Biographie

Formation
- 1946-1952.Ecole de Métiers d’Art à l’Abbaye de Maredsous. Sculpture et ébénisterie.
* Termine ses études en obtenant la grande distinction.
 

1953
(juillet-août) Namur,                                               . Exposition officielle des Métiers d’Art (06e )

1956
(  /  -  /  ) Namur, Officine des artisanats et des industries d’art de la province de Namur. [Sans titre]

1957
(06/05-13/05) Namur. Bourse du Commerce. Exposition des artistes du Namurois de tendance contemporaine. Peinture-Sculpture-Céramique-Dinanderie-Art graphique.
(15/06-30/06) Namur.                                   . Exposition internationale des industries et métiers d’art.

1958
(mai-octobre) Maredsous, Abbaye. Art Sacré d'aujourd'hui

1959
(  /  ) Namur. Fondation du groupe Axe 59. Lahaut Pierre (1931-2004), Londot Louis-Marie (1924-2010), Félix Roulin (1930), Van Espen (1928-2008), Warrand Marcel (1924-2010), Willame Jean (1932-2014).
(01/08-16/08) Dinant, Musée communal. Exposition des artistes du Namurois.
 

1960
(avril-mai) Munich,                                .Kirche und Handwerk.
(24/08-26/08) Saint-Hubert, Centre culturel provincial du Luxembourg. Journées d’Art sacré du diocèse de Namur.
(déc.) Gedinne,                                    . Exposition d’Art Sacré.
(25/10-05/11) Montréal,                         Artisanat d’art belge. Belgian handicrafts.

1961
(11/02-23/02) Liège ; Association pour le progrès intellectuel et artistique de la Wallonie / Apiaw. Axe 59.
(25/03-16/04) Bruges, Bestending expositiecentrum, huidevetershuis. Gewijde kunst 61
(05/10-15/10) Montréal,                     .Artisanat d’art belge. Belgian handicrafts.
(  /  -  /  ) Paris,                                   .Salon d’art sacré – Section belge.

1962
 (juin) Paris / FR,                                        .Salon d’art sacré – Section belge.

1963
(  /  ) Fondation du groupe La Roue à Namur.
(06/04-28/04) Martilly (Herbeumont), Maison artisanale, « Roue »
 (  /  -  /  )                           ,                                    . La sculpture namuroise 1963.

1964
(24/05-  /  ) Namur, Maison de la culture de la Province de Namur. Peintres, sculpteurs et graveurs de la Province de Namur.
(juil.) Nommé membre des Réalités Nouvelles à Paris.
(05/09-18/10) Anvers, Hessenhuis. Art d'aujourd'hui en Belgique.
(  /  -  /  ) Saint-Hubert,                                     . Journées de l’Art sacré.
(06/06-28/06) Köln, Belgisches Haus. Moderne religiöse kunst in Belgiën 1958-1964.

1965.
Géomancie, Musée en Plein Air du Sart Tilman.

(06/03-14/03) Namur, Maison de la Culture. Carême de partage des artistes.
(05/04-27/04) Paris / FR, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Salon des Réalités Nouvelles (20e ).
(  /  -  /  ) Firenze / IT,                                           . [Sans titre]

1966
Reçoit une bourse de travail du Ministère de la Culture.

(04/06-17/07) Liège, Musée en plein air du Sart‑Tilman. Biennale de sculpture ‑ Sart Tilman (01e) Sculpteurs belges et leurs dessins.
 (07/10-30/10) Paris / FR, Musée d'Art moderne de la Ville. Salon des Réalités Nouvelles (21e)

1967
- Pierre dressée, Musée en Plein Air du Sart Tilman.
- Hibou, à l’Université de Liège.
 

(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Titane Souweine. Willame Jean.
 

1968
(03/02-14/02) Liège, Association pour le progrès intellectuel et artistique de la Wallonie. Wuidar Léon, Willame Jean.

1969
(03/03-25/03) Charleroi, Palais des Beaux-Arts. Hainaut cinq-sixième saison. Hommage à Pol Mara.
(23/08-26/10) PéruwelzCentre Culturel. Sculpture contemporaine.
(  /  -  /  ) Mons, Musée des Beaux-Arts. [Sans titre].

