Biographie

D'origine italienne.
* Son grand-père, Luigi Giuseppe quitte Trento en 1918 pour émigrer en Belgique où il se marie et a sept enfants. Il décède en 1955.
** Marc Angeli maintiendra d'étroits rapports avec sa famille italienne qu'il visite quasiment chaque année.

1962.
La famille s'établit à Liège.

1965.
Décès de son grand-père maternel (belge) qui eut une grande importance dans le développement de sa personnalité.

 

Formation :
 ‑ Académie royale des Beaux‑Arts de Liège.
* Professeurs : Paul Nollet, Robert Liard. Réalise de nombreux portraits et paysages influencé par les travaux de Monet, Bonnard, Emile Alexandre.
** Son professeur de dessin, Joseph Louis eut une importance capitale dans sa maturation artistique. Il découvre Malevitch, Rothko, Giacometti, Segantini, Morandi, Ryman...

Nombreux voyages en Europe ; visite principalement l'Italie, la France, la Grèce, la Turquie où il découvre principalement l'art roman et Piero della Francesca.

 1978
Visite la Biennale de Venise alors que Michel Boulanger représente la Belgique. Boulanger lui fait découvrir l'art primitif ce qui lui donne une autre inspiration quant à l'utilisation de la matière.

1986.

Débute sa production de petits travaux sur différents supports de bois.

1991 

Peint pour la première fois sur albatre.

Voyage à New York où il rencontre de nombreux artistes.

 

1999.

Expose à la galerie S65 d'Alost.
* Avec cette galerie participe à de nombreuses foires d'art internationales : Bâle, Cologne, Zürich, Bruxelles.
** Sa collaboration avec cette galerie durera 9 ans.

 

2000

Professeur à l' Académie royale des Beaux‑Arts de Liège (Ecole supérieure des arts de la Ville)

2009.

Rencontre le comte Giuseppe Panza di Biumo qui acquiert quelques-unes de ses oeuvres pour sa collection d'art moderne à Varèse / IT.

