(31/01) BRUXELLES, PALAIS DES BEAUX-ARTS: Conférence sur Magritte avec Marcel Broodthaers et Bob Claessens (dans le cadre de Jeunesse et Arts plastiques)
* Conférence illustrée de diapositives et du film de Luc de Heusch "La leçon de choses"
** Contribution de Marcel Broodthaers: projection du film "The Pawnshop (Charlot l'usurier)" de Charlie Chaplin, suivie d'un speech durant lequel il portait un chapeau boule

(06/03) BRUXELLES, PALAIS DES BEAUX-ARTS: Conférence "Le Mec Art et l'art de l'objet" de Marcel Broodthaers et Otto Hahn (dans le cadre de Jeunesse et Arts plastiques)
*"En 1968, il se retrouva confronté avec des nouvelles formes d'art, le minimal et le conceptuel, qu'il détourna à son propre usage" (Michael Compton in Cat. Jeu de Paume 1991, p.302)

Daily-Bul n° 12: À la question, Qui êtes-vous ?; réponses de Ben, Christo, Paul-Armand Gette, Nam June Paik, Pieter Rot, Daniel Spoerri, Robert Filliou, John Cage etc.

MASS MOVING dont le noyau central était formé par Raphaël Opstael, Bernard Delville et Paul Gonze donna le départ à ses actions au début de l'année 1968 avec un concept appelé Ludic City.

(mai-juin) Contestation estudiantine.

Bruxelles.
(13/05) Début d'un mouvement de contestation des autorités à l’ULB. Les étudiants réclament une réforme de l'université.
* Au terme d'une conférence de Melina Mercouri sur le régime des Colonels grecs, des étudiants, des professeurs et des assistants décident de tenir une assemblée libre dans l'auditoire Paul-Émile Janson.
C'est le début du Mai 68 belge qui donnera lieu à des meetings, des occupations d'universités à Liège et à Bruxelles.
Les élèves dorment dans les amphis. Occupent des lieux aussi symboliques que le Palais des Beaux-Arts.

(28/05) Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles est occupé par environ deux cents artistes représentant les deux communautés culturelles dont M.Broodthaers, Roger Somville, Guy Vandeloise, Louis Deconinck, Jacques-Louis Nyst, Jean-Claude Faucon, Schroeder...
* "Le 28 mai 1968, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles est occupé par environ 200 artistes représentant les deux communautés culturelles. On se déclare solidaire des étudiants, des professeurs et du personnel de l'U.L.B. où la contestation a déjà pris forme. On souligne le caractère symbolique de l'occupation qui est un rejet totale de l'organisation et de la diffusion culturelle.
Dans les “Assemblées libres et/ou populaires” des motions sont approuvées déclarant que toute Révolte culturelle contient une Révolte sociale et que chacun est concerné par celle-ci. Après des tractations avec la direction du P.B.A. des locaux sont mis à la disposition des occupants et différentes commissions et groupes de travail sont constitués. Des groupes de travail s'occupent respectivement des arts plastiques, de la littérature, du cinéma, du cinéma d'animation, des centres culturels, de l'enseignement, de l'urbanisme et de l'architecture.
Un document critique est rédigé dans lequel on lit: “l'assemblée libre rejette l'opinion du Ministère et des organisations chargées de la diffusion culturelle; - exige que le budget ministériel corresponde aux exigences d'une véritable vie culturelle; - proteste contre la partialité avec laquelle le Ministère attribue des subsides; - exige un changement total de l'enseignement afin de valoriser la création d'une institution personnelle et critique; - condamne la subjectivité imposée par ceux qui sont responsables de l'orientation; - condamne la manière dont toutes les expressions artistiques sont commercialisées, considérées comme produits de consommation, etc. ”
Le 31 mai l'abbaye Saint-Pierre à Gand est également occupée; des actions similaires ont lieu à Liège tandis que la nature de l'opposition s'accentue. Les Assemblées Libres condamnent la répression, les poursuites judiciaires contre les occupants, les interventions policières et la censure. Des revues littéraires, artistiques et culturelles sont saisies, des expositions interdites ou fermées, des représentations de films expérimentaux et de pièces de théâtre défendues, etc.
Les artistes sont appelés “ouvriers culturels” n'ayant plus rien à voir avec le “standing” ou la “spéculation”: leur tâche consiste dans l'animation de musées et de centres culturels ouverts. La politique culturelle devra être totalement confiée aux ouvriers culturels avec comme seul objectif le développement total de la population dans le domaine culturel. À cette fin, il faut réunir toutes les disciplines culturelles et passer en revue la politique culturelle globale du pays.
Que ce fut justement le P.B.A. qu'on choisit comme cible des contestataires est évident lorsqu'on se rend compte que cette “institution privée” était pour ainsi dire le seul forum de l'art actuel.Les occupants ont essayé de secouer l'opinion publique et de l'alerter contre l'immobilisme culturel, l'indifférence et l'impénétrable et lourde administration d'une société bourgeoise qui considère la culture comme un luxe superflu." (W. Van Mulders, in Geirlandt, Mercator, 1983, p. 336 et 338)

(29/05) Le mouvement de contestation étudiante perturbe les programmes de la Radio Télévision belge. (RTB).

(10/07) Fin de l'«insurrection» à l’ULB.
Elle aura duré en tout 47 jours. Durant la soirée  du 10 juillet 68, le prorecteur de l'époque décida d'en finir avec la «chienlit» estudiantine gauchiste et fait encercler le campus par la police.

