Biographie

Fils d'Alexandrine Jacob, artiste peintre et de Théophile Léon Jacob, architecte à l'administration des Ponts et Chaussées.

1942‑44.
Entre dans la résistance armée au service secret clandestin belge de renseignement militaire (Athos).
S'engage dans la Brigade Piron et participe à la libération des Pays‑Bas.

1945.
S'inscrit à l'Université Libre de Bruxelles (faculté de philosophie et lettres) et s'installe à la Cité Universitaire.

 

Formation :
‑ 1947‑49. Académie de Bruxelles. Sculpture.

1948.
(  /  -  /  ) Arlon, Auditorium. Œuvres des peintres, sculpteurs et graveurs de la province du Luxembourg.
* Première participation à une exposition.

1949.
Décide d'arrêter ses études de sculpture.

1949‑54.
Occupe la fonction de surveillant à l'Athénée de Bouillon où il rencontre Pierre Gilet, professeur de français et écrivain ainsi que les frères Gérard et Jean Delruelle, pensionnaires à l'Athénée.

1950.
Epouse Christiane Hallet, fille d'un négociant de tabac de Corbion‑sur‑Semois où le couple décide de s'établir.

A partir de ce moment‑là, côtoie d'autres artistes établis dans la région : Albert Raty, Paul Schrobiltgen, Guillaume Edeline, Marguerite Brouhon, Marcel Hubert.
Ceux‑ci feront partie du cercle de ses relations plus ou moins proches.Nombre d'échanges d'œuvres s'effectuent entre eux.

A cette époque, réalise de nombreuses commandes spécifiques, publiques et privées ‑ telles que des monuments commémoratifs aux morts des deux guerres ou diverses stèles pour des cimetières et autres lieux publics.

1955.

(  /  -  /  ) Arlon, Auditorium. Salon de la Dryade.

1956.
Réalise le bas‑relief "Transmission T.T." encadrant la porte de la Régie des Télégraphes et des Téléphones à Arlon.

Maquette primée en 5e position sur 32 au concours pour le monument aux morts d'Anderlecht.

(05/12-06/24) Anderlecht, Jardins de la Maison Erasme. Biennale de sculpture en plein air (06e)
(  /  -  /  ) Aix-la-Chapelle,                                  Ardenne-Eiffel.

1957
Réalise "Les Cracheurs", fontaines sur la façade du Palais des Congrès au Mont des Arts à Bruxelles.

1958
Reçoit le prix de l'Institut National de l'Education Physique et des Sports / NEPS pour "Le Sauteur en hauteur"

Inauguration du buste d'Albert Raty, peintre des Ardennes commandé par José Chaidron, patron de la Glycine à Vresse‑sur‑Semois.

Réalise de nombreux portraits durant ses années à Corbion.

(  /  -  /  ) Arlon,                                   . Salon 58 de l’Académie luxembourgeoise.

1959
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie espace. Jacob Roger.
​PREMIÈRE EXPOSITION PERSONNELLE.

(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie de la Madeleine. [Sans titre]

1960
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Espace. Panorama.
(24/09-30/10) Gand, Museum voor Schone Kunsten. Salon 1960 ‑ Gand. 50e salon national des Beaux‑Arts.

1961
Reçoit une bourse de l'Etat belge pour un voyage en Yougoslavie et en Grèce avec son épouse Christiane.

Réalise le bas‑relief "Les Tireurs de Zinc" dans le bâtiment de Prayon à Engis.

(16/12-00/01/62) Liège, Association pour le progrès intellectuel et artistique de la Wallonie / Apiaw Jeunes artistes de Wallonie

1963
(  /  -  /  )            ,          . Salon international d’art contemporain du Luxembourg

 

Achat d'une œuvre, un "Couple en bronze" par l'Etat belge.

1964
Réalise un Christ monumental du cimetière de Marche‑en‑Famenne.

Réalise une sculpture en acier pour la façade de l'hospice de Marche‑en‑Famenne.

(05/09-18/10) Anvers, Hessenhuis. Art d'aujourd'hui en Belgique

1965
(02/10-14/11) Gand, Musée des Beaux-Arts.Salon National (51e)
(13/10-14/11) Paris / FR,                     . Salon d'Automne
(26/11-2/1/66) Liège, Palais des Beaux-Arts. 20 ans d'Apiaw

1966
(  /  -  /  ) Arlon, Galerie Wagner. Jacob Alexandrine, rétrospective, Jacob Roger, sculptures

1967
(  /  -  /  ) Mons, Musée des Beaux-Arts. Peintres et sculpteurs du Luxembourg.

