Biographie

Formation :

A 14 ans, entre à l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège.
- Cours préparatoire cours préparatoire pendant trois ans. Elle y apprend l'anatomie et la perspective : Professeurs : georges Comhaire, Jean Debattice et Flory Roland.
- Cours supérieur. Professeurs : en 1957, Robert Crommelynck qui se montre sceptique et la décourage de peindre alors que c'était son envie à ce moment là ; Joseph Louis - le meilleur professeur qu'elle ait eu avec Marceau Gillard, bien entendu -  qui, remarquant son sens du volume, lui conseille de s’adonner à la sculpture, Paul Daxhelet pour le dessin, Henri Brasseur et pendant un an cours du soir chez Louis Dupont où elle ne rencontre qu’indifférence. .
1958 – 1960 Études de dessin et de sculpture à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège chez Marceau Gillard.
- Termine ses études avec un diplôme du cours supérieur de dessin, un diplôme du cours supérieur de sculpture et la grande médaille du gouvernement pour le dessin.

 

1961.
GRAND PRIX DE SCULPTURE DE LA VILLE DE LIÈGE
(25/03-06/04) Liège, Apiaw. Jeunes artistes de Wallonie.
 (  /  -  /  ) Liège,                                      . Salon des artistes liégeois.

1962.
(12/05-17/06) Liège, Musée de l'Art Wallon: Salon de Mai.

1963
PROFESSEUR DE SCULPTURE ORNEMENTALE À L’ACADÉMIE ROYALE DES BEAUX-ARTS DE LIÈGE.

1964
(11/04-10/05) Liège, Musée d’Art Wallon. 125e anniversaire de l'Académie royale des Beaux-Arts.
(26/09-25/10) Salon 1964. (artistes vivants originaires de Liège ou de la périphérie)

1966
Epouse Freddy Beuckens après 10 ans de relation.

PROFESSEUR DE SCULPTURE STATUAIRE À L’ACADÉMIE ROYALE DES BEAUX-ARTS DE LIÈGE.

1967
(  /  -  /  ) Anvers, Building BP. Andrien Mady (avec Freddy Beunckens).
* PREMIÈRE EXPOSITION PERSONNELLE.
(16/10-27/10) Liège, Assurances générales / A. G. Exposition des arts plastiques.

1968
(  /  -  /  ) Liège, Galerie de l'Etuve. Andrien Mady.
* PREMIÈRE EXPOSITION PERSONNELLE A LIEGE.
 (  /  -  /  ) Liège,     : Salon des artistes liégeois
(  /  -  /  ) Anvers, Middelheim. Biennale (8e)
(  /  -  /  ) Anderlecht, Maison Erasme.

1969
(29/03-16/04) Liège, APIAW. Jeunes de Wallonie.
(16/05-15/06) Liège, Musée de l’Art wallon. Salon des artistes liégeois.
(06/11-09/11) Liège, En Roture. Formes et couleurs, Vingt artistes liégeois.
(16/11-26/11) Liège, APIAW. Le Vélo.

1972
(sept.) Presseux, chez J. L. Nyst. Mini-festival de la culture.

1973
(février) Liège, Société Royale des Beaux-Arts. [Sans titre]

Se sépare de Freddy Beunckens.

1974.
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Barnabooth. Andrien Mady.
* PREMIÈRE EXPOSITION PERSONNELLE A BRUXELLES.

1975
PRIX GOEBEL-FUERISON (créé en 1973 par l’Académie des Beaux-Arts de Liège).

1976
Art public :
PRIX SPÉCIAL POUR LA DÉCORATION DE L'HÔPITAL DE LA CITADELLE, LIÈGE

1977
(  /  -  /  ) Liège, Centre culturel d'Outremeuse. Andrien Mady.
(18/06-25/09) Seny. 40 sculptures en plein air, dans les jardins, sur les places communales.
(29/09-30/10) Première quadriennale des jeunes artistes liégeois.
(15/10-15/11) Site du Sart Tilman et Château de Colonster. Ouverture du Musée., Artistes d’aujourd’hui.

1978

1979
(23/06-19/08) Liège, Musée Saint-Georges: Matériaux insolites.

1980
PRIX DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DES BEAUX-ARTS (sculpture)
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie 3 B. Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Maastricht / NL, Centre culturel. Andrien Mady
(avec le peintre René Potier).
(10/05-01/06) Flémalle, La Châtaigneraie. Artistes liégeois de la Principauté.
(mai - déc.) À l'occasion du Millénaire de la Principauté de Liège, l'Échevinat des Affaires culturelles de la ville de Liège organise, aux Chiroux, une exposition en 6 volets intitulée État Présent 80.
(21/11-04/12) Liège, Centre culturel Les Chiroux. V. Témoignages (introduction : Jacques Parisse).

1981
(29/04-23/05) Liège, Galerie de la province (quai van Hoegarden 3). Le chat dans l'art liégeois contemporain.
(  /  -  /  ) Huy, Galerie Juvénal. Andrien Mady.
(juillet) Liège, Musée de l'Architecture. Andrien Mady.

(déc.) Intercom (100 quai Godfroid Kurth). Au fil de l’eau.

1982
(  /  -  /  ) Paris / FR, Atelier Bastille (Michel Flaubée). Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Paris / FR, Galerie de la Platone (Jean Razy). Andrien Mady.

(01/05-22/05) Main‑Forte, La Main dans l'art liégeois contemporain.
(juin) Colonster, Château. Art plastique contemporain liégeois.
(18/11-24/12) Liège, Salle Saint-Georges. Actualité du métal. Sculptures de petit format

1983
(  /  -  /  ) Paris, Galerie de la Platone. Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Hasselt, Cultureel Centrum. Andrien Mady
(avec le photographe Jean-Luc Deru).
(juin) Liège, Hôtel Ramada. 10 artistes liégeois
(15/09-08/10) Liège, Galerie de la Province. L’enfant dans l’art liégeois contemporain.
(09/12-15/01/84) Liège, Cabinet des Estampes. Affiches liégeoises contemporaines.
(09/12-09/01/84) Bodégnée, Galerie du Vieux Tribunal. (6 rue Trixelette). Salon d’ensemble.

1984
(mai) Participe au concours d’art urbain organisé par l’Echevinat de l’Urbanisme.
(  /  -  /  ) Wavre, Espace Tetra. Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Theux, Galerie La Marotte. Andrien Mady.

(06/09-  /  ) 9A. (librairie-galerie, 9 rue des carmes) (Michel Lhomme). 9 artistes liégeois.

1985
(  /  -  /  ) Tielt, Galerie de Gryse. Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Lille / FR, Galerie Callens. Andrien Mady.

(  /  13/04) Liège, C.G.E.R. Le printemps dans l’art de l’impressionnisme à nos jours.
(25/04-23/06) Liège, Musée d’art moderne. Colin Maillard.
(01/06-30/06) Houdeng-Aimeries (La Louvière) / Bois-du-Luc. Aspect ’85 de la sculpture figurative.
 

1986
(  /  -  /  ) Liège, Musée de l'Art Wallon / Salle Saint-Georges. Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Gand, Artexpo. Linéart.

1987
(04/09-27/09) Couvin / Cul des Sarts. Biennale internationale du Petit Format de Papier (04e).
(10/11-22/11) Liège, Ancienne Eglise Saint-André. Journées des arts organisées au profit de ses œuvres et de « L’Enfance en Danger »
(  /11-07/12) Tongres, Galerie 2000. Quatre liégeois.

1988
PRIX RENÉ STEEN

1989
(  /  -  /  ) Liège, Galerie du Cirque Divers. Andrien Mady.
 (20/01-01/03) Liège, Galerie Evasion. 12 artistes liégeois.
(25/06-10/09) Liège, Exposition dans la ville : Fenêtres en vue et "Noise" au Musée.
(11/11-10/12) Flémalle, Cwac. Carte blanche à Jacques Parisse, 25 ans de critique d'Art.
(17/11-22/12) Liège. Espace Rencontre du Crédit à l’industrie. Sculptures en polyester.

1990
(  /  -  /  ) Bruxelles, Galerie Esthète. Andrien Mady.
(04/04-12/04) Liège, Eglise St-André. « Peinture liégeoise contemporaine ».
(17/06-07/09) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain – La Châtaigneraie. Dix années d’acquisition de la Communauté française de Belgique (1979-88) - Artistes Liégeois.
(10/07-30/08) Ockley / GB, The Hannah Peshar Gallery and Sculpture Garden. Andrien Mady, terracotta and bronze couples ; Berghs Piet, bronzes.
(14/08-05/09) Portogruaro, Palazzo municipale / Galleria ai Mulini. Portogruaro e l'Europa. Fiamminghi e Valloni.
(25/11-19/12) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain – La Châtaigneraie. Et si vous investissiez dans l'œuvre d'art.

1991
(  /  -  /  ) Stavelot, Ancienne abbaye. Andrien Mady.

1992
(  /  -  /  ) Spa, Galerie Aspasie. Andrien Mady.
 (20/03-28/03) Liège, Cirque Divers. Mady Andrien, Michel Mouvet, François Médard, Jacques Lizène ... exposeront les œuvres qu'ils destinent à la vente dans le cadre de Télévie et au profit de la lutte contre la leucémie.
(03/05-31/05) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain - La Châtaigneraie, Flémalle. "Telles qu'elles", les Femmes de la Galerie du Cirque Divers à la Châtaigneraie.

