Biographie

Père du peintre Henri de Groux.

Formation :

‑ Fréquente l'atelier libre Saint‑Luc.
‑ 1843‑48. Bruxelles, Académie. Atelier de F. J. Navez et J. B. Van Eycken.
* Heurts constants entre sa personnalité et celle de son maître F. J. Navez.
** Les années d'apprentissage du peintre sont sans charme et presque sans utilité pour lui.

De 1848 à 1851, il mène une pauvre vie de bohème ; il ne semble pas que des oeuvres de cette époque existent encore.

De Groux débuta comme peintre d'histoire avec des compositions bibliques, "Le Christ et les Saintes femmes", "La crucifixion", "Loth fuyant Sodome"

1849.
Rapidement, il se tourna vers une peinture plus réaliste, aussi bien par le choix des thèmes que par la motivation sociale de ses œuvres. "Le banc du pauvre" (Bruxelles, M.R.B.A.B.) réalisé en 1849, témoignait de cette orientation nouvelle, mouvement qui se faisait jour alors partout en Europe.

1851‑52.
Académie de Düsseldorf.
* En 1851, se rend à Düsseldorf, où il réside un an et suit les cours de l’Académie à laquelle la direction de Friedrich von Schadow, succédant à celle de Peter von Cornelius, a conféré un énorme prestige,

1852.
(avril) Rentre à Bruxelles.

* Après un séjour en Allemagne, il développe un courant réaliste social.
Sa voie, c'est celle du réalisme social. Il s'attache alors à reproduire dans ses tableaux les aspects des misères sociales du siècle. Il sera considéré comme le précurseur du mouvement réaliste en Belgique.

1953
Fait ses débuts officiels l’année suivante.

1853.
Connaït la notoriété avec "L'Ivrogne" au Salon de Bruxelles.
* A partir de 1853, année où il exposa l'"Ivrogne" (Bruxelles, M.R.B.A.B.), il allait exprimer avec force ses préoccupations sociales dans de nombreuses toiles évoquant l'existence difficile des paysans et des ouvriers ‑ "La rixe" (Bruxelles, M.R.B.A.B.), "Le dernier adieu" ou l'"Enterrement" (idem), "Le pèlerinage à Dieghem" (Tournai, M.B.A.), "Le bénédicité" (Bruxelles, M.R.B.A.B.). Certaines scènes rurales présentent parfois un aspect plus anecdotique et sentimental, qui le rattache au romantisme.

 Parmi les toiles qui le rendirent célèbres, citons encore L'armoire vide , le Départ du Conscrit, la Séparation, la Réconciliation. Des œuvres souvent aux couleurs sombres accentuant les sentiments de tristesse qui émanent de ses toiles.

1856.
Co‑fondateur de la Société belge des aquarellistes.

Comme illustrateur, il travailla en compagnie de F. Rops pour la revue "Uylenspiegel" (1856, 1857). Il illustra les "Légendes flamandes" et "Tijl Uylenspiegel" de C. De Coster.

1868.
Membre fondateur de la Société Libre des Beaux‑Arts.

 

Charles de Groux a marqué de son influence plusieurs jeunes peintres réalistes, parmi lesquels son élève, Constantin Meunier.

Dessine les cartons pour les vitraux retraçant l'histoire du "Saint‑Sacrement du Miracle", exécuté par J.B. Capronnier pour la cathédrale Saint‑Michel à Bruxelles.
Réalise également les cartons pour les vitraux de l'église Saint‑Jacques d'Anvers ainsi que pour certains édifices en Angleterre.

À la fin de sa vie, on commanda à Charles De Groux la décoration de la paroi Nord des Halles d'Ypres, soit environ 400 m². Mais la maladie le terrassa alors qu'il réalisait les dessins qui devaient représenter, en 12 compositions, les grands faits de l'histoire d'Ypres.

 Ses dernières productions montreront un esprit de plus en plus mélancolique, avant que la maladie ‑ une maladie de poitrine dont il souffrait depuis plusieurs années ‑ ne l'emporte, à 44 ans, en 1870.

Liste d'oeuvres

Sophie Vandewynckele, huile sur toile
1850, Plus d'infos
L'Ivrogne, huile sur toile
1853, Plus d'infos
Le banc des pauvres
1854, Plus d'infos
Regrets, huile sur bois (41 x 29 cm)
1855, Plus d'infos
Le moulin à café
1857, Plus d'infos
Saint Amandus, fusain
1863, Plus d'infos

Catalographie

La chronologie de l’œuvre de Charles De Groux est impossible à établir : aucun changement de manière, aucune évolution dans la conception ou l’exécution ne permettent de suivre dans son déroulement, monotone et lent, la carrière du maître.
D’autre part, son habitude d’exécuter des répliques de ses tableaux, c’est-à-dire de répéter jusqu’à cinq ou six fois certains d’entre eux, - répliques qui s’étagent parfois sur plusieurs années, - achève de mettre un obstacle décisif à la solution du problème.

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de présentation

    • Peintre de genres avec un intérêt pour les situations sociales intolérables.
      Débute comme peintre historique et romantique mais évolue très vite vers le réalisme.
      Ses premières œuvres ont encore pour thèmes des sujets historiques mais sont déjà empreintes de force et de sens du réalisme.
      1849. Sa première version du "Banc des Pauvres" traduit pour la première fois ses préoccupations sociales.
      Vers 1853, son art est pénétré d'une conscience sociale engagée qui qui met l'accent sur les aspects misérables de l'existence des pauvres, des travailleurs et des paysans.
      Evolue vers un réalisme social, mais toujours teinté de romantisme.
      Néanmoins on peut le considérer comme un pionnier de la peinture sociale en Belgique.
      Sa peinture réaliste, qui résulte d'une sensibilité sociale sincère, penche parfois vers le sentimental, en raison de l'engagement personnel.
      Sa technique est resté traditionnelle : une harmonie de couleurs subtile avec du gris et du noir tempéré donne à son œuvre un charme très personnel.

       

      - Charles Bernard. L’Epoque de La Société Libre des Beaux-Arts dans Histoire de la Pointure en Belgique. Bruxelles, éd. Gérard Van Oest, 1931.
      Charles De Groux revint de Dusseldorf avec une éthique et une esthétique auxquelles il allait demeurer fidèle jusqu’à la fin de sa vie. Il se fit le peintre des misères humaines, des injustices sociales, Cela était tellement nouveau qu’on s’explique la confusion qui se fit dans les esprits entre les deux domaines, les deux plans, celui de la morale et celui de la peinture, Depuis, la littérature s’en est mêlée et aussi la politique. Cette lamentable confusion a été exploitée jusqu’au bout. Au service d’adroits pragmatistes, l’art est encore une fois devenu le serviteur d’un tas de doctrines morales. On voyait le pauvre, le misérable dans l’œuvre de Charles De Groux. Les uns s’en félicitaient, les autres s’en offusquaient. On voyait moins la peinture, cette peinture chaude, ardente, et qui charriait l’émotion dans ses gammes de noirs et de bruns, qui portait à son maximum le pathétique dans ses effets de clair-obscur. Sans doute, on relève dans certains tableaux de Charles De Groux des traits de satire morale et sociale, mais Charles De Groux attristé, irrité par le spectacle du vice et du désordre, comme peut l’être toute âme généreuse, n’avait certainement aucune ambition d’apôtre. Il n’avait que l’ambition de son art, d’un art qu’il voulait plus vrai en se rapprochant de la nature, d’un art qu’il voulait plus humain.