1970
(  /  -  /  ) Namur, Galerie du Crédit communal. Willame Jean.
(09/07-26/07) Namur, Maison de la Culture. Métiers d’art de Wallonie et de Bruxelles.
(19/09-18/10) Mons, Musée des B.A. Réouverture du Musée. Hommage à Fernand Léger - artistes belges d'aujourd'hui.
(  /  -  /  )                                ,                                      . Ministère de la Culture française. Direction générale des Arts et des Lettres. Prix décernés en 1970. Œuvres d’art acquises en 1970.

1971
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Arcanes. Willame Jean.
(06/02-28/02) Mons, Musée des Beaux-Arts. Œuvres d’art acquises par le ministère de la culture française en 1970.
(19/11-12/12) Charleroi, Palais des Beaux‑Arts Cinquantenaire du Cercle Artistique et littéraire de Charleroi 1921-1971 et exposition Tendances... l'art jeune en Belgique.
(  /  -  /  /1972) Exposition itinérante : Namur, Tournai, Ixelles, Wavre. Exposition des Boursiers 1970.

1972
(09/05-28/05) Namur, Square Léopold. Sculptures en plein air.
(19/05-18/06) Liège, Musée en plein air du Sart‑Tilman / Parc du Château de Colonster. Sculpture à Colonster.
(  /  -  /  ) Namur, Maison de la Culture. Willame Jean, artiste sculpteur.
(05/08-27/08) Ecaussines-d’Enghien, Château de la Follie. Triennale de la Follie. Trente sculpteurs belges contemporains.
(03/09-01/10) Limbourg. En ville. Art d’aujourd’hui, cité d’hier. Sculpture moderne.
(oct.) Saint-Gilles, dans la commune et Théâtre du Parvis. Sculpture dans la ville.
(30/09-15/10) Nivelles, Ancien couvent des Récollets. Blank André, Leroy Christian, van der Linden Max et Willame Jean.
(  /  -  /  ) Ixelles, Musée communal. [Sans titre]

1973
(  /  -  /  ) Louvain-la-Neuve.                          . Quelques artistes du Namurois.

1974
(09/02-03/03) Namur, Maison de la Culture. Sculptures petits formats.
(16/06-06/10) Anvers, Middelheim. Belgische Beeldhouwkunst in Middelheim (La sculpture belge au Middelheim).
(  /  -  /  ) Exposition itinérante organisée par le Ministère de la Communauté française : Bruxelles, Liège (Musée de la vie wallonne,   /  -  /01/75), … Le bois dans l’art contemporain.

1975
Christ en croix, pour l'église du Moulin-à-Vent, à Bouge, Namur.

(04/07-15/09) Nassogne. Sculptures en plein air. Sculpteurs belges contemporains. Nassogne.
 

1976-1996. PROFESSEUR DE SCULPTURE A L’ACADEMIE DES BEAUX-ARTS DE NAMUR.
 

1976
(13/05-13/06) Œuvres d’art acquises par l’Etat 1973-1974-1975 (Communauté française).
(novembre) Jambes. Fête 76 Jambes

1977
Pierre dressée, Musée en Plein Air du Sart Tilman.

(07/01-23/01) Namur, Maison de la culture de la Province de Namur. Triennale des artistes de la province de Namur (01e)
(18/06-25/09) Seny. 40 sculptures en plein air, dans les jardins, sur les places communales.
(  /  - 23/11) Bruxelles, Galerie Albert 1e . Willame Jean.

1978
Fontaine, sur la place Galilée, à Louvain-la-Neuve.

(13/05-15/09) Les Avins en Condroz. Pierres taillées.

1979
(07/04-29/04) Namur, Maison de la culture de la Province de Namur. Triennale des artistes de la province de Namur (02e)
(11/05-17/06) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Œuvres d'art acquises par le Ministère de la Culture. (Communauté française) 1976/77/78.
(08/06-30/09) Woluwé-Saint-Lambert, Galerie de prêt d'œuvres d'art. Sculptures européennes ou "Malou 79".
 

