Biographie

Dès son adolescence, vécue à Thuin, s'éveille au romantisme allemand et au symbolisme (Friedrich, Novalis), à la musique (classique : Richard Wagner, Gustav Mahler et jazz), à Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, au Surréalisme, à l'histoire des Cathares, à Karl Marx, à Sigmund Freud et la psychanalyse ou encore à certains aspects de la gnose orientale et aux arts orientaux et la spiritualité qui les porte.

Autodidacte.

Il écrit ses premiers poèmes inspirés d'abord par Prévert puis par Michaux et Péret. Il en remplit plusieurs cahiers qu'il détruira par la suite.

Peint ses premiers tableaux d’esprit surréaliste à l’âge de 15 ans lorsqu’il découvre l’univers de Giorgio De Chirico puis celui de Max Ernst qui exerce une forte influence sur son travail. 

1949‑50.
Rencontre Henri Heerbrant qui lui fait connaître Breton et Marx.
* Heerbrant exercera une profonde influence sur lui.
** La découverte de Breton et de Benjamin Péret inaugure une nouvelle voie où l'automatisme prendra son importance. Mais l'empreinte de Mallarmé, de recueils comme "Serres Chaudes" de Maeterlinck et "Les Reposoirs de la Procession" de Saint-Pol-Roux restera déterminante

A la même époque il rencontre Jacques Zimmermann.
* Il lui rend souvent visite dans son atelier‑grenier C'est là qu'il découvre, après n'avoir juré que par Armstrong et Bechet, le Jazz Be‑Bop, Wardell Gray, Tadd Dameron etc...
** "Je fis la connaissance de Jacques Zimmermann, en 1949, qui s’acheminait, après une période dominée par un réalisme poétique teinté de surréalisme, vers une peinture non objective où, déjà, le graphisme semblait moduler l’espace, annonçant les lieux «explosants-fixes » qui surgiront après 1957, nids d’ouragans chargés d’autant de tendresse que de menace.
Nous nous retrouvions souvent en son atelier-grenier, situé Place Saint-Jean, tout proche de la galerie Saint-Laurent, sous la protection de Tadd Dameron, de Thelonious Monk, entre autres sorciers. Une longue amitié~inexpugnable, qui dure toujours..."  (Jacques Lacomblez. Entretien avec Marc Renwart in Catalogue Phases belgiques, éd. Dexia à l'occasion de l'exposition éponyme au Musée des Beaux-Arts de Mons, 1990). 

Il entend "Misterioso" et "Round about Midnight" de Thélénious Monk et c'est un choc révélateur.

Jacques Lacomblez rencontre René Magritte au début des années 1950 et fréquente les poètes surréalistes belges comme E. L. T. Mesens, Achille Chavée, Marcel Havrenne, Marcel Lecomte ou Paul Nougé. 

1952.
Première exposition personnelle à la galerie Saint-Laurent, Bruxelles.
* J'y rencontrai Marie Carlier qui allait nous mener aux plis et replis de la transparence ambigue, avant d’allumer, en 1986, une perle de mémoire dans une falaise de plumes.
Il faut que j’insiste également sur tout ce que m’apportèrent mes liens affectueux avec Léonce Rigaut (qui fut beaucoup plus que l’image du discret collectionneur de documents dadaïstes et surréalistes qu’il laissait paraître) et mes rencontres avec André Lorent (ancien compagnon de Chavée, de Dumont) dont la réserve et la lucidité forçaient l’estime. Pour ajouter au tissage de cette sorte de toile de « formation » (en ôtant à ce terme son pesant de prétention et de pédagogie) - il s’agissait surtout de la formation d’un désir, encore inconscient, d’activité commune - je dois souligner aussi l’importance de mes visites nombreuses à Marcel Havrenne qui suivait de près mon cheminement pictural et poétique mal assuré, en décelant avec une simplicité efficace les inconséquences (on ne dira jamais assez les pouvoirs d’émerveillement que suscitait ce poète-étoile tombé du ciel de Novalis et de Jean-Paul). Chez lui, régulièrement, je rencontrais Marcel Lecomte, Paul Colinet, Joseph Noiret, entre autres...
Dire et redire aussi tout ce que je dois à l’affectueuse présence de Marie-Jeanne et Jean Dypreau, de Marguerite et Jo Delahaut..." (J. Lacomblez. Entretien avec Marc Renwart in Cat. Phases belgiques. op. cit.)

