Biographie

 

 

Historique

Né à Roubaix, le 24 décembre 1875, de parents hollandais, Gérard Van Oest fit ses années d'apprentissage, comme commis de librairie, à Amsterdam, à Londres et à Leipzig.
 

Fréquente nombre d'imprimeries et de librairies européennes : AmsterdamHaarlem, Londres, Leipzig et, enfin, Anvers.

​Dirige, pendant quelque temps, la succursale du Nederlandsche Boekhandel à Gand.

 La diversité culturelle qui découle de ce parcours est à la base du choix de Bruxelles [...] pour l'ouverture de sa propre librairie. 

S'installe comme éditeur à Bruxelles, au n° 6 de la Place du Musée où fut fondée, le 1e juillet 1904, la Librairie Nationale d'Art et d'Histoire.

De plus, dans le contexte concurrentiel des grandes maisons d'édition à l'étranger - Bruckmann en Allemagne, Treves ou Hoepli en Italie ou encore Leroux et Champion en France -, la Belgique représente alors un marché éditorial peu occupé." (Antonio Brucculeri, Stratégies éditoriales et architectures de l'histoire : Louis Hautecoeur et Gérard Van Oest, un dessein partagé.)

1913. Ouvre sa succursale de Paris.

En 1924, la succursale parisienne -fondée en 1913- est devenue le nouveau siège de la maison. Sur le plan éditorial, Van Oest mettra à profit ses liens avec le milieu artistique et intellectuel bruxellois puis parisien afin de devenir l'un des éditeurs majeurs de son temps dans le domaine du livre d'art. Van Oest publia d'emblée des ouvrages importants sur l'art ancien de Belgique et de Hollande, en même temps qu'il entreprenait la publication de la revue L'art flamand et hollandais, dont la direction revint à Paul Buschmann. D'importants ouvrages commémoratifs ont accompagné les grandes expositions organisées en France et en Belgique, tels que l'Exposition de la Toison à Bruges, en 1907, l'Exposition de l'art belge du XVIIe siècle à Bruxelles, en 1910, l'Exposition de l'art belge au XIXe siècle à Bruxelles, en 1922... Des monographies de Camille Lemonnier (Alfred Stevens et son œuvre, en 1907), de Judith Cladel (Auguste Rodin, l'homme et l'œuvre, en 1908), entre autres, ponctuèrent cette entreprise éditoriale audacieuse, qui devait s'étendre ensuite à d'autres univers géographiques comme l'Extrême-Orient. Le talent entrepreneurial de Van Oest lui fit choisir très tôt une double stratégie éditoriale qui assura le succès de sa maison : aux publications de caractère scientifique furent associées de nouvelles collections, formés d'ouvrages de petit format et de prix modique, selon une approche qu'on qualifierait plus tard de vulgarisation. La liste des historiens d'art qui ont collaboré de près ou de loin à cette maison se passe de tout commentaire : Hulin de Loo, Fierens-Gevaert, Paul Durrieu, Louis Dimier, Emile Dacier, Louis Hautecoeur (qui devint même un actionnaire de la Société Anonyme en 1927), Louis Réau, Goloubew..

Ouvrage(s) édité(s)

Bibliographie liée

Bibliographie texte

  • Informations complémentaires

    • Victor Goloubew. Gérard Van Oest in Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Paris, 1935, vol. 35, n° 35, pp 577-580

      (...) Je laisse, de même, à d'autres le soin de retracer sa prodigieuse activité dans le domaine de l'art français, ancien et moderne, dans celui de la renaissance italienne et de l'art espagnol et catalan, activité à laquelle il se consacra dans les années qui suivirent la Guerre, après le transfert de sa maison à Paris et la transformation de celle-ci en Société anonyme. Ce que je voudrais évoquer dans les pages qui vont suivre, ce sont les services que cet éditeur de grande classe a rendus à l'orientalisme français. Lorsque je confiai, en 1905, à G. Van Oest la publication de mon ouvrage sur les Dessins de Jacopo Bellini, nous ne pensions guère, ni lui, ni moi, que notre collaboration allait s'étendre un jour au-delà du cadre où se confinent d'habitude les recherches sur le Quattrocento vénitien. Cependant, cinq ans après je partais pour l'Inde. J'en revenais avec plus de 1.500 clichés photographiques dont 300 environ avaient été pris dans les grottes peintes d'Ajantâ qui n'étaient alors connues que d'après les médiocres copies de John Griffiths. A ces photographies s'ajoutait un lot de peintures chinoises anciennes, acquis chez un antiquaire de Delhi. J'avais, en outre, profité de mon séjour dans les capitales du Grand Mogol pour compléter par de nombreux achats ma collection de miniatures persanes et indo-islamiques, en vue de sa prochaine exposition au Pavillon de Marsan. C'était là plus qu'il n'en fallait pour illustrer copieusement une série d'études sur l'histoire esthétique de l'Asie, études dont je projetais la publication depuis mon retour de l'Inde. Mis en présence des documents, Van Oest n'eut pas un instant d'hésitation. Il m'offrit de les éditer. Ainsi naquit Ars Asiatica. Au cours de l'hiver 1913-1914 parut notre premier fascicule. Il contenait une étude d'Edouard Chavannes et de Raphaël Petrucci sur la Peinture chinoise au Musée Cernuschi.