Biographie

Formation :

‑ Académie de Liège. Professeurs : Auguste Mambour, Jacques Ochs.

1934.

Membre du groupe l'Atelier.

Résistante pendant la guerre.

1949‑76.

Professeur de dessin à l'Académie de Liège.

En dehors du monde artistique, s'est fait connaître surtout dans son combat pour le droit des femmes et pour la légalisation de l'avortement en Belgique.
C'est elle qui a fondé, dans les années '70, le centre "Louise Michel" où on pratiquait l'avortement clandestin. Les liégeois la considéraient comme leur "Simone Weil".
Ensuite elle a milité contre l'excision des femmes en Afrique.

Evenements / Expositions

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de l'artiste, Interviews

    • "J'ai eu la chance, en sortant de l'académie, de faire partie d'un atelier où des sculpteurs et des peintres discutaient, échangeaient des idées, recevaient des gens et peignaient. C'est là que j'ai acquis ma formation artistique et politique." (Interview de Fanny Germeau par Anne Grosjean in La Meuse, 11/10/88)

      "En 1933, notre vie ne se dissociait pas de ce qui se passait dans le monde: la montée du fascisme, la guerre d'Espagne, le Front populaire en France." (F. Germeau, 1988, op. cit.)

      C'est à L'Atelier que Fanny Germeau découvre toutes les écoles picturales qu'elle ne connaissait pas; la littérature aussi.*
      * "Avant «L'Atelier», j'adorais Valéry puis j'ai fait la connaissance de Céline, de Simone de Beauvoir et d'André Malraux." (F. Germeau, 1988, op. cit.)

      - "J'aimais la musique, la poésie mais le fait de fréquenter l'Atelier m'a tellement emballée que j'ai orienté ma vie vers la peinture. Cet Atelier m'a ouvert au monde et il fut ma seconde naissance. L'Atelier m'a apporté trois choses essentielles: la peinture dont j'ai découvert qu'elle n'était pas seulement la copie de la nature, le communisme alors que mon milieu familial était à l'opposé - et la maçonnerie." (in Bernadette Raskin, en préparation; photocopies des pages 6 à 12 fournies par Mme Germeau, le 12/4/1999)

      - "Nous devions certainement être influencés par Piero della Francesca, par Uccello. Nous étions intéressés par l'influence de leurs techniques nouvelles sur la forme et par la philosophie de leur art. La perspective, l'anatomie, la composition elle-même faisait un passage du christianisme à la Renaissance par l'apport d'idées nouvelles, le retour aux formes amples et architecturales des archaïques Grecs et Romains. Même le contenu figuratif ressentait le passage du christianisme à l'humanisme. Ainsi chez Piero della Francesca, si l'iconographie des personnages était toujours la même que celle des chrétiens, la forme était devenue anti-chrétienne. Les personnages, les vierges étaient fortes et hautaines ses anges ressemblaient plus à des condottieres qu'à des anges. Le Christ avait cessé d'être un martyr, il était fort et vainqueur, sortant de sa tombe. Même dans la flagellation d'Urbino, il réservait une part prépondérante à l'architecture et une sorte de désintérêt pour la scène qui se passait au fond, comme figée, alors que des personnages du premier plan, d'un autre type que les personnages chrétiens robustes et sans mystique, sans mystère, recréaient justement un mystère d'un autre genre. Un mystère artistique qui n'avait plus rien à voir avec le mystère chrétien. Nous étions très frappés par le fait que le sujet avait si peu d'importance et que la forme l'emportait magistralement.

      Ce vers quoi nous tendions, c'était de faire un art qui dépasserait l'anarchisme et l'amoralité pour reprendre en main les rênes de la raison et essayer d'atteindre un humanisme poétique et artistique sans tomber dans les essais inesthétiques du «réalisme socialiste». Il fallait réétudier l'évolution des civilisations, des arts primitifs qui avaient précédé les arts grecs (l'art archaïque). D'autre part, la Renaissance, les Pré-Renaissants, le Quattrocento, voir comment l'expression artistique avait pu ressusciter de la période précédente et apporter de nouvelles racines à l'art tout en respectant sa longue tradition, cela nous préoccupait beaucoup. Nous connaissions l'expressionnisme allemand, flamand (Permeke) et l'École de Laethem-Saint-Martin, mais nous ne pouvions pas être très influencés par cette dernière parce qu'elle était essentiellement flamande, près de la terre, sans grande spiritualité. Ce que nous cherchions plutôt, c'était de continuer l'art latin: un expressionnisme latin imprégné de classicisme, ce qui était assez paradoxal." (Fanny Germeau cité par B. Raskin, en préparation)

      Fanny Germeau publie un article, "La féminité et le féminisme" in La Femme Wallonne dirigée par Marie Delcourt.

      Toute sa vie, elle a étudie la représentation de la femme en art, de la préhistoire à nos jours. Elle a ressentie cette représentation comme relevant de l'idée de la femme objet. Dès lors elle concentrera toute sur énergie sur l'étude de la représentation d'une femme sujet (Conversation du 12/4/1999)

       

      "La politique nous envahissait. En 1936, on a connu les grandes grèves, le Front Populaire" (Fanny Germeau cité par B. Raskin, en préparation)

      "En 1937, je suis allée à l'Exposition de Paris où j'ai découvert Guernica au sommet du pavillon espagnol. L'Espagne était en guerre et ce fut un choc pour moi de découvrir que le cubisme avait réussi d'une façon plus percutante à exprimer l'horreur que ne l'avait jamais fait l'art du réalisme socialiste." (Fanny Germeau cité par B. Raskin, en préparation)

      "Les années suivantes, parallèlement à nos recherches, nous nous occupions de ce qui se passait à l'extérieur de nos frontières. La guerre d'Espagne battait son plein; des enfants espagnols étaient amenés en Belgique pour échapper à l'horreur des combats. Le fascisme montait. Il y a eu Munich. C'est à ce moment que j'ai été membre du Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes où j'ai connu des Francs-Maçons qui m'ont fait entrer en Maçonnerie." (Fanny Germeau cité par B. Raskin, en préparation)