Biographie

Naissance rue Sœurs de Hasque.

Épouse Berthe Ramaeckers, fille d'un ébéniste de la rue Saint-Léonard.

Exerce le métier de tailleur

Quatre enfants: Jean (tailleur et peintre en amateur, père de Élisabeth/Betsy Koenig, peintre en amateur, mère de Dominique Flausch-Deleuze, elle-même artiste-plasticienne); Léon (1908; épouse Marguerite ??? dont il a une fille Adrienne, épouse Bacquelaine, habitant à Esneux; conservateur des Musées des Beaux-Arts et de l'Art Wallon à Liège; épouse en seconde noce la veuve du peintre-sculpteur Paul Renotte); Résy (professeur à l'école de coupe-couture); Théodore (1922; chimiste; cofondateur et animateur principal de Phantomas).

1890-92.
Fréquente l'école Saint-Luc (dessin) aux "Prés Saint Denis"

1908.
Naissance de son fils Léon

1910-13.
Rencontres avec Iwan Pokitonow

1916.
Premières peintures avec Jean Defeld

"Il n'a commencé à peindre que pendant la guerre de 1914. Assez tard, on le voit, et sans maître, sinon sans conseils. Jean Defeld, que le hasard lui avait fait rencontrer, lui donne les éléments de la couleur et bientôt l'abandonne à son sort. Il s'agit pour Joseph Koenig de mettre à profit des loisirs forcés pour, lui aussi, peindre des paysages comme ceux que de tous temps et en secret il avait admirés. Il a devant lui, chose étonnante de longues vacances, et il aime la peinture ! C'est sa première et légitime justification." (Léon Koenig, Histoire de la peinture au Pays de Liège. Liège, Apiaw, 1951, p. 98)

Se lie d'amitié avec José Wolff, Adrien Dupagne, Edmond Delsa, Robert Crommelynck

Maintes rencontres avec Richard Heintz; peint avec lui à Targnon.
​* Richard Heintz lui écrit: "Peignez, vous voyez la lumière"

"La peinture, violon d'Ingres, prend de plus en plus de place dans sa vie, elle deviendra une passion, une raison d'être. Il n'aura pour amis que des artistes et lorsque la paix revient, il se remet modestement à sa tâche première et restera un peintre du dimanche. Mais quels dimanches ! Acharné tôt et tard, peignant trois ou quatre fois la semaine de longs soirs lorque le soleil le permet, à la lumière artificielle lorsque l'hiver revient. Il peint et peine sur des portraits, des natures mortes, sur le même paysage entrevu de sa fenêtre. Il a «vu la couleur» et il l'étudie avec sa forte conscience d'artisan, sa discipline d'homme de métier." (L. Koenig, Apiaw, 1951, op cit., p. 98)

1920.
Membre du cercle L'Envol

Fondé en 1920 dans le but de populariser et montrer à l'extérieur une certaine peinture wallonne.

Edmond Delsa s'occupera des archives et de l'administration; Marcel Caron en est le secrétaire.

Camille Bottin, Marcel Caron, Robert Crommelynck, Joseph Delfosse, Edmond Delsa, Marcel de Lincé, Adrien Dupagne, Élysée Fabry, Marcel Goossens, Richard Heintz, Marcel Jaspar, Joseph Koenig, Auguste Mambour, Emmanuel Meuris et Albert Raty.

