Biographie

Serge Vandercam est né en 1924 à Copenhague, d'un père d'origine italienne et d'une mère française.

La découverte de l'Aphrodite grecque à l'âge de 7 ou 8 ans suscite ses premiers émois artistiques.

Vers 1936, il découvre la photographie dans la chambre noire du frère d'un ami. Il est conquis et photographie les arbres du Parc du Cinquantenaire (Bruxelles).

Dès 1942 il apprend l'abc de la photographie en travaillant dans l'atelier de photogravure Tallon à Bruxelles.

Après la fin de la 2ème guerre mondiale (il s'est engagé comme volontaire dans la 21ème armée anglaise, non sans avoir connu la déportation à Poznan, Pologne), il est photographe de rue à Anvers.

Responsable du laboratoire de photocopies de l'OMA (administration parastatale), il entame une série d'expérimentations et fréquente brièvement l'Ecole belge de Photographie et de Cinématographie de Bruxelles.

A l'époque, il n'y a pratiquement pas d'écoles de photographie en Belgique, aussi ce sont des revues comme Minotaure ou Variétés qui initie Serge Vandercam aux photographies de Brassaï, Man Ray ou Raoul Ubac.

1948.
Entre en contact avec les surréalistes (Magritte, Nougé, Chavée, Thiry), tandis qu'il assiste à des réunions chez Louis Scutenaire, en compagnie de Broodthaers et Mariën. Serge Vandercam est plus particulièrement proche du théoricien du surréalisme, Paul Nougé.

1949.
A des fins alimentaires, il travaille dans un magasin de cigares géré par le père de Selim Sasson (futur M. Cinéma de la Radio Télévision Belge Francophone). C'est ce dernier qui organise la rencontre décisive entre Serge Vandercam et le poète Christian Dotremont, fondateur de Cobra. Peu après, c'est Joseph Noiret ,un autre fondateur de Cobra qui le rencontre. Il fréquente aussi les Ateliers du Marais (Bruxelles) initiés par Alechinsky et fréquentés par Olyff, Strebelle, Reihnoud, F. Welles, de Heusch. Il termine l'année comme cameraman à la Télévision belge.

1950.
La revue Cobra n°7 publie L'Escalier, sa première photographie de Serge Vandercam accompagnant un texte de Franz Hellens. Cette année là, il expose à la Galerie Saint Laurent de Bruxelles, aux côtés de Raoul Ubac et Roland d'Ursel. L'exposition "Les développements de l'œil. A propos des photographies de Raoul Ubac, Roland d'Ursel et Serge Vandercam", organisée par Dotremont, génère un séminal texte de réflexion sur la photographie.

Après la dissolution de Cobra en 1951, il rencontre le peintre écrivain belge Roger Van Gindertael à Paris.
* A des fins éditoriales, Serge Vandercam entreprend une série de portraits d'artistes. De cette démarche naîtra autant de rencontres décisives : Poliakoff, de Staël, René Char qui l'encourage à s'initier à la peinture. Le livre "Témoignages pour l'art abstrait" comporte 25 portraits réalisés par Serge Vandercam. Ceux ci sont exposés en 1952 à la galerie "Aujourd'hui" au Palais des Beaux Arts de Bruxelles, aux côtés des tableaux des artistes concernés. Parmi ceux ci, Hans Arp qui l'introduit à Hermann Eidenbenz, responsable de la section photographique expérimentale à Lucerne. S'en suit la présence de Serge Vandercam à l'Exposition mondiale de la Photographie de Lucerne.

De 1952 à 1953, cette gigantesque manifestation voyagera en Europe et aux Etats Unis suscitant le vif intérêt d'Otto Steinert. Dès cette époque, la peinture surplante progressivement la photographie chez Serge Vandercam. 1953 La revue Phantomas publie dès son premier numéro des photographies de Serge Vandercam lesquelles confirment sa filiation avec Cobra et le surréalisme. La même année, la galerie Martinet d'Amsterdam accueille un accrochage "brut" des photos de Serge Vandercam (celles ci sont collées sur panneau, sans cadre, ni passe partout). Pour l'occasion, Selim Sasson rédige le texte introductif.

1954.
Participe à Subjektive fotografie II, exposition réalisée par un Otto Steinert toujours admiratif. Il refuse néanmoins l'offre de Steinert d'enseigner dans son école de Saarbrücken. La galerie Apollo présente un de ses tableaux dans le cadre d'une exposition collective.

De 1954 à 1957, l'artiste réalise des commandes très expérimentales pour diverses entreprises (firme Knoll, pavillon de l'Exposition Internationale du Textile de Bruxelles, Foire de l'Acier à Liège, sidérurgie Espérance Londoz, pneus Englebert, ...). Ces installations conçues dans un espace créatif très libre ont quasiment toutes disparu. Cerné de toutes part par les commandes, Serge Vandercam abandonne la photographie alimentaire vers 1958.

1955. Prix Hélène Jacquet

1956.
Lauréat du Prix de la Jeune Peinture belge. Julien Coulommier publie un texte sur lui dans la revue Photorama ouvrant la porte d'une collaboration prolongée.

1957
Serge Vandercam et Julien Coulommier organisent avec l'aide du directeur du Palais des Beaux arts, Pierre Janlet, l'exposition "Images inventées" à la galerie Aujourd'hui. C'est une manifestation artistique de grande ampleur qui vise à affirmer la photographie comme mode d'expression artistique autonome n’ayant pas à rougir des autres médiums. Elle témoigne de la capacité de la photographie d’engendrer des œuvres non figuratives joignant ainsi les autres modes d’expression abstraits de l’époque.

Prix International Lissone

1958
Médaille d'or à la Triennale de Milan 1958. Récompensé au festival d’Anvers (Prix du film d’Art) pour le film Un autre monde, réalisé avec Henri Kessels, avec texte de Dotremont. La photographie cède dès lors peu à peu la place à d’autres moyens d’expression (boues, collages, dessins mots, dessins, terres cuites, céramique, sculptures sur bois ou pierre) auxquels répondent souvent les poèmes de Dotremont.

1962. Parution de la première revue The Situationist Times laquelle fait appel à Serge Vandercam pour la Belgique. Médaille d'or pour la céramique à Albisola

1963. Réalise des Aluchromies avec le Groupe des Aluchromistes, dont un panneau monumental exposé à la Feria de Barcelona en 1963.

 

1979-1989. Enseigne à l’ENSAV de La Cambre à Bruxelles, tandis qu’il dirige l’Ecole des Beaux Arts de Wavre.

1986. Le Musée des Beaux Arts d’Ixelles lui consacre une première rétrospective.

1991. L’Espace Photographique Contretype lui consacre une rétrospective de photographies expérimentales en 1991. * Un portfolio avec textes de Joseph Noiret est édité par Contretype pour l’occasion.

Evenements / Expositions