1953
Rencontre Guillaume Vanden Borre qui exercera sur lui une influence très importante tant dans les domaines politique et sociologique que dans celui de la technique picturale.

1955.
Participe à l'exposition "L'Apport wallon au surréalisme" (Liège, Musée des Beaux-Arts, 13/10-12/11)

Grâce à l’amitié de Serge Vandercam (les années 1955-1957) qui, photographe de haute volée, nous offrit soudain une série de tableaux littéralement fulgurants, il me fut donné de participer, modes­tement mais avec enthousiasme, à l’aventure Taptoe (Walter Korun, Roel d’Haese, les errances nocturnes qui se terminaient devant la soupe à l’oignon...).(in cat Phases belgiques, op. cit.)

1956.
Adhère au mouvement surréaliste "Phases" et y participe jusqu'en 1966.
* En 1956, il fait la connaissance d'Edouard Jaguer, animateur du mouvement et de la revue "Phases", avec qui il collabore étroitement à l'organisation des différentes activités et participe aux nombreuses expositions en Europe comme en Amérique latine et en Amérique du Nord. 
** "A propos de ce tissu de rencontres et de relations des années 50, je pense qu’il est significatif que nous ayons été attirés par des tendances constituantes du mouvement Phases à une époque où nous ignorions tout de son activité: d’abord, notre attachement profond aux idées du surréalisme (dans ce sillage, l’influence du peintre et militant H. Heerbrant, dès 1949, ensuite mes relations avec Lecomte, Havrenne, Colinet, Lorent et, un peu plus tard, Chavée), par ailleurs les liens noués avec Enrico Baj et Sergio Dangelo (1952-1953), enfin, ceux noués au cours des activités Taptoe (qui, elles, s’inscrivaient surtout dans la mouvance de Cobra). Il était presque naturel que je finisse par rencontrer Edouard Jaguer. C’est en 1956, chez Serge Vandercam, que cette rencontre eut lieu. Et mon désir d’adhésion au mouvement fut immédiat, comme allant de soi. Jacques Zimmermann et Marie Carlier m’accompagnèrent dans cette adhésion, et un peu plus tard Georges Gronier (que je connus vers 1954, toujours chez Toussaint), poète rare, secret et aéroporté qui allait piéger, au hasard objectif, les fuseaux horaires des vols à longue distance, étreinte exemplaire, chez lui, du poème et de la vie.
A partir de 1957, je me rendis régulièrement à Paris, chez Simone et Edouard Jaguer qui m’organisaient de véritables «tournées» de rencontres, journées de week-end (j’étais épinglé la semaine à Bruxelles par mon travail administratif), sévèrement rythmées, tourbillon d’où je sortais le lundi matin émerveillé et épuisé. (in cat. Phases belgiques op cit.)

1958.
Rencontre André Breton par l'intermédiaire de Jean‑Jacques Lebel.

À la même époque, il entre en relation étroite avec plusieurs surréalistes dont Georges Henein, Wifredo Lam, Karl Otto Götz, Robert Benayoun, Jean-Pierre Duprey, Gérard Legrand, etc.

Sous l’impulsion de Marcel Lecomte et de Breton, il passe un an en pays Cathares, principalement à Montségur et dans le Sud-Ouest de la France.
* Durant ce séjour marquant, il se lie d'amitié avec Jean Thiercelin, Adrien Dax et Christian d’Orgeix.

Création de la section belge du Mouvement international Phases par Jacques Lacomblez avec Marie Carlier et Jacques Zimmerman.