* "L'Envol n'a ni tendances, ni programme: ce n'est donc pas une nouvelle secte d'artistes et pas plus une école picturale. Et si sous ce titre devait se trouver une dédicace commune à méditer, je serais tenté d'y lire celle-ci: «À chacun sa personnalité»" (Maurice Kunel in Le Journal de Liège, 1920)

Débuts de longues amitiés avec Emmanuel Meuris, Marcel Caron, Edgard Scauflaire, Auguste Mambour, Joseph Zomers, Robert Massart puis Albert Lemaître

1922.
Naissance de son fils Théodore

1923.
Naissance de Jacques Meuris, fils du peintre Emmanuel Meuris et d'Yvonne Caron (fille d'Alphonse Caron; sœur de Marcel et Constant)

1925.
Mambour lui envoie du Congo des dessins-souvenirs.

(  /  -  /  ) Seraing,     : Cercle L'Envol

1929.
Amitié avec Albert Raty
* Albert Raty fera son portrait en 1936; il fera aussi le portrait de son fils Théodore

1930.
Premières peintures de composition.
* Admiration pour Picasso.
​* Lectures passionnées d'Élie Faure

1932.
Membre du Groupe Moderne d'Art de Liège/Anthologie (Georges Linze) et membre de la section liégeoise «Renaissance d'Occident» (secrétaire Emmanuel Meuris)

(mars) Joseph Koenig met une salle à la disposition des groupes L'Équerre et Anthologie pour organiser leur exposition (pour la peinture: Mme Alex Antoine, MM. Lucien Hock, Georges Pauly, André Leroy et le peintre débutant Maréchal; pour la sculpture A. Yankélévici.

(  /  -  /  ) Reims; Épernay: exposition du groupe Anthologie à l'occasion du 10e anniversaire de la revue Créer d'Arthur Pétronio.
​* A. Antoine, G. Pauly, L. Hock, F. Steven, J. Koenig.

1933.
"Mon attitude devant la peinture, elle est simple: je veux ignorer ce que peindre veut dire, je subis la peinture. Pour moi tout est impression, émotion. Je suis sous l'influence de cette vie qui mêlée à la réalité m'enivre et m'ensorcèle. Je goûte la joie d'être. Se faire des illusions à quoi bon !" (Joseph Koenig in Numéro spécial d'Anthologie sur les Arts plastiques, n° 3, fév.-mars, 1933)

(mars) Liège, Palais des Beaux-Arts: exposition L'Équerre/Anthologie.
* Avec: n° 40, Portrait de Léon Koenig; n° 41, Portrait de Teddy; 42, Repos; n° 43, Intérieur; n° 44, Toilette; n° 45, L'Instant; n° 46, Esch/Sûre; n° 47, Vase.

1934
Membre du groupe "L'Atelier" (cour des Minimes) animé par Marcel Defize.
* Lieu communautaire de travail autour d'un modèle commun et possibilité de confronter ses idées; ils admiraient les grandes époques, s'interrogeaient sur l'humanisme et débattaient à propos d'Alain ou de Valéry, par exemple.
* "Au départ, il y eut Edgar Scauflaire, Émilie Delbrouck, Lucien Hock, Fanny Germeau, Georges et Alix Pauly, Jean Dols, Joseph Koenig, Guillaume Detilleux, François Zolet, Xavier Allard, Gustave Paredis, le sculpteur Ernest Stroobants auxquels s'ajouta Paul Cocagne. Ils ne restèrent bientôt plus que sept puis quatre qui concertent aujourd'hui leurs recherches." (L. Koenig, Apiaw, 1951, fini en nov. 1942, op cit. p. 78)

* Gustave Paredis et Guillaume Detilleux deviennent ses amis fidèles.

* "Il m'emmena certain jour à «L'Atelier». L'énoncé d'un exercice infligé à une douzaine d'artistes adultes: Peindre... une pomme (ô Cézanne !) résonna longtemps à mes jeunes oreilles." (Théodore Koenig in Histoire de la peinture chez Phantomas, Bruxelles, éd. Lebeer-Hossmann, 1990, p.367)

1935.
(  /  -  /  ) Liège, La Maison Wallonne (5 rue Hors Chateau- Koenig Joseph (avec G. Paredis)

* Compte rendu de André Dart sur l'exposition de Joseph Koenig à La Maison Wallonne, n° 5, mai-juin 1935.
"Son oeuvre assez inattendue déconcerta plus d'un. Elle se situe au-delà de la naïveté, dans une étrange zone poétique où l'ironie, la caricature et le drame se rejoignent. Ajoutons à ces peintures presque expressionnistes quelques paysages pleins de rythme et quelques portraits très réussis."