1993
(  /  -  /  ) Gand,                    . Lineart.

1994-2000.
Directrice de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège (cours du soir) de 1994 à 2000.

1994
(  /  -  /  ) Heeswijk / NL, Galerie Interart. Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Bolland, Hick-Fine Art. Andrien Mady.

 (06/08-04/09) Liège, Galerie Lierhmann. Van Impe Paul, peintures et Andrien Mady, Bofill Josep, Wachsstock Betty, sculptures

1995
(  /  -  /  ) Charleroi, Galerie Beciani. Andrien Mady.
(mai - juin) Liège, M.A.M.A.C.: Le Grand Jardinier du Paradoxe et du Mensonge universels, 18 ans de la galerie du Cirque Divers.
(16/11-1/12) Centre culturel Les Chiroux. Elément Eau.
(  /  -  /  ) Liège, Galerie Liehrmann. Andrien Mady, Mambourg Claire, Rome Jo.

1996
Participe au concours pour l’implantation d’une sculpture sur la Place Saint-Lambert..
(13/10-03/11) Amay, Maison de la poésie. Intérieur  Extérieur.
(27/11-31/01/97) Liège, Espace BBL [aujourd’hui ING]. 125 ans d'art liégeois - peinture, sculpture, gravure en province de Liège / 1870-1995.

1997
PRIX DE CONSÉCRATION DE LA PROVINCE DE LIÈGE.

(  /  -  /  ) Liège,  Galerie Liehrmann. Andrien Mady.
(22/03-20/04) Liège, Galerie Liehrmann. Choix de dessins par Jacques Parisse.
(19/09-28/09) Oupeye, Château. Belgica Sculptura. Exposition de peinture monumentale.
(03/10-15/11) Liège, Générale de Banque. Talents d’hier et d’aujourd’hui.
Réalisation d’une grande tapisserie à la demande d’un atelier des Beaux-Arts.

1998

1999
(  /  -  /  ) Knokke, Galerie Argo. Andrien Mady.
(22/05-13/06) Kluisbergen, Galeries Beukenhof. Andrien Mady, Glaser Georg, Maerten Bastien.
(mai-juin) Oupeye, Art Home. [Sans titre]

2000
DIRECTRICE HONORAIRE DE L’ACADÉMIE ROYALE DES BEAUX-ARTS DE LIÈGE.

(avril 2000 - avril 2001) Eben-Emael, Tour d'Eben-Ezer (tour Garcet) : Exposition européenne d'art fantastique. Dis-le à Alice.
(02/12-05/01/01) Liège,  Galerie Liehrmann. Andrien Mady.

2001

Nicole Jacquemin, Michel Hubin. Mady Andrien sculpteur ; Liége, éd. Luc Pire / coll. Empreintes, 2001 (136 p., 28 x 18,2 cm ; ill. coul.)

(  /  -  /  ) Maastricht / NL, Galerie Bärwaldt. Andrien Mady.
(  /  -27/05) Liège, Galerie Lierhmann. 13 ans, 13 artistes.
(  /  -  /  ) Knokke-Le-Zoute. Galerie Argo. [Sans titre]
(  /  -  /  ) Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique. Eventail pour le futur
(25/11-13/01/02) Maastricht / NL, Galerie Bärwaldt. Andrien Mady (avec Filcer Luis).
(30/11-27/01/02) Chaudfontaine, Château des Thermes. Andrien Mady.

2002
(12/04-12/05) Liège, Salle Saint Georges. Mady Andrien. Parcours.
(08/06-29/09) Amay, Parc et jardins du Château de Jehay : Eté sculpture 2000 : "Sculptures, Totems"
(05/07) Stavelot, Ancienne Abbaye. Andrien Mady et Picon José.

2003
(  /  -  /  ) Liège,  Galerie Liehrmann. Andrien Mady.

2004
(16/10-15/11) Knokke, Galerie Argo. Andrien Mady. Des sculptures qui racontent la vie.

2005
(22/09-11/12) Affinités : 25 ans d'architecture, arts et lettres en Région wallonne.
(15/04-24/04) Seraing, Château du Val-Saint-Lambert.Liège. Mobil’Art (2e). Au profit des personnes à mobilité réduite.
(28/05-29/05) Découverte artistique des Ursulines/ Coteaux de la Citadelle (2e biennale)
 

2006
(08/03-12/03) Liège, Musée d’Ansembourg. Douze femmes artistes.
(25/06-30/07) Xhoris, Galerie 13. Exposition d'été.
(23/06-20/08) La Louvière, Musée Ianchelevici. Une page blanche pour rêver. Dessins de sculpteurs.
(01/07-27/08) Namur, Sculptures dans la Ville. Andrien Mady.
(19/08-17/09) Liège, Galerie Liehrmann. Lunette d'artistes.
(27/10-19/11) Andrien Mady, Devreux Pierre.

2007
(02/02/07) Liège, Le Placard à balais. La Galerie Liehrmann présente Andrien Mady + Najib Adil, sculpture + peinture.
(21/09-21/10) Liège, Galerie Lierhmann. Beau comme un cœur.

2008
(  /  -  /  ) Kluisbergen, Galeries Beukenhof, Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Den Haag, Galerie Noordeinde. Andrien Mady.

 (15/08-14/09) Liège, Galerie Lierhmann. La fleur de l’art.

2009
(  /  -  /  ) Den Haag, Galerie Noordeinde. Andrien Mady.
(22/05-28/06) Liège, Galerie Lierhmann. Ked Don. Happy Birthday Mouse.
(13/08-20/09) Liège, Galerie Lierhmann. Silence on tourne ! 12 peintres & 11 sculpteurs rendent hommage au 7e art.
(04/12-31/12) Liège, Galerie Liehrmann. Sculpteurs à l’honneur.

2010
(29/01-28/02) Liège, Galerie Lierhmann. L’art en partage. Six artistes invitent leurs amis à partager les cimaises de la galerie Lierhmann.
(13/08-19/09) Liège, Galerie Lierhmann. Fragile. Œuvres sous globe de 48 artistes.
(04/12-31/12) Liège, Galerie Liehrmann. Andrien Mady, sculptures, fusains, collages ; Bastin Patricia, peintures.

2011
(  /  -  /  ) Liège, Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain. Andrien Mady.
(26/11-31/12) Liège, Galerie Liehrmann. Miroir.

2012
(  /  -  /  ) Liège,  Galerie Liehrmann. Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Kluisbergen, Galeries Beukenhof. Andrien Mady.
(  /  -  /  ) Lille,                . Art Fair. Andrien Mady.

(18/08-16/09) Liège, Galerie Liehrmann. Impressions d’artistes.
(01/12-03/01/13) Liège, Galerie Liehrmann. Sculpteurs – Coup de Cœur.

2013
(16/03-01/09) Malmédy, Malmundarum. Andrien Mady.Un parcours de vie. Sculptures en terre.
(  /  -19/05) Liège, Espace des Prémontrés. Mobil’Art. Biennale d’art contemporain (06e)
(17/08-22/09) Liège, Galerie Lierhmann. Art for Art.
(14/09-17/11) Awans, Château de Waroux. Traces d’artistes & Courants d’art. Un regard rétrospectif sur l’Art Belge de 1950 à nos jours.

2014
(  /  -07/04) Huy. Exposition dans la ville.

2015
(31/01-08/03) Liège, Galerie Lierhmann. Red Exhibition.

(17/09) Elevée au rang de chevalier du Mérite wallon, le 17 septembre 2015.

2016
(30/01-06/03) Liège, Galerie Lierhmann. Entre elles.
(avril) Création de la Fondation Mady Andrien pour la culture.
(02/05-06/05) Liège, BAL / Salle Saint-Georges. En piste. Avec la galerie Liehrmann.

2017
(21/04-07/05) Oupeye, Espace culturel Oupeye / Tour du Château. [Sans titre]
(14/10-29/10) Knokke, Art n Pepper Maison Galerie. Andrien Mady, Najib Adil.
(03/11-03/12) Waremme, Galerie Evasion (Christine Colon). Andrien Mady, Najib Adil.

2018
(19/10-21/10) Liège / Sainte-Walburge. Parcours d’artistes.

2019
(17/01-03.03) Liège, Boverie. Andrien Mady. Rétrospective, de 1962 à nos jours.



