Biographie

Son père, officier dans la marine néerlandaise, était d'origine française. Sa mère appartenait à l'aristocratie portugaise.
Enfant, s'installe à Bruxelles avec sa famille.
Au décès de son père, sa mère déménage à Spa.

 

Formation :

‑ Etudie la peinture à Spa avec Edouard Delvaux (1806‑1862) et Alexandre Marcette (1853‑1929)

1858-1863.

Long apprentissage et travail solitaire.

Sa vie n'est pas encore bien connue. Il séjourne souvent à Paris, y travaille le long de la Seine, visite Barbizon et Fontainebleau. Il y aurait rencontré Corot et Courbet. En été, séjourne principalement à Spa et travaille dans les Ardennes et au Luxembourg.
Il mène d’abord une vie de rentier sans problèmes. Il vit avec sa femme et sa famille à Spa, où il avait fait construire une grande et luxueuse villa.
Mais d’un jour à l’autre le destin brouille les cartes et la famille perd sa fortune, Artan se voit obligé de vendre terrain et bâtiments. Il en résulte le retour de la famille à Bruxelles. Ainsi grâce à un revers de fortune, le talentueux Louis Artan devient artiste peintre, et avec beaucoup de succès.

 

1863‑1868. PREMIERE PERIODE. 

1863.
S'installe à Etterbek.

Noue des liens étroits avec Louis Dubois (1830‑1880) dont il partage la vive admiration pour Courbet.

1864.
Gagne un premier prix dans un concours d’encouragement de jeune talent organisé par le Cercle Artistique et Littéraire de Bruxelles. Un prix qu’il partage avec son ami le paysagiste Henri Van der Hecht.
Peint dans la grande banlieue et dans les environs de Termonde.
Exécute des vues de fêtes villageoises et de kermesses, des figures, les eaux‑fortes de l'Yulenspiegel, etc.
Fait ses premiers séjours à Heist et à Knokke.
De 1866 à 1891 (à titre posthume), il prend part au salon triennal de Bruxelles.
1867‑début 69. Voyage en Bretagne (20 mois).
* Jusqu'alors, il était essentiellement paysagiste, mais après ce voyage, il se consacrera toujours plus à l'art de la marine.
De 1868 à 1883 à celui de Paris, de 1870 à 1885 à Anvers, de 1871 à 1886 au salon de Gand. Il obtient en outre une médaille à Amsterdam et à Vienne.

1868.
Co‑fondateur de la Société Libre des Beaux‑Arts, groupe qui se voulait un contrepoids à l'art académique.

 

1869‑1872. DEUXIEME PERIODE.

Long séjour à Heist et à Blankenberghe.
Exécute la plupart de ses grandes compositions qui accusent un certain conflit entre l'application et la lenteur de son métier et ses soucis de vérité et de mouvement.

 

1873‑1878. TROISIEME PERIODE.

Période d’incertitude et de recherche. Période de transition dans le métier.
1873‑74. Séjourne à Anvers. Installe son atelier dans le quartier du port. Travaille sur le Bas‑Escaut.
1874‑75. Nouveau séjour en France.
* Hiver à Paris, travail fécond en Normandie, à Honfleur.
1874‑75.
Artan a vécu à Berck. Il avait l’intention d'y installer sa famille et de garder l’atelier qu’il partageait avec Félicien Rops à Paris.
De 1876 à sa mort, il est attiré par la côte belge, entre Dunkerke et Westende.
Il séjourne aussi à Ostende où il loge à l'hôtel des parents de Willy Finch.
1876- Co-fondateur du Groupe La Chrysalide.
1876‑77. Retour à Anvers puis séjour à Flessingue.

 

1879‑1884. QUATRIEME PERIODE.

Au cours de cette dernière période, développe une technique fluide qui l'amène vers une atmosphère impressionniste, éliminant tout l'accessoire.
Production intense. Le métier s'est libéré des soucis de narration et de définition qui avaient nui à certaines de ses toiles précédentes.
L'artiste tend de plus en plus vers l'impressionnisme auquel appartiennent déjà ses études. La couleur reste sourde et volontiers sombre.
Un contrat le lie pendant plusieurs années aux frères Van Roye.
Cette manière de faire suscite une vive admiration chez les vingtistes qui l'invitent à exposer deux fois avec eux aux Salons de 1884 et 1887.

Membre de la Franc‑Maçonnerie.

 

1885‑1890. CINQUIEME PERIODE.

Au cours des dix dernières années de sa vie, il travaille d'arrache‑pied. Sur la plage, près de La panne, il se fait construire une petite maison sur pilotis comme poste d'observation et possède, outre son domicile bruxellois, un modeste pied‑à‑terre à Oostduinkerke. Il accorde de moins en moins d'attention à son apparence et son confort. Quoiqu'il ne manque pas de moyens, il vit à la fin comme un misérable.
Période de liberté et de franchise. Le métier est nettement impressionniste et s'apparente à celui de Vogels. La palette s'est éclaircie et Artan joue avec maîtrise des harmonies couleurs de sable et de la nacre. Equilibre parfait entre les conceptions de l'artiste et ses moyens d'expression.