* Edgar Scauflaire in La Wallonie (repris dans L. Koenig, Apiaw, 1951, op cit, p. 98-99)
"L'envoi de Joseph Koenig qu'on eut déjà le loisir d'apprécier en d'autres expositions, s'affirme par d'autres vertus, et les oeuvres de ce curieux artiste se placent d'emblée sous le signe de la poésie.
Poésie narquoise et tendre qui nous introduit dans un univers inattendu et féérique où les êtres empruntent à la danse et au rêve leurs attitudes, leurs oripeaux, et jusqu'à l'air qui les baigne.
Mais qu'on ne s'y trompe pas, la littérature n'a rien à voir ici. C'est au seul charme des couleurs et des lignes que l'artiste recourt pour atteindre les fins poétiques et l'acidité ou la soyeuse caresse de ses modulations colorées lui sont moyens aussi sûr d'émouvoir que la déformation d'un geste ou l'accentuation d'un caractère..."

P. S. in L'Express, avril 1935.
"Des scènes de genre dont la composition attire le regard par je ne sais quoi d'ironique et de distingué."

C. de Horion in Gazette musicale de Belgique, 15/7/1935.
"Il peint sous le signe de l'émotion et de la sensibilité méditative."

* Fernand Jouan, Un peintre liégeois: J. Koenig in La Wallonie, 24-25/10/1936.
"Étrange bonhomme ! (...) Il atteint à l'inexprimable (...)"

(  /  -  /  ) Tournai,                          . Salon

 

1938.
Liège: Cent ans d'art wallon

* R.A.M., Le patrimoine des peintres wallons in La Wallonie, 3/1/1938.
"C'est lui qui devait donner à Liège les plus belles interprétations de Saint-Martin et de certaines vieilles rues de la Cité ardente (...)"

1940.
Salon quadriennal de Liège

"À la guerre, il cesse de peindre, étreint par l'énorme horreur de cette nouvelle calamité, puis peu à peu il sort de son mutisme pour peindre une de ces compositions haletantes, hallucinantes, tragiques, d'une toujours plus grande et personnelle recherche de couleurs par quoi cependant il s'est toujours distingué. C'est «Humanité 1941» où toutes les angoisses de son âme avide et tendre ont passé et qui a fait dire à un peintre qui ne le connaissait pas et voyait son oeuvre pour la première fois: «comme cet homme a dû souffrir». À côté de ses vertus colorées, ce qu'on retient le plus dans son oeuvre saisissante, c'est une vérité profonde et tragique, une vérité vécue, c'est le drame humain qui s'y révèle.

Peu à peu cependant l'homme a repris espoir, l'artiste a repris confiance et cette renaissance s'est traduite en de nouvelles toiles: portraits, natures mortes, une émouvante «Piéta», une «Maternité», d'une originale robustesse, un «Chemin de Croix» dont les quatorze stations de format réduit révèlent ses aptitudes étonnantes d'imagination, tout cela s'ajoute à une déjà impressionnante série d’œuvres. Le cycle s'accomplit: ce qu'il avait dispensé sans compter à son art, cette vie qui montait des profondeurs de son être, l'art lui restitue aujourd'hui, c'est un peu l'art qui le sauve.

Il a retrouvé ses pinceaux et ses pinceaux le trouvent prêt à s'épancher encore et à réaliser quelques toiles qui compteront peut-être dans l'histoire de notre peinture et resteront dans les plus frappants témoignages de notre «temps du mépris»." (Léon Koenig, Apiaw, 1951, mais fini en nov. 1942, op cit., p. 99-100)

1942-44.
Un vieil ami d'Anthologie, l'essayiste Fernand Martens, de jeunes poètes (H. Certigny, René Brugmans alias R. Gerbault), de jeunes peintres (Armand Silvestre, José Delhaye, Léopold Plomteux, Francine Trasenster, José Picon, S. Bonhaye, Nelly Sauvage) fréquentent son atelier.