 

Liste d'oeuvres

Femme assise (100 cm)
1961, Plus d'infos
Le couple (100 cm)
1962, Plus d'infos
Le matador
1963, Plus d'infos
Fusillé (170 cm)
1965, Plus d'infos
Jeu de massacre (175 cm)
1972, Plus d'infos
L'été (140 cm)
1972, Plus d'infos
Bête et méchant (180 cm)
1973, Plus d'infos
Le nanti
1973, Plus d'infos
Le treizième César (115 x 85 cm)
1973, Plus d'infos
Homme cible
1974, Plus d'infos
Les coureurs (170 cm)
1975, Plus d'infos
Coli-Maillard
1976, Plus d'infos
L'homme et l'enfant (170 cm)
1976, Plus d'infos
Visite guidée (230 x 130 x 100 cm)
1980, Plus d'infos
Les lutteurs
1981, Plus d'infos
Les lutteurs (20 x 30 cm)
1981, Plus d'infos
Gabrielle d'Estrées et sa soeur (Hommage à l'Ecole de Fontainebleau) (40 cm)
6/03/1986, Plus d'infos
Dimanche
1986, Plus d'infos
Je t'aime (210 cm)
1986, Plus d'infos
La libertine (180 cm)
1986, Plus d'infos
Le couple
1986, Plus d'infos
Le doux délire
1986, Plus d'infos
Le grand écart
1986, Plus d'infos
Le jardinier (28 cm)
1986, Plus d'infos
Le sommeil (Hommage à Courbet)
1986, Plus d'infos
L'embarquement pour Cythère (Hommage à Antoine Watteau) (60 x 50 x 20 cm)
1986, Plus d'infos
L'oiseleuse
1986, Plus d'infos
Passionnément
1986, Plus d'infos
Au bistrot
1986, Plus d'infos
Couple
1986, Plus d'infos
Duel (10 x 33 x 33cm)
1988, Plus d'infos
Visite guidée (200 x 150 cm)
1988, Plus d'infos
Un couple fuit une réception (Fenêtre en vue)
1989, Plus d'infos
Le vainqueur, esquisse
1989, Plus d'infos
Le vainqueur (100 x 150 cm)
1989, Plus d'infos
La partie de cartes (150 x 280 cm)
1991, Plus d'infos
Sculpture flottante, esquisse
1992, Plus d'infos
Eros et Thanatos
1993, Plus d'infos
Baigneurs amoureux
1994, Plus d'infos
Baigneurs
1994, Plus d'infos
La famille Soler à la plage (Hommage à Picasso) (70 x 40 x 20 cm)
1994, Plus d'infos
La vierge folle (Hommage à Rik Wouters) (30 x 45 cm)
1994, Plus d'infos
Le voyageur (55 cm)
1994, Plus d'infos
Le cri (Hommage à Edvard Munch) (36 x 24 x 24 cm)
1995, Plus d'infos
Les voyageurs. Litho. pour les 220 ans de l'Académie des B.-A. de Liège
1995, Plus d'infos
La promenade (30 cm)
1995, Plus d'infos
Passionnément (67 x 70 cm)
1996, Plus d'infos
Sur le quai
1996, Plus d'infos
Projet pour la place Saint-Lambert
1996, Plus d'infos

Bibliographie texte et PDF

  • Texte de l'artiste, Interviews

    • J’ai toujours été fidèle à la ligne figurative. Je ne suis pas fan d’un artiste en particulier. Mon travail n’a pas été motivée par une personnalité artistique comme pour certains peintres mais bien par les gens.

       

       

      Je ne travaille pas d’après modèle. Le souvenir aide à trouver la synthèse, la mémoire à se débarrasser de l’inutile.

       

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      - Jacqueline Remits. Les Liégeois de l’an 2000. Cette semaine dix questions à …

      - D'où venez-vous ?

      - Je suis née à la gendarmerie d'Engis, en 1941. Mon père était gendarme. Il est décédé alors que j'avais sept ans. J'ai un frère plus âgé, pas du tout artiste, plutôt scientifique. Mon grand-père maternel était assez artiste, il réalisait des décors de théâtre. Ala mort de mon père, ma mère, mon frère et moi sommes venus habiter à Liège, quai de Coronmeuse. Mon père étant décédé des suites de la guerre, ma mère s'est retrouvée veuve de guerre et mon frère et moi orphelins de guerre. Je me souviens des arbres du quai de Coronmeuse, des chalands qui passaient. Je faisais du patin à roulettes sur les pistes cyclables. Je suis allée à l'école primaire Sainte-Foy, rue Saint Léonard. J'ai fait deux ans d'école moyenne. A quatorze ans, je suis entrée à l'Académie des Beaux-Arts de Liège. Comme il y avait ce qu'on appelait à l'époque les cours normaux pour former les étudiants à devenir enseignants, cela m'a permis de dire à maman que j'allais devenir professeur. Elle n'en était pas certaine du tout, mais, sur le moment, cela l'a rassurée. En réalité, je n'étais pas dans cette section, mais dans celle de dessin et de sculpture. Les trois premières années, les élèves touchaient un peu à tout. Nous faisions de la peinture. Au début, c'est d'ailleurs ce que je voulais faire. J'ai fait aussi de la gravure. Puis, j'ai bifurqué en cours d'études, un peu par hasard, un professeur ayant trouvé que j'avais le sens du volume. J'ai pris goût à la sculpture et j'ai abandonné la peinture pour passer aux cours du jour de sculpture. J'ai terminé mes études à vingt ans.

      - Quel est votre plus lointain souvenir ?

      - Toute petite, sans pouvoir préciser l'âge exact, je me souviens que j'avais la manie des fugues. Heureusement, on me retrouvait toujours ! C'était l'envie de liberté qui se manifestait déjà.

      - Quelles sont les grandes étapes de votre vie ?

      - Quand j'ai eu terminé mes études à l'Académie, je n'ai pas été obligée de trouver immédiatement un emploi. D'abord, il n'y en avait pas dans ce domaine. Beaucoup de mes condisciples trouvaient des boulots annexes, les filles étaient vendeuses, les garçons allaient travailler dans des bistrots, par exemple. Heureusement pour moi, maman m'a permis de prendre mon premier atelier. Je réalisais de petits objets en plâtre, que j'essayais de vendre à des connaissances, pour au moins payer mes frais d'atelier. En 1961, j'ai concouru pour le Prix de la ville de Liège pour la sculpture et je l'ai remporté. Deux ans plus tard, à vingt-deux ans, j'ai eu l'opportunité de postuler un emploi vacant de professeur de sculpture en cours du soir à l'Académie des Beaux-Arts de Liège. J'ai réussi les examens de recrutement et j'ai été le plus jeune professeur. Les quinze premiers jours, j'ai eu une seule élève, une vieille demoiselle. Puis, d'autres élèves sont venus, des jeunes qui, en plus des cours de jour, venaient suivre les cours du soir de sculpture. C'est ainsi qu'a démarré ma carrière professorale. A la fin, il y avait entre soixante et septante élèves. L'avantage de donner des cours du soir est qu'il me restait toute la journée pour réaliser mes œuvres. En 1994, j'ai été nommée directrice des cours du soir de promotion socio-culturelle. Je viens de prendre ma retraite cette année. C’est tout nouveau !
      Quand j'ai commencé la sculpture, aucun sculpteur ne vendait ses œuvres. Je m'offrais une exposition, de temps en temps, avec mon traitement de professeur. Au début de ma carrière, dans les années '60 et au début des années '70, c'était la mode de l'art abstrait en peinture. On ne parlait vraiment pas de sculpture, encore moins de sculpture figurative. J'ai commencé à avoir des commandes en 1976. J'ai participé au concours organisé par le CPAS de Liège pour la décoration de l'Hôpital de la Citadelle. J'ai présenté le projet de plan d'eau et groupe de douze personnes, intitulé «La piscine », pour l'entrée de l'hôpital. Il a plu et j'ai remporté le concours. Ce projet m'a demandé deux ans de travail. Il m'a donné confiance en moi et il a aussi donné confiance à d'autres. Il m'a fait connaître, à Liège en tout cas.
      Ensuite, j'ai réalisé «Les danseurs », œuvre monumentale pour la galerie Opéra, puis, le haut ›relief pour la façade de la FNAC, «Le saute-mouton », au début commandé pour le centre sportif de Naimette-Xhovémont, redescendu par la suite place des Carmes, «Les bons enfants » pour le Palais des Congrès, «Les principautaires », pour la place Saint-Barthélémy, une commande de Cockerill-Sambre pour la ville, qui devait être en acier corten, un acier spécial qui ne rouille pas, même s'il a l'aspect de la rouille. J'ai réalisé une œuvre abstraite, une seule, une sculpture monumentale en Arabie Saoudite, pour la ville de Médine que je n'ai jamais vue installée.

      - Quelle est la réalisation dont vous êtes la plus fière ?

      - C'est «La piscine» à l'hôpital de la Citadelle. Cette œuvre me donne le plus de satisfaction, car elle est vue par le grand public. De nombreuses personnes m'en parlent. C'est une manière de toucher beaucoup de gens qui vont et viennent, qui n'iraient jamais dans un musée, et cela, c'est intéressant. L'art public, c'est bien, c'est à la portée de tout le monde. Pour l'hôpital, je voulais quelque chose d'apaisant pour ne surtout pas agresser des gens déjà malades ou ceux qui vont les voir. J'ai donc pensé à ce plan d'eau au bord duquel on peut s'asseoir et se détendre.

      - Sur quel projet planche:-vous actuellement ?

      Je prépare un projet pour la ville de Seraing. Un monument en hommage au syndicaliste René Piron. Il sera installé sur un rond-point sur les hauts de Seraing. Je prépare aussi une exposition sur le thème des voyages, qui se tiendra en décembre à Liège à la galerie Lierhmann. Ensuite, elle ira à Knokke et, probablement, à Anvers. Comme je fais toujours de l'art figuratif, je sculpte des voyageurs, des baigneurs...

      - Quels sont vos hobbies ?