Avec l'aide d'Edouard Jaguer, il fonde la revue Edda (1958‑1965) qui aura 5 numéros et les éditions "L’Empreinte et la Nuit" qui publient des recueils de poèmes de Daniel Abel, Achille Chavée, Claude Tarnaud et Jean Thiercelin ainsi que les siens.
* Le premier numéro d'Edda paraît le 30 juin, avec comme sous‑titre Cahiers internationaux de documentation sur la poésie et l'art d'avant garde.

1959.
(28/05) Jacques Lacomblez et Jacques Zimmermann cosignent le tract des surréalistes français "Tir de barrage", manifeste de leur volonté de collaborer avec le surréalisme comme ils consigneront à la fin de l'année le tract "Nous ne l'entendrons pas de cette oreille" rédigé contre Marcel Duchamp.

Participe à l'exposition à l'exposition intitulée "Mostra Internazionale del Surrealismo" Galleria Schwarz de Milan

1961.
A l’initiative de Breton et de Marcel Duchamp, participe à l'exposition, titrée « Le Domaine des enchanteurs » à la Galerie d'Arcy à New York.

1963.
Débute une amitié jamais démentie avec le poète Claude Tarnaud.
Ensemble et avec Thiercelin, ils partageront, entre autres, la passion pour le jazz et fréquenteront assidûment Julio Cortázar parmi tant d'autres mémorables figures des Arts et des Lettres.

1964.
A l'occasion de ses 30 ans, une grande exposition lui est consacrée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

1965.
"Exposition des Surréalistes" à Paris.

1966.
Suite à l'élargissement de Phases, Jacques Lacomblez prendra ses distances vis‑à‑vis du mouvement.
"(...) Pour ce qui regarde l'aspect, le moins essentiel à mes yeux du problème de situation posé récemment ‑ j'entends le fait même des relations avec 'Rupture' ‑ je ne puis ici que répéter mon absence d'intérêt (j'aurais jadis employé le mot opposition) à l'égard des démangeaisons, sportives en quelque sorte (de la révolte considérée comme un sport inavoué de l'intellectuel...) qui agitent ces enfants thalidomiques de Breton. Encore auraient‑ils pu se nourrir quelque peu à la lumière noire d'autres surréalistes comme Jacques Rigaut et moins au flambeau d'une association itinérante pour la propagation de la vie. Dès lors, en ce qui concerne le surréalisme, les intentions des groupes constitués m'importent peu, et je me refuse à jouer les juges de touche bénévoles lors des rencontres de ces messieurs. (...)" (Jacques lacomblez in "A tombeau ouvert", Archives Lacomblez)

Publie plusieurs recueils de poèmes.

1983.
Après la Pologne en 1980 (Poznañ, Varsovie...), le Musée d’Ixelles à Bruxelles propose sa première rétrospective en Belgique.
 

2009.
Pour célébrer ses 75 ans et 60 ans de création, elles ont été présentées en automne 2009 dans une rétrospective organisée au Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc (Bretagne)

2014.
À l'occasion de ses 80 ans, la Galerie Quadri (Bruxelles) a présenté, au printemps 2014, une exposition rétrospective "Images de 1951 à 2013" ; à cette occasion est sortie de presse de presse une monographie illustrée en couleur avec des textes inédits de Guy Cabanel, Jean-Michel Goutier & Laurens Vancrevel qui complète celle déjà parue aux éditions Quadri en 2004

Evenements / Expositions

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de présentation

    • Peintre surréaliste non figuratif.
      Son œuvre se caractérise par une recherche structurelle, due à un réseau d'associations issu des divers domaines de la perception et de la connaissance : poésie, philosophie, expériences spirituelles, sciences naturelles, psychologie, musique etc. Cette dernière détermine le climat de nombreuses œuvres mais aussi les structures contrapuntiques avec souvent une sorte d'équivalence picturale de la "Klanfarbenmelodie" chère à Schönberg.

Acquisitions

Ses œuvres ont été acquises par plusieurs collections et musées dont les Musées d'Art Moderne de Bruxelles, Rome, Jérusalem (collection Schwarz), Varsovie et Poznan.