1968
(  /  -  /  ) Florenville, Ecole d'art. Jacob Roger.
(  /  -  /  ) Ostende, Casino. Les métiers d’art dans la Benelux.
(  /  -  /  ) La Haye, Parc de loisirs Madurodam. Festival hollandais du Benelux.

1969
Offre la pierre commémorative de la fondation Georges Linze pour "La Poivrière", Florenville.

(  /  -  /  ) Namur, Maison de la culture de la Province de Namur. Les métiers d’art des 9 Provinces

1970
Réalise "La Sentinelle" pour le fonds des routes de la Ville de Bouillon.

(  /  -  /  ) Florenville, Ecole d’Art. Peintres et sculpteurs de notre temps.

La famille déménage à Trooz, près de Liège.

1972
Réalise une sculpture monumentale pour la nouvelle usine à zinc de Prayon implantée à Ehein (Engis).
Réalise une sculpture monumentale pour les Asturianas de zinc en Espagne qui viennent d'étendre leurs usines.

(  /  -  /  ) Verviers, Galerie Primaver. Jacob Roger

1975
Devient membre de l'Académie luxembourgeoise lors de la Biennale de Saint‑Hubert.
* A cette occasion, le Cercle culturel de Saint‑Hubert lui achète une œuvre.

Réalise une sculpture pour le Crédit communal de Liège.

Réalise un bas‑relief pour la façade des nouveaux bureaux de l'usine de Chemie Rupel de Prayon à Ruysbroek.

(  /  -  /  ) Halanzy, Hôtel de Ville. Artistes luxembourgeois.
(  /  -  /  )  Saint-Hubert,                                   Sculpture de Petits Formats.
(  /  -  /  ) Florenville, Foyer culturel de la moyenne Semois. Biennale des arts plastiques et artisanat d’art luxembourgeois.
(  /  -  /  ) Nassogne,                                        . Sculpture en plein air. Sculpteurs belges contemporains.
(  /  -  /  )  Liège, Musée de la Vie Wallonne. Les Aspects de la vie populaire en Europe. Amour et Mariage.

 (11/07) Met fin à ses jours.

Liste d'oeuvres

Sans titre (Tête d'enfant), plâtre (27 x 14 x 17)
1950, Plus d'infos
Les cracheurs, pierre (3éléments de 55 x 55 cm)
1957, Plus d'infos
Sans titre (Tête sans visage), plâtre (20 x 10 x 8)
1958, Plus d'infos
Acier corten
La sentinelle, acier corten (1400 cm, 5 tonnes)
1970, Plus d'infos
Tôle
Sans titre (Ruysbroek), tôle métalisée peinte (400 x 300 cm)
1975, Plus d'infos

Catalographie

1956. Bas-relief "Trasmission T.T." encadrant la porte de la Régie des Télégraphes et des Téléphones d'Arlon.
1957. Les Cracheurs
​1958. Buste d'Albert Raty.
1961. Les Tireurs de Zinc dans le bâtiment de Prayon à Engis.
1964. Christ Monumental du cimetière de Marche-en-Famenne.
1969. Pierre commémorative de la Fondation Georges Linze à Florenville.
1970. La sentinelle pour la ville de Bouillon.
1972. Sculpture monumentale pour l'usine à zinc de Prayon implantée à Ehein (Engis)
1972. Sculpture monumentales pour les Asturianas de zinc en Espagne.
1975. Sculpture sur la façade de l'usine chimique de Prayon à Ruybroek


Un Saint François pour une maison à La  Roche
Une Vierge en granit pour le home Solvay à Bouillon
Un monument en l'honneur des Chasseurs Ardennais (route de Menuchenet‑Charleville).

 

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de l'artiste, Interviews

    •  

      - Roger Jacob ; Le portrait sculpté. Texte extrait du périodique La Dryade n° 2. Florenville, automne 1956 ; repris in Roger Jacob, Liège, Fondation privée Les Amis de Roger Jacob, 2013.

      Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change.
      Mallarmé.