      J'aime bien faire du sport, mais, actuellement, je ne prends plus souvent le temps d'en faire. Mon hobby principal et préféré, c'est mon boulot. C'est ce qui m'amuse le plus. J'y consacre un maximum de temps. Comme je suis plutôt du soir, maintenant que je n'ai plus mes cours à l'Académie, je peux travailler non-stop et, parfois, je ne vois pas le temps passer. A deux heures, parfois trois heures du matin, je suis encore à l'atelier. Je ne sens pas la fatigue, je suis vraiment bien ! J'adore voyager. Il faut absolument nourrir son imagination. J'ai beaucoup aimé le Mexique. Au niveau artistique contemporain, les Mexicains sont encore très authentiques. C'est fabuleux, on ne sent pas encore la modernisation, l'uniformisation. Ce qui me désole aujourd'hui, c'est qu'en entrant dans un musée contemporain, on ne peut dire si l'artiste est polonais, espagnol ou autre. Tout est devenu uniforme. J'aime bien sentir le particularisme. Maintenant que je suis retraitée de l'enseignement, je vais pouvoir voyager en dehors des grandes migrations. C'est le bonheur! Je reviens d'un mois au Maroc, à Essaouira exactement. C'est un pays fabuleux pour les couleurs, la lumière y est exceptionnelle, les villes sont belles, les gens sont authentiques, gentils et charmants.

      - Qu'est-ce qui vous a rendu la plus heureuse ?-

      C'est obsessionnel, mais c'est encore mon travail! Le plaisir de découvrir quelque chose, d'avoir une idée, de terminer une œuvre. C'est un domaine qui ne m'a jamais déçue. L'amitié m'a aussi rendue heureuse.

      -Quel est I‘événement international qui vous a le plus marquée ?

      - J'ai été impressionnée quand j'ai vu les premiers pas de l'homme sur la lune. Comme beaucoup de gens, j'ai passé la nuit devant la télévision. C'est extraordinaire ! Allait-on découvrir un autre monde ? C'était fabuleux ! Récemment, ce qui m'a impressionnée, c'est cette horrible histoire avec le sous-marin soviétique. C'est abominable. C'est l'horreur absolue de se rendre compte que la vie humaine n'a aucune importance. C'est désespérant. Cela m’a fait vraiment mal, cela me gâche la vie quelque part. Alors, je me réfugie dans mon atelier.

      - Qu'êtes-vous fière de montrer en premier de Liège à un ami étranger ? Que ne montreriez-vous jamais ?

      - Je suis fière de montrer d'abord les musées. Nous avons de beaux musées. Nous attendons beaucoup du futur Emahl. Nous avons des collections fabuleuses partout, que ce soit au musée d'art moderne, au musée d'art Wallon, au musée d'art religieux, au musée Curtius. Je voyage beaucoup, je vais dans pas mal de musées et, je me rends compte que des villes françaises, par exemple, n'ont pas les richesses que nous avons à Liège. Ce serait vraiment bien de mettre toutes ces œuvres en valeur. Je ne montrerais jamais ce qui choque, comme les mendiants, nous sommes sollicités à tous les deux rouges, les tags, les détritus jetés n'importe où.

      - Quel est votre rêve pour Liège dans un futur proche ?

      J'aimerais que la ville redevienne sûre, qu'on puisse y circuler en toute sécurité, même en pleine nuit, qu'on puisse aller promener à son chien à deux heures du matin, si on en a envie, sans avoir la peur d'être agressé. Je me promène au Maroc sans aucun problème. J'ai davantage un sentiment de sécurité à Marrakech qu'à Liège. C'est grave, non ?'

       

      - Mode et sculpture. Le langage du corps in Paris Match / Les carnets (supplément commercial gratuit), 14 septembre 2000.

      Le corps a ses raisons que la raison ne connaît pas. Rencontre avec Mady Andrien et Véronique Leroy, deux femmes si différentes qui ont pourtant en commun l’amour d’Essaouira, la passion de l’art brut, mais aussi du corps humain dont elles révèlent, chacune à leur façon, la signature la plus intime. De l’étoffe ou de la terre glaise, quand s’exerce la magie des mains.

      - Dans le passage de la Boule Blanche, voilà un atelier en pleine effervescence, à l’image du quartier de la rue Faubourg St Antoine. C’est tous les jours comme cela ?

      Véronique Leroy : Il faut excuser le désordre, mais nous sommes en plein coup de feu pour la collection de l’été prochain. Et les délais sont courts puisque nous devons être prêts pour la présentation du 11 octobre. Une saison, pour nous, représente tout de même quelque 150 modèles et vêtements, déclinés ensuite en différentes tailles.

      - Mady Anclrien : C’est vrai que la rue Faubourg St Antoine est un chouette endroit. je la connais bien pour l’avoir fréquentée durant toute une époque. ]e suis étonnée de voir à quel point elle a peu changé ! Tout ici est resté à l’écart du tourisme pour garder sa vocation de quartier d’artisans et de fabriquants de meubles.

      - Seriez-vous toutes deux sensibles aux mêmes ambiances... et aux mêmes points de chute en vacances ?

      - M.A. : Nous avons en tout cas un faible pour le Maroc et ses couleurs, mais aussi pour Liège, en tout cas à l'époque où l’on s’y amusait plus qu’à Paris.

      - V.L. : Il est amusant de se dire qu’alors que nous sommes toutes deux Liégeoises, nous nous sommes vues pour la première fois non pas à Liège, mais en vacances à Essaouira, une charmante petite ville entre Casa et Agadir.

      - M.A. : Depuis, cela fait deux fois que nous nous y rencontrons. L'endroit, il est vrai, est magnifique. J’ai d’ailleurs fini par tomber définitivement sous le charme d’une délicieuse petite maison en plein cœur de la Médina.

      - Si Essaouira est devenu votre lieu de villégiature préféré, vous avez néanmoins choisi de séjourner dans deux villes différentes même si elles sont aussi " francolâtres " l'une que l’autre. Paris, c'est un fantasme ou une nécessité ?

      - V.L. : Une nécessité ! Quel que soit le métier que j'aurais exercé, j’aurais quitté la Belgique. Je m’y sentais enfermée et déjà adolescente, j’éprouvais le sentiment que si je restais, je finirais par être mangée. En voyant Mady, je me dis que c’était sans doute un a priori.

      - M.A. : Question de caractère. J’ai besoin de stabilité, moralement et financièrement puisque j`ai été longtemps prof à l’Académie de Liège tout en menant parallèlement ma vie d’artiste. Dans ton cas, il était certainement indispensable de larguer les amarres. Mais pour un plasticien, c’est différent. je pourrais travailler vingt ans sans avoir besoin du regard immédiat des autres.

      V.L. : Il y a une "Créer une dimension plus directement commerciale dans ma démarche, créatrice aussi certes, bien que je me défende d’être une artiste.  En dépit du fait que je ne fais pas beaucoup de compromis, j'en consens beaucoup plus que les artistes.

      - M.A. : Le fait d’exercer un second métier m'a mis davantage à l’abri de toute pression d`aucune sorte.

      - Au-delà des contraintes, une création, quelle qu’elle soit, ne trahit-elle pas toujours un peu ce que l’on est ?

      - V.L. : Créer un vêtement est déjà une contrainte en soi dans la mesure où il doit pouvoir se porter tous les jours. Ce qui n »empêche pas le styliste de s’exprimer parfois de manière plus subtile, plus cachée.

      - M A. : Comment cela ?

      - V.L. :A mes débuts, je créais des lignes joyeuses, disco, sexy, de manière parfois si tapageuse que les critiques ont interprété très justement cette tendance comme l’expression mal dissimulée d’lune tristesse de ma part. C’était effectivement l'époque où je venais de quitter la Belgique... Aujourd’hui, à 35 ans, j'ai plus de maturité. Mes vêtements sont moins tape-à-l’œil, plus doux, plus sereins. Mon travail a gagné en spontanéité.

      - M.A.: J’ai traversé également une période plus tristounette, très expressionniste. Je me croyais obligée de dénoncer quelque chose. Mais la morosité n'apporte rien à personne. Il faut rester lisible et positif. Je suis quelqu’un qui aime communiquer directement.

      - V.L. : Ce qui est simple est évident et mieux perçu. Il faut parfois du temps pour le comprendre.

      - Habiller le corps est-ce une manière de déshabiller l’âme ?

      - V.L. : La manière dont on s’habille dévoile certainement une part de la personnalité.

      - M.A. : A part quelques maillots de bain, j'aurais plutôt tendance à déshabiller les corps. Cela renforce le côté intemporel des choses … et des êtres.

      - Finalement, vous travaillez toutes les deux sur le corps humain, avec la sensualité que cela suppose...

      - M.A. : Un sculpteur doit le connaître sur le bout des doigts ; il est un peu voyeur. La dimension sensuelle est là, sans aucun doute. L’une de mes plus belles expositions au Musée d’Art Wallon a Liège était consacrée au thème de l’érotisme.

      - V.L. : Le styliste aussi doit bien connaître le fonctionnement du corps. Mais la différence avec Mady, c’est que je dois trouver un juste milieu entre tous les corps. En fait élaborer une sorte d'architecture du  vêtement standard. Avec ce paradoxe que tout en travaillant dans l’instant un vêtement réussi est un vêtement qui ne porte pas la marque de l'instant.

