Biographie

Denyse Fréson-Chabot

Naissance à Liège de Denyse Chabot, le 25 novembre 1926.
- 1936 La famille s'installe à Paris.

Formation :
Paris
- 1945 Fréquente l'académie Testard: dessin de mode.  
          Élève libre à l'Académie de la Grande Chaumière: dessin de nus et modèle vivant.
- 1946-1948  Académie des Beaux-Arts: dessin, anatomie, histoire de l'art
- 1946-1949  Fréquente l'Académie Julian: dessin, peinture, modelage... (atelier de Pierre Jérôme, admirateur de Rouault).

Liège
1949, Épouse le Docteur Jacques FRÉSON et s'installe à Liège. 1950-51-52 : Naissance de ses trois filles. Retourne plusieurs fois à Paris à l'académie Julian et à la Grande Chaumière.
À Liège, fréquente une académie libre de peinture le dimanche matin  
- 1955-1958  Liège, Académie de Beaux-Arts: cours du soir de sculpture, atelier de Louis Dupont.

1988
(2-28/12/88) Bruxelles, Galerie Arcade Mauve, Fréson Denyse. PREMIERE EXPOSITION PERSONNELLE

1990
(4-12/04/90) Liège, Eglise St-André: Exposition de peinture liégeoise contemporaine.

1991
(9-24/02/91) Wégimont, Galerie du Domaine Provincial, Fréson Denyse.

1991
(3-16/08/91) Stavelot, Galerie Guillaume Apollinaire - Hôtel de Ville-  Fréson Denyse

1992
(13/03-17/04/92) Liège, VI Charles Magnette Art Gallery. Fréson Denyse
(12/07-15/08/92) Valréas (F), Château de Simiane: 41ème salon de l'enclave Fréson Denyse

1995
(02/12-30/12) Liège, Galerie Arcane. Fréson Denyse

Liste d'oeuvres

Triangles (51 x 61 cm)
11/1986, Plus d'infos
Théorème (80 x 60 cm)
1986, Plus d'infos
Mosaïque, triptyque 2 (70 x 150 cm)
1987, Plus d'infos
Delta (70 x 50 cm)
10/1988, Plus d'infos
Imbrication, triptyque n°6 (70 x 150 cm)
1988, Plus d'infos
Arc beige (90 x 90 cm)
09/1990, Plus d'infos
Cercle blanc (80 x 80 cm)
1990, Plus d'infos
2 Carrés noirs (60 x 50 cm)
07/1991, Plus d'infos
Composition (80 x 80 cm)
03/1992, Plus d'infos
Zig Zag (90 x 90 cm)
11/1992, Plus d'infos
Jeux de Triangles (70 x 90 cm)
1995, Plus d'infos

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de l'artiste, Interviews

    • Peindre, pour moi, ce fut et c'est l'impossibilité de ne pas répondre à un besoin.
      Besoin de s'exprimer, de laisser trace, de faire oeuvre.
      Organiser des surfaces, équilibrer des volumes, harmoniser des couleurs.
      Animer un espace, lui donner une vie propre, en exprimer le style.

       

      Peindre, c'est l'inévitable exigence de ma liberté.
      Approfondir, tirer le meilleur de soi, se dépasser.
      Une façon de s'affirmer, de lutter contre les contraintes, de tendre vers la plénitude.
      Créer: angoisses, interrogations, efforts... et quelquefois la satisfaction d'une toile bien venue.

       

      Depuis mon enfance j'ai toujours aimé dessiner et peindre.
      Mes premières "huiles" datent de mes quinze ans et, pour autant que je me souvienne, c'est devant mon chevalet que j'ai passé les heures les plus intenses.
      Après une longue période figurative, période d'apprentissage et d'expérimentation, je me suis tournée vers l'abstraction: schématisation, construction, lyrisme.
      Et puis, depuis trois ans, retour à une abstraction plus géométrique correspondant au mieux à mon état d'âme actuel et, bien entendu, sans présumer que cette esthétique ne soit définitive, puisque comme chacun sait, toute vie est changement.
      Ce qui compte, c'est de rencontrer "ma vérité" au moment où je peins.

      Et, cependant, jusqu'à présent, je n'ai jamais eu ni désir, ni nécessité de montrer mon travail et si je m'y détermine aujourd'hui, c'est sous la pression bienveillante de mon entourage familial et familier.

                  Denyse Fréson,           septembre 1988

  • Texte de présentation

    •   Georges-Marie Matthijs

      Il y avait longtemps qu'un peintre ne nous surprit autant que Denyse Fréson, dont nous ignorons tout, sinon ses oeuvres. ...
      Davantage peut-être que par la valeur en soi de ses compositions à l'huile ou de ses gouaches (monumentales, nonobstant leur format modeste), Denyse Fréson s'impose par une indéniable authenticité.
      Ainsi à la vue d'un détail -en noir et blanc- d'un de ses tableaux, un courant passe, un lien se crée entre l'auteur et le spectateur, l'un comme l'autre indispensable en la circonstance. Au même titre que la chose peinte elle même.
      D'où cette manière de miracle issu des profondeurs de l'âme du peintre? Poser la question n'est pas pour autant y répondre. ...
      Après avoir élevé trois filles ..., Denyse Fréson accomplit, à notre avis, l'itinéraire indispensable, l'essentiel demeurant, à notre avis, l'itinéraire parcouru par l'artiste, à la recherche et à la découverte de sa vérité?
      Ce chemin difficile, dangereux s'il s'en trouve, la mena de la figuration vers l'abstraction. En même temps que la simplification des formes apparut l'importance de la construction. Il fallut trouver une solution valable pour chacun des problèmes en vue de remplir une surface donnée, aux fins d'y inscrire de fragiles mais incontestables équilibres géométriques et chromatiques.
      Tout en concédant volontiers à Denyse Fréson le droit de changer de registre sinon de style (affaire de conscience), nous tenons à souligner que les oeuvres présentées à l'Arcade Mauve de la rue des Minimes firent toutes et chacune montre d'une rigueur qui n'est jamais sécheresse, d'un ordre n'excluant nulle variation, d'un sens de l'harmonie, fruit d'interrogations majeures et d'un labeur (toute une vie offerte) respectueux de la liberté de l'artiste-créateur.
      Pour les amateurs d'étiquettes comme pour les historiens en quête de filiations -fussent-elles contestables-, disons que, pour l'heure, Denyse Fréson s'inscrit dans le courant de l'abstraction géométrique, sensible, mesurée, harmonieuse, aux antipodes des coups de poings comme de coups de dés caractéristiques, eux, de l'abstraction lyrique...
      Rien n'est pourtant figé dans cet art qui différencie les couleurs chaudes d'avec les tons froids, comme l'enseigne, par exemple, l'A.B.C. de la Peinture de Paul Sérusier.
      Denyse Fréson délimite les surfaces peintes. On y trouve des cloisons évoquant parfois le rôle du plomb dans la technique du vitrail.
      Apposée dans chaque alvéole, dans chacune des composantes d'un ensemble où tout se tient et fait corps, la teinte fait chanter le support tout entier. Néanmoins, l'artiste atteint un maximum dans l'expression lorsque, à la technique du peintre, viennent s'ajouter des vibrations nées dans la couleur traitée comme matière.
      Sans empâtements inutiles, les toiles paraissent alors davantage nourries, plus sensuelles aussi. D'où un plus large rayonnement - à la fois lumière et chaleur - de l'oeuvre en cause qui tend vers sa plénitude.
      Si - comme l'a énoncé Pierre Soulages - "La peinture, c'est la musique de l'âme", alors Denyse Fréson est vraiment peintre et musicienne. Poète d'un certain silence, elle s'avère riche de la sagesse que seul peut enseigner l'Art - le vrai, l'authentique - , mis au service de la Beauté, attribut de Dieu.                                                                                                                   
                                                                                                                                                                                                                                                                     in Le journal d'Aubel, 27/01/89

       

       

       

      Benoît Franck

      ...S'imprégnant d'une abstraction qu'elle a déjà pratiquée dans les années cinquante, elle intègre de nouvelles composantes picturales, renouvelant ainsi son travail. D'expérimentations en recherches nous pourrons voir, ici à la Galerie, de vastes toiles très architecturées où la jubilation colorée le dispute à la rigueur nécessaire.
      Loin des modes et des courants éphémères, Denyse Fréson en revient donc au vrai travail de peintre, s'efforçant de trouver la bonne adéquation entre formes et couleurs.
      Toute la rigueur qui se dégage de ses toiles ne doit jamais, cependant, nous faire oublier la sensibilité de l'artiste.
      Les formes s'agencent de manière parfaite, s'emboîtent naturellement les unes dans les autres pour former une vaste mosaïque.
      Mais, ici, la couleur existe par elle-même, elle n'est pas la condition sine qua non d'une expressivité formelle mais elle est là, avant tout, pour elle-même, La couleur ne sert rien, elle existe en tant que telle.
      Elle réagit, et, au terme d'une interaction colorée, s'érige en système autonome.
      Non seulement le choix de la couleur est primordial mais il est fonction de la proximité d'un autre champ coloré qui automatiquement conditionne son voisin. Toute couleur appelle sa correspondante. Au terme de ce subtil jeu, l'oeil est stimulé, le plaisir n'est pas loin.
      Mais l'effort du peintre ne s'arrête pas là.
      Denyse Fréson joue également sur la matérialité des composantes picturales.
      Des surfaces rugueuses s'opposent à des surfaces lisses pour créer une dialectique des matières renforcée par les valeurs chromatiques complémentaires.
      Ces qualités de coloriste, d'adroit géomètre sont autant de caractères nécessaires à un artiste. Denyse Fréson les rassemble dans son travail abstrait.
      Pour conclure, laissons la parole à Michel Seuphor (1): "Dans l'art abstrait nous touchons à la fois la tradition -non dans son conformisme superficiel, mais dans sa profondeur réelle, j'entends dans l'activité des constantes valables- et la plus révolutionnaire rénovation. Sans doute n'est-il pas encore admis.
      Pour moi, c'est l'évidence et ne demande aucune démonstration autre que l'existence des oeuvres, leur vitalité dans le monde d'aujourd'hui."
            (1) M.S. in "La peinture abstraite, éditions Arcade, Bruxelles, 1963, p.26,
                                                                                                                                                                                                                                                                                                   in Wégimont Culture n° 62, fév. 91

      La simplicité maîtrisée
      Une économie de moyens, en outre parfaitement maîtrisée, confère au travail de Denyse Fréson une austérité vite remise en question. Si l'oeuvre est constituée de données élémentaires (triangles, carrés, lignes, courbes), l'émotion qui s'en dégage n'est certainement pas ténue. La grande rigueur dans le choix des couleurs et des volumes ne doit pas masquer la sensibilité du peintre qui cherche l'harmonie, les oppositions fructueuses. Une plage colorée en aplat est à proximité d'une zone rugueuse; la forme carrée, rectangulaire, est transpercée par une ligne allant d'un bout à l'autre de la géométrie. Comme si l'infini passait à travers l'oeuvre éphémère. Si l'hiver a vu se réaliser quelques toiles, le spectateur en percevra la froide clarté. Certains tons chauds évoquent par ailleurs une ambiance plaisante, humble et joyeuse.

      Il ne s'agit pas, dans le cas de Denyse Fréson, d'abstraction pure, c'est-à-dire ne renvoyant pas au réel mais au contraire, ses oeuvres évoquent sans cesse une situation, transposée dans un tableau abstrait géométrique. Les croquis se bousculent dans l'atelier de l'artiste. Le peintre travaille ses impressions, les refond dans sa composition. Ces sensations sont mises à distance comme pour mieux les voir. Une fois plongées dans l'alchimie géométrique, elles s'expriment universellement par formes interposées. Tous les éléments constitutifs d'une oeuvre de Denyse Fréson se répondent. Ils s'appellent, se complètent et, jamais ne s'annulent. Ces rectangles, carrés et lignes, sont agencés de manière à construire un vaste édifice répondant à des règles quasi mathématiques. Telle couleur est placée afin de renforcer ou balancer un autre champ coloré et tel cercle tempère la rigueur du carré. Parfois même la gamme chromatique se rétrécit pour ne plus prendre en compte que trois couleurs élémentaires.
      Outre le jeu interne du tableau, il faut distinguer également la concordance qui s'établit entre les oeuvres elles-mêmes. Un triptyque est composé dans le but d'aller au-delà d'un seul panneau. Le peintre déborde du cadre et remplit un second puis un troisième panneau, tous deux au départ du centre qui rayonne au travers de ses compagnons placés côte à côte. C'est une sorte d'écriture envahissante, tentaculaire qui tisse des rapports non seulement à l'intérieur de l'oeuvre mais également entre les différentes toiles.

      Ainsi, à l'entrée d'une exposition de Denyse Fréson, nous sommes happés par les toiles, comme prisonnier du réseau. Car tout est construit en rapport. Forcément donc, la magie des ressemblances, des concordances, des formes récurrentes donnent à ses toiles un caractère envoûtant. Mais dans cet art érigé en système il est possible aussi de s'attarder et, si l'on veut, de s'apaiser.

      in Wégimont Culture, texte de présentation pour l'expo de Stavelot, juin 91

       

       

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