conserver. (Les Salons)

Il y a des auteurs qui pensent ; il y a des peintres qui ont de l’idée. (Les Salons)

La main touchait une surface plane ; et l’œil, toujours séduit, voyait un relief. En sorte qu’on aurait pu demander au philosophe lequel des deux sens dont les témoignages se contredisent était un menteur.

Celui qui a le sentiment vif de la couleur a les yeux attachés sur sa toile ; sa bouche est entrouverte ; il halète ; sa palette est l’image du chaos. C’est dans ce chaos qu’il trempe son pinceau…

 

Winckelmann Johan Joachim (1717-1768)

L'art fait qu'une copie offre souvent plus de charme que la nature elle-même. (in Pensées sur l’imitation des Grecs dans la peinture et la sculpture)

 

Emmanuel Kant (1724-1804),

…chez tous les hommes les conditions subjectives de la faculté de juger sont les mêmes [...] car sinon les hommes ne pourraient pas se communiquer leurs représentations et leurs connaissances. (Critique du jugement)

 

Lessing Gotthold Ephraïm (1729-1781)

S’il est vrai que la peinture emploie pour ses imitations des moyens ou des signes différents de la poésie, à savoir des formes et des couleurs étendues dans l’espace, alors que celle-ci emploie des sons articulés qui se succèdent dans le temps; s’il est incontestable que les signes doivent avoir une relation naturelle et simple avec l’objet signifié, des signes juxtaposés ne peuvent représenter que des objets juxtaposés... de même que les signes qui se succèdent ne peuvent représenter que des objets successifs.(Laocoon, 1763)

 

Des objets qui se juxtaposent ou dont les parties sont juxtaposées s’appellent des corps. Donc les corps avec leurs qualités visibles sont l’objet propre de la peinture. (Laocoon, 1763)

 

von Goethe Johann Wolfgang (1749-1832)

La nature et l’art semblent se fuir et, avant qu’on y songe, ils se sont retrouvés. (- Nature et art)

J’ai essayé bien des choses, j’ai beaucoup dessiné, gravé sur cuivre, peint à l’huile, j’ai aussi bien souvent pétri l’argile...  dans un seul art je suis devenu presque un maître: dans l’art d’écriture en allemand. (Épigrammes de Venise.)

 

Joseph Joubert (1754-1824)

Pour nous, chez qui tous les chefs-d’œuvre n’ont d’autre destination que d’être exposés aux regards d’un petit nombre d’hommes riches et d’être emprisonnés et cachés dans les maisons des grands... (Carnets, 1786)

On peut peindre tout un visage (avec des traits) dans un espace qui n’est pas plus large qu’un ongle. Pour le décrire avec des phrases il faudrait une page entière et encore on ne parviendrait pas à en donner une idée exacte. (Carnets, 1804)

 

François René de Chateaubriand (1768-1848)

Le paysage doit être dessiné sur le nu. (Lettre sur le paysage en peinture 1795)

 

Novalis (1772-1801)

La Mission du peintre. Réaliser la représentation de l'irreprésentable, voir l'invisible, toucher et percevoir l'impalpable.

 

Friedrich von Schelling (1775-1854)

Dans la peinture de paysage, la représentation subjective seule est partout possible, car un paysage n’a de réalité que pour l’œil de celui qui le contemple. La peinture de paysage débouche nécessairement sur la vérité empirique, et le mieux qu’elle puisse faire, c’est de s’en servir à nouveau comme d’un voile, afin de laisser transparaître en elle un type supérieur de vérité. (Textes esthétiques)

 

 

XIXème siècle

 

Stendhal (Henri Beyle dit, 1783-1842)

J’aime les jeunes peintres qui ont du feu dans l’âme. (au Salon de 1824)

La peinture n'est que de la morale construite. (Stendhal. Histoire de la peinture en Italie, vol. 2)

 

Victor Cousin (1792-1867)

Il faut de la religion pour la religion, de la morale pour la morale, de l’art pour l’art. Le bien et le saint ne peuvent être la route de l’utile, ni même du beau. (Cours de philosophie, 1836)

 

Honoré de Balzac (1799-1850)

Les peintres ne doivent méditer que les brosses à la main. (Le Chef-d’œuvre inconnu)

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898)

L’artiste regarde sa fleur, non pas dans les verres grossissants afin de recueillir des faits pour la botanique, mais avec la lumière qui voit, en la variété choisie de tons brillants et de délicates nuances, des suggestions pour des harmonies futures.

 

Ambrose Bierce (1842-1913)

Peinture. Art de protéger les surfaces plates des intempéries et de les exposer à la critique. 

 

Anatole France. (1844-1924)

Avant de juger une peinture, cherchez ce que le peintre a voulu, et ne le condamnez pas sur les sacrifices qu’il a dû faire pour mieux rendre sa pensée. Le génie consiste surtout à oser les sacrifices nécessaires, si grands qu’ils soient. (Anatole France La Vie en fleur, éd. rev. et corr. par l'auteur Calmann-Lévy, 1924)

 

Félix Fénéon (1861-1944)

" Réservant au peintre la tâche sévère et contrôlable de commencer les tableaux, attribuons au spectateur le rôle avantageux, commode et gentiment comique de les achever par sa méditation ou son rêve. (Œuvres plus que complètes, 1970)

 

Alain (Emile Chartier dit, 1868-1951)

Il n’y a point d’homme qui apprenne plus promptement que le peintre à se défier de ses pensées.

Paul Valéry (1871-1945).

La peinture permet de regarder les choses en tant qu’elles ont été une fois contemplées avec l’amour.

Victor Segalen (1878-1919)

Le Peintre seul et ceux qui savent voir ont accès dans l’espace magique. (Peintures – 1916)

 

XXème siècle

 

Jacques Rivière (1886-1925)

Il n’y a rien dont on ne soit plus cruellement puni que d’avoir supposé de l’intelligence à un peintre. (Correspondance à Alain-Fournier, 1912)

André Malraux (1901- 1976)

Le réel n’est pas subordonné à la peinture, qui, elle, semble subordonnée au réel – et semble encore chercher une réalité qui ne soit pas esclave de l’apparence mais ne s’oppose pas à elle, - qui l’équilibre… (Les Voix du silence – 1951)

Maurice Merleau-Ponty.(1908-1961)

L'interrogation de la peinture vise en tous cas cette genèse secrète et fiévreuse des choses dans notre corps.

 

Albert Camus. (1913-1960)

Le style d'un peintre est dans cette conjonction de la nature et de l'histoire. 

 

Henri Perruchot. (1917-1967)

Les théories en peinture ne comptent pas. Elles sont, d'ailleurs, presque toujours imaginées par des gens à qui manque le pouvoir créateur, et auxquels elles servent d'échappatoire.

 

Georges Perros. (1923-1978)

La peinture fait obstacle à la vision pour mieux capter l'invisible.

L'écriture c'est passer le temps. La musique c'est le faire passer. La peinture c'est l'effacer.

 

Butor Michel.(1926- )

La peinture rend la littérature infinie. (Butor Michel)

 

Pleynet Marcelin (1933- )

La peinture fait écrire puisqu'elle ne parle pas.(Pleynet Marcelin)

 

Houellebecq Michel (1956-  )

La question de la beauté est secondaire en peinture, les grands peintres du passé étaient considérés comme tels lorsqu’ils avaient développé du monde une vision à la fois cohérente et innovante (La carte et le territoire, 2010)