1980
(03/07-31/08) (au Musée d'Art moderne) 35 ans d'Apiaw, exposition d'art contemporain dans les collections privées liégeoises
(16/07-11/09) Ferrières, La Maison d'Images. Sculpteurs contemporains.
 

1981
Fontaine aux masques, rue Cardinal Mercier, à Louvain-la-Neuve.

(26/06-03/10) Namur, Maison de la culture (Hall), 50 œuvres d’artistes du Namurois acquises par le Ministère de la Communauté française (1979-1982)

1983
(  /  -  /  ) Godinne,                                   . Willame Jean.

1988
(05/05-05/10) Bruxelles, U.C.L. en Woluwe, jardin des plantes médicinales Jardin de sculptures.

1989
(19/04-14/05) Namur, Palais des Expositions. Arts plastiques dans la province de Namur depuis 1945.
(01/05-04/08) Franchimont, Château. Franche forme. Exposition nationale de sculpture.
(  /  -  /  ) Œuvres acquises par le Ministère de la Communauté française, 1979-1988.

1990
(26/05–25/11) Bornem, Helan‑Arts Foundation. Monumental I, sculpture monumentale de la Communauté Française.
(30/06-25/11) Bruxelles, Heysel / Kinepolis. Monumental V. Hedendaagse Belgische Beeldhouwkunst’

1991
(15/07-15/10) Tournai, Cathédrale. Art Sacré Contemporain
(oct.) Dinant. Collège N.-D. de Bellevue Art sacré.

1992
(20/06-01/08) Namur, Maison de la Culture. Œuvres d’artistes du Namurois acquises par la Communauté française (1987-1992)

1993
(  /  -  /  ) Dinant, Maison de la Culture de l’Arrondissement. 20 ans – 20 artistes.
(  /  -12/01/94) Namur, Bibliothèque principale. Exposition de médailles belges. Deux namurois jugés sur pièce.

1994
(  /  -11/09) Orval, Abbaye. Quelques artistes et l'art religieux

1995
(20/05-21/05) Louvain-la-Neuve. Parcours d’artistes.
(  /  -31/08) Namur, Galerie Quattrocento. Salon d’été.

1997
 (  /  -22/06) Yvoir, Moulin de Spontin. Eclats de pierre.
(29/08-20/09) Saint-Josse-Ten-Noode. Square Armand Steurs.
(oct.- nov.) Bruxelles, Galerie Albert 1e. Willame Jean.
 

1998
(29/08-20/09) Saint-Jossse-ten-Noode, Square Armand Steurs. Sculptures 98.

2000
(24/06-04/10) Schaerbeek, Maison des Arts Gaston Williot. Biennale de sculpture de Schaerbeek (04e). De la pierre au bois à travers la francophonie
* + Hommage à André Willequet

2004
(oct.) Crupet (Assesse), Galerie Art’Pero. Daniels Luce, Willame Jean.
 

2005
(  /  -  /  ) Wavre, Galerie Tra-vers-art. Willame Jean.
 

2008
(12/04-23/04) Namur, Eglise Saint-Loup. Art contemporain.
(03/09-30/09) Bruxelles, Espace Wallonie. Mots et Images. Peintures-sculpture-poésie.
(mai) Rochehaut. La Potèle. Peintures et sculptures.

2011
(sept.) Balâtre (Jemeppe-sur-Sambre),                            . [Sans titre]

2014
(04/10) Décès de l’artiste.

 

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2016
(05/05-08/05) Parcours d’artistes au Pays des Vallées (Annevoie, Biesmerée, Omezée et Yvoir)
(09/12-22/01/17) Bruxelles, Galerie Albert 1e. Itinéraire.
(nov.) Jacques Toussaint, conservateur en chef du patrimoine de l’abbaye de Rochefort publie la première monographie consacrée à Jean Willame éditée par l’association qu’il vient de créer à Namur, « Art et Héritance » (21,3 x 30,3 cm ; 64 p. ; nombreuses ill. coul. ; analyse de l’œuvre, catalogue des œuvres de l’artiste, bibliographie)
 

 

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de l'artiste, Interviews

    •  

       

      - in cat. Sculpteurs belges et leurs dessins (Domaine universitaire du Sart Tilman / Par cet Château de Colonster, 04/06-17/07/1966)