      La ressemblance n`est pas le côté essentiel d'un buste. Si l'on se proposait uniquement de reproduire exactement les traits du modelé, il serait plus simple d`en faire un moulage sur nature. Le portrait sculpté vise plus haut. Le sculpteur tente de hausser l'individu et de l'amener là où il rejoint une divinité, là où le visage débarrassé des scories de la vie ne devient qu'un reflet de sa vie intérieure, là où la spiritualité doit sourdre lentement mais intensément de chacun des plans qui, harmonieusement soutenus les uns par les autres, arrivent au style et donnent au modèle un second visage plus vrai, plus profond, quasi surhumain.
      Un buste sculpté est loin d'être une copie de la nature. C’est une transformation. D'un modèle on ne retiendra que les éléments sculpturaux afin d'en faire une sculpture plutôt qu'une belle tête. Le portrait, à qui on aura enlevé tout caractère anecdotique (coiffure à la mode, par exemple) ou toute trace fugitive (sourire, larmes, haine, etc.) qui mange un visage et nous en donne souvent un aspect faux, trouve alors une expression d'ordre plastique, une grandeur, une vérité. Ce n'est plus une tête de décapité, mais une œuvre complète au même titre qu'une statue.
      Un des écueils du portrait sculpté sera sans conteste la chevelure ; combien de portraits gâchés par une coiffure ! Que celle-ci soit donc subordonnée à l'équilibre sculptural et que par son volume elle ne soit qu'un casque et même renforce le caractère du masque !
      C’est le regard le côté essentiel d'un visage. Il est le lieu le plus mystérieux et le plus insondable de l'être, mais qui lui permet de signifier par-delà lui-même. Si de tous les artistes le sculpteur possède le plus de moyens de représenter la nature, devant le regard il est le plus dépourvu et aux mots âme, esprit, pensée, il n'a à offrir pour les traduire que de la pierre ou de la glaise. Et pourtant le regard sculpté offre une sorte de lumière interne plus insondable que le regard vivant.

       