René Gerbault l'entourera, durant les longues années de solitude qui vont suivre, de sa fidèle affection.
"Le «vieux Koenig» et moi, encore très jeune, nous nous comprîmes. Il me fit connaître un exégète amateur, très pittoresque assez savant, très polyglotte, le Hollandais Fernand Martens, un grand Frison au visage asymétrique. Je les trouvai un jour dans l'atelier du tailleur-peintre. Le verre en main, occupés à chanter en duo, en pleine guerre, des chants anglais, ils avaient l'air de célébrer je ne sais quelle victoire. «It's a long way !» grondait Joseph. Martens avait un revolver enfoncé dans l'une de ses bottes.
Un autre jour, ayant aperçu, en me lavant, des soldats allemands qui marchaient dans le jardin de la maison où je me cachais, «résistant» clandestin, en compagnie de certains tracts compromettants, je me réfugiai d'abord chez le «père» Koenig. Sans discuter, il cacha mes tracts au fond d'un placard. Peut-être après m'avoir appelé «Vîx tchèt» («vieux chat» étant, comme chacun sait, un terme d'affection en wallon liégeois)." (René Gerbault, causerie. Brux., éd. Malgrétout, 1976, p. 29)

1944.
Liège: Salon de printemps

* Georges Linze in Le Perron, 25/11/1944.
"Cet ermite de la peinture nous avait donné, avant la guerre, une poignante révélation de l'humanité. Aujourd'hui, l'épopée d'ombre et de lumière de l'armée du maquis, de cette société souterraine et maudite - maudite en temps de guerre et bien près de l'être après - a frappé l'artiste (...)"

(fin déc.) Une bombe volante (V 1) détruit une partie importante de sa production.

1945.
(11/01) Mort de sa femme

(03/06-15/6) Liège, Galerie d'Avroy/Gillot

* René Brugmans, Magie de la peinture in Forces Nouvelles, 7/7/1945
"(...) Une prenante originalité, (...) une profonde observation de la comédie humaine, (...) une sensibilité exceptionnelle (...)"

1947

Membre de l'Apiaw

(13-24/4) Joseph Koenig, Gustave Paredis, René Hauben, Paul Cocagne

* Koenic [sic], Bissietta «Artisti del Belgio» in Il Giornale dell'Arte, Milan, 24/3/1947
"Avec l'amour et la religion d'un franciscain, Koenig peint pour la nourriture de son esprit (...)"

* V. Moremans in La Gazette de Liège, 16/4/1947.
"Cette sensibilité faite d'humilité et de mélancolie qui confère aux moindres de ses toiles un caractère si émouvant."

* J. N. in Le Drapeau Rouge, 17/4/1947
"Ce peintre inquiet d'expression poétique et qui sait charger ses pinceaux d'émotion et de résonances affectives."

1953.
Dernières peintures

1958.
La veille de Noël, il est renversé par une voiture; hospitalisé, il restera alité jusqu'à sa mort, le 21 janvier 1961.

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de présentation

    • - Léon Koenig in Anthologie, n°  , mai 1939: J. Koenig et in Histoire de la peinture au pays de Liège. Liège, Apiaw, 1951, finie en nov. 1942, p. 99