      A l’encontre de la sculpture tendant à s’emparer de l’espace au-delà de ses propres limites (sans en contexter le principe, ni sa qualité possible), je me sens cependant plus orienté vers une forme de sculpture plus statique. L’espace m’intéresse pour autant qu’il vienne butter, enserrer un objet ayant son lyrisme, sa limite à l’intérieur. La densité d’un matériau s’emparant d’un volume d’espace bien déterminé tend au définitif. Quant à l’espace environnant pénétrant à l’intérieur des formes, je le vois comme une forme de respiration de la matière. Dans ce sens, un matériau comme la pierre garde tout son pouvoir. D’autant plus que c’est un matériau ayant de grandes exigences. Ce n’est pas à prendre comme une limite, bien au contraire. Respecter le matériau dans sa structure, c’est en fait y répondre. Cette notion est, je pense, un élément essentiel en vue du langage. »

       

      - Jean Willame (1971) cité in Jacques Toussait. Le sculpteur Jean Willame, 1932-2014. Entre sacré et profane. Namur, Art et Héritance, 2016, p. 37.

      C'est peut-être la méfiance à l’égard des mots de ce qui définit, je ne sais, mais je ne me sens pas capable d'expliquer et je craindrais d'inventer.
      En faisant un effort, je peux tout au plus dire que cela marche quand je me sens compromis avec la matière, compromis avec la genèse, la naissance, l'amour, la profonde respiration de la terre, le mystère de mes mains.

       

      - in cat. Sculptures en plein air. Namur, Square Léopold (09/05-28/05/1972)

      J’aime surtout la pierre.
      Son poids, sa densité, sa dureté, sa douceur, son refus de mentir. Son épiderme rugueux comme l’écorce, ou poil, doux comme une joue.
      J’aime la genèse, le mystère aussi.
      Ces différentes notions expliquent ce que je fais.
      Je ne saurais dire grand-chose de plus sinon que c’est passionnant.

       

      - in cat. Le bois dans l’art contemporain, 1974.

      C’est peut-être la méfiance à l’égard des mots de ce qui définit, je ne sais, mais je ne me sens pas capable d’expliquer et je craindrais d’inventer.
      En faisant un effort, je peux tout au plus dire que cela marche quand je me sens compromis avec la genèse, la naissance, l’amour, la profonde respiration de la terre, le mystère de mes mains.

       

      - in cat Jambes, Fête 76.

      Je ne suis pas un drame, ni un monstre d’anxiété, mais étant homme, j’ai hérité de son inquiétude, de sa curiosité, de son besoin immense de tendresse.
      Je vis cela au jour le jour, dans la matière vivante, la pierre, le marbre.
      Cela pousse lentement, puis parfois plus vite, quand il fait beau.
      Parfois aussi, rarement, des fleurs naissent.

       

      - Jean Willame (1987) cité par Roger Pierre Turine.

      « Pour moi, dit-il, une sculpture c’est très peu de chose, un nombril au milieu de ventre. Quelque chose comme un éclair, un dialogue tenace, mais fugitif à qui n'y prendrait garde. C'est dire si, lorsqu'une idée me vient, je la note ou la modèle aussitôt pour l’empêcher de s’échapper ».

       

      - Jean Willame (1987) cité in Jacques Toussait. Le sculpteur Jean Willame, 1932-2014. Entre sacré et profane. Namur, Art et Héritance, 2016, pp. 40

      J'aime me persuader qu'à la limite le peu de visage qui apparaît vit là depuis très longtemps dans la matière, dans la terre ; il y était avant même que je touche à la pierre. Alors, mon métier consiste à enlever une peau, et les visages surgissent directement de la matière. C’est une question tactile, difficile à expliquer ! Et de temps en temps, rarement, on arrive à toucher ce vers quoi on tend tout le temps, et ça c'est heureux.