Quelques mois avant sa mort, la gamme s'assourdit à nouveau et les derniers tableaux rejoignent les tonalités grises des années précédentes mais conservent cependant une surprenante subtilité dans les tons.

Son monument funéraire ‑ qui existe toujours au cimetière d'Oostduinkerke ‑ a été dessiné par Victor Horta et comporte un portrait en relief sculpté par Charles Van der Stappen.

Liste des oeuvres

Le chenal de Nieuport, huile sur toile (91,5 x 142 cm)
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Dans l'atelier, huile sur toile (52,5 x 71,5 cm)
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La barque échouée, huile sur toile (45,5 x 70)
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Berck-sur-Mer, vue du large, huile sur toile (33 x 60,3 cm)
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Bibliographie texte et PDF

  • Texte de présentation

    • - Camille Lemonnier cité dans le dictionnaire d'Eugène de Seyn. Bruxelles, éd. L'Avenir, 1935.

      Coloriste subtil et nuancé, doué pour saisir le jeu des tons, presque d'emblée il fait miroiter le prisme des vagues, irise de reflets nacrés les lames déferlant sur la plage, donne aux sables l'électricité des plus beaux satins. La sensibilité dde son oeil est extrême. Il a dans le sang un mélange de race française et de race flamande : la première nerveuse et affinée, la seconde puissante et rassise ; et cette double origine peut-être lui compose une physionomie particulière, où se combinent la force et la grâce. Sitôt qu'il apparaît, il semble qu'avant lui personne n'avait encore peint la mer. Il donne vraiment la sensation de l'élément ; il fut le poète du vent et des eaux du large.

      - Paul Colin cité dans le dictionnaire d'Eugène de Seyn. Bruxelles, éd. L'Avenir, 1935.

      Artan est un magicien. Comme tous les magiciens, il est inégal et inconstant... Artan, le fantasque, se trompe souvent, se répète, se trahit ; mais à ses jours d'inspiration il s'élève si haut au-dessus de lui-même et de ses camarades qu'on en demeure ébahi. Il a moins de talent que Verwée et que Dubois ; mais il a du génie. Et ceci rachète cela.

      - Arthur Cornette, Les peintres de marine, dans Histoire de La peinture en Belgique. Bruxelles, éd. Gérard Van Oest, 1930.

      Mais déjà notre peinture de marine était entrée dans, une ère nouvelle. C’est Louis Artan qui détermina l’avenir de cette peinture en attaquant de front l’élément le plus grandiose, le plus mystérieux, le moins intime, le plus fugace, celui qui s’offre et se dérobe avec une égale complaisance, le plus nu et le plus primitif: la mer. Rien que ce choix fut un trait de hardiesse. Car, en somme, la mer n’avait été qu’un prétexte à narration ou tout au moins à description. Or, Artan découvrit la mer. Il la nettoya de ses accessoires. Et, du coup, ce fut la mer dans sa grandeur solitaire, la mer observée pour elle-même, à toute heure, depuis l’aurore opaline jusqu’aux feux du couchant, notre mer du Nord enfin, étudiée sur les points de notre côte les plus abandonnés, les plus vierges... Il aime la houle des brisants, les longs déferlements sur les brise-lames, les vagues saccageant les estuaires, le désordre des carènes couchées sur la grève, le puissant gonflement de la haute mer, les tempêtes de l’équinoxe, les grosses rafales, les plages lavées par les marées, les grandes flaques stagnantes miroitant sous les éclaircies... Mais il sait aussi évoquer la tendresse des irisations célestes, les horizons plus terrestres, moins absolus comme dans telle «Marine » du Musée d’Anvers, où il nous semble voir le doux balancement de la barque de pêche et entendre le ressac paisible sur la grève.

      - Dans la notice du dictionnaire d'Eugène de Seyn. Bruxelles, éd. L'Avenir, 1935.

      Son art est une longue évolution vers l'impressionnisme, luttant sans cesse contre le "métier", pour plus de vérité et de mouvement, s'efforçant aussi de se débarrasser de sa couleur sourde et volontiers sombre.

Acquisitions

Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles : Marine ; La Barque échouée ; Mer du Nord ; L'Epave ; Le Jour ; La Nuit ; Le Brise-lames ; Vue de l'ancien Berck
Musée de Gand : Marine
Musée d'Anvers : Marine (1870) ; Neige ; Le Matin ; Après la pêche ; Le Mât de Cocagne.
Musée de Liège : Paysage (esquisse).
Musée de Courtrai: Dunes à Blankenberghe (1872)