      - Véronique Leroy porte-t-elle elle-même les vêtements qu'elle a créés.

      - V.L. : Un peu, en tout cas plus aujourd’hui qu'avant ! D’ordinaire, j’ai l'habitude de porter toujours le même pantalon. J’imagine que si j’étais peintre ou sculpteur, je ne vivrais pas exclusivement parmi mes propres œuvres, surtout avec ma tendance à détester ce que j'ai réalisé six mois plus tôt...

      - Carrière ou vocation ? Quelles ont été les rencontres les plus déterminantes ?

      - V.L. : Pour moi, c›est Azzedine Alaïa dont j’ai été l’assistante durant trois ans. A l'époque, au milieu des années 80, je sortais de l’école, je n’étais pas finie. Cela m’a véritablement complétée.

      - M.A. : Il n’y a pas eu de rencontre emblématique dans ma vie. Au départ, je voulais être peintre. J’ai pris goût à la sculpture, presque incidemment, sans avoir de maître à proprement parler. Bien sûr, il y a des influences, nombreuses et salutaires. On ne vient pas au monde seul. Mais au fil des années, on change, on évolue et on apprécie de plus en plus les différences, les contrastes, les singularités. J’adore Picasso comme j’adore l’art brut.

      - V.L. : Avec la maturité, on affine son regard sur ce qui nous entoure. Par contre, j’ai toujours été sensible aux vêtements, à l'esthétisme. i Quand j’étais gamine, ma sœur Frédérique était mon cobaye. Elle rangeait ma chambre ou faisait la vaisselle et, en échange, je lui faisais ses vêtements. On avait ainsi établi entre nous un système de troc où chacun y trouvait son compte.

      - M.A. : j’ai aussi commencé très tôt et aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours dessiné étant enfant. Et c’est tout naturellement qu’à 14 ans, je me suis retrouvée à l’Académie comme élève, puis comme prof, enfin comme directrice du cours du soir.

      - Pour se lancer dans la mode, il faut aimer les jolies femmes ?

      - V.L. : Il faut surtout une bonne dose d'inconscience. C’est un métier difficile où l’on se  marche constamment sur les pieds. Nos concurrents sont de gros groupes italiens et français qui peuvent dépenser des millions de francs par défilés.

      - M.A. : Il y a une véritable surenchère de moyens dans les défilés d’aujourd’hui. Je me souviens avoir vu récemment un véritable show avec des mannequins défilant avec des chiens qui patinaient maladroitement sur les parquets. Cela devient du cirque. On finit par oublier le principal pour l’accessoire.

      - V.L. : Les grandes maisons consacrent un budget énorme aux défilés, comparable au concert de Johnny à Bercy avec une mise en scène d’enfer. Nous, nous défilons après Chloé et avant Givenchy avec un budget divise par dix.

      - M.A. : Ma situation n’est pas du tout comparable. Le bronze est un matériaux noble, très onéreux à couler du fait de la main d’œuvre. Mais n'oublie pas que l’exécution d’un bronze ne peut s’effectuer que sur commande. Cela dit, le show existe aussi chez nous. Je pense à cette artiste qui tirait à la carabine sur des ballons remplis de couleurs, une façon d’acquérir la notoriété dont elle avait besoin pour aller de l'avant.

      - V.L. : Nous aussi, lors de nos défilés au Carrousel du Louvre, on est toujours à la recherche de trucs pas trop onéreux mais qui font de l'effet.

       

      - La langage de l’âme in Paris Match / Les Carnets (supplément commercial) 14/09/2000 (autre supplément, même numéro, même date).

      - Stylisme, sculpture, c'est toujours une recherche à partir de la matière clans laquelle les mains jouent un rôle privilégié. Comment travaillez-vous, selon quelle source d'inspiration ?

      - M.A. : Je m‘efforce de travailler tous les jours cinq ou six heures, même si je n'ai pas d’idées. Elles viennent en travaillant.  L’inspiration, cela se force et c’est toujours dans le travail qu’on avance. Ce qu’il y a parfois de magique, c’est qu’un élément en entraîne un autre ou évoque quelque chose auquel on n`avait jamais pensé auparavant.

      - V.L. : ]e peux travailler trois jours durant sur un vêtement sans en être satisfaite. Puis au détour d’une manche ou d’un volume, les choses s’assemblent d’elles-mêmes. C’est effectivement le côté magique de la création : une osmose avec le tissu, avec le modèle, croquis, parce que je suis petite, jusqu'à ce que ma feuille A3 soit remplie à craquer. Au fil des lignes et des courbes se dégage un volume que j’essaie de réaliser en toile ou en coton. Puis s'amorce la partie technique et enfin la réalisation en tissu. En fait, l’idée de base est d’anticiper pour savoir exactement comment le tissu va réagir, d’où l`importance de son choix par rapport au modèle créé. Je suppose que ton inspiration est différente.

      - M.A. : Le plus souvent, je pars d’une masse de terre glaise, en puisant mon inspiration partout autour de moi, dans la vie de tous les jours, le quotidien, l’âme humaine, une situation.

      - V.L. : J’adore aussi partir de rien pour réaliser quelque chose. Nous sommes toutes les deux des manuelles.

      - M.A : Sauf qu'en ce qui me concerne, je déteste coudre un bouton. J'ai beau essayer, je n`ai aucun aptitude dans ce domaine.

      - Axelle Red, Mathilde et Philippe, Jean-Claude Brialy, des noms illustres émaillent votre parcours à chacune.

      -M.A : Tu habilles Axelle Red ?

      - V.L. : Cela remonte à quelques années déjà quand Axelle avait trouvé quelques-uns de mes vêtements chez Stijl, à Bruxelles. Entre temps, elle s’en était confié à la presse en disant haut et fort qu’elle adorait porter ce que je faisais. Cela m'a fait énormément plaisir. Je lui ai donc envoyé mes remerciements par fax. Trois jours plus tard, Axelle était à Paris, chez moi, avec son mari. Depuis, Axelle et moi sommes devenus des amies : nous l’habillons pour des clips et certains de ses concerts. Elle est facile à habiller. Elle a une connaissance étonnante de la mode et, en plus, ce qui est rare, c’est qu'elle a aussi du goût et un avis critique. En plus elle est très jolie, ce qui ne gâche rien.

      - M.A. : Ma voie est plus solitaire et parfois plus frustrante dans la mesure où je ne rencontre pas toujours ceux et celles qui ont acquis mes œuvres. C’est ainsi qu’il m’avait été demandé de réaliser une œuvre pour Jean-Claude Brialy en venue en Belgique pour une œuvre de bienfaisance. Il paraît qu’il l’a placée dans son théâtre à Paris. De la même manière, le Parlement Wallon a offert une de mes scènes de carnaval à Philippe et Mathilde à l’occasion de leur mariage.

      - Quelles sont vos réalisations qui ont contribué à votre consécration ?

      - M.A. : La sculpture, cela prend du temps. Pour ma part, c`est la décoration de l’entrée de l’Hôpital de la Citadelle qui m'a révélée au public. Depuis, j’ai exposé un peu partout mais je reste très attachée à l'art public parce que contrairement aux musées ou aux collections privées, tout le monde peut s'en approcher librement et incidemment.

      - V.L. : J’en garde un souvenir très précis , mais pas dans le détail ; il s’agit plutôt d'un sentiment d’ensemble. Mais j’ai beaucoup aimé aussi ta sculpture sur la dérivation qui représente un rameur. Finalement, tu occupes toute la ville de Liège …I

      - M.A. :(éclat de rire) Oui, l'idée me plaît assez. Je suis une impardonnable mégalo. Mais je précise tout de même que ce soit place St Barthélemy pour les « Principautaires » , galerie Opéra pour les "Danseurs", Place des Carmes pour "le Saute-mouton", à la Citadelle ou sur la Dérivation, il n’y a encore aucune commande de la Ville de Liège …

      - A votre avis, qu’est-ce qui restera de votre œuvre ?

      - M.A. : Qui sait ? Aujourd’hui, on assiste à un désolant retour du puritanisme au point qu'une expo sur le thème de l’érotisme tel que je l’avais réalisée serait impensable de nos jours. Pourtant, ce sont les choses de la vie. Il n’y a rien de malsain. S`il faut vraiment répondre, je dirais que ce qui me survivra, c'est la Citadelle parce qu’il s’agit là d’une œuvre très représentative de ma sensibilité.

      - V.L. : Voilà la différence ! Ce que je fais n’est pas une œuvre, mais du consommable qui résistera moins au temps parce qu’il n’en est que l'infime reflet.

      - M.A : Tous les artistes travaillent pour cela. Pour ne pas mourir complètement.

       

       

       

      - Entre corps pluriels et singuliers. Mady Andrieu Propos recueillis par Myriam Kénens in Reliure n° 6* / 2001 repris dans le Bulletin d’information de la Fédération belge des femmes diplômées des universités. Liège, août 2001.

      Il n’est plus vraiment nécessaire de présenter Mady Andrien... A Liège, on rencontre plusieurs de ses œuvres à divers endroits de la ville et ses expositions drainent toujours un public nombreux, à la galerie Liehrmann mais aussi dans d’autres villes du pays et à l’étranger.