      "On se prend à l'éloquence sacrée de sa palette, il compte dans la vie artistique liégeoise. Mais il demeure inquiet, enfermé, secret, étrange, comme son oeuvre, doutant de ses moyens, humble et tourmenté. Curieux artiste, a dit E. Scauflaire, en effet, curieux homme aussi. En butte à une réalité qui ne lui fut pas toujours clémente, il devait l'exprimer en peintures tendres, simples, pleines de charme et de douce fantaisie, telle qu'il l'aurait désirée, ou bien en oeuvres graves, où le drame fermente dans un univers chargé de signes et de pressentiments, telle que son oeil vif la découvre.
      Peintre libre, impulsif, généreux, ce «selfmade man» déconcerte parfois par la facilité apparente du métier, par l'économie des moyens. Il se met à jongler avec la couleur, pousse un ton jusqu'au raffinement, marque de sa «patte» une expression: c'est que l'ange a passé. Parfois aussi, ce homme vrai qui ne recourt à aucun subterfuge dans le faire, souffre, doute, peine et s'écarte de sa ligne. C'est la période des lentes mutations, des genèses aussi, toujours douloureuses chez l'artiste et qui correspondent en fait à des oeuvres plus anonymes, décevantes parfois, où l'art se venge de l'homme, mais où se préparent en germes les futures réalisations.

      J. Koenig, ne l'oublions pas est un autodidacte et malgré ses efforts, il n'a pas pu combler un certain «handicap» dans le dessin, dans la composition aussi, et on peut souvent lui reprocher l'absence de construction dans son oeuvre, comme un excès de lyrisme formel. C'est un autre domaine qui est le sien, domaine de l'âme, domaine de la métaphysique, c'est là qu'il faut suivre son talent qui ne s'assimile pas d'un coup, vit d'une vie complexe et profonde et opère une espèce d'envoûtement, sauvé toujours par le prestige de sa couleur, l'élément plastique primordial. Il y a un gros déchet dans son oeuvre forcément inégale, arrachée par lambeaux, par spasmes aux nécessités matérielles, mis il faut avoir vu «L'Idiot», «Le Cerf-Volant Jaune», «Le Violoniste», «Le Déjeuner sur l'herbe», «Fête Villageoise», tel personnage de rêve, tel portrait, tel paysage recréé, tant d'autres toiles importantes où il se révèle peintre vraiment émouvant et d'une exceptionnelle originalité."

      - Joseph Koenig in Cat. G. Linze et son époque 1920-1940, Liège, Musée de l'Art Wallon / Parc de la Boverie, 21/2-16/3/1975

      "Les quelques toiles réunies en cette exposition permettront peut-être que ne se perde pas entièrement le souvenir d'un artiste qui parfois intrigua et souvent passionnait quand ses oeuvres étaient livrées au jugement de la critique. Il ne passait pas inaperçu, on le disait «curieux», «singulier».
      L'étrangeté n'implique pas nécessairement un critère de valeur mais paysages et portraits n'ont d'étrange, en leur évidente objectivité, que la qualité hors du temps qui les marque. Cependant le peintre fasciné par son sujet, s'embarquait avec lui dans une réalité seconde; en chacun de ses tableaux apparaissait alors autre chose que ce qu'il représente. Un frémissement, un ton très particulier de la coloration, non exempt de gravité, annonçaient la métamorphose.
      Elle vint lorsque Joseph Koenig se prit à composer, selon le rythme de l'heure et les résonances qu'elle éveillait en lui, selon celui d'harmoniques nées au plus profond de son être. À quoi bon évoquer les moyens techniques ? On percevra qu'ici, seule l'émotion demeure, un souffle de vie, une bouleversante poésie."

      Théodore Koenig  in Cat. G. Linze et son époque 1920-1940, Liège, Musée de l'Art Wallon / Parc de la Boverie, 21/2-16/3/1975