       

      - Jean Willame (1991) cité in Jacques Toussait. Le sculpteur Jean Willame, 1932-2014. Entre sacré et profane. Namur, Art et Héritance, 2016, pp. 40-41

      On m’a souvent posé la question : Comment faîtes-vous pour passer de l’art profane à l’art sacré ? Je sous-entends par quelle gymnastique ?
      Cette question m'étonne toujours parce qu'elle suscite l'idée de deux mondes opposés.
      Je ne vois pas la différence.
      Pour l’artiste, c'est le même élan,la même recherche et implication de l’homme dans tout ce qu'íl est, corps et esprit.
      Pour moí,1a seule différence se situe au niveau de la fonction.

       

      - Jean Willame (1994) cité in Jacques Toussait. Le sculpteur Jean Willame, 1932-2014. Entre sacré et profane. Namur, Art et Héritance, 2016, p. 42.

       Et à l’encontre de la sculpture tendant à s'emparer de l'espace au-delà de ses propres limites (sans en contester le principe, ni sa qualité possible), je me sens cependant plus orienté vers une forme de sculpture plus statique.
      L'espace m'intéresse pour autant qu’il vienne buter, enserrer un objet ayant son lyrisme, sa limite à l'intérieur.
      La densité d'un matériau s'emparant d'un volume d’espace bien déterminé tend au définitif.
      Quant à l'espace environnant pénétrant à l'intérieur des formes, je le vois comme une forme de respiration de la matière. Dans ce sens, un matériau comme la pierre garde tout son pouvoir. D'autant plus que c'est un matériau ayant des grandes exigences.
      Ce n'est pas à prendre comme une limite, bien au contraire.
      Respecter le matériau dans sa structure, c’est en fait y répondre.
      Cette notion est, je pense, un élément essentiel en vue du langage.

       

       

       

  • Texte de présentation

    • - Notice dans le chapitre intitulé Dictionnaire in Arts plastiques dans la province de Namur, 1945-1990, pp. 138-139.

      Son œuvre s’est développée dans deux doubles directions parallèles : le sacré et le profane, la figuration et l’abstraction, avec de riches et indissociables interférences.
      Des figures en bois et en pierre, à thème religieux, qui évoquent l’univers roman font place, au contact des carriers et au terme de l’exploration obstinée du matériau, à des autels – sculptures et tableaux de pierre – vigoureusement façonnés, au service de la fonction et du lieu.
      En vrai sculpteur, « qui retranche de la matière », il façonne d’étranges totems monumentaux qui dressent leur mystère en plein air.
      L’empreinte humaine qui anime de l’intérieur ses cailloux, ses stèles et les formes organiques de ses marbres, sera plus lisible dans d’autres sculptures conçues notamment en relation avec l’architecture. Ici, comme nos anciens imagiers, il utilise parfois la couleur. Il en sera de même avec ses autels récents en bois peint. Passer d’une voie à l’autre, se situer entre le construit et l’organique, se partager entre la raison et le cœur, est un cheminement ardu « car il faut éviter, nous confie-t-il, que le cœur ne se perde pas en cours de route ;

      - in S. Goyens de Heusch (sous la dir.), XXe siècle. L’Art en Wallonie. Peinture. Sculpture. Gravure. Tapisserie. Photographie. Architecture, Tournai-Bruxelles, 2001, p. 431.

      Devant les sculptures de Jean Willame, le regard glisse littéralement sur le grain lisse d’un visage juvénile, sculpté dans un marbre blanc, un granit bleu ou, plus rarement, dans une pierre noire de Mazy. ‘Je tends toujours vers le minimum d’indices, explique l’artiste, et c’est le plus ardu à atteindre car il faut éviter que le cœur ne se perde en cours de route ». Dans les œuvres plus abstraites, la pierre revêt l’apparence de volumes organiques, propices aux métamorphoses visuelles : « Communiquée à la taille de la pierre, la conscience des perceptions reçues de la nature, sans pour autant en traduire l’identité, est, pour le critique Léon-Louis Sosset, la ligne de force de ses options ». Mais qu’elles soient abstraites ou figuratives, les œuvres de Jean Willame maintiennent cette capacité de mener le spectateur vers un mysticisme religieux, que l’artiste ne cesse de revendiquer.

       

      - Abbé Jean-Marie Poncin (allocution prononcée lors des funérailles de Jean Willame,le 8 octobre 2014) cité in Jacques Toussait. Le sculpteur Jean Willame, 1932-2014. Entre sacré et profane. Namur, Art et Héritance, 2016, pp. 44-45.

