Biographie

Fils de la haute bourgeoisie, il ne connait ni la bohème ni des débuts difficiles qui entravent parfois la carrière d’un artiste.

Formation :
‑ 1837‑38 et 1849‑50. Académie de Bruxelles. Professeur : F. J. Navez.
Trahit dès ses premiers pas un penchant très vif pour la grande peinture décorative.

1852.
Se fixe à Paris et il y réside plusieurs années, non sans revenir passer l’été à Arlon où son père était gouverneur du Luxembourg. 
- S'y perfectionne en travaillant dans un atelier libre et chez la statuaire de Triquety.
* A Paris, rencontre J.B. Jongkind, J.F. Millet et E. Isabey. Y rencontre également les frères Joseph et Alfred Stevens

1854.
Ses débuts officiels datent du Salon de Bruxelles en 1854, où il expose plusieurs tableaux d’inspiration romantique.

1858.
Rentre à Bruxelles.

1861‑64.
Part pour l’Italie et vit à Rome, à Florence et à Venise pendant trois ans, il en rapporte avec lui l’esquisse de "Roma", qu’il exécute dès son retour et expose au Salon de Paris en 1865 et à Bruxelles l’année suivante, 

1868.
Co‑fondateur de la Société libre des Beaux‑Arts.

Se lie d'amitié avec l'auteur O. Pirmez et avec P. De Vigne.

1969.
Membre de la Société royale belge des Aquafortistes.

1875.
Première exposition personnelle à Bruxelles (Salle Bernheim).

1887 et 1891.
Participe aux expositions des XX.

1902.
Membre de l'Académie royale de Belgique.

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1913. Rétrospective avec Kunst van Heden.

Publication d'un recueil posthume, "Pensées".

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de présentation

    • - Paul Lambotte. Eugnène Smits in Art flamand et hollandais, 1913.
      Eugène Smits ne fut jamais très connu de la foule. Il n’était pas compté parmi les grandes vedettes de nos expositions. L’homme, à la fois très fier et très modeste, ne recherchait pas les succès bruyants,
      Pendant toute sa carrière, il ne consacra jamais ses pinceaux qu’à des interprétations de la beauté. Tous les exemplaires d’humanité qu’il peignit forment une élite. S’il retrace des aspects de la nature, il les veut parés des prestiges de la lumière et de la couleur, anoblis de la grandeur des lignes et de l’harmonie des silhouettes, Il aime la libre allure des animaux, l’éclat frais des fleurs, l’abondance somptueuse des fruits...
      On conçoit ce qu’une personnalité de cette valeur devait extérioriser d’émotion grave dans son art réfléchi et ressenti. Doué d’une imagination charmante et noble, Eugène Smits fut un interprète respectueux de la nature. Il fut plein d’humilité devant la beauté de la création ; ses moindres œuvres reflètent sa ferveur, son souci naïf et ardent de bien faire Aussi, le peintre put-il vieillir sans décroître. L’âge finit par rendre ses doigts gourds et son bras incertain. Néanmoins, il demeura grand, par la grâce de son intelligence, de sa culture raffinée, et, par-dessus tout, de sa bonté, de son cœur passionné d’artiste,

      - in Catalogue Les Maîtres sz la Société libre des Beaux-Arts. Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 1932.
      La période la plus heureuse et la plus féconde de sa carrière commence, qui s’ouvre avec la « Marche des Saisons s (exposée en 1868) et se clôt sur le « Jugement de Pêne » (1878).
      Mais personne ne s’adresse à lui pour les grandes toiles décoratives vers lesquelles le poussaient son tempérament et son goût de la sérénité, Il multiplie, à cette époque, les tableaux de chevalet; une réelle monotonie envahit son œuvre, qui souffre à la fois de certaines faiblesses de sa technique et de la minceur du son inspiration. Quelques années plus tard, il cherche à réagir en exécutant une ou deux vastes toiles symboliques, sur lesquelles il s’épuise vainement. La noblesse de sa vie et l’admirable beauté des grandes compositions de sa maturité veulent qu’on ne lui fasse pas grief des tableaux dont sa longue décadence a malheureusement alourdi sa mémoire.