      - Roger Jacob. Extrait d’exposé prononcé par Roger Jacob en 1973. Repris in Roger Jacob, Liège, Fondation privée Les Amis de Roger Jacob, 2013.
      Je voudrais dire quelques mots sur la sculpture par rapport à l’architecture et au social.
      (…)
      De la sculpture, je n'en donnerai qu'une idée générale, je ne tiens pas à prendre parti pour l'une ou l’autre vision. Personnellement, je considère que l’abstrait s'intègre mieux à l’architecture moderne, et que l’abstrait convient particulièrement à la sculpture. La situation de la sculpture est à mi-chemin entre la peinture et l'architecture.
      Le sculpteur s'exprime sans le brio, sans la facilité du peintre. Il ne faut pas oublier cette troisième dimension qui pose pas mal de problèmes. Si la peinture n'a qu'un plan, la sculpture, elle, elle en a dix, vingt, que dis-je, changer un volume demande beaucoup plus de travail et d'effort que de gommer une ligne. Si la couleur dans une étude donne un effet flatteur, immédiat, la glaise elle, matière d'étude pour le sculpteur, demande encore un moulage, travail lent et précis qui donne toujours une certaine angoisse en fonction, premièrement de la réussite de l'opération et deuxièmement de revoir cette œuvre, qui en glaise pouvait séduire et qui en plâtre sera une nouvelle chose. Ce plâtre lui-même devra devenir sculpture dans une autre matière, qui donnera encore une fois cette angoisse. Que sera-t-elle, en bronze, en inox, en polyester ? Le sculpteur n'a pas cette spontanéité du peintre, il est tenu à la rigueur par la difficulté du matériau à dompter. Mais la sculpture s'allie à la peinture par la gratuité de sa démarche en opposition à l’utilitarisme de l'architecture.
      La poésie de l’architecture est le corollaire de sa fonctionnalité. A cette poésie mathématique et de proportions pures, opposons la poésie des formes libres. La poésie des formes libres est cette joie de relaxer l'œil, de le distraire de cet alignement, d'inscrire une spirale, une courbe, d'opposer un autre matériau ; soit un bronze par rapport à la pierre, corriger une ligne trop sèche, trop monotone. Mais ces formes libres soulignent l’axiome architectonique par un jeu inattendu mais tendant à une harmonie. Harmonie qui demande un dialogue avec l’architecte, maître d'œuvre. L’architecte moderne (je suis optimiste) commence peu à peu à se rendre compte que, de plus en plus, la nouvelle architecture demande la collaboration de l'artiste afin d'accentuer l'impact visuel à sa propre construction.
      Malheureusement, il n'y a pratiquement pas de coordination. L’architecte moderne fait encore une concession à l’artiste qu'il désigne pour décorer son bâtiment. Il considère l'œuvre d'art comme un élément étranger, destiné à remplir un espace vide. Il ne considère pas que ce soit une intégration de l’œuvre d'art dans sa propre conception architecturale. Un bel exemple d'architecture et d’intégration de sculpture est la banque Lambert à Bruxelles. L’architecture est due, je crois, à un groupe d'architectes américains. Quant à la sculpture, elle est de Moore, sculpteur anglais des plus réputés. Par contre, un exemple assez triste, tant en architecture qu'en sculpture, c'est le Mont des Arts, ou moi-même d'ailleurs, j'ai fait les Cracheurs du Palais des Congrès. Je crois avoir mieux réussi à l'usine d'Ehein, ou je pense que la sculpture monumentale que j'y ai créée s'intègre parfaitement à l’architecture toujours difficile d’une usine.
      Un dialogue calme et harmonieux doit se créer entre la forme rigide de l'architecture et la forme assouplie de la sculpture, consciente du principe architectonique qu'elle recèle, c'est-à-dire qu'elle met en évidence la qualité de l'architecture. L’architecture moderne est fonctionnelle, elle tend par sa structure-même à la monotonie et appelle la contradiction de formes libres qui créent une animation. La sculpture et l’architecture ne peuvent s'accorder vraiment qu'en se désaccordant. Toute sculpture ne s'adapte pas à l'architecture. La trop grande similitude des lignes ne rend pas l’intégration plus facile, les tracés horizontaux et verticaux rappellent trop les tracés de l'architecture elle-même et ce constructivisme demande une isolation.
      Si la sculpture se trouve à mi-chemin entre la peinture et l’architecture, le relief, lui, peut se définir à mi-chemin entre la sculpture et la peinture, et peut-être plus lié à l'architecture que la sculpture proprement dite, de par son appartenance directe au mur. De ce fait, le relief a un rôle important à jouer dans l’architecture. La variété et la multiplicité des nouveaux matériaux apportent une grande liberté d'expression à l'artiste.
      Dans les temps, la sculpture a trouvé à transmettre le mysticisme, la volupté et parfois, une permanence sociale. Elle a de nouveau, à travers une grande architecture moderne, le devoir de s'imposer pour animer et rompre la monotonie de l’architecture et l’indifférence de la masse esclave du mécanisme. Retrouvons des fontaines, des arrêts de l'œil, la caresse de la main ; jetons des pierres, du bronze ; apprenons aux gens à s'arrêter, à reprendre leur souffle. Il faut retrouver cet homme d'art, artisan probe et conscient, inscrit dans une société attentive et réceptive à son ouvrage.
      Le passé est témoin : il existe une continuité à travers les révolutions. Une révolution de l'art dans sa permanence fait une époque, les accents se perdent, les agressivités, les petits moments exprimés sont noyés dans une vision plus large. Nous sommes présentement témoins et artisans d'une évolution capitale, dont le dynamisme permanent laisse l'individu inquiet du lendemain. Il n'appartient pas au sculpteur ni à l'architecte d'employer nécessairement le stress de la vie journalière, les problèmes de la pollution ou l’agressivité de la société de consommation. Le but primordial est d'établir une œuvre durable ou l'homme pourra s'inscrire et trouver un équilibre entre la rue et l'habitat, retrouver la paix dans le volume, la lumière, le mur. Le sculpteur s'inquiète de la froideur et de l'anonymat des grands ensembles, des cités administratives, et pis encore, de ces grands dortoirs humains que sont les H.L.M. Entre les grands cris de cette construction socio-politique, le sculpteur, par son œuvre, veut animer, veut calmer, veut être. Etre de calme et de beauté, appartenir à tous, sans prétention d’intellectualisme, d'engagement social, politique. Etre dans son ordre. Ordre intérieur, équilibre, conscient d'une solitude où chacun puisse se retrouver dans une lumière intérieure qui joue harmonieusement avec une lumière extérieure.
      L’architecture moderne, déterminée par la migration vers les grands centres, propose des cités de béton, ou homme, dans une solitude encadrée d'un confort mécanique n'arrive plus à assumer son humain. Cette triste société qui se réfugie dans des cités-dortoirs, abîmée entre la T.V. et la voiture, n'arrive plus à s'inscrire dans un esprit de groupe et laisse un homme dépourvu d'idéal humain. Le bonheur n'est pas dans les choses, et les choses sont conquises.
      Que reste-t-il comme révolution, sinon de rendre l'homme conscient de lui-même et de ses frères, de les retrouver, de renaître. De cet égoïsme léthargique, englué dans le confort, il faut amener les gens à s’intéresser à la vie culturelle. Les expositions sont vides, ou bien on n'y retrouve jamais que le même petit monde stéréotypé à 80% de snobs ou de gens attentifs à la bonne petite affaire financière.
      L'art devrait descendre dans la rue, occuper les usines, les bâtiments publics. Si les gens ne vont pas à l'art, il faut que l'art aille aux gens.
      Ceci ne peut se faire sans l'appui de grands mécènes, soit l'Etat, les communes, les industries. C’est en voyant et en côtoyant régulièrement l'Art nouveau que la masse pourra être sensibilisée et accepter les nouvelles tendances artistiques.
      Il est surprenant que les choses du passé - l'Art égyptien, l'Art grec, le roman, le gothique, la renaissance - soient acceptées d'emblée. Le bon touriste reviendra de ses vacances, l'appareil rempli de vieux clichés. Il se sera attendri devant les vieilles pierres, et aura négligé ou haussé les épaules devant les œuvres contemporaines. Il est cependant important de faire remarquer que la naissance de l'art abstrait en sculpture date d'avant 1914. En l'occurrence, le premier sculpteur abstrait fut russe. Un dénommé Tatlin qui, en 1913 à Moscou, fut le père du constructivisme. En Belgique, ce fut Vantongerloo en 1919 et en France Brancusi qui des 1910 partant d'une forme ovoïdale tendit vers une stylisation et une épuration maximales. Deux Russes encore, deux frères, Pevsner et Gabo, qui eurent à quitter la Russie en1921, apportèrent à la sculpture deux éléments nouveaux et importants le creux, le vide actif, dans ce sens que le plein et le vide ont la même valeur.