      Jean, quel bonheur de t'avoir rencontré !
      Nous vivons avec cette pensée tout en partageant la douleur de Luce, celle des enfants et des petits-enfants.
      J'étais étudiant quand j'ai entendu parler de Monsieur Willame pour la première fois. C’était dans le cadre d'un cours d’initiation à l'art contemporain. Monsieur le Chanoine Lanotte nous présentait des œuvres d’architectes, tels Le Corbusier ou Roger Bastin, tout près de chez nous, des sculpteurs de référence, tels H. Moore ou Jean Willame, tout aussi près de chez nous, des peintres, des maîtres-verriers. Bref cet enseignant nous ouvrait des portes, nous pressait à « ne pas nous figer dans l’appréciation d'œuvres multipliant les styles pastiches pour que nous adoptions une attitude d’accueil pour les œuvres porteuses d'esprit »

      En fréquentant l'Académie de la rue du Lombard, à Namur, le visage et la personnalité de Jean me sont devenus plus familiers.
      En son atelier, il enseignait un peu à la manière de Socrate : il ne déversait point de discours sur l'art, n'étalait point de certitudes, mais il questionnait. Qu'un étudiant l’appelât pour demander s'il trouvait beau ce qu'il venait de réaliser, Jean répondait par une autre interrogation : « Penses-tu vraiment être allé au bout de ta recherche ? Et puis, qu’entends-tu par beauté ? L’idée de beauté varie tant selon les personnes, selon l'époque, selon même une humeur du moment ». Et l'étudiant poursuivait sa recherche. Jean parlait davantage de la structure d'une œuvre plus ou moins bien charpentée, d'une œuvre qui a de la force et qui se doit d'être l'expression vraie de l'artiste. L’honnêteté dans l’art.
      Tous les étudiants de l'Académie se souviennent de ces temps de midi des samedis : Jean rassemblait les tables pour que le repas se vive en partage, en commun ; il suscitait ainsi des échanges entre les étudiants, aucun sujet n'était tabou : pluralisme des pensées, pluralité des styles. J’ai follement aimé cet atelier où dans la poussière ça sentait si bon l’humain.
      Durant les cinq années que j’y ai passées, une seule fois, Jean a accepté de présenter à ses élèves des diapositives de ses œuvres, comme s'il ne voulait pas nous dévier de notre recherche, comme s’il ne voulait pas nous entraîner dans la sienne.
      Découvrant ses œuvres, je suis saisi par la paix et la gravité de tous les visages qu’il figure, miroirs de son propre visage.
      Il magnifie la femme, lui donnant des formes opulentes, allongée sur le sol, femme généreuse comme la terre peut l’être, hospitalière et nourricière. Enchantement de la vie.
      Certaines sculptures laissent filtrer ses propres questionnements sur l'avenir, sur la place de l'homme quand tout est l'objet de consommation, homme quelquefois simple jouet d'autres hommes : je revois cette œuvre de bois représentant un labyrinthe dans lequel s'insèrent des têtes humaines telles des billes que lion peut déplacer à sa guise. La spiritualité de l'artiste passe par la sensualité du corps et de la matière. Sa foi en la vie traverse la pierre.
      Œuvres profanes, œuvres destinées aux églises, les œuvres de Jean poussent celui qui les regarde à opérer lui-même un acte de création, expérimenter lui-même, ce que Jean Sullivan appelle des sensations fines, les mille révélations que le monde fait sur le corps et qui allument une petite flamme intérieure quand on sait s’absenter de ce qui hurle : une aile qui passe, une roche moussue, un lichen sur un mur, un chaland sur un fleuve.
      Et l’on ne peut même pas dire qu’on en jouit. C’est comme dans l’enfance, on ne le sait pas, l’enchantement traverse.
      Ouí, Jean, toute ta vie, tu nous précèdes, ailleurs.

       

Acquisitions

Collections.

Communauté française de Belgique.
Musée communale d’Ixelles.
Musée en plein air du Sart Tilman.

Banque nationale de Belgique.
Crédit communal.