(10) Liège. Occupation de l'Académie.
"J'ai toujours eu horreur de l'autorité sous toutes ses formes, elle m'a ulcéré depuis mon plus jeune âge. Notre société actuelle est une forme d'autorité sur l'individu par le matraquage de la publicité et l'information souvent fausse que l'on subit. Je suis continuellement en révolte contre toute forme d'autorité car je cherche à assumer ma propre autorité. Il est certain qui si tout le monde cherchait à s'assumer, il y aurait fatalement une révolution sociale car il n'y aurait plus de prise pour le fascisme ni pour aucun régime autoritaire et arbitraire. C'est uniquement par la spiritualité que l'on pourrait y arriver." (Plomteux, 1972)

¨ "La révolte de mai 68 à Paris exerce une influence sensible sur un artiste comme Broodthaers; pour Panamarenko et pour Hugo Heyrman aussi l'événement est d'importance. Ils en étaient arrivés à montrer à la galerie Wide Wild Space des objets poétiques mais au cours de l'été 68, ils reprennent leurs activités de happeners en collaboration avec le Vrije Aktie Groupe (Anvers) qui, sur le modèle de Paris, tend à obtenir une participation de la population notamment en matière de gestion de la ville.
Le centre de ces manifestations est la Conscienceplein, à propos de laquelle on pose quelques exigences: la place doit être interdite aux voitures, elle doit être ouverte comme plaine de jeux pour les enfants, etc. (...)
La manifestation la plus spectaculaire des deux happeners fut l'installation sur la place Conscience, d'une immense chaise faite de blocs de glaces, une sculpture qui fondait progressivement. Une action artistique ludique contre laquelle la police (toujours présente et nerveuse) ne pouvait rien faire.
Une semaine plus tard, le 13 juillet, Panamarenko, Heyrman et Isi Fiszman projetèrent sur un grand écran des films de Broodthaers (Le Corbeau et le Renard) et de Josef Beuys - Henning Christiaensen (Eurasienstab) sur la même place." (Fr. De Vree, Fluxus, Happening, Attitudes in cat. Belgique/Pays-Bas, Bruxelles, P.B.A., 1980, p. 66)

 

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(27/09-27/09/1969) BRUXELLES, RUE DE LA PEPINIERE. Broodthaers Marcel. Musée d'art moderne Département des Aigles, Section XIXe siècle, inauguration.

(automne) Bruxelles, Galerie 44: Broodthaers Marcel. La collection privée de Marcel Broodthaers

(08/12) Bruxelles, P.B.A.: Autour de la contestation. Débat avec Marcel Broodthaers, Pierre Restany et Jean Dypréau.

1968-70. Bruxelles, Rue de la Pépinière. Broodthaers Marcel. Musée d’Art moderne. Département des Aigles. Section littéraire.

(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Le Zodiaque. Toche Jean. Environnement.
* Avec un texte de Nam June Paik

Fondation du groupe V.A.G.A.
"Nous voulons un ciel nouveau et une terre libre, où tout soit sauvage, libre et criminel. L'utopie est notre plus grande force" (Panamarenko et Heyrman, 1968 cités par Fr. De Vree in cat. Belgique/Pays-Bas, Bruxelles, 1980, p. 64)
(13/07) Action Zone Verte Anvers: projections des films sur la Conscienceplein
​(20/07) Het Groot Electronisch Uitbazuin complex
(27/07) "Project Reservaat" de Panamarenko et Heyrman
(01/09) Élaboration d'un film documentaire 35 mm, "XB-70 EXPERIMENTAL Amerikaans Trisonis vliegtuig par Panamarenko, Hugo Heyrman, Wilfried Pas et Luc Meyers
* Le film n'a pas été réalisé
(  /  ) "Project Antonov" et "Eksperimenteel psychologisch project “Reuzenboom” de Panamarenko et Heyrman
(02/10-27/10) Anvers, K.M.S.K.: Not For Sale Art (org.: V.A.G.A.)
* "La relation qui existait entre H/P et Vaga était très lâche. Heyrman formulait des réserves vis-à-vis d certains principes établis par Vaga tels que: “établir des contacts avec la population, l'art et la science; à ce propos nous n'étions pas d'accord, tout cela était tellement redondant, tellement littéraire et cela avait si peu de rapport avec ce que l'on pouvait faire soi-même. (...)
À la longue, nous ne faisions plus que nous réunir. Et quand ils se mirent à donner le droit de vote à tout le monde, les vrais problèmes surgirent. Quand la majorité votait contre, le projet ne se réalisait pas. Alors nous avons réclamé et nous avons dit: vous faites de la discrimination contre une minorité parce que nous ne sommes que deux.”" (cité par Fr. De Vree, 1980, op. cit., p. 66)

(sept.) Achèvement de l'Habitation-Sculpture (pour un chercheur scientifique et sa famille), Angleur.
* Collaboration Jacques Gillet, architecte, Félix Roulin, sculpteur et René Greisch, ingénieur

(04/10) Liège. Le aa Théâtre donne "L'Immortelle Mort du Monde" de Robert Filliou
* Mise en scène: Richard Tialans
** Décor: Jacques-Louis Nyst
*** Ce spectacle participera le 30 avril 1969 au Tournoi d'Art dramatique français à Tournai.

Chronologie en perpétuel développement: