Biographie

De père anglais et de mère flamande, il est né dans une famille de la petite‑bourgeoisie d'Ostende, Ensor quitte peu sa ville natale il meurt dans sa ville natale ...

* Commentant sa naissance lors d'un banquet offert en son honneur, il s'exprime en ces termes :« Je suis né à Ostende, le 13 avril 1860, un vendredi, jour de Vénus. Eh bien ! chers amis, Vénus, dès l'aube de ma naissance, vint à moi souriante et nous nous regardâmes longuement dans les yeux. Ah! les beaux yeux pers et verts, les longs cheveux couleur de sable. Vénus était blonde et belle, toute barbouillée d'écume, elle fleurait bon la mer salée. Bien vite je la peignis, car elle mordait mes pinceaux, bouffait mes couleurs, convoitait mes coquilles peintes, elle courait sur mes nacres, s'oubliait dans mes conques, salivait sur mes brosses»

Son père, un ingénieur anglais, sombre dans l'alcoolisme. Sa mère, de souche flamande, tient un magasin de souvenirs, coquillages et masques de carnaval. Les heures passées près d'elle, dans un décor coloré et fantastique, influencent son inspiration.

 

Formation :

‑ Dès l'âge de 13 ans, il peint et dessine d'après des reproductions sous la direction de deux peintres ostendais : André Dubar et  Michel Van Cuyck.

‑ 1876. Académie d'Ostende où il dessine d'après plâtres et modèles vivants.

‑ 1877 (1e octobre)‑1880. Académie de Bruxelles. Professeurs : J. Stallaert, J. Van Severdonck, A. Robert, .

* Se lie d'amitié avec Fernand Khnopff et Alfred Finch

** Il se lie d'amitié avec le critique Théo Hannon qui introduit le peintre dans le cercle d'Ernest Rousseau, professeur à l'Université Libre de Bruxelles et de sa jeune femme Mariette Rousseau qui sera "l'amour inaccessible" d'Ensor.La famille Rousseau qui l'introduit dans les milieux artistiques et intellectuels de la capitale.

*** Mais il s'insurge contre l'académisme :  « Je sors et sans façon de cette boîte à myopes, des professeurs mal embouchés", dira‑t‑il.

Décide de retourner s'installer chez sa mère située au coin de la Vlaanderenstraat et de la Van Iseghemlaan.

Dans la maison familiale où, célibataire convaincu, il vivra jusqu'en 1917, Ensor s'installe un cabinet dans les combles et commence à peindre des portraits réalistes ou des paysages inspirés par l'impressionnisme. À cette époque, il écrit : « Mes concitoyens, d'éminence molluqueuse, m'accablent. On m'injurie, on m'insulte : je suis fou, je suis sot, je suis méchant, mauvais... »

Entame alors une de ses périodes les plus créatrices.

Sombre réalisme puis impressionnisme autochtone

1881.

Fait ses débuts dans le cercle artistique d'avant‑garde La Chrysalide

1882.

Membre de L'Essor.

Exposées dans les salons des cercles La Chrysalide et L'Essor, ces toiles suscitent déjà sarcasmes et incompréhension en raison des sujets jugés trop prosaïques aussi bien que de l'affranchissement de la technique qui augure en Belgique d'un impressionnisme autochtone; le jeune peintre doit même essuyer des refus inacceptables aux Salons d'Anvers et de Bruxelles.

 

1883. Co‑fondateur du groupe "Les XX".

* En 1883, Octave Maus fonde le cercle artistique d'avant‑garde « Les XX » et Ensor peint son premier tableau de masques, et un autoportrait auquel il ajoutera plus tard le « chapeau fleuri ». En 1889, L'Entrée du Christ à Bruxelles est refusée au Salon des XX et il est question de l'exclure du Cercle dont il est pourtant l'un des membres fondateurs. Le groupe se sépare quatre ans après.

* Avec G. Vogels, il en deviendra l'un des membres les plus contestataires

** Il sera le "mal‑aimé" d'Octave Maus, le secrétaire et l'âme des XX.

*** Au cours des dix années de vie de ce groupe, Ensor précise son propos plastique, réalisant notamment la série de dessins Les auréoles du Christ ou les sensibilités de la lumière, lançant son cycle exceptionnel de gravures et découvrant ensuite, à travers les thèmes du masque et du squelette, la manière de répondre, dans le cadre du symbolisme ambiant mais de manière toute personnelle, à ses angoisses et à sa vision du monde.

A partir de 1885, il entreprend la série de dessins "Les auréoles du Christ" ou "Les sensibilités de la lumière".

1886.

Réalise sa première eau‑forte. Il en créera 133.