      "Devant son chevalet, il se mettait d'emblée à l'heure choisie, avec cette manière d'être l'incitant à dépenser son potentiel d'inquiétude. l accomplissait alors mentalement la trajectoire qui mène à cette tension entretenue par la consommation de cigarettes blondes, Turmac ou Davros bleues. Elles se consumaient à un rythme alarmant dans l'automatisme du geste lié aux froncements de sourcils, à des clignements d'yeux. Le regard tendu comme un arc le portait jusqu'au seuil de l'engagement, annulait la distance qui sépare la réalité endormie du rêve éveillé dans une façon de cligner de l'oeil scintillant irisé comme la surface des eaux.
      Dans le grand souci de n'émettre point une pensée qui désorienterait sa main, il gardait encore, pour le lâcher doucement, ce qu'un souvenir avait d'acceptable en soi qui le satisfasse. Selon l'angle familier, au travers de cette lentille permettant la vision, l'inspiration passait alors à travers un filtre. Il disciplinait ainsi la façon de s'entendre avec lui-même. Et c'est au centre d'un climat de fumerolles suractivantes qu'on aurait pu distinguer le bout des doigts de la dextre, boucanés à tant de tabagie, se saisir des poils de soie trempés dans la térébenthine reverdissante, effleurant la couleur pour la poser enfin. Il assouvissait sa faim de vivre la couleur et les formes: il atterrissait à l'endroit précis, délimité par avance dans la toile enfusinée.
      Tels étaient chez mon père, les prémices de l'acte de peindre."

      Georges Linze  in Cat. G. Linze et son époque 1920-1940, Liège, Musée de l'Art Wallon / Parc de la Boverie, 21/2-16/3/1975

      "Joseph Koenig, homme modeste et doux, laisse une oeuvre d'une prenante originalité. Il allait chercher au plus profond de lui, les formes qui l'exprimaient tout entier.
      «Je veux ignorer ce que peindre veut dire» écrivait-il dans Anthologie en 1933, pour se laisser dominer uniquement par ses impressions et ses émotions.
      Il ajoute «La réalité de cette vie m'enivre et m'ensorcelle». Il était simplement heureux. «Je goûte la joie d'être» dit-il.
      Nous avons conservé de lui un souvenir inoubliable. Il a décrit, à sa façon, un aspect secret de notre monde."

       

      - René Gerbault / René Brugmans. Causerie. Brux., éd. Malgrétout, 1976, p. 31.

      "L'œuvre de J. Koenig est déroutante à force de diversité. On ne peut guère parler à son propos d'«époques» ou de «périodes». Il pouvait très bien peindre un portrait naturaliste après avoir pratiqué l'expressionnisme durant plusieurs semaines. Puis revenir à l'expressionnisme ! Non sans avoir passé par un surréalisme occasionnel, assez spécial ! Ou non sans détour par une décorative «Cueillette des oranges», petite toile exquise et fragile, peinte avec des glacis...
      Que de mystères dans la peinture, souvent étonnamment profonde du «père» Koenig !
      Je crois qu'il est permis de parler à son propos d'extrême humanité.
      Il fut parfois nettement génial."

      - Louise Fredericq in Le Dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1994-95 [à titre de réflexion]

      "[in extenso] Peintre de portraits et de paysages, il est également dessinateur. Dès 1925, il est membre du groupe Art moderne. Il fait partie du cercle L'Envol et partage l'atelier de A. Mambour et Scauflaire."

       

       

Acquisitions

OEUVRES DANS LES COLLECTIONS :

Bruxelles, État belge.
Liège, Musée de l'Art wallon (au moins 3): e. a. "Portrait de Léon Koenig".
Reims, Musée des Beaux-Arts.
Verviers, Musée des Beaux-Arts.
Overijse, Propriété École de Cavalerie

Collections privées [cf. cat. Linze, 1975, op cit., p. 41]  :
coll. Léon Koenig.
coll. Théodore Koenig.
coll. Mme R. Collette - Koenig (au moins 4)
coll. A. et A. Bacquelaine - Koenig (au moins 8)
coll. Dominique Deleuze
coll. Constant de Horion ("Portrait de C. de Horion")
coll. M. et Mme Gaston Delcour (au moins 4)
coll. M. et Mme J. Defize, Rotheux
coll. Mme Claire Ramelot
coll. Mme Paul Mathieu - Graindorge, Liège