       

       

  • Texte de présentation

    • - Georges Linze. Un grand artiste, un grand ami. Texte extrait du bulletin semestriel 3 et 4 de l'Ecole d`Art de Florenville, sous la direction de Roger Brucner, Chassepierre, 1969. (Ce texte a été légèrement corrigé).

      Le sculpteur Roger Jacob, de Corbion, qui fit l'an dernier, sous le signe de l'Ecole d'Art de Florenville, une exposition remarquée, dans les locaux de la fondation Georges Linze, de la Tour Poivrière, étudie à l'Académie de Bruxelles. La sculpture l'avait tenté depuis ses plus jeunes années malgré la résistance de ses parents. Puis vinrent la guerre, la lutte contre l’occupant, la Brigade Piron, la campagne de Hollande...
      Le jeune artiste s'installe à la Cité Universitaire à Bruxelles et fait des portraits, des compositions. Il se cherche. C’est à ce moment qu'il aurait fallu, au sculpteur, un bon atelier et un bon maître. Mais ces choses sont rares en Belgique. Roger Jacob suit les cours de l'Académie de 1947 à I949, sans grand enthousiasme et déclare d’ailleurs : « ce fut amplement suffisant ». Il admire Jespers et les grands poètes de la matière que sont Brancusi, Zadkine, Moore...
      Chez Roger Jacob, le passage du figuratif à l'abstrait fut très lent. Lui-même n'explique pas clairement cette transformation fondamentale, ce phénomène, pour lui, irréversible. Il y a, dans cet art nouveau, plus d'intensité, moins de facilité et pourtant plus d`absolu et de profondeur. Qu'on le veuille ou non, c`est l'art d'une époque qui se cherche et qui s'exprime originalement.
      Comme chez tout artiste créateur, il y a chez Roger Jacob une fierté qui confine à l’agressivité. L’artiste, conscience de la société, s'isole souvent pour mieux la voir et l'exprimer.
      Le poète, a-t-on dit au colloque de l'école d'Art de Florenville en l968 est un être immensément seul, mais c'est la voix secrète de tous. Roger Jacob choisit délibérément cette position de combat. Il travaille au sein d'une civilisation troublée, nouvelle. Il ne craint pas de commander des pièces à l'usine, qu'il unira après au chalumeau. La pensée va et vient. Roger Jacob travaille à un signal routier de 9 mètres de haut pour une autoroute (carrefour de Curfooz) pour en rompre la monotonie et en même temps fixer l'esprit sur un haut lieu de l'Histoire.
      D'autres œuvres naissent lentement ou se marient étrangement l'intelligence et la sensibilité d'aujourd'hui.

       

       

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      Réalise des œuvres tant figuratives qu'abstraites lyriques.
      Commence à travailler le métal en laissant libre cours à son imagination.

      Crée ses œuvres monumentales en fonction de l'environnement ou de l'architecture qui l'entoure.

       

Acquisitions

Collection de l'Etat belge
 

Collection Belfius.

Collections privées.