Biographie

Fils unique de l'industriel Nicolas Rops et de Sophie Maubille.

1843.
S'inscrit au Collège Notre‑Dame de la Paix (Namur) pour y commencer ses études moyennes. Il reçoit de nombreux "billets de contentement" pour la qualité de son travail. Rapidement, il se distingue en latin.

1843‑49.
Rops s'inscrit à l'Académie des Beaux‑Arts de Namur. Professeur : F. Marinus.

1849.
Décès du père de Félicien Rops qui passe sous la tutelle de son oncle Alphonse, échevin à Namur avec lequel il ne s'entendra jamais.
Il adopte une attitude anticonformiste et anticléricale et est renvoyé du Collège des jésuites de Namur.
Il poursuit ses études à l'Athénée de Namur.

1851.
Rops est inscrit à l'Université Libre de Bruxelles, pour une candidature en philosophie préparatoire au droit.

1852.
Rops est fiancé à Charlotte Polet de Faveaux, fille d'un juge au tribunal de Namur.

1853.
Séjourne à Bruxelles et fréquente la faculté de droit de l'ULB.
* Fait partie de la bohème estudiantine  ainsi que de la Société des Joyeux, fondée et animée par Charles Decoster.

Publie ses premières caricatures dans la brochure éditée par le Club des Crocodiles (1853‑59) et aussi dans le journal satirique "Le Charivari".

1854.
A sa majorité, il dispose de la fortune de son père.

1854‑57.
Travaille à l'Atelier libre Saint‑Luc avec e. a. Constantin Meunier, Charles De Groux et Louis Artan.

* Se lie avec Louis Dubois et Louis Artan. Il restera leur ami jusqu'à la mort.

1856.
Fonde, avec Charles Decoster, son propre  journal, l'"Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires" où ses lithographies sont  évidemment particulièrement appréciées.

Les premières oeuvres de Rops ("La Peine de mort", "L'ordre règne à Varsovie", "La Médaille de Waterloo") diront sa révolte et sa protestation contre les désastres de son époque. Son talent le mènera, un peu plus tard, à l'illustration des "Légendes flamandes" de Charles de Coster.

1857.
Epouse Charlotte Polet de Faveaux, fille d'un juriste namurois. 

Après son mariage, partage son temps entre Bruxelles et le château de Thozée près de Mettet.

1858,
Naissance de son fils Paul Rops.

1859.
Naissance de sa fille Juliette Rops.

1861.
Contact avec Gustave Courbet.
* Mais il éprouve pour lui méfiance et antipathie.

1862,
Séjour à Paris
*Son talent lui apporte la reconnaissance de nombreux artistes et lui ouvre la voie vers Paris où ses nombreux séjours lui permettent d'étudier la gravure à l'eau‑forte chez Bracquemond et Jacquemart à Paris. Il maîtrise bientôt toutes les techniques de gravure particulièrement le vernis mou, la pointe sèche et l'aquatinte.

De 1863 à 1870, il réside alternativement à Paris et en Belgique.

1864.
Réalise en lithographie "L'Enterrement en pays wallon" qui témoigne de sa sensibilité à la douleur de ses semblables.

Rencontre à Namur Charles Baudelaire, par l'entremise de l'éditeur Poulet‑Malassis.
* Les liens demeureront intenses entre les deux artistes : Rops créera à l'eau‑forte le frontispice des "Epaves", les poèmes condamnés des "Fleurs du Mal".

1865.
Décès de sa fille Juliette.

Lors de ses séjours en Belgique, fonde à Namur le "Royal Cercle Nautique de Sambre‑et‑Meuse".

1868.
Participe activement, à Bruxelles, à la fondation de la Société Libre des Beaux‑Arts dont il deviendra le vice‑président dès cette même année.

1869.
(04/12), Rops est l'initiateur de la fondation à Bruxelles de la Société internationale des Aquafortistes.

Rops rencontre Aurélie et Léontine Duluc, qui deviennent ses maîtresses.

1870.
Léontine Duluc donne naissance à une fille, Claire qui épousera l'écrivain belge Eugène Demolder.

Fonde la "Société internationale des aquafortistes".

1870.
Présent avec Léon Dommartin et Camille Lemonnier, à la bataille de Sedan d'où il ramène de nombreux croquis.

1871.
Long voyage en Scandinavie.

1874.
S'installe définitivement à Paris, où il vit avec les deux soeurs Duluc.
* Entretient par ailleurs de nombreuses liaisons amoureuses, seuls ses rapports avec Aurélie et Léontine Duluc auront un caractère durable.

Rops effectue de nombreux séjours à la côte belge et dans les Ardennes.

Nouveau voyage en Scadinavie.

A cette époque, Rops est l'illustrateur le mieux payé de Paris et travaille pour bon nombre d'écrivains : Théophile Gautier, Alfred de Musset, Stéphane Mallarmé, Jules Barbey d'Aurevilly, Joséphin Peladan, Octave Uzanne...

Il puise dans ses nombreux voyages (Norvège, Suède, Espagne, Hongrie, Amérique, Canada...) et ses séjours à la côte belge l'inspiration pour développer ses talents de peintre.

Période de maturité, où il se révèle aussi dessinateur remarquable, usant avec dextérité et raffinement de la plume ou du crayon souvent rehaussé de gouache, d'aquarelle ou de pastel. Il crée "La Tentation de Saint Antoine" et "Pornokrates" (1878), la suite des "Cent légers croquis pour réjouir les honnêtes gens", "Les Sataniques" (1882) ainsi que la série des "Diaboliques" pour Barbey d'Aurevilly (1884).