Liste des oeuvres

Peinture rouge n° 2
1998, Plus d'infos
Peinture rouge
1999, Plus d'infos

Evenements / Expositions

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de présentation

    • Catherine Hendrickx.  Notice sur Marc Angeli  "…la montagne, le tronc, la  colonne et la cascade..." in Catalogue "Abstraction 87". Namur, Maison de la  culture, 1987.
      Tout d’abord, je vois une ligne. Et cette ligne est un lieu, un abîme aérien où coule une eau de montagne, droite, verticale et vibrante. Puis mon regard erre, cherchant la source, l’émergence où le liquide se sépare de la terre maternelle, mais cette eau n’a pas de naissance... Plus loin, plus bas, j’attends l’éclatement de l’eau, l’obligatoire point de fusion avec l’air, l’endroit où, s’écrasant, elle meurt et ressuscite en brumes impalpables, et mes yeux s’étonnent de ne pas le trouver. Alors je comprends que cette ligne simple et ténue est en fait bien plus qu’un lieu, qu’elle s’affirme comme un lien, un regard jeté au‑dessus de l’abîme. Brusquement, je rejoins la terrifiante perplexité dans laquelle me plongea, lorsque j’eus douze ans, l’énoncé péremptoire de cet axiome mathématique :  "la ligne est un ensemble infini de points...". Mon souvenir me restitue l’image  d’un enfant marchant sur la tranche d’une lame sans limite, illustration vivante  du point dont le tracé fait, selon Kandinsky, naître la ligne. Pareillement, je  marche dans cette oeuvre jusque‑là inconnue où se déploient librement les dimensions d’espace et de temps. Mes pas s’accrochent sur cette ligne, lieu et lien qui ose supposer l’infini et l’éternel. Et cette ligne, non contente d’être acte de foi en ce qui nous dépasse en se muant en flèche ou en vase, ne retombe pas dans le fini, mais prend une dimension dynamique plus évidente,  devient un appel et un don, une union, un geste d’amour et peut‑être une prière..
      Ce simple trait fragile, veine d’argile étirée sur la toile, me raconte la réalité voilée derrière l’apparence, comme le carré blanc sur fond blanc peint, il y a déjà tant d’années, qui arrachait sauvagement la peinture au monde des objets et la plaçait dans la vérité du "Grand Rien" qu’aucune chose ne peut  contenir et qui engendre "le Tout". Ma ligne devient alors évidente, lumineuse comme la flèche du Bernin, elle me traverse et s’inscrit en moi, se mue en tronc et en sève. Je sais que la  question qu’elle pose affirme le fondement même de mon existence, qu’à mes oreilles elle résonne comme le cri qui marque l’émergence de l’humain.
      Le cri naissant de la confrontation de mon être limité, de mon moi "ni rien, ni  tout" humblement placé face à l’existence et à l’exigence du Tout et du Rien.
      "Oui es‑tu Toi et qu’est‑ce que je suis? "
      Paradoxalement, la soif intense d’une réponse est déjà un début de réponse. Ce désir infini de perfection qui me pousse en dehors de mon être en transcende déjà les limites et me dégage de ma contingence, de mon insuffisance, de ma "finitude". Mon aspiration se reforge au fur et à mesure qu’elle se résout, le vide comblé se recreuse sans cesse, l’embrassement  redevient  instantanément nostalgie et attente... La ligne peut pénétrer toujours plus loin, toujours plus profond... Et mes instants, petits points équilibristes placés sur le câble tendu entre deux infinis, prennent en mon désir dimension d’éternité. Dans la saveur d’un fruit mordu, l’éclat d’un soleil d’hiver, l’odeur d’un livre jamais ouvert encore, en tous les actes de la vie, je cherche ce "fond suprême et mystérieux (...) manifestation immédiate de cet excédent irréductible qu’on découvre en tout ce qui est révélé, de cet éternel surcroît qui habite l’être de tout existant." (1).
      Une des activités élémentaires de tout travail artistique, et partant de la peinture, consiste à se placer dans "une attitude de contemplation humble et  attentive du monde, jusque dans le plus trivial, le plus infime et le plus concret  de ses manifestations" (2) de manière à saisir et à recueillir sur la toile "cet   éternel surcroît", cette palpitante force d’amour qui habite le coeur des  choses.
      Tout le cheminement artistique et spirituel d’un peintre comme Marc Angeli est sous‑tendu par cette démarche simple et fondamentale.
      Dès ses premiers tableaux, il dépasse le stade descriptif et introduit dans l’oeuvre une dimension métaphorique. La montagne qu’il peint n’est plus une éminence immobile, elle vit, s’étire hors de sa chrysalide minérale, vibre au rythme de la pulsation primitive du cosmos. La couleur restitue la dense conversation unissant le soleil et la roche, l’air et la terre, le sang et la glace...