      * Ton style très personnel révèle une vraie passion pour le corps humain. Comment expliqués-tu cela ?
      * J’ai besoin du support de l’humain pour m*exprimer. Il me suffit de regarder autour de moi. C’est d’ailleurs une aspiration née avec l'Art lui-même. Autrefois, toute expression artistique était branchée sur le corps - l’Art était fait pour parler de l’Homme et de la Nature. Ce n’est qu’au XXe siècle qu’une mode de l’abstrait et du concept est née, du moins dans nos cultures occidentales.
      * La plupart de tes sculptures sont des personnages intégrés dans un couple ou un groupe. Pourquoi . ? Y vois-tu une symbolique particulière ?
      *
      L’individu seul est rare. Quand je crée Colin-Maillard, je représente un homme seul qui ne sait pas où il va. Le nanti du Sart-Tilman est assis sur deux chaises mais seul... Si la solitude ne me fait pas peur, c’est parce que j’aime les gens. Le fait de créer des personnages m’empêche de toute façon de me sentir seule. Je m’enferme pour travailler. Je fais en sorte de ne voir personne. J’adore ça parce que je ne suis quand même pas seule : je peux créer des foules. Je suis avec les autres. Je n’imagine pas faire quelque chose d’hermétique : pour moi, ce qui est hermétique est abominable. Il est primordial que mon travail passe par l’humain, vers les autres. Ce qui m’intéresse, c'est de faire des personnages qui aient quelque chose à communiquer... Je n’aime pas la gratuité, l’académisme. Y a pas de beauté pour la beauté. La beauté n’a de sens que quand elle est liée à l’expression des sentiments. J’aime bien lier cette idée à l’aspect plastique.
      * Une de tes œuvres maîtresses, dans le patrimoine public, est incontestablement « La piscine », un groupe de douze personnages situé devant l'entrée de l 'hôpital de la Citadelle. Quel regard poses-tu sur ce travail conçu voilà plus de vingt ans ?
      * C’est sans doute la réalisation qui m’a fait connaitre. De nombreuses personnes m’en parlent, des gens qui ne vont pas nécessairement dans les musées, et ça c’est intéressant. L’art public, à la portée de tous, c’est bien. Au concours organisé par le C.P.A.S., j’ai présenté ce projet que je voulais apaisant, à la rencontre des gens et en rapport avec ce lieu qui souvent représente quelque chose de douloureux. Je voulais réunir les gens des deux sexes de tout âge et de toute origine. Après une première esquisse sans modèles, j’ai travaillé la diversité des morphologies. Je les voulais sans stéréotype : pas de pin-up ni de monsieur muscle... Je trouvais important que les gens puissent venir s’asseoir dans le groupe, s'y retrouver, que les enfants retrouvent d’autres enfants, que les femmes retrouvent d’autres femmes, dans la vie qui bat la mort, la maladie, la souffrance …
      * Quels types de groupes t’inspirent particulièrement ?
      * Les manifestations, les fêtes populaires comme le carnaval qui permet aux gens de sortir d’eux, de changer, de recréer un personnage … On est peut-être à l’étroit en soi. Le défoulement m’attire : c’est une manière saine et festive, vieille comme le monde, de jouer un autre rôle, de sortir du quotidien, d’oublier la réalité. Mais ce que je trouve toujours intéressant, c’est le personnage qui sort du groupe, de l’anonymat. L’individu doit quitter le groupe à un moment donné. J’en fais toujours bien un qui regarde dans l’autre direction. L’oxygène d’un groupe tient au fait qu’il ne soit pas trop homogène.
      * Et tes célèbres « orteils en bouquet », quel sens leur donnes-tu ?
      * J’y mets la liberté. Un pied qui s’exprime, c’est l’ouverture. Un pied emprisonné, c’est abominable. Je dois être un peu claustrophobe. J’aurais d’ailleurs tendance à déshabiller les corps, cela renforce le côté intemporel des êtres. Tout vêtement doit être suggéré, il ne doit pas gêner. Je supprime l’anecdote inutile.
      * Tu ajoutes tout de même parfois un accessoire, un G.S.M. par exemple …
      Un G.S.M., ça veut dire quelque chose, c’est un phénomène de société. Ca m’interpelle de voir à quel point les gens ont besoin de communiquer même pour dire des modalités.
      * A propos, tu ne m’as pas parlé du couple dans tes sources d’inspiration ; tu en as pourtant créé pas mal, des plus innocents aux plus osés …
      * C’est la cellule essentielle, un sujet très vaste qui permet l’érotisme, la tendresse, l’amitié. Malheureusement, on assiste à un retour désolant du puritanisme. Peut-être l’expo. sur l’érotisme, telle que je l’ai conçue et présentée au Musée de l’Art Wallon de Liège en 1986, serait-elle impensable aujourd’hui. Ce sont pourtant des situations humaines, des comportements de la vie. Il n’y a là rien de malsain.
      J’ai travaillé deux ans sur le couple. C’était de plus en plus angoissant et certains m’annonçaient déjà la censure ! Mais j’aime avoir les réactions des autres, les défis aussi. Je me demande si je réussirai à faire passer … Souvent, je doute, je jetterais tout. Je commence à ma rassurer quand l’expo est en place. Alors, elle n’est plus en moi. Après, c’est pour les autres.

       

      in E5, n° 4. Roulers, avril 2002

      * Etes-vous partisane d’un art populaire ?

      * Je suis pour un art grand public, ce qui est fondamentalement diffèrent de l`envie de facilité, de la séduction a bon marché. Je suis bien évidemment adversaire de l’expression hermétique, du snobisme, de l'incompréhensible. Il suffit d’ailleurs de regarder l’ensemble que j'ai réalisé pour l’hôpital de la Citadelle et qui porte le titre de « La piscine ».
      Le public y a accès et peut facilement s'y retrouver. Les gens ne se privent d’ailleurs pas de toucher les personnages, ce qui me ravit. Mes sculptures sont empreintes de sentiment, sans pour autant verser dans le sentimentalisme
      * La sculpture passe pourtant ,parfois, pour un art bourgeois ?
      Andrien : Tout a un prix et le matériau qui est ici en jeu est déterminant, en plus du travail de l`artiste. Mais une sculpture n'est pas plus chère qu'un tableau.
      Je n'ai pas manqué de me poser cette question d'art bourgeois, mais plutôt en fonction de ce qui est représenté dans mes œuvres.
      * Votre travail n’a pas toujours été un modèle de sérénité …
      Andrien : De fait, à une certaine époque, les tourments de mon propre quotidien  ont pu transparaître dans mes œuvres. Je traversais une période plus expressionniste et la sculpture, au même titre que d’autres formes d’art d’ailleurs, peut se concevoir comme une thérapie.
      Par la suite, je ne pouvais plus me retrouver confrontée à ce travail sans me sentir réellement troublée, même si je ne songeais nullement à en contester la valeur plastique.
      * Parmi toutes les périodes, il y a eu celle de l’érotisme …
      Andrien : Un thème dont l'idée m'est venue naturellement et que j'ai eu envie d’exploiter à fond. J’ai exposé soixante pièces et trente-six dessins, avec un succès tel qu’il ne me reste pratiquement plus rien. La relation à mon vécu ? Elle existe, c’est un fait. Simplement, je l’ai arrangé, revu.
      * Vous ne doutez jamais ?

      Andrien : Si, heureusement. Je me souviens d'avoir été très inquiète lorsque je préparais ce thème de l’érotisme. J'avais appris qu'une grande exposition consacrée  a la même thématique s'ouvrait à Paris. J'ai pris le train, en proie au doute. Au retour j'étais un peu plus sûre de moi car ce que j’avais vu était très différent de mon projet.
      * Si vous n’aviez pas rencontré la sculpture, quelle vie auriez-vous pu mener ?
      Andrien: Elle se serait immanquablement déclinée sur un mode artistique, parce que c’est un domaine fantastique dans la mesure où l'on est maitre de ce que l'on fait. Ce n'est pas le cas dans toutes les démarches de création.
      Moi, je travaille pour le plaisir et en toute liberté.
      * Attachez-vous de l’importance à l’environnement humain ?