En 1888, l'année de sa rencontre avec Augusta Boogaerts qu'il surnomme la Sirène et à qui il écrira 250 missives platoniques, il peint son Entrée du Christ          à Bruxelles (Fondation Getty, Malibu), la toile maîtresse d'un peintre de vingt‑huit ans, ainsi que Les masques raillant la mort, des œuvres où la radicalité des couleurs pures et les schématisations pré‑expressionnistes imposent une vision tout à fait originale dans le contexte de la peinture de l'époque ("Les masques me plaisaient aussi parce qu'ils froissaient le public qui m'avait si mal accueilli", confesse‑t‑il). Soutenu toutefois par quelques intellectuels clairvoyants tels Emile Verhaeren et Eugène Demolder, Ensor est exposé à Bruxelles lors des salons annuels de La Libre Esthétique qui succède aux XX.

1892.

E. Demolder écrit une monographie sur lui.

1893.

À 33 ans, Ensor est déjà un homme du passé. Le pointillisme et le symbolisme semblent l'emporter. Les premières demeures de Victor Horta symbolisent un nouvel art de vivre. Il n'est plus le nain Hop‑Frog, bouffon d'Edgar Allan Poe, moins encore le Christ martyr.

1894.

Invité à exposer à Paris, mais le peu d'intérêt que son œuvre suscite renforce sa misanthropie et son mépris pour le genre humain. Dès avant la fin du siècle, au moment où son génie est reconnu par certains, l'inspiration de l'artiste faiblit; il ralentit sa production et se contente bien des fois de se répéter.

1896.

Une exposition lui est consacrée à Bruxelles.

 

1898.

Une exposition lui est consacrée à Paris.

1899.

"La Plume" lui consacre un numéro spécial.

Ensor doit attendre le début du siècle suivant, alors qu'il a donné le meilleur, pour assister à la reconnaissance de son œuvre : expositions internationales, visite royale, anoblissement - il est fait baron -, Légion d'honneur. Il est désormais surnommé le « prince des peintres », mais il a une réaction inattendue face à cette reconnaissance trop longtemps attendue et trop tard venue à son goût : il abandonne la peinture et consacre les dernières années de sa vie exclusivement à la musique.

Dès 1905, son art est défendu par François Franck et par d'autres membres de l'associationj anversoise "Kunst van Heden" qui sont les promoteurs de son art au pays et à l'étranger.

1905.

Kunst van Heden lui consacre une grande exposition.

1908.

Emile Verhaeren lui consacre une monographie.

Dans les années 1910, Rotterdam et Anvers organisent une rétrospective de son œuvre; au début des années 20, les musées royaux de Bruxelles et d'Anvers acquièrent des toiles du maître.

1911.

Rencontre Nolde.

Crée le ballet‑pantomine "La gamme d'Amour".

1920.

Exposition à la galerie georges Giroux.

1921.

Exposition organisée par Kunst van Heden à Anvers.

Publication des "Ecrits de James Ensor".

1925.

Membre de l'Académie royale de Belgique.

1927.

Exposition au Palais des Beaux‑Arts de Bruxelles.

1929.

Prend la nationalité belge.

Reçoit le titre de baron.

Le Palais des Beaux‑Arts de Bruxelles organise une grande rétrospective de son œuvre.

1933.

Proclamé "Prince des peintres"; il mourra couvert d'honneurs, mais ceux‑ci semblent lui avoir échu trop tard.

Exposition au Jeu de Paume à Paris.

1946.

Exposition à la National Gallery de Londres.

1948. Création de l'association "Les amis de James Ensor"

Décède le 19 novembre 1949 à l'hôpital du Sacré‑Coeur d'0stende et est inhumé quatre jours plus tard dans le cimetière Notre‑Dame des Dunes à Mariakerke, près d'Ostende.

 

 

Evenements / Expositions

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de l'artiste, Interviews

    • "La lumière est ma fille, elle est une et indivisible, lumière pain du peintre, lumière reine de nos sens".

      "Je vois une grande unité dans mon œuvre : humilité du peintre devant la nature, imagination peuplée de rêves, œuvres présentant des formes ou figures palpables formées ou dessinées par le vent, couleurs vivifiées par les brises, gestes magnifiés et déformés par les mirages".

      "Le masque me dit fraîcheur de ton, expression suraiguë, décor somptueux, grands gestes inattendus, exquise turbulence".

      "Bien qu'animé de bonnes intentions pacifiques, je bouleverse toutes les convenances picturales. On m'injurie, on m'insulte, je suis fou, je suis sot, je suis méchant, mauvais, incapable, ignorant, un simple chou devient une turpitude".

       "Les œuvres de vision personnelle seules resteront. Il faut se créer une science picturale personnelle et vibrer devant la beauté comme devant la femme qu'on aime. Œuvrons avec amour, ne craignant pas les défauts, compagnons habituels inévitables des grandes qualités ‑ et le défaut est supérieur à la qualité. Qualité signifie uniformité dans l'effort en vue d'atteindre certaines perfections communes accessibles à tous. Le défaut échappe aux perfections uniformes et banales. Le défaut est donc multiple, il est la vie et reflète la personnalité de l'artiste, son caractère, il est humain, il est tout et sauvera l'œuvre".