1879.
Voyage en Hongrie.

1880.
Voyage en Espagne.

1885 et 1887.
Voyages aux Etats‑Unis et au Canada pour établir un réseau d'exportation des créations de la maison de couture d'Aurélié et Léontine Duluc.

1885‑93.
Membre des "XX"

1886.
Rops est intégré au Groupe des XX, constitué en 1884.
Début de son amitié avec l'artiste liégeois Armand Rassenfosse. Ensemble, ils développent une technique particulière de gravure et inventent un vernis mou transparent, le "Ropsenfosse".

1887.
Participe à l'Exposition des XX, comme en 1889 et 1893.

1892.
Rassenfosse présente Auguste Donnay à Rops.

1896 et 1897.
Participe aux expositions de La Libre Esthétique.

Durant les dix dernières années de sa vie, Rops, qui souffre depuis 1892 d'une maladie des yeux, continue à travailler dans une atmosphère paisible à la Demi‑Lune, sa propriété d'Essonnes près de Paris. Il y donne libre cours à sa passion pour la botanique et crée de nouvelles variétés de roses.

Jamais il ne cessera d'entretenir avec ses amis une correspondance passionnante. On recense, en effet, plusieurs milliers de lettres de Rops, excellent épistolier.

1893.
(juillet). Séjourne à Liège et rend visite à son ami Armand Rassenfosse, à qui il remet son testament et qu'il désigne comme co‑exécutaire testamentaire.

1898.
(23/08) Décès, à la Demi-Lune, hameau de Pressoir-Prompt à Corbeil-Essonnes, entouré de Léontine, Aurélie et Claire, et de ses amis les plus intimes.

Catalographie

Approximativement : 

‑ 1000 gravures
‑ 400 dessins
‑ 400 peintures

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de présentation

    • - Eugène Demolder. Trois contemporains. Bruxelles, Deman, 1901.
      Ce qui rattache encore Rops à la race flamande, c’est qu’il est un très beau peintre. Certes, il y a peu de grands tableaux de lui, et on ne connaît guère que celui de la «Cantinière du Pilotage», dans lequel, dit Ramiro, «la pâte, la couleur, les lumières autant que les lignes, affirment toutes les qualités des maîtres ».
      Pourtant, Rops aimait peindre. Chaque fois qu’il allait à la campagne, il en revenait avec des études, souvent très poussées, qui témoignent d’un rare tempérament de paysagiste. Au poète Edmond Haraucourt est échu le plus solide de ces tableaux : «Paysage ardennais», toile qui rivalise avec les œuvres les plus fines de Courbet Mais que d’études, pourtant, lâchées chez les amateurs, les marchands, les encadreurs, et qu’il est intéressant de recueillir: plages flamandes, où grouillent, en costumes vifs sur le sable blond, les baigneurs ; dunes de Knokke ou de Nieuport; marines de la mer du Nord, qui semblent sœurs de celles d’Artan ; coins de Meuse; villages norvégiens; panoramas des villes espagnoles; bords de la Seine ; sites d’Ardenne ou de Bretagne. Partout où il allait, Rops plantait son chevalet. Et il savait, avec un égal bonheur, rendre les gris nacrés de la mer du Nord ou la transparence bleue de la Méditerranée, les rouges onctueux de la grasse Flandre et les murs roses da l’Île de France, les brumes de Hollande ou le soleil de Séville, la plaine des polders ou les rochers de Saint-Malo. Dans sa moindre étude, on trouve sa griffe pénétrante, son grand instinct d’art, son amour de la nature serrée de près, toujours courtisée avec flamme, et possédée.

      - Notice in catalogue Les Maîtres de la Sociéte libre des Beaux-Arts. Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 1932.
      Comme peintre, Rops fut et reste méconnu, On peut dire cependant qu’il a signé quelques-uns des plus admirables tableaux qu’ait produits l’Ecole belge du XIXe siècle. Mais personne n’y accordait attention et il suffit de constater la place dérisoire faite à sa peinture dans l’innombrable littérature qui lui a été consacrée pour souligner à quel point le malentendu se prolonge encore. Alors que, figuriste et paysagiste, il aurait dû, depuis longtemps, prendre place parmi les maîtres du réalisme, c’est à peine si, comme peintre, il est représenté dans nos musées,
      Lui-même, à la fin de sa vie, ne s’adonnait plus à la peinture que par délassement et sans attacher une grande signification, semble-t-il, aux surprenants paysages dans lesquels, dès 1880, il résumait toutes les aspirations et toutes les volontés de l’impressionnisme sentimental dont notre peinture allait faire un miraculeux tremplin. On demeure confondu, aujourd’hui, quand on regarde les notations qu’il ramena de Scandinavie ou d’Espagne, plusieurs années avant l’apparition aux e Vingt » de Vogels, d’Ensor et de Pantazis. Peinture d’un homme qui suivait seulement la loi de son émotion et de son plaisir : une lente évolution le conduisit, de la sorte, d’un art calligraphique et presque minutieux aux notations les plus libres, les plus franches et les plus personnelles qu’un artiste de son temps ait signées. Il est facile de la suivre, d’année en année, et d’en vérifier la progression; il serait arbitraire de vouloir la codifier en la partageant en chapitres ou en périodes.

  • Informations complémentaires

    • * Renseignons ici le Fonds Félicien Rops situé au Château de Thozée (cf. ce nom sur un moteur de recherche), lieu important dans sa vie familiale et artistique.

      Thierry Zéno en est l'administrateur délégué.Outre des colloques, expositions et manifestations consacrées à Félicien Rops, on y organise des ateliers-résidences pour artistes plasticiens.
      Lien : http://www.fondsrops.org/pages/activites/activites_accueil.html