      Andrien : Il est primordial. Si j'étais seule sur une île, je ne produirais plus rien. Sans doute ne survivrais-je pas longtemps d'ailleurs. J’ai besoin des autres. D’abord pour moi, pour mon travail, ensuite pour leur donner accès à mes sculptures dans l'espoir qu'ils prennent part à ma démarche. Les autres constituent ma matière première par excellence. Travaillant essentiellement la terre, je suis plutôt “modeleur” que 'tailleur”, si bien que le matériau revêt une autre importance. Je façonne, je rassemble; je ne découpe pas. – bronze, polyester, verre, acier, terre -, lequel à votre préférence ?
      Andrien : La terre, sans hésitation. Dès qu'un éclat de pierre a été ôte, il n'est plus la du tout ; avec la terre, il est toujours possible d’ajouter quelque chose. Apres deux mois de travail, on peut encore modifier la forme. La terre, c’est l’élément de base, le plus docile.
      * De même avec les gens ?
      Andrien : Non. J’ai beaucoup de respect pour les gens ; il n’est donc pas question que j’essaye de les modeler à ma manière. Simplement le voudrais que le monde devienne meilleur. .J’aime regarder, imaginer, mettre en scène. Mes groupes de statues relèvent tous de la composition; je tiens à ce qui s'y passe quelque chose.
      * La lumière a-t-elle un sens ?
      Andrien : Elle constitue un élément très important en sculpture, puisque c’est elle qui fait vivre la forme.
      * Vendre n’est jamais un déchirement ?
      Andrien :Il m'est arrivé de laisser partir des œuvres auxquelles je tenais particulièrement. Mais j’éprouve aussi du plaisir à savoir quelles voyagent et sont vues par un maximum d'amateurs. Puis je sais qu’il m'est toujours loisible de les refaire. Je n’aimerais pas, toutefois, qu`une seule et même personne vienne me dire: «J'achète tout ».
      * Quelle est votre sphère de rayonnement ?
      Andrien : Même si l’on trouve certaines de mes œuvres en Toscane ou en Arabie Saoudite - ou l'on peut voir la seule sculpture abstraite que j'ai réalisée -, mes points d’ancrage sont plus spécifiquement Liège et Knokke. J'ai beaucoup d'acheteurs en Flandre et un certain nombre aux Pays-Bas. Paris? J`y avais un galeriste qui détendait mon travail, mais il est décédé. Je n'ai pas vraiment cherche à le remplacer. L'important pour moi est de travailler. S'il faut en plus prospecter.
      * C’est la matière qui forge le caractère ou l’inverse ?
      Andrien : Je pense que c’est la matière. Il faut se battre avec elle, faire preuve de ténacité, trouver la force d`aller jusqu'au bout, rester dans la ligne de ce que l'on veut et faire abstraction des péripéties du quotidien.
      * Maillol, ce grand sculpteur disait : « Si on rate une œuvre, on ne se tue pas. On en refait une autre ».
      Andrien : Bien sûr ! Mais pour pouvoir dire d'une œuvre quelle est ratée, un certain recul est indispensable. Si j'arrête de travailler à une pièce en pensant qu'elle est terminée, c`est que je suis allée jusqu'au bout de mes possibilités. Apres quarante ans de sculpture, je suis encore capable de consacrer trois ou quatre heures à un doigt. L’important est d'arriver à l'expression. On rate une œuvre tout simplement quand elle ne veut rien dire.
      * Avez-vous eu des disciples ?
      Andrien : En tant que professeur d’académie, j`ai eu quantité d’élèves. J'ai toujours découragé ceux qui faisaient mine de vouloir devenir des disciples. Il faut absolument que chacun puisse arriver à faire quelque chose de différent et de personnel.

       

       

      - in Liège Magazine. N° 7, septembre 2002.
      * Voilà 40 ans que vous sculptez, le Musée St-Georges vous consacre une rétrospective, vous êtes devenue une véritable institution ! N’est-ce pas un peu lourd à porter ?
      * Non, pas du tout !Je ne me sens pas une institution. C’est pour moi une sorte de reconnaissance de la ville pour mon travail. Cela m’a permis de faire un bilan. Mais ce n’est qu’un étape, j’ai encore envie de continuer !
      * L’enseignement, c’est un sacerdoce ?
      * Non. J’ai beaucoup aimé enseigner. Maintenant, j’ai tourné la page mais je garde de bons souvenirs de mes anciens élèves. Je n’ai pas de nostalgie. Les journées me paraissent encore plus courtes aujourd’hui et je me demande comment je faisais quand j’avais mes cours.
      Si je n’avais pas été prof, je serais sans doute partie de Liège. A l’époque dans les années ’60, il n’y avait pas grand intérêt pour la sculpture. Etre professeur, c’était une sécurité, le moyen de vivre de son art. Tout la journée, je pouvais travailler pour moi dans mon atelier et puis le soir, je donnais mes cours à l’Académie. Cela m’a permis une grande liberté. Et puis bien sûr, il y a le plaisir d’enseigner. J’ai toujours veiller à ne pas trop influencer mes élèves. Je voulais avant tout qu’il mes trouvent leur propre voie. Vous savez lorsque je suis arrivée pour donner mon premier cour à l’Académie des Beaux Arts de Liège. une seule élève s'est présentée pour me dire qu'elle s'excusait de ne plus venir! Je lui ai fait un tel baratin qu'elle est restée, et de fil en aiguille, j'ai fini par avoir une quinzaine de jeunes.
      * Et maintenant comment s`organise votre travail ?
      * P
      our moi, ce n'est pas un travail, c'est une passion ! Je n'ai jamais compté mes heures. Je travaille le plus possible, parce que j'aime ça, parfois le soir très tard. C'est un besoin indispensable. C'est un domaine artistique où l'on a tellement de liberté. Si demain je voulais faire de l'abstrait, rien ne m'en empêcherait. J’observe les gens, la vie autour de moi, je m'en inspire. Et puis dans mon atelier, je me mets dans la peau des gens que je sculpte. J'ai un grand laid miroir devant lequel je prends des poses ... .J’étudie mes attitudes et je les reproduis. Alors, je me sens comme un metteur en scène.
      * On a l’impression que la sculpture prend toute la place dans votre vie. N’avez-vous pas un peu sacrifié votre vie de femme ?
      *Je n'en ai pas l’impression. Bien sûr, je n'ai pas voulu être mère, mais sur le tard j'ai adopté une de mes élèves pour qui j'avais une grande amitié. Elle a quarante ans maintenant... Ceci dit, la maternité ne m'a jamais attirée. Je crois que j'avais peur que cela empiète sur mon travail. En tout cas, cela ne m 'a jamais pesé.
      * Vous ne vous ennuyez jamais ?
      * Oh non ! La vie est trop courte. J'ai un très grand appétit de vivre. Quand j'entends les gens qui rabâchent, j'enrage ! Il faut être positif, il y a tellement de choses à faire. Je préfère militer pour une organisation humanitaire en montrant un esprit enthousiaste. C'est comme cela qu'on fait bouger les choses.
      * Quel est, selon vous, le meilleur âge pour une femme ?
      * J'ai 60 ans et je me sens très bien dans ma peau ! Je ne regrette pas ma jeunesse. A 20 ans, on se cherche. On ne se connaît pas encore très bien. A 30 ans, on commence á avoir peur de vieillir. 40 ans me semble un bel âge pour une femme : on a fait ses choix. On se sent plus mûre.
      * Vous semblez très sereine, avez-vous un truc ?
      * Oui ! Ne jamais regarder en arrière, ne jamais se tourner vers le passé, trier ses souvenirs et ne garder que les meilleurs. Les regrets ? Je ne connais pas!
      * Que faîtes-vous lorsque vous ne sculptez pas ?
      * Je vais au cinéma, je me balade, j'adore m'asseoir à la terrasse d'un café et regarder passer les gens. A Liège, j'aime aller Place du Marché. Mais je n'y vais pas assez souvent, je suis trop disciplinée dans mon travail ! Je fais aussi du vélo. J 'aime voir mes amis, aller chez eux et les recevoir.
      * Quels sont les traits de caractère que l’on vous prête généralement ?
      *
      Ce n'est pas à moi de répondre ! Mais je crois que j'ai un caractère assez fort. Disons que je sais ce que je veux. Je suis aussi très conviviale. Je me sens d'ailleurs très liégeoise. En général, J'ai de bons contacts avec les gens. Je crois que c'est parce que les autres m’intéressent. J'aime les gens. L'amitié est pour moi primordiale.
      * Est-ce que vous vous intéressé aux autres artistes ?
      * Oui bien sûr, cela fait partie de mon métier. J'adore la peinture et il m'est arrivé de prendre l'avion uniquement pour aller voir une exposition. 0n est nourri de ce que font les autres. C'est très mauvais de s'enfermer dans sa tour d'ivoire. Il faut savoir se situer. C'est pour moi un réel plaisir de voir le travail des autres.
      * Quels sont vos projets ?
      * Je vais bientôt repartir au Maroc où je séjourne régulièrement. J'ai une passion pour ce pays que j'ai découvert il y a quatre ans. J'y aime les gens, la lumière et la chaleur qui me changent de notre grisaille "authentique". C'est un très beau pays. La tradition y est très forte, la culture très enrichissante. C'est de là que viennent les couleurs que j'ai ajoutées peu à peu à mes sculptures.
      Je prépare aussi une exposition...
      Et puis la vie d'artiste est pleine de surprises, de rencontres, de propositions ! J'ai toujours des tas de projets !

       

      - Vignol Bérénice, nov. 2009 in http://culture.uliege.be/jcms/prod_132956/fr/mady-andrien

      Mady Andrien est une artiste dont la renommée n'est plus à faire. Chacun peut admirer ses sculptures disséminées un peu partout dans les lieux publics de Liège et ses environs, ainsi que dans de nombreux musées et institutions. Et même si son nom n'est pas toujours connu,  ses personnages font partie de notre quotidien. Nous avons tous retenu notre souffle devant « les Danseurs » suspendus de la Galerie Opéra, respiré la sérénité devant « la Piscine » au seuil de l'hôpital de la Citadelle, ou été interpellés face aux « Principautaires » Place Saint-Barthélemy, ou devant « Le Nanti » dans le domaine universitaire du Sart Tilman. La longue et riche carrière de Mady Andrien était récompensée ce mercredi par le Conseil Culturel Mondial au cours d'une cérémonie qui se déroulait à l'ULg. L'occasion de poser quelques questions à l'artiste. 