      Puis l’objet se dissout et seul subsiste le dialogue. Un grand vent relie l’univers, un souffle décentre les éléments, les fait vivre l’un par l’autre dans un échange où les notions de proche, de lointain, de hauteur et de profondeur sont enfin abolies. Enfin, dans les grands monochromes ou portes, l’artiste concentre en un intense effort de rigueur, les mille traits diffractés des toiles précédentes et les synthétise en quelques lignes dont le dépouillement accentue la puissance. Il crée ainsi un espace monumental et silencieux d’une profondeur inouïe. Il faut s’y laisser tomber, comme une pierre dans un puits, pour accéder au côté invisible de l’univers, là où être et objet existent dans la splendeur de leur vérité originelle.
      Ainsi, les oeuvres peuvent rendre accessible un peu de l’inaccessible, visible une part de l’invisible. Saisir l’invisible dans la réalité objective et le fixer ainsi dans la durée n’est donc possible que grâce à la contemplation qui mène à la connaissance.
      Pourtant, le génie de l’artiste ne résulte pas de cette connaissance, ni de sa liberté, ni même de sa praxis, mais bien plutôt d’une force qui jaillit de l’intérieur et fait de lui le véhicule d’un message qui le dépasse. Il semblerait que brusquement, quelque chose surgit. Une présence ultime et douce se révèle et imprègne tout d’un bonheur impossible à décrire. L’espace d’un souffle, la dérive temporelle du monde se stabilise et la vérité naît. Tout est dans cet instant de grâce.
      Dans l’art de la fresque, ce moment enivrant se fait plus fugace que dans n’importe quel autre langage plastique. Pour Marc Angeli cela le rend d’autant  plus exaltant. Dans sa double fresque de l’ Ancien Cirque d’Hiver de Liège ou dans celles de la place St‑Lambert, il a accompli ce travail comme on célèbre une liturgie. En effet, ici, l’action ne tolère aucun repentir, aucune fuite, aucune négligence. De plus, elle conduit à une purification. Le dépouillement  qu’elle exige amène l’artiste à retrouver, au‑delà de tout factice, ce qui est  premier, authentique, essentiel.
      Ici, il ne peut placer sa joie que dans les éléments simples: l’eau, l’argile ocre, la chaux, le sable...
      Et c’est en eux que s’inscrit pour lui la possibilité d’un dépassement  imprévisible. En effet, au moment précis où ils s’interpénètrent et se fécondent, son geste créateur se cristallise : l’oeuvre naît, subit une mutation     instantanée et se pétrifie. Son amour et sa nostalgie des matériaux orginels,
      Marc Angeli les a inscrits dans ses fresques, mais il les exprime tout autant  dans sa peinture. Il travaille avec des éléments bruts et naturels: toile de lin, pigments, caséine, colle de peau... L’union du support et du composant crée à elle seule une entité cohérente, un univers de relations "communionnelles".
      Tout y est important, et il faut savoir jouir avec une sensualité retrouvée de la rugosité, de l’épaisseur, du poids, de l’odeur des choses. . Souvent l’artiste a choisi de fixer ces oeuvres dans de petits formats afin qu’elles puissent  trouver relativement facilement un lieu d’épanouissement à leur mesure. Elles constituent ainsi, placées dans l’environnement quotidien, une ouverture médiatique, une invitation à voir plus avant en franchissant les frontières de la forme.
      Les toiles plus grandes établissent un rapport différent avec leur environnement. Comme la tour ou le clocher s’empare du paysage, elles s’intègrent au milieu mais lui imposent également leur forme dominatrice. Ces tableaux qui riment entre eux et se regroupent sur les murs suivant leurs affinités, sont d’inlassables méditations plastiques sur le thème de l’axe vertical ou, semble‑t‑il, comme élément de jonction entre la terre et le ciel. Ce lieu de réunion habite à la fois l’être humain et la montagne, le tronc, la colonne et la cascade...
      Dans ses derniers travaux, le peintre parvient à un stade ultime en n’habillant désormais ses toiles que d’une préparation au plâtre. De son voyage au bout  de lui‑même, il nous ramène ces images de blancheur et de paix. Certaines  vivent en solitaires, d’autres pareilles aux pierres d’un autel roman se soutiennent l’une l’autre, valent l’une par l’autre, prises dans un immuable dialogue amoureux. Elles sont don d’un espace sacré, abrité dans la matière spirituelle la plus intime d’un être et leur contemplation donne le sentiment d’être admis au coeur d’un mystère.

      1. Hans Urs von Balthasar. Phénoménologie de la vérité, Paris, 1952, p. 212.
      2. Pierre Ryckmans, Commentaire de la traduction dans les propos sur la peinture de Shitao, Vandôme, 1984, p.45.

Acquisitions

Collections publiques et institutionnelles : 

Karl Ernst Osthaus-Museum, Hagen, Germany
Collection Panza di Biumo, Varese, Milano, Italy
Sammlung Rosskopf, Kunstraum Alexander Bürkle, Freiburg, Germany
Communauté Française de Belgique
KBC Bank
Banque Nationale de Belgique