       

      Vos œuvres représentent toujours des émotions, des états émotionnels de la vie. Quels sont les sentiments qui vous tiennent à cœur?
      Il est primordial pour moi qu'une œuvre représente un sentiment. Sinon, quel est l'intérêt? Je préfère bien sûr représenter la joie de vivre, même s'il m'arrive de montrer l'angoisse et la solitude. Mais les thèmes qui me tiennent à coeur, ce sont les couples, et les situations de groupe, où chacun doit se positionner par rapport aux autres. Jamais la haine ou la méchanceté, à moins que je ne sois mue par une impulsion du moment, mais je le regrette après. Par exemple, après mon divorce, j'ai injecté toute ma haine dans « Bête et méchant », une sculpture qui représente un grand dadais ventru, un saut renversé sur la tête. Avec du recul et le temps apaisant les tensions, je ne supporte presque plus de la voir.
      Où trouvez-vous l'inspiration?
      J'attends toujours des nouvelles propositions qui vont m'étonner. J'aime quand on me pose un problème, quand on me demande de travailler en fonction d'un endroit, d'un thème, d'un format. Mais j'aime aussi travailler pour moi. 
      Je ne travaille jamais d'après modèle, tous mes sujets représentent des situations, parfois empruntées au quotidien, mais toujours revues par mon imagination. Je souhaite que mes personnages soient intemporels, c'est pourquoi je les représente souvent nus.
      Vous avez d'abord été professeur, puis directrice de l'Académie des Beaux-Arts de Liège, qu'avez-vous préféré  ?
      Le professorat, de loin. Le contact avec les élèves est enrichissant. Surtout aux cours du soir, où j'enseignais l'art à des élèves d'âges divers et d'origines sociales variées. La direction de l'académie est un travail beaucoup plus administratif, je l'avais accepté comme fin de carrière. C'était une manière de couper un peu le cordon, de m'éloigner en douceur de mes élèves, puisque j'ai été professeur très jeune.

      Vous ne travaillez que le figuratif ?
      J'ai reçu un jour une demande de l'architecte Myreck Safin pour une œuvre monumentale qui devait orner une place publique de Medine en Arabie Saoudite. La seule consigne, c'est qu'elle devait être abstraite puisque la figuration était interdite dans l'art musulman. C'était ma première, et ma dernière expérience de l'abstrait. Je me sentais incapable d'exprimer quoi que ce soit. Aujourd'hui, je suis déçue de certains artistes contemporains, qui bâclent et prennent les gens pour des imbéciles.
      Quelles sont vos influences ? Un artiste-moteur ?
      Non, pas un en particulier. J'aime tellement de choses différentes, et surtout différentes de moi. Mais les influences sont multiples. Prenez l'exemple du « Nanti » au Musée en plein air du Sart Tilman. Les deux chaises sur lesquelles ce gros bonhomme s'assoit, si vous y regardez bien, sont emballées. Mais je n'y aurais peut-être jamais pensé si Christo n'avait pas existé avec ses célèbres objets empaquetés.
      Je peux être influencée par des contemporains, même si je reste une artiste classique. L'influence, ce n'est pas vraiment quelque chose de palpable. On est un peu influencé par tous les courants qui nous traversent, tous les artistes qui nous ont précédés et ceux qui nous entourent. Si je devais citer un nom de peintre,  je dirais peut-être Balthus, que j'admire énormément et à qui j'ai d'ailleurs rendu hommage en me livrant à une relecture assez personnelle de « Partie de cartes ».
      Quel conseil donneriez-vous aux jeunes artistes ?
      Il faut s'accrocher, ne pas sombrer dans la dernière mode, embarquer dans la dernière tendance pour plaire. Il faut se chercher, même si ça prend du temps.

       

       

      - Dominique Allart ; Mady Andrien. Paroles de printemps, 2014. [Mady Andrien à partir de 2’ 26’]’

      https://www.youtube.com/watch?v=_AkeUt9g0xQ

       

       

       

       

       

  • Texte de présentation

    • - Claire Huynen. Mady Andrien. Le bonheur au bout des doigts in Point de Vue n° 2725, 11-17/10/2000 (A propos d’une exposition de Mady Andrien sur le thème du voyage à la galerie Liehrmann).

      Avec des personnages tout en rondeurs et en gaieté, Lady Andrien prend délibérément la parti de la vie. La sculptrice liégeoise assume aujourd’hui une notoriété qu’elle n’a jamais cherché à conquérir.

      Sur un pupitre tournant, à hauteur de regard, un couple. Pas bien fini encore. L’ébauche de visages de corps déjà en mouvement. Un couple en naissance sous le geste de la sculptrice. Au creux de ses doigts, la terre glaise qu’elle caresse d'une main sûre, creuse une joue ici, ajoute un pétale de matière là.
      Mady Andrien ressemble à ses sculptures : pleine, joyeuse, avec dans le regard cette fantaisie toute de douceur qu’elle sait si bien apporter à ses modelages. L’œil clair et le cheveu fou, elle parle avec humilité et amour d’un travail qui a présidé à sa vie.
      Toujours elle a dessiné, toujours elle s`est sentie portée par les arts. Sans autre préalable, elle est admise aux Beaux-Arts de Liège à l’âge de 14 ans.
      . « Je n’avais pas particulièrement de talent, pas plus que d’autres. Mais j’avais cette envie dévorante ! C’est, je crois, ce qui distingue un artiste d’un dilettante, l’envie. » Une carrière remarquable débute alors pour elle. Elle découvre la sculpture à 17 ans. Et c’est la révélation ! Elle va toucher, modeler, prendre en main les matières, y découvrir une infinie sensibilité. Elle quitte l`Académie à vingt ans et, immédiatement, est couronnée par le prix de la ville de Liège. Et, dans cette remarquable lancée, trois ans plus tard, lui est offert un poste de professeur aux Beaux-Arts de Liège.  Elle est ainsi le plus jeune professeur de l’histoire de l`école. Dès lors, elle consacre tout son temps libre à modeler, mouler, sculpter, affirmant d'année en année le style tout particulier que l’on retrouve dans ses groupes. A trente-cinq ans, Mady Andrien concourt pour un projet monumental pour l'hôpital de la Citadelle à Liège. Lauréate, elle y réalise le fameux groupe des Baigneurs. C’est le point de départ d’une vraie reconnaissance. « Grâce à ce projet, j'ai enfin pris confiance en moi, en mon travail et j’ai donné confiance aux autres » Très vite, les commandes afflueront et les récompenses se succéderont. Aujourd'hui, elle est considérée comme l'un des artistes les plus talentueux et les plus emblématiques de la Province. Ainsi, lorsque le parlement wallon doit décider d`un cadeau à remettre à Philippe et Mathilde pour leur mariage, c`est une œuvre de Mady Andrien qui est choisie.
      Sculptures monumentales ou pièces intimistes. en bronze ou en terre, en polyester ou en acier, Mady Andrien aime la matière. Elle fait naître de ses doigts des mondes proches, des univers intimes. Et comme elle aime les gens, c’est eux qu'elle choisit de sculpter. Exclusivement. « C’est ce qui m'intéresse le plus. Je peux mettre plus d’humour dans l'homme. La beauté, l’esthétique ne me suffit pas, il faut l`expression .J’ai besoin, lorsque je sculpte, de raconter une histoire, de communiquer des sentiments, d'exprimer l`infini lien qui relie les êtres. Par un regard, un geste, l'infime détail d'un corps qui parle. Ainsi, j’adore modeler les pieds et les orteils! Il parait que c’est à cela qu'on reconnait mon travail » Avec le parti pris de la fantaisie, elle travaille en ayant pour fil conducteur des thèmes choisis au gré de ses pérégrinations : les voyages, le carnaval ou le couple. Son imagination naît de regards croisés, de visages entrevus, d'attitudes ordinaires ou cocasses. Elle se nourrit du quotidien, d'une manière d'être. Mais en choisissant le côté résolument positif.
      Car Mady Andrien a un vrai sens du bonheur. De sa maison, sur les hauteurs de Liège, dominant la ville, elle a créé un havre de paix, espace de vie où se côtoient son atelier, ses appartements envahis d'œuvres d’artistes amis et un jardin espiègle habité par ses personnages. C'est ici que, chaque jour, des heures durant, debout devant sa table, elle cherche le rapprochement apaisant de la matière. « La sculpture, c'est l’amour de ma vie. Je ne peux pas me passer du contact de la terre, de la dimension. C'est l’amour qui m'a le plus rendu car je suis seule à décider. C'est, je crois, le seul domaine où l'on est Vraiment libre » Et il suffit de la regarder pour croire à ce bonheur-là !

       

Acquisitions

• Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain, Liège
• Musée de l'Art Wallon, Liège
• Musée Curtius, Liège
• Musée en plein air du Sart-Tilman, Liège
• Musée des Transports en commun du Pays de Liège
• Musée communal de Herstal
• Communauté française de Belgique
• Société des Transport En Commun (TEC)
• Banque nationale de Belgique, Bruxelles
• Service public fédéral Finances
• Parlement wallon, Namur
• Province de Liège
• Ville d'Arlon
• Ville de Maastricht
• Ville de Huy
• Sénat de